Bon 21 grammes, j’adore. Je chiale systématiquement. J’ai envie de revoir Amores Perros et Babel. C’est malin. J’aime plein de cinéma, mais celui de ce réalisateur méxicain me touche beaucoup. Voilà. J’ai eu ma petite soirée Kleenex; j’suis bien contente. Ca débouche le nez.
Bon on en était où? Moi j’sais plus. Je crois que c’était aux pop-corns non? Si. c’est ça. Je revois bien la scène. C’était comme ça. C’était croquant, sucré, collant. Ca donnait soif et plus on en mangeait, plus on piochait dans le pot. C’est bizarre ce phénomène de gourmandise. Ca devrait écoeurer à force, mais non, on enfourne dans la bouche et on n’a pas honte des joues d’hamster que ça nous donne. Ni des postillons blancs qui volent quand on répond à une question avec un restant écrabouillé dans la bouche (rholala toute une éducation à refaire!), Ni des trucs qui se coincent dans les dents, là, le maïs pas cuit. Et qui déglinguent les couronnes dentaires (la mienne a subi un petit desagrément depuis, je sens qu’elle laisse passer l’air. J’suis verte. Je déteste le dentiste. Mais j’aime le pop corn.)
Après le pop corn, Pirates des caraÎbes. Allez, un petit Jack Sparrow n’a jamais fait de mal à personne. Enfin pas à moi en tout cas. Même si l’attraction a inspiré le film et non l’inverse, nous ôtant la joie de voir une copie de Johnny ou d’Orlando (désolé les gars, mais moi Kheira, je m’en tape un peu vous savez). Donc 45 mns de queue. Interminable. Dehors dans le décor bambouesque et dedans dans la grotte éclairée aux lanternes. Romantique mais un peu soporifique comme ambiance. A s’endormir. Surtout quand on digère des pop-corns. Et qu’on a un peu mal au bide. Et aux dents aussi.
Bref on est arrivé aux barques, celles qui naviguent vers le monde terrifiant des pirates très méchants et très moches. (les petits étaient terrifiés de voir les squelettes!). Comme on est pressé et sans raisonnement aucun, on s’est précipité en premier, les petits, Isa et moi pour s’asseoir sur le côté droit de la barque. Et les hommes et Julie ont suivi derrière nous, pour s’installer bien à gauche. Il semblerait que ce soit pareil pour tout le monde, le raisonnement. On laisse passer Bobonne la première avec les petits qui la tiennent ferme, en se disant que si Bobonne se prend le pied dans le bord de la barque en montant, l’homme de la maison sera derrière prêt à rattraper sa douce en plein cassage de gueule (astucieux hein???) Donc les femmes étaient à droite. les hommes à gauche. Du coup la barque avait un air bien penché, Jenfi touchait presque l’eau sans effort et moi je devais regarder par dessus bord pour la voir. Comique. Mais véridique.
C’était rafraichissant, comme attraction. Bien. Après cela, on a foncé faire Buzz l’éclair qu’on avait réservé en fastpass. Nouvelle attraction qu’on ne connaissait pas, puisqu’elle date de 2005, enfin je crois. Donc c’était l’attrait de la nouveauté. La queue fut minime. On a vu un Buzz plus vrai que nature qui nous parlait de sa planète j’sais-plus-quoi (c’est pas faute d’avoir vu mille fois Toy story, pff!). J’ai eu un coup de fatigue. Baillement. Air avachi le long des parois du couloir qui menait aux petits wagons. On s’est installé. Les enfants se sont mis entre eux. Et moi j’ai pris place à côté de mon Jenfi. Bien contente d’être assise. Bien contente de regarder les jolis décors. Bien contente de regarder Zoé et Manon devant nous s’éclater.
Au bout de 30 secondes, son de cloche du petit mari envers Bobonne :
Jenfi : “Bah tu prends pas le pistolet lazer et tu tires pas sur les cibles?????!!”
Moi, complètement neuneu : “Le truc là devant moi? je croyais que c’était un gadget!!!!… faut faire quoi?”
Jenfi ; “Tu vises les carrés rouges qui clignotent et tu tires, ça donne des points. Faut faire le meilleur score! J’en suis déjà à 15000!”
Oh purée la cruche. J’avais pas tilté. je regardais d’un air béat tout autour de moi, droite sur mon siège, telle une reine dans son carrosse. Vraiment gentille la pauvre Véro. Un peu limitée dans ses capacités intellectuelles mais gentille.
On est arrivé à destination. Fin du voyage inter-sidéral avec Buzz.
Zoé : “T’as fait combien Maman?????”
Manon : “Tas fait combien Maman?????”
Julie : “T’as fait combien Maman????”
Elles sont pas originales dans leurs questions, pfff. Toute une éducation à refaire, je vous disais. Comme pour la bouche pleine avec les pop-corns.
Moi, tout bas : “3200…..”
Les trois, le Jenfi, tonton Jéjé : “Quoi????????? mais qu’est-ce t’as foutu??????????!!!!!!”
RIEN, voilà. J’ai RIEN foutu du tout, c’est dur à comprendre ça!!!! Je vous jure, faut toujours se justifier de comprendre avec un temps de décalage, de retard. Ou de ne rien comprendre du tout. C’est vrai, j’ai toujours l’air de débarquer de la planète Mars. C’est vrai je ne fais attention à rien. C’est vrai je pense plus à des trucs hyper importants comme “est-ce qu’elle est bien attachée dans le wagon???…. est-ce qu’elle s’amuse?…. est-ce qu’elle a mis son sac à dos sous son petit siège????… Où est son sac disney avec sa peluche fraîchement achetée dans le magasin d’à côté????”….”… voyez. Je pense. je cogite. Je suis une maman qui oublie de se lâcher. Peut-être.
Après cela, les quatre fous furieux amateurs de sensations fortes (Jenfi, Julie, Isa et Jéjé) ont foncé vers Space Moutain et moi je suis allée avec les loulous faire Peter Pan. Horrible. Une heure 20 mns de queue. J’ai cru mourir. Ils ont été sages, mignons, adorables. Mais Justin était très fatigué, calin. Il a passé toute l’attente dans mes bras, la tête sur mon épaule. On doit laisser les poussettes à l’entrée, vous imaginez le cirque si on faisait la queue avec!! J’ai senti chacune de mes vertèbres me tirer, mes cervicales étaient tiraillées par la douleur et le manque de mouvement de mon cou me coincait ferme. Mes reins étaient en compote, mes pieds aussi. L’horreur. Le calvaire. L’envie d’un bain chaud, d’un lit douillet. Là, de suite. Sauf que le sourire des enfants, ça vaut bien plus qu’un bain ou un lit douillet. J’ai tenu le choc. Pour 3 mns d’attraction. Même le papa qui attendait devant moi avec sa femme et ses deux fils m’a applaudie. de me voir avec ma marmaille. Il était trop gentil. Il a dit que les enfants étaient bien sages. Qu’ils avaient une maman bien courageuse de faire toute cette queue avec eux (euh ils ne sont pas tous à moi mais je ne vais pas raconter ma vie, hein, c’est pas mon style!!!)… J’ai pensé un moment abandonner l’attente car Justin s’endormait. Mais un employé de chez Disney est venu vers moi, tout souriant :
Lui : “Bonjour Madame, oh vous me souriez, vous n’allez pas me refuser une faveur, vous êtes française?”
Moi, timidement : “Oui”
Lui : “Super, je vous mets ça autour du cou, c’est un collier avec une fiche au bout sur laquelle j’ai noté l’heure et l’endroit où vous êtes en ce moment dans la queue. Vous le redonnez avant de monter dans l’attraction Peter Pan à mon collègue. Il pourra ainsi estimer le temps d’attente que vous avez effectué. Merci!!!”
Oh super!!! Quelle veinarde! Contrainte et forcée d’aller jusqu’au bout. Le fameux papa qui était devant moi a souri et m’a dit :
“C’est comme ça quand on a un visage sympathique!!!!”
Oh bah ça c’est sûr. L’employé risquait pas de filer le bidule aux deux femmes allemandes qui attendaient derrière moi avec leurs 2 filles, à qui j’ai souri quinze fois et qui m’ont regardée d’un air Jenfiesque qui dit “T’as un problème mémé???????”…. Oui, comme ça. deux vrais pitbulls. J’ai rien contre les allemands, moi j’aime tout le monde. Mais là, pas cool les nanas. Si elles se marrent pas chez Mickey bah elles doivent jamais se marrer alors.
Il était presque 20h quand on s’est tous rejoint. On a foncé vers la Maison Hantée et Jéjé a gardé Justin qui dormait et qui commençait à avoir faim. La queue fut longue, encore. A croire que tout le monde avait attendu le soir pour faire les mêmes attractions que nous. Après cela nous avons tenté de trouver de quoi manger. Un resto. Il était 20h30, le parc fermait dans 45 mns. On y croyait, nous, au resto encore prêt à nous servir. Que dalle. Pas possible m’sieurs dames, le service est terminé. Air déconffi. Grosse déception. On a aperçu une petite baraque à roulettes affichant hot-dogs au dessus de sa petite femêtre et on a tenté le coup. Y avait personne. On s’est dit “chouette”, on va être servi de suite.
Jenfi : “Bonsoir, on voudrait 8 hot-dogs s’il vous plaît?”
Le jeune homme dans sa bicoque à hot-dogs : “J’en ai plus monsieur, plus aucun!”
jenfi, tel un buffle qui souffle et rage : “Bah pourquoi vous restez ouvert alors???”
L’employé : “Je ferme à 21h30 monsieur.”
Jenfi, insistant : “Oui mais ça sert à quoi sans saucisses et sans pains à hot-dogs????”
A rien. En gros, le pauvre gars, il y était pour rien. Il allait juste se faire enguirlander par la floppée de refoulés dans les restos à chaque fois qu’il allait dire “j’ai plus de hot-dogs”. Un bouc-émissaire. Un défouloir. J’ai eu pitié de lui alors que Jenfi trouvait ça abérrant. Moi je me mets toujours à la place des employés sur qui on s’énerve. J’ai tenu le guichet dans un bureau de Poste,j’ai connu les injures quand le virement chômage n’était pas tombé, ou quand les allocations familiales avaient coupé les vivres. Je n’y étais pour rien. Mais j’en prenais plein les oreilles. Gratis.
On a donc décidé de foncer faire Autopia, pour finir la journée. Nous irions mangé ensuite dans la partie Disney Village, extérieure au parc, et ouverte jusqu’à minuit. On a acheté des paquets de chips pour faire patienter les filles et on est allé vers notre dernière queue. Pas des moindres. Interminable. Tout ça pour conduire une voiture. Enfin. Je suis montée avec Zoé qui a pris le volant et moi j’ai appuyé sur la pédale. Julie était derrière nous, seule à bord, hilare. Je me retournais sans cesse pour la vanner, comptant sur la conduite exemplaire de Zoé. Très concentrée sur son volant, la Zoé. J’ai donc loupé le feu rouge et j’ai regardé devant moi trop tard, tapant dans la voiture de devant. Bon le choc était minime, même pas équivalent à celui qu’on subit dans une auto-tamponneuse vu qu’on roulait à deux à l’heure. Mais la dame espagnole de devant m’a fusillée du regard, j’ai agité les mains en signe d’impuissance. C’était involontaire. Mais les latins sont chauds et elle a continué à me demander si je savais pas lire les pancartes : “Attention, feu rouge, arrêtez-vous sans percuter la voiture de devant”… oops. J’avais le dos tourné. Mea culpa.
Ce fut notre dernière attraction. On est revenu tranquillement voir les illuminations dans Main Street. Julie a osé mettre ses oreilles de Minnie. On a flané dans les boutiques alléchantes.
C’était fini. C’était passé trop vite. Il régnait encore une douce chaleur et l’ambiance festive persistait toujours. Les rires, les bavardages fusaient de partout, dans toutes les langues du monde, ou presque.
Nous sommes allés manger. Un hot-dog. Le resto Haagen-daz était déjà fermé, Pas cool. On avait salivé sur cette idée de dégustation de glace toute la soirée. Pas de bol.
Nous avons pris le chemin du retour, fatigués, mais heureux. Nous avions eu une journée de rêve. Les filles se sont endormies sur l’autoroute ramenant à Paris. J’avais la tête pleine de musique et de rires. J’étais bien. Je me disais que ça valait le coup. De casser la tirelire pour une si belle aventure.
Des motards nous ont doublés subitement. Comme des fous. Y en avait au moins dix en file indienne. Ils roulaient vite, faisaient du rodéo. Certains étaient debout sur leur bécane. Ils nous ont fait peur. On se serait cru dans Mad Max (ça c’est mon sens de l’exagération!)…
Un quart d’heure plus loin, on a vu qu’un accident était signalé. Des pompiers, des ambulances sont venus balayer le cortège de voitures. Nous avons laissé passé les secours. Plus loin, des motos gisaient au sol… des plots empêchaient de voir et protégeaient le périmètre de sécurité…
La vie ne vaut pas grand chose. Deux minutes avant, je disais à Jenfi à combien cette journée nous était revenue, qu’on avait explosé le budget estimé. Soudainement, je me suis dit qu’on avait bien fait de s’éclater.
La vie ne tient qu’à un fil… un tout petit.
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