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Plus que 48h…

Noël est dans deux jours (oui car c’est le réveillon qui compte. C’est là que les cadeaux se pointent. Zoé me le rabâche assez. En plus, c’est le jour de ses 10 ans. Je ne risque pas d’oublier. Le 24, c’est un jour important…)…

Je suis en vacances depuis une heure. J’étais pensive en fermant ma porte derrière mes petits bouts. Heureuse de pouvoir enfin dormir le matin, de ne plus faire les trajets scolaires, de ne plus être à quatre pattes sur le tapis… certes. Mais pensive. Je suis allée dans ma salle de jeux/dortoir, j’ai dépouillé les lits pliants. J’ai tout mis dans ma machine à laver : draps houses, turbulette, doudoux… tapis de jeux. Jouets en tissu. C’est compulsif. Je ne vais plus les voir pendant dix jours, faut pas que je fasse une moue attendrie en apercevant le mouton machouillé de Mimi. Le chien/pyjama de Titi. Ou la tétine colorée de Chouchou. Faut que je fasse un break. Un petit, mais un break. Mes dernières vacances remontent à juillet dernier… je suis un peu en demande de farniente. Je l’avoue.

Noël se passe chez mes beaux-parents à Agen, en compagnie de ma belle-soeur, mon bon frère, leurs jeunes enfants (il manquera le frère de Jenfi, militaire, parti trois mois au Burkina Fasso. Sa petite femme et ses enfants sont en vacances chez leur mamie, en Ardèche). Le 31 se passe chez moi, avec les 4 papies et mamies, mon frangin. Tout se goupille bien. Il me reste des trucs à aller acheter de dernières minutes. Mais ça va. J’ai rien emballé. Mais ça va. J’ai pas envie de courir les magasins. Mais ça va…

Non, je vous assure, ça va très bien.

Je viens de mettre mes nouilles chinoises dans l’eau bouillante. Les poivrons, les oignons et la sauce soja trônent à côté de la poêle… je me disais que ce soir j’allais passer une soirée Narnia et Michael Jackson (programme de la Une. Etonnant. On ne regarde jamais cette chaîne)… que Zoé allait sûrement tenir le choc même après le film car elle voue une admiration incroyable à Michael depuis qu’il est mort (elle ne le connaissait pas avant)… c’est bien simple, elle passe son temps à chorégraphier le King of Pop. St’aprem, j’étais aux toilettes (bah oui, comme tout le monde), j’avais la porte ouverte (bah oui, comme toutes les femmes), et là, je vois Zoé passer devant ma tronche inspirée en moonwalk… elle le fait drôlement bien en plus. J’ai pas pu m’empêcher de rire. Elle m’a dit “bah t’as tellement l’air de te faire suer sur les toilettes, je te divertis!!!”. Pas bête. Mes enfants, mon homme, lisent Spirou aux Wc. Moi, je n’aime pas ça. Le moins de temps passé dans cet endroit est le bienvenu. Donc je tire une tête de j’en-ai-marre-de-la-vie quand je suis au petit coin. Je le dis, je suis une liseuse de canapé. Uniquement. Je suis sûre que cette info vous manquait, non?

Bon, Zoé est donc à fond dans Michael. Après, j’ai eu le droit à la choré de Thriller, entre la fermeture de mon jean et la chasse (passionnant mon billet)… j’aurais bien voulu vous la filmer, mais bon, de là où j’étais… Bof… Pas trop glamour.

Bref Zoé reste Zoé. Le clown de service.

Je me disais donc que j’allais passer une soirée relax. Quand le téléphone a sonné. Jenfi m’appelle toujours au moins une fois par jour, du boulot. C’était lui.

Moi : “Ca va, pas trop de pannes?”

Lui, en train de trifouiller je-ne-sais-quoi : “Non, c’est calme. Dis-moi, je viens de regarder la lettre de la Poste que tu m’as filé là…”

Je vous explique. J’ai reçu un courrier de la banque postale samedi midi. Je suis en dispo depuis dix ans. Donc retirée du service où je travaillais, dans les oubliettes quoi. Je ne reçois que des pubs pour ma retraite ou pour des placements à la noix. Ou pour les voeux du Grand Chef de la Poste (je pensais d’ailleurs que c’était ça). J’ai sorti la première page et j’ai fichu le reste du contenu à la poubelle, habituée à la pub qui accompagne l’unique lettre habituelle. J’avais vaguement lu Chèque-vacances sur le haut de la page blanche… ça m’avait fait tilt. J’avais de suite dit à Jenfi ‘tiens faut qu’on en refasse avant Juillet, je te donne la lettre, tu feras la demande au boulot!!!”
Il avait dit ok et avait mis la lettre dans la sacoche de son ordi portable. Sans sourciller ni broncher. Habitué à dire oui sans savoir de quoi je parle.

Moi : “Oui je t’ai filé cette lettre pour que tu reprennes des chèques vacances avant juillet… ça nous aidera pour payer l’autoroute, Mac do et cie…”

Lui, pas contrariant  “Oui ok, je vais le faire. Mais cette lettre parle d’un chèquier culture offert aussi, d’une valeur de 16 euros… tu l’as???”

Moi, cramoisie, en train rincer sauvagement mes nouilles chinoises :”Bah non!!! N’importe quoi, la Poste ne m’offre jamais rien!!!! Tu rigoles ou quoi!!!???”

Lui, mort de rire : “Bah non, c’est marqué. Tu avais 16 euros de bons cultures offerts… c’est pas grave, regarde dans la poubelle!”

Moi, énervée : “Mais t’es marrant toi, je l’ai jeté samedi l’enveloppe, les éboueurs sont passés hier!!! J’suis vexée là… merde alors!!! pour une fois que la Poste me file un truc pour Noël, je le fiche en l’air!!!”

Faut que je vous dise qu’à la Poste, on n’a pas de treizième mois, ni d’arbres de Noël. Rien.

Mais je ne me plains pas, hein. Je le signale juste comme ça.

Lui, rassurant : “Véro, y a des choses plus graves que ça voyons!!!”

Moi, bêtement : “Oui mais j’ai quand même les boules…”

Lui, plus morose : “Oui bah moi aussi, mais pas pour la même raison…”

Moi, toujours vexée, donc pas à l’écoute. Donc silencieuse…

Lui : “J’ai un de proches collègues qui est mort.”

Hein??? Quoi??? de quoi il parle là? De qui??

Moi : “Comment ça??? Que s’est-il passé? Un accident de voiture avec le verglas?”

Lui, tout chamboulé en fait : “Non, un accident de chasse. Enfin on pense. Il ne revenait pas alors ses enfants sont allés à sa recherche. L’un d’eux l’a trouvé. Une enquête est ouverte… y aura une autopsie…”

Moi, plus vexée du tout : “C’est affreux… trouvé par son fils… juste avant Noël…”

Lui, qui veut avoir le mot de la fin : “Tu vois que y a plus grave que tes seize euros…”

Effectivement.

Là, j’avoue que je me suis énervée pour rien.

Mais c’est humain.

On ne pense qu’à soi, à sa vexation du moment, pour une connerie à deux balles…

C’est comme ça.

Enfin je suis comme ça.

Je vais bien. Je sais que Jenfi appréciait beaucoup ce collègue, de sa génération, du même grade que lui… c’était un mec bien.

J’ai laissé mes nouilles en plan. Je suis allée fermer mes volets, j’ai allumé mes guirlandes du sapin, j’ai mis mes bougies parfumées.

La vie est drôlement belle ce soir.

Faut jamais que je l’oublie.

Faites gaffe à vous. Promettez-moi de vous éclater à Noël et de profiter de ceux que vous aimez… de leur dire, que vous les aimez… de faire de beaux projets pour 2010. Plein. Je suis sûre que vous avez de merveilleux rêves…

Je reviendrai ici pour vous montrer nos trombines joyeuses lors du passage du bonhomme rouge…

Je vous embrasse tous et toutes…

Tête à claques

Manon va bien. Tout le monde s’accorde pour dire qu”elle “change” beaucoup en ce moment. Les grands-parents, les oncles, les tantes… tous la trouvent “mieux”. Je suis d’accord. Manon n’est plus aussi sur la défensive qu’avant. Elle s’ouvre aux autres, elle ne va plus en cours avec la peur de l’échec, de la mise à l’épreuve lorsqu’il s’agit de parler à haute voix devant sa classe… elle a pris une certaine confiance en elle. Rapidement.

Son kiné me disait ce midi que même sa démarche avait changé. Que Manon était moins voûtée, son pas moins hésitant. C’est vrai aussi. Manon semble plus à l’aise dans son corps. Elle n’est plus obligée de faire les disciplines sportives qui lui rendaient les muscles douloureux… elle est dispensée. Ca joue beaucoup… elle souffre moins de ses mollets.

Là-dessus, nous avons fait de réels progrès pour le bien-être de notre fille.

Mais les petites choses que la scolarité apporte comme desagrément, qu’on soit handicapé ou pas, elles sont toujours présentes, dans la vie de Manon. Là-dessus, rien n’a changé. Et je tente de prendre énormément sur moi pour ne pas ruer dans les brancards… J’ai choisi de me protéger derrière un dossier (Le PPS), derrière une épuipe enseignante, derrière Manon, qui me dit comment réagir… Ca parait incroyable que Manon soit desormais en mesure de me dire “Bon là maman, ne viens pas trouver l’élève en question. Je gère. D’accord?”… mais c’est pourtant la vérité. Elle me tempère. Et me demande d’appeler la secrétaire du collège pour le moindre souci… cette dame convoque et sanctionne mieux que personne. Mieux que moi.

Pourtant, j’ai envie de mettre les choses au point avec une élève de la classe de Manon… je fulmine. Je tente de me contenir… j’y arrive. Parce que j’ai mûri. Parce que c’est plus raisonnable. Mais je suis tout de même en colère.

Le PPS de Manon a mis en place un tas de choses. Vous le savez, j’ai déjà parlé des aménagements qui doivent être faits… (ça tarde à se mettre en place. L’ergothérapeute ne peut toujours pas venir faire sa séance hebdomadaire au collège pour apprendre à Manon à dactylographier ses cours… je n’ai aucune nouvelle de la MDPH, de l’aeeh… j’attends pour me lancer financièrement. On a trouvé un ordinateur portable pour Manon. On a pris les devants avec Jenfi. Même si on vient d’apprendre que l’inspection académique devait nous en fournir un…)… bref, on est dans un espèce de mode opératoire au ralenti, on attend un espèce de feu vert, de déclic… l’équipe enseignante de Manon a tout de même eu la gentillesse de mettre plein de choses à disposition de Manon, pour lui faciliter la vie. Elle est donc plus à l’aise en cours et a des notes qui reflètent davantage ce dont elle est capable, malgré sa lenteur. Les profs ont conseillé le choix d’une “tutrice”, afin d’épauler Manon. Cette tutrice est une élève posée et serviable de sa classe. Elle s’asseoit à côté de Manon dans presque chaque cours et veille à la bonne prise des leçons et des devoirs… Manon la trouve très gentille. Elle comprend que cela a été imposé à la jeune fille et espère juste ne pas la déranger. Elle ne lui pas demandé ce qu’elle pensait de tout ça. Manon n’ose pas.

Apparemment, ce n’est pas la jeune tutrice que ça dérange, mais la meilleure amie de celle-ci.

C’est compréhensif, cette meilleure amie ne peut plus s’asseoir en classe à côté de sa copine. Manon lui a pris la vedette. Sans le vouloir. Je suis consciente qu’à cet âge, la meilleure amie est quelque chose d’important. Etre auprès d’elle en classe est un moyen de bavarder, de se sentir bien, tout en étant attentive à ce que dit le prof. Cette décision de choisir une tutrice pour Manon a été votée par l’équipe enseignante, dans le cadre du PPS. Nous avions trouvé cela bien, Jenfi et moi. Même si on tiquait un peu sur le côté obligatoire de la chose, et non sur le volontariat.

La meilleure amie de la tutrice ne semble pas décidée à en rester là. Elle se sent délaissée. Manon prend le bus pour rentrer du collège. C’est toujours là qu’on me la coince ou me la brutalise. Loin de la protection qu’offre l’enceinte de l’établissement. J’ai déjà eu à régler en septembre dernier, le problème d’un jeune garçon qui montait dans le bus avec Manon, pour l’insulter pendant tout le trajet jusqu’à la maison…  la traitant bien fort de “gogol” , shootant dans son sac à dos… lui faisant des croche-pieds à la descente… j’ai dû intervenir quand il a choisi de descendre au même arrêt qu’elle (alors qu’il n’habite pas à côté de chez nous)… par chance, cette fois-là, Manon a pris peur et est restée dans l’abris de bus, situé près d’une zone commerçante. Elle m’a appelée avec son portable, devant le jeune garçon. Il a pris peur et il est remonté dans le bus… si elle n’avait pas eu ce réflexe, de s’immobiliser là où il y avait des passants, et de me prévenir, il aurait pu la suivre jusqu’à notre maison… le chemin est isolé, en terre. On peut facilement taper quelqu’un sans que cela s’entende. C’est un endroit qu’on voudrait éclairé, goudronné… mais le Maire fait la sourde oreille et attend qu’il se passe quelque chose.

Le jour où cela s’est passé, j’ai appelé le collège. L’élève a été convoqué et n’a plus jamais embêté Manon depuis…

Il y a une semaine, Manon attendait donc son bus de 15h, comme chaque mardi. La meilleure copine de sa tutrice était là,sous l’abri de bus, avec une autre fille, a tourné autour de ma grande timide. Comme si Manon était un animal de foire. Elle se marrait, tentait de destabiliser ma fille, qui ne faisait que regarder ses pieds, les mains croisés sur la fermeture éclair de son long manteau d’hiver. A un moment donné, alors qu’elle tournait autour d’elle en se rapprochant de plus en plus proche, elle lui a mis une taloche dans la nuque, faisant en sorte que Manon voit ses pieds d’encore de plus près… et en lui balaçant “J’en ai marre que tu me piques ma copine, sale connasse. Ca commence à bien faire. Prends-ça comme un avertissement, ok???”…

Manon est montée dans son bus, seule. Ses ongles furent rongés jusqu’au sang. Quand elle est arrivée à la maison, j’étais avec mon amie Sandrine, la maman d’un petit garçon que je gardais avant. J’ai bien senti à la voix, et à la tête de ma fille, que quelque chose n’allait pas. Mais Manon n’a rien voulu dire… j’ai attendu d’être seule avec elle.

Elle m’a tout avoué une heure après.

J’ai appelé de suite le collège, en expliquant que le choix de mettre une tutrice pour Manon, avait des conséquences inattendues… La meilleure amie de la tutrice a été convoquée jeudi dernier. Elle en est ressortie furax et a dit de suite à Manon, alors qu’elle regagnait le rang pour le cours suivant  ”T’es qu’une salope pas plus handicapée que moi!!! T’es juste une conne! Si jamais tu répètes tout ça à ta mère et qu’elle me chope ou me refait convoquée, je porte plainte !!!”

Manon a dit ok. Qu’elle ne dirait plus rien. Elle a donc choisi d’être insultée. Et de me tenir à l’écart. La meilleure copine de la tutrice a dû connaître la raison de ce tutorat, quand elle a été convoquée. Je tenais à ce que l’on explique pourquoi Manon avait besoin de cette “béquille” humaine… ”Manon est une enfant prématurée qui a des séquelles motrices…”, lui a t’on dit lors de la convocation… depuis la jeune fille dit à tout le monde que Manon est une pauvre débile de prématurée. Que c’est un mot qui ne veut rien dire car tout le monde nait avec de l’avance. Que c’est juste une feignasse… une fouteuse de merde…

Je reste zen. Mais c’est un effort surhumain que je fais là.

Je n’irai pas à la rencontre de cette jeune fille, à la sortie du collège. Elle n’attend que ça.

Mon seul recours, c’est la réunion prof-élève à laquelle je dois me rendre mi-janvier. J’ai demandé deux rdv, un avec la prof principale de Manon, un avec sa prof de français.

Je pense remettre en question cette histoire de tutrice. Même si c’était bénéfique pour ma fille.

Je suis assez en colère.

Pas forçément contre cette jeune fille en particulier, mais contre toutes les réactions violentes que l’école engendre. Contre cette facilité à taper, à insulter… contre cette barrière qui n’existe plus, qui consistait à savoir s’arrêter…

J’ai l’impression qu’aujourd’hui, on tape sur les gens avec une violence rare, sans limite. Et ça me fait très peur….

Je me souviens le jour où mon frère est revenu du lycée, les mains couvertes de sang. Il prenait le bus lui aussi, pour revenir à la maison. Et lui aussi, il était différent, atypique. Il était un espèce de geek en avance, un fan de Star Wars, qui écoutait J-M Jarre dans son walkman. Il lisait des revues de fans de Star Trek (ça s’appelait UFO je crois)… il s’enfermait dans un monde de SF pour oublier ce que nous avions vécu, plus jeunes. Il ne faut pas oublier qu’il a été davantage témoin que moi de scènes de violence conjugale. Puisque moi, mon père m’enfermait à clé dans ma chambre dès neuf heures pour que je ne sois pas blottie contre ma mère…  à le supplier de la laisser tranquille, à pleurer… mon frère restait devant la télé et intervenait quand ça allait trop loin. Il aimait mes parents avec le même amour. Il était plus grand que moi. Il avait du recul, des explications à tout ça. Pas moi. J’aimais ma mère, pas mon père. Mon frère était donc un excentrique, un OVNI. Un jour, il est donc revenu en bus du lycée, comme d’habitude. Sans s’en rendre compte, il écoutait son walkman et balançait sa tête, les yeux ronds, fixes, dans le vide. Son regard perdu dans un néant de musique électronique, il ne voyait rien. Il était ailleurs. A un moment donné, un jeune homme est venu vers lui, d’un coup, énervé. Il a jeté le casque de mon frère en arrière de sa tête, s’est approché de son visage et lui a balancé “Comment faut que j’te le dise, connard, arrête de me fixer ok!!!!” et il lui a tailladé le dessus de chaque main avec un cutter… . Mon frère n’a rien dit. Des vielles dames ont dit au chauffeur de s’arrêter, bien après. Le jeune agresseur était descendu vite fait lors du débloccage des portes, à l’arrêt d’avant. Mon frère était un peu choqué. Destabilisé. Ce n’était pas grave. Mais quand je l’ai vu revenir à la maison avec ses mains en sang, j’ai chialé. Je devais avoir 12 ans, c’est mon frère qui me surveillait le soir, faisait à manger, puisque ma mère finissait à 22h deux semaines par mois… j’ai jamais compris pourquoi on lui avait fait ça. Sous quel prétexte.

Maintenant je sais que c’est parce qu’il avait une tête qui ne revenait pas… comme on dit si bien dans ces cas-là…

Manon a probablement aussi une tête qui ne “revient pas” à cette jeune fille.

Tant pis, faudra qu’elle s’y fasse.

En attendant, je veille. Les vacances de Noël arrivent, on verra comment ça se passe à la rentrée. Si c’est oublié, estompé.

J’espère. Car ce serait trop bête que Manon retourne au collège avec la boule au ventre. A cause d’une abrutie….

Fêter ses dix ans

Zoé affirme que c’est nul d’être née un 24 décembre. N’empêche qu’à cause de cela, on (je?) culpabilise pas mal et on (je?) s’arrange pour lui concocter un anniv’ digne de ce nom (on décale la date où on le fête). Elle a la plupart de ses cadeaux en même temps que ses soeurs (qui sont nés à trois semaines d’intervalle en dates : le 23/08 et le 15/09). On a décidé d’ajouter Zoé à la fiesta de ses frangines. On boit un coup fin août  à la naissance de nos trois filles… et à notre anniversaire de mariage en même temps… Ce qui est une sacrée avance sur le vieillissement véridique de Zoé, mais bon… Je reconnais que voir ses ainées faire des plans sur la comète en rentrant de nos vacances Espagne, sur ce qu’elles vont s’offrir avec leur cagnotte d’anniv… ça fait pâlir de jalousie. Pour Zoé, son anniv est généralement noyé dans Noël. Elle a l’impression de passer à côté de son année de plus… on lui vole la vedette.

Or, Zoé aime être une vedette.

Donc samedi 12, c’était le jour fixé pour l’anniv’ avec les copains et copines. Celui qu’elle attendait avec ferveur et qui la stressait depuis trois jours (elle avait un torticolis la veille, tellement elle était tendue)… elle voulait que ce soit un moment qu’ils n’oublieront pas. Genre, être à l’anniv de Zoé, c’est “trop de la balle”. Zoé n’aime pas décevoir. Et veut être aimée. Tout le temps.

Elle avait invitée six personnes : Un garçon (son meilleur ami depuis le CP), et cinq filles. Ne dites pas “Oh le pauvre!!”. Ce petit garçon est un chou à la crème. Il cède tout à Zoé, l’adule. Il a la photo de ma fille collée sur sa mezzanine, il lui dit bonne nuit du regard chaque soir de sa jeune vie. Il ne supporte pas qu’on dise que c’est sa chérie. Il se met même en boule et boude à chaque fois qu’on le taxe de fiancé de Zoé. Zoé ne veut pas non plus qu’on la marie trop vite. Elle pense sérieusement n’avoir un mari et des enfants que vers 35 ans (ouh la vache!!! je vais sucrer des fraises quand mes petits enfants vont naître!!!)… c’est son meilleur ami, point final.

J’avais refait pour l’occasion une table bien “kitsch” à l’éffigie de la star préférée de ma fille, Clochette. Je me disais que c’était probablement la dernière année sous le signe enfantin. Après, au collège, Zoé ne fera plus ce type d’invitation, type goûter et grosse déconnante dans la maison. On passera aux soirées pyjama en petit comité uniquement féminin. Zoé ne se réjouit pas trop vite de ça, elle aime l’enfance… En plus, elle va passer en sixième et perdre tous ses amis. Tous ceux qui ont bercé son CP, CE1, CE2, CM1 et CM2 (elle est dans une école primaire où ils se suivent de niveau en niveau)… nous avions été orientés sur cette école lors de notre mutation à Bordeaux en juillet 2005. Nous ne connaissions pas le découpage exacte de la commune… en ce qui concerne la carte scolaire. On a suivi, gentiment, les directives de la dame de la mairie. On a mis Julie dans le collège qu’on nous indiquait et Manon et Zoé dans la primaire qu’on nous vantait… pas de soucis. Roule ma poule. Sauf qu’on dépend bien du collège en question, vu notre adresse… mais pas du tout de l’école primaire qu’on nous a choisi (j’en ai une autre plus près de chez moi)… résultat, tous ceux qui furent avec Manon en primaire l’ont quittée l’an dernier quand elle a rejoint le collège où j’avais mis Julie… (Manon s’en fichait royalement, elle n’avait pas d’amitié solide)… Zoé va rejoindre Manon en septembre 2010, lors de son entrée en sixième… et quitter tous ses amis de longue date… (ous avez suivi??? c’est un peu confus non, cette histoire de zone scolaire???… Zoé a d’énormes liens affectifs avec au moins une dizaine d’élèves… ça va être le drame de sa vie…

Je crains la rentrée 2010 pour elle. Je vous dis pas…

Donc Zoé tenait à fêter ses dix ans. Avec ses précieux amis….

J’avais fait un gateau au choc, l’incontournable. Celui qu’on fait toutes sinon on nous le réclame. Jenfi avait fait des gaufres maison. Il me restait des crêpes de la veille (faites pour les deux ans de mon Titi en garde)…j’avais acheté des bonbecks. De la savane (gateau tout fait préféré de Zoé)… et le tour était joué, hein?

Je stressais un peu de ne pas être prête pour l’arrivée des “fauves”. J’avais fini tard toute la semaine. Sans possibilité de foncer faire les courses en soirée (je déteste aller en hyper entre 20h et 22h… ma mère faisait ça quand on était petits, au Auchan de notre quartier… j’en garde des séquelles irréversibles!!! J’aimais pas… enfin sauf quand on mangeait au Flunch avant!!!)… donc on y est allé le matin tôt avec Jenfi (9h30, c’est tôt pour un samedi non?)… j’avais dit à mon homme “On prend la scannette, ça ira plus vite. Et au moins, je respecterai mon budget…”… il a dit ok. J’ai validé la scannette avec ma carte Géant. Et je lui ai posé le bidule dans l’encoche “prévue pour” sur le haut du caddy. Jenfi a pris l’initiative de pousser le charriot, la liste des courses dans la poche. On a arpenté l’allée centrale comme deux zombies, peu enclins à céder aux promos et à être retardés. Je suis allée directement au rayon pain (même si je préfère celui de ma boulangerie), et je pensais que Jenfi me suivait. Le temps que je me penche pour prendre un pain polka, et hop, mon homme avait disparu. J’ai cru halluciner. Un petit bonhomme si court sur pattes et si peu vif en général… où était-il passé nom d’une pipe?? (expression polie que je n’utilise jamais mentalement quand je suis énervée)… j’ai repensé à la liste. Fallait qu’on regarde si y avait des micros pour ordi pas chers. J’ai foncé au rayon informatique, certaine d’apercevoir mon bedonnant de loin… que dalle. Pas de Jenfi. Je suis revenue en arrière, vers le pain. Pas de Jenfi non plus. J’ai donc pris l’initiatice de commencer mes courses. Je suis allée vite fait vers les caisses me chercher un panier.

Jenfi est adorable comme mari. Mais comme coach pour les courses, il est nul. Il n’est jamais là où je veux qu’il soit. Il fait sa vie. Pire que les gosses qui vont au rayon BD et jouets pendant que vous vous tapez la viande et les fruits et légumes. Si encore il me laissait le caddy, je pourrais faire le plein et le voir débarquer de je-ne-sais-où au moment de payer… mais non!!! Il part avec le précieux machin à roulettes qui évite d’avoir l’air d’une gourde avec les bras surchargés et l’envie de mordre le premier qui dit “Vous avez perdu votre paquet de pattes par terre Madame!!!???”…

C’est pour ça que j’ai préféré prendre un panier. Pour ne pas perdre de trucs.

Ca n’a pas été un choix judicieux. J’ai cru apercevoir &u loin une silhouette proche de celle de mon homme quand je prenais les 3 paquets de protèges-slips hebdomadaires pour mes filles (règles + encoprésie, ça ne pardonne pas)…. Je me suis redressée comme une furie et j’ai foncé vers la dite silhouette. Un monsieur m’a alors gratifié d’un “Eh oh!!!”, chose qui généralement me passe au dessus de la tête car je ne le prends jamais pour moi. Sauf que là, il a redit le “eh oh” plus fort, avec un regard qui en disait long sur ma facculté à l’entendre… je me suis retournée vers lui et j’ai vu en même temps les trois paquets de protège-slips qui gisaient au sol comme trois pauvres orphelins au milieu du rayon poissonnerie (ça faisait desordre, je sais)… j’ai remercié le “eh oh” de service et j’ai repris la direction de la silhouette toute vêtue de noire qui ressemblait à Jenfi…

Elle avait disparu. Envolée.

J’étais furax.

Je me suis arrêtée net. Le type (le  fameux “eh oh”) continuait de me fixer comme si j’étais une excentrique, qui avait entrepris de faire un sprint deux secondes avant en semant toutes ses provisions dans les rayons… et qui là, s’immobilisait comme une statue, complètement déballée… Je me suis engourfrée dans le rayon petits pots de bébé et je me suis dit que j’allais passer le savon du siècle à Jenfi… dès que je lui mettrai la main dessus!!!!

J’ai sous-estimé Jenfi. Le retrouver était plus subtil que prévu, j’aurais dû le savoir. Il suffisait de prendre un rayon avec un étalage prohéminent de gateaux secs mis en bout d’allée… genre une jolie pyramide faite avec soin… mais sans aucun souci du peu de passage qu’elle offrait pour un pousseur de caddy qui regarde partout sauf devant lui… J’ai aperçu un type penché en train de ramasser les paquets de gâteaux… son dos était voûté et légèrement secoué par des sursauts qui ressemblaient à un rire étouffé… un monsieur grisonnant et pousseur isolé de caddy lui aussi, était arrêté à côté du massacreur de pyramide… et je l’ai entendu dire “Arf, je vois qu’il n’y a pas que moi qui ne sais pas conduire ces machins. Ca me fait plaisir!”… le monsieur était aussi volumineux que mon homme (car oui,c’était bien Jenfi qui avait explosé l’étalage de gateaux secs)… le monsieur compatissant devait connaître le même type de vagabondage chaotique au sein d’une grande surface… comme Jenfi, il laissait bobonne dans un rayon et se promenait dans un autre… je les voyais se marrer tous les deux et du coup je n’ai pas pu passer un savon à Jenfi, quand je suis arrivée à son niveau. Ma colère était partie. J’avais juste envie de me marrer…

Jenfi a bien tout remis en place. Artistiquement, c’était moche. Mais y avait rien de cassé. Enfin j’espère…

Des gateaux secs, tout de même…

On a donc fini les courses ensemble. Je lui ai dit de ne pas se barrer en douce sinon ça allait être sa fête. Sauf qu’il n’a pas pu s’empêcher en allant chercher l’huile pour la fondue bourguignonne prévue pour dimanche, d’écouter le discours d’un papy et une mamie qui lui tournaient le dos, côté rayon sucre et farine… je l’ai vu vite revenir mettre le bidon d’huile dans le caddy et repartir sur la pointe des pieds vers le couple… le papy et la mamie faisaient rempart face au rayon et avaient les yeux rivés vers le haut de l’étalage… Jenfi leur a glissé doucement “Ne cherchez pas, le gros sucre pour faire des chouquettes, ils n’en vendent pas ici. Faut aller chez Leclerc.”… le petit papy et la petite mamie se sont retournés surpris… et au même moment, un vendeur du magasin a bondi sur ses jambes (il était accroupi devant le couple, Jenfi ne pouvait pas le voir fouiner dans le bas pour chercher le fameux sucre pour chouquettes…)… il a regardé Jenfi et a dit “Oh bah non, faut pas envoyer les gens chez Leclerc!!!!! Je vais en commander!!!”… Le couple a remercié Jenfi car ils habitaient juste à côté du Leclerc et comptaient bien y passer sur le retour. Moi j’ai chopé Jenfi et je lui ai dit qu’il était gonflé d’envoyer à la concurrence devant un vendeur de chez Géant. Il était content de lui, le Jenfi. Fouteur de merde. Comme d’hab.

C’est un régal de faire les courses avec lui. C’est reposant.

On est rentré vers 10h30. J’ai fait mon gâteau. Lui ses gaufres.

La journée s’est ensuite déroulée comme prévue, dans une ambiance festive. Zoé était ravie. Je me suis aperçue de l’amour que ses camarades lui portaient, au travers de leurs soins envers elle, de leurs mots…. de leurs cadeaux démesurés (elle a été énormément gâtée). Ils ont chanté, joué à la Wii, à cache-cache, au loup-Garou… Zoé avait prévu des tas d’activité avant l’heure de souffler sa bougie. Et il était prévu qu’ensuite, j’amène la joyeuse troupe au bowling pour finir la journée. On est parti à deux voitures, avec Jenfi, sous un ciel bleu/violet et dans un froid hivernal. Je transportais six enfants, tous aussi déchaînés les uns que les autres. J’avais mis l’auto-radio, et ça chantait à fond la caisse sur Diam’s (moi y compris, parce que j’aime beaucoup cette chanson. Diam’s est cash, et j’aime ça). J’ai demandé aux enfants si ils étaient contents du petit moment à la maison, si ça n’avait pas été trop court, vu la sortie bowling prévue avant qu’on les ramène chez eux, vers 18h30… ils ont hurlé un “c’était cool, on reviendra chez vous!!! C’est facile, c’est la maison aux jolies poubelles!!!!.. euh on peut dîner chez vous ce soir???”….

J’ai pas pu m’empêcher de rire. Tout ce qu’avait retenu ces enfants, c’est la déco de mes poubelles (faite à la sauce “Véro” avec du vénilia impression nature…)

Nos plans furent contrariés. Le bowling était réquisitionné pour la journée, par un comité d’entreprise. C’est l’époque des Arbres de Noël, j’aurais dû m’en douter… j’étas déçue, Jenfi aussi. Et Zoé semblait perdue aussi… les enfants n’ont pas trop montré leur déception, car à peine retournés dans ma voiture, ils ont remis mon auto-radio à fond les ballons, et ont lancé un “Eh Zoé, on va faire une boum dans ta chambre à la place, ok?????”….

Les mômes se remettent vite des déceptions. Ils sont extras.

J’ai promis de refaire le bowling début 2010. Chacun sera ré-invité. C’est sûr. Je n’aime pas promettre un truc et ne pas le faire.

Nous avons fini la journée en famille. Zoé était encore rêveuse et en extase devant ses jolis cadeaux. Je me suis douchée, ai enfilé une tenue cool. J’ai vite fait des Bricks à l’oeuf pour le repas et on s’est posé devant Médium, comme de vielles chaussettes.

J’ai dormi dès 22h… je me suis réveillée juste pour l’émission de Ruquier…

Et j’ai repris ma nuit vers minuit et demi…

Le froid est là. J’ai dormi emmitouflée comme une mômie…

Aujourd’hui c’est un dimanche cool. A laisser les filles traîner dans un bain brûlant jusqu’à midi… A autoriser Jenfi à jouer à Wow, car il bosse cet aprem et doit se détendre avant… A manger de la fondue avec des frites. A finir les gaufres au goûter… à lire sur le canapé accompagné d’un chocolat chaud (nouveau kit Senseo!!!)… à empaquetter les cadeaux de Noël… à ranger le linge… à jouer au nouveau jouet de société petshop de Zoé… à déguster une quiche aux noix et à l’emmental avec une salade verte devant d&co… à  carresser les cheveux de Manon devant E=M6… à se lover sur le canapé devant une tisane, avec la panoplie de lumières d’ambiance et de bougies parfumées, parce ce soir, c’est mon film fétiche qui passe… celui que je connais par coeur mais qui est le meilleur anti-deprésseur que je connaisse…

J’ai nommé Love Actually

Bonne semaine à tous… dites-vous que c’est la dernière avant la folie des Fêtes… ça devient bon!!!

Ma commande au Père Noël

C’est ma petite Mère à la noix qui m’a tagué… j’suis un peu à la bourre, je m’en excuse. J’ai eu un peu/beaucoup la tête dans le “schtroumpf” toute la semaine dernière. Ma désertion bloguesque a été ravageuse. Déjà que je ne suis pas une lectrice assidue depuis quelques semaines. Je vous dis pas les dégâts… j’ai honte.

Bon enfin. Je me lamente sur mon manque de disponibilité. Faut que j’arrête. Je sais que c’est mon organisation qui est à revoir… tout est de ma faute.

Alors ce tag porte sur la commande de Noël que j’aimerais faire si je ne tenais pas compte de mon budget. Le truc de dingue quoi. L’euro-million en habit rouge, barbu et bedonnant!!! On en rêve tous. Qui n’a pas énuméré ce qu’il s’offrirait si il touchait la milliasse, hein??? Chacun a ses aspirations, qui lui ressemble… Je sais que mon homme rêve de vignes, de petit chateau au bout d’une allée en gravier sur laquelle la Mercedes crépiterait en arrivant… de portail planté au milieu de nulle part… de restos à gogo… moi, pas du tout!!! je déteste les allées en gravier, les grandes baraques vieilles inchauffables et les bagnoles haute gamme!!! (j’en veux juste une qui soit au top au niveau sécurité. Et bien sûr mon homme me répond dans ces cas-là “Mercedes chérie!!!”… pff)…

Enfin je blablate là, mais le problème du choix de ma future demeure, de ma voiture et de ma production de vin ne se pose pas.

Mais on peut toujours rêver, hein?

Bon alors voici ma liste à papa Noël. Celle qui varie d’un jour à l’autre tellement je suis une insatisfaite permanente (une femme quoi).

Allons-y… je me rappelle plus à combien de trucs j’ai le droit??? cinq, six…

Je me lance.

1- Ca c’est mon rêve de mère au foyer qui traîne ses placards confo depuis dix neuf-ans… et qui en a marre!!!! Bon bien sûr, j’ai fait du neuf avec du vieux dans la mienne. Ca aide à remonter le moral de bobonne quand elle cuisine. Mais bon, je salive quand même devant ce genre de photo… j’aime ce style…

2- Ca c’est surtout pour faire plaisir à mes enfants. Je sais que quand Bordeaux affiche plus de 30°, l’envie de piquer une tête devient urgente pour mes têtes blondes. Le problème ne se posait pas quand je vivais dans ma région. On a rarement souffert de canicule au Havre. Mais ici, dans le Sud-ouest, les choses sont différentes… donc voici ce que mon rikiki jardin pourrait accueillir avec quelques aménagements… j’ai déjà fait plein de plans dans ma tête. Une vraie tarée…

3- Ca, c’est pour partager un moment fort en famille. J’aime ça plus que tout. Je ne suis bien qu’au travers du bonheur de mes enfants, de mon mari… de ceux que j’aime… on connait plutôt bien celui de Paris. On a eu la chance d’aller une fois aux USA pour la mariage du cousin à Jenfi… regrouper les deux plus beaux moments de notre vie serait génial (Disney Floride)… Honnêtement, j’ai l’intuition qu’un jour, j’irai… je ne sais pas pourquoi…

4- J’adore manger. Et l’une de mes cuisines préférées est la cuisine indienne. Jenfi et moi avions un resto préféré quand nous étions en couple à Paris. On habitait Porte de Vincennes dans un studio de 30m2. Ce resto se trouvait côté 20ème arrondissement, dans un petit coin derrière le cours de Vincennes, rue de Charonne exactement (Le palais d’Archana). On était sans enfants, on avait le budget et le temps pour le faire. Une fois par mois, on se rejoignait après le boulot pour y manger en tête à tête… (on faisait les mêmes horaires de guichetier, un jour sur deux, on finissait à 12h30…)… je rêve encore de ce que je mangeais là-bas. Un délice. Je donnerai n’importe quoi pour faire un pélerinage dans mon ancien quartier et y retourner me goinfrer!!!!

5- J’aime les aquariums. Je trouve ça hyper joli dans un intérieur. On en a eu un, quand Julie avait un an… on vivait à Noisy le Grand, dans les Camemberts. On avait racheté celui de la nounou de Julie qui en voulait un plus grand… on s’est régalé pendant un an… à acheter des poissons, des plantes… je ne quittais pas des yeux le nettoyeur, infatigable le long de la paroi vitrée… j’étais enceinte de Manon… je faisais des siestes sur mon canapé quand je ne travaillais pas l’après-midi… en même temps que Julie dormait… j’adorais m’endormir en regardant mon aquarium, pratiquement face à mon clic clac… un bon souvenir, apaisant.
Quand on a déménagé dans le 12ème, quartier d’Aligre, alors que je venais d’accoucher de Manon, l’aquarium s’est vidé dans le nouvel appart… quelque chose avait bougé, s’était fissuré dans le transport… on a eu les boules…

6- Allez un petit dernier souhait. Celui que je rêve de réaliser vraiment un jour… le plus fou, le plus inabordable. Mais celui qui me revient en tête chaque année en juillet : avoir ma petite maison en Catalogne!!! Y passer les moments familiaux que j’aime tant… me dire que j’y accueillerai mes filles, gendres, petits-enfants, parents, frères, soeurs, neveux, nièces… je suis une boulimique de la vie de famille… j’aime plus que tout les moments partagés devant une bonne table, les fous rires… les ploufs dans une mer chaude, les chateaux de sable… le soleil qui réchauffe… les promenades dans les sîtes de la région… les tapas du soir… les virées nocturnes sur le bord de mer… une vraie oisive!!!!

Voilà, je pense avoir été assez “gourmande” comme ça!!!!

Ce tag, je le file à qui veut bien s’y coller!!!! Faites-moi signe dans vos coms si vous décidez de le faire, que j’aille lorgner!!!!

Sur ces mots, joyeux Noël à tous, par avance!!!!

Bariolé…

Il fait gris dehors mais pas dans ma tête. Non, je vais super bien. Depuis un petit moment, je suis même plutôt légère dans mon esprit. Je pense d’ailleurs que c’est une raison de mon absence ici. Je n’ai plus de choses à régler avec moi-même (comme si mon blog était mon reflet… celui à qui je m’adresse pour trouver les réponses…)… j’avance. Je profite d’un ciel sans nuages. Je pense que ce répit, je l’attendais depuis longtemps.

Depuis la naissance de Manon, je crois bien…

Donc je pense à moi. Chose que j’ai oublié de faire. Même si c’est relatif. Même si je ne pense pas avoir eu une croix à porter, avant et après Manon… faut pas exagérer non plus. J’ai une belle vie.

Mais bon, je suis en paix. On va dire ça.

Je dois aussi avouer que mon rythme de travail n’est plus le même depuis septembre… j’ai un peu mis les bouchées doubles, par rapport à l’an dernier… ça me plaît bien. Je me sens comme quelqu’un qui fait son maximum pour apporter sa contribution financière au couple… j’en souffrais pas avant, du fait d’avoir des gardes réduites… C’était un choix délibéré…je faisais en fonction de l’âge de mes enfants, des obligations de maman que j’avais avec elles… c’était d’un commun accord avec Jenfi. J’étais nounou pour pouvoir combiner au mieux le fait d’être maman et femme “active”…

Mes filles ont grandi. Je me sens moins indispensable auprès d’elles…

Ca fait bizarre, de devenir maman d’ados. C’est bien et pas bien à la fois. Je me sens plus du côté de la maman qui va voir sa fille aînée uniquement le week-end, parce qu’elle sera en fac… parce qu’elle sera en appart étudiant, je ne sais où… (y a intérêt qu’elle trouve sur place, moi j’vous l’dis!!!!)… bon ok, elle est en seconde. J’ai le temps. Mais mince… hier encore je lui mouchais le pif et l’aidais à mettre ses vêtements!!!… ca passe si vite…

J’ai eu ce constat en allant chez le médecin mardi soir dernier… Manon était malade, mal de bide, tronche de cake, haleine de cheval, WC retapissés. Bref, les syndrômes d’une gastro. J’y suis allée après le boulot, à 18h15… sur rdv. Je me disais, arf, on sera rentré vers 19h30, au plus tard. Je préparerai à bouffer juste avant que Jenfi n’arrive, vers 20h15… pas de soucis, on sera prêt pour l’émission de Frédéric Lopez, sur les fameuses rencontres en terre inconnue… c’est mardi soir, repos pour moi le lendemain, rtt mensuelle pour Jenfi, Manon en arrêt de collège, Zoé sans école, Julie qui doit aller au lycée (et paf, ça lui apprendra à grandir trop vite!!!!)… bref, j’étais cool dans la salle d’attente. Je savais que ma soirée allait être flinguée par l’attente. Mais je m’en fichais.

Mouais. Deux heures d’attente. Un retour maison à 20h15… avec du Mac drive en équilibre sur les genoux de Manon… une Julie qui arrive en trombe de l’étage de la maison, avec un affolé “Je me susi inquiétée, pourquoi tu m’as pas mis un sms pour me dire que c’était long????!!!”… arf, un sms, le truc qui me prend cinq minutes pour dire “Y a du monde chez le médecin, t’en fais pas”, alors que Julie le fait en trente secondes…. J’avais pas pris mon portable!!!! Je suis partie vite fait après rendu les loulous, à côté de mes pompes. C’est déjà bien que j’ai pensé au carnet de santé et au chéquier… je suis une vraie écervelée en ce moment. Je n’aime que dormir…

Je me suis faite pardonner par Julie, qaund elle a vu Manon arriver derrière moi avec un sac marron en papier customisé Mac Do… l’odeur de frites a embaûmé tout le salon d’un coup d’un seul. Zoé a hurlé d’en haut “Hum, ça donne faim, j’arrive!!!”… On a fait un plateau télé. Jenfi est arrivé juste cinq minutes après moi. Et on a regardé Lopez avec émotion, en prenant une tisane digestive et en mangeant des clémentines… c’était bien.

Mais cela ne vous dit pas pourquoi j’ai fait le constat de vieillir en étant juste dans la salle d’attente de mon médecin…??? En fait, il y avait trois personnes avant moi, quand je suis arrivée, la doudoune sur le poil et la Manon blanche comme un linge dans mon sillon… trois personnes, dont un papa et sa petite fille toute dynamique, en train de parcourir à 4 pattes le cabinet… il m’a regardée m’appuyer sur le mur avec Manon (il n’y avait plus de chaises libres)… il m’a dit que je pouvais prendre sa place. J’ai remercié et j’ai refusé. Il avait certainement plus besoin que moi d”une chaise à force de courir après sa cavaleuse de petite nénette… Je me suis dit “Purée, je fais vielle, mince!! On me file une place assise comme aux mamies dans le bus!!!”… j’ai rigolé intérieurement. C’est vrai que j’avais une tronche de détérrée. J’ai traîné une fatigue lancinante toute la semaine dernière. Comme un fardeau inexplicable. Un état végétatif. Pourtant je me suis risquée à devenir auburn. Toute pleine d’entrain. Faut croire que ça me tire sur la mine. Je sais pas. Je suis jamais contente de ma poire alors… C’est féminin.

Je ne suis pas restéé une heure et demie debout contre un mur. Non. Le papa en question a découvert deux chaises non occupées dans les salles d’attente des autres médecins et me les a proposée. A force de suivre sa petite brunette trop mimi dans sa découverte des lieux à 30 cms du sol, il a pris connaissance des cachettes secrètes du cabinet médical. J’ai dévoré sa petite des yeux. Je ne me lassais pas de voir son popotin rebondi par la couche, se trémousser partout dans les recoins… ça m’a rappelé mes soirées pédiatres avec mes propres filles, quand je vivais à Paris dans le 12ème arrondissement… j’y fonçais le soir avec mes trois nénettes, arpentant les trottoirs crasseux du boulevard Diderot… dans la nuit froide et trop éclairée qu’offrait la capitale… Jenfi finissait tard un soir sur deux. J’avais toujours le bol qu’elle fasse une montée de fièvre quand j’étais seule avec elles le soir… j’appelais la pédiatre dès le matin mais c’était toujours la même réponse : “Venez en soirée, on vous passera entre deux clients”… le cabinet était situé dans une arrière cour, à l’étage d’un vieil immeuble parisien… avec escalier en bois qui craque. Petit hall carrelé en losange gris et blanc. Concierge espagnole qui sortait pour vérifier si ma poussette ne gênait pas dans le recoin de l’entrée… c’était le rituel. Fallait monter avec ma marmaille sous le bras, démarquer dans la salle d’attente avec un air essouflé, un front perlé par l’effort physique… il y avait plein de jouets par terre quand on osait mettre un pied dans le cabinet. Des mouflets avec le nez qui coule et des cris déchirrants venaient de derrière la porte de la pédiatre. Le syndrôme de la blouse blanche… je connaissais ça avec Manon. Elle hurlait dès qu’elle voyait le médecin. Par principe. Comme de l’auto-défense. C’était ce que j’appréhendais le plus. Gérer la colère de ma fille, tout en expliquant calmement qu’elle était à plat par 40 de fièvre une demie heure avant… si si, elle était vraiment incapable d’hurler cinq minutes avant de venir. C’était vrai. Alors que là, elle décuplait de rage et de niaque. Je repartais généralement avec un antibio, du célestène, de la ventoline, de la bécotide… et des séances de kiné respiratoire. J’étais HS d’avance. J’ai toujours détesté l’action du célestène sur mes filles. Ca les rendait irrascibles, hyperactives… elles dormaient peu. Je m’armais de patience mais je détestais ça.

J’ai pris conscience en regardant cette petite fille cavaler à 4 pattes, sous l’oeil de son papa épuisé par son dynamisme, que ce temps était fini pour moi.

Maintenant, quand mes filles sont malades, elles roupillent trois fois plus!!! Je ne suis qu’une maman bienveillante, qui les couve de ma présence et de mon regard. Finis les réveils nocturnes, les pleurs inexpliqués parce mal à l’oreille… le manque d’appétit, la toux qui empêche de dormir sans s’inquiéter qu’elles s’étouffent… elles savent dire où elles ont mal et elles se gèrent sans chialer. Ouf!

C’est bien finalement d’avoir des ados.

Y a un temps pour tout.

C’est la vie.

Enfin, je dis que j’ai des ados…. Julie oui, Manon un peu et Zoé presque. Zoé est encore un peu une petite fille qui réclame comme un bébé “C’est quand qu’on fait le sapin!!!!????”"… et qui danse comme une indienne autour une fois qu’il est fini. Comme une petite fille excitée par l’approche des cadeaux, de la féérie de Noël… on l’a fait mercredi après-midi (photo du haut comme preuve). Elle ne tenait plus. Et moi, je savais que ce week-end, je me tapais les courses de Noël, alors…

C’est marrant. J’aime l’été plus que l’hiver. Je ne suis pas une folle des fêtes. Mais j”aime les étoiles dans le regard des enfants que Noël déclenche. Le bonheur des grands-parents qui lèvent les yeux au ciel devant la surcharge de jouets que notre siècle implique (voici la petite “pièce” que nous avons fait à Zoé, dans une case de son étagère, pour sa future Pullip Clochette…)  les belles tables dorées. L’odeur de la cheminée. Les huîtres sur la table, le foie gras, le champagne… le faux Père Noël qui se pointe pour les neveux et nièces encore bien jeunes…

C’est un cap à passer. Un cap heureux. Mais à passer quand même…

Je préfère vraiment l’été.

D’ailleurs, on commence à reparler de nos futures vacances à l’Escala. Ca fait du bien quand on voit le gris et l’humidité qui règnent en ce moment… ça réchauffe le coeur.

Mais je dois bien avouer que le fait que mes parents viennent me voir à Bordeaux avec mon frère, du 28 décembre au 4  janvier, ça me réchauffe vivement le coeur aussi. Je sais que ma mamie va rester chez son fils, là-haut, avec mes cousins et cousines havrais… pendant ce laps de temps où je lui pique mes parents. Je sais que j’aurais aimé qu’elle soit encore capable de faire un tel trajet jusqu’à nous. Mais c’est comme ça, elle ne peut plus. Et moi je veux que ma mère fasse un break. Connaisse ma maison, ma vie ici… mon quotidien (elle ne le connait pas)…

Ma mère est à bout de forces en ce moment.

Je veux qu’elle prenne du bon temps. Chez nous.

J’ai donc hâte. Même si j’aime pas trop les fêtes.

Vous voyez, je vais bien.

Je suis zen. Je lis, je me détends beaucoup dès que je peux…

Et j’écoute le nouveau Norah Jones, que je trouve plus pop que ce qu’elle faisait avant… j’aime bien.

C’est tout à fait dans mon état d’esprit du moment…

Allez j’y vais.

Portez-vous bien… c’est bientôt la fin de l’année. Tenez-bon!

Gris

C’est la couleur de novembre. C’est celle aussi qui occupe ma maison si je n’allume pas une petite lampe ou une bougie. Celle qui domine dans mes vêtements… celle de ma voiture… celle du ciel, les 3/4 du temps…

C’est normal, c’est l’hiver.

L’hiver m’apporte le manque de tonus que je n’aime pas. Mais il m’apporte aussi le repli et la mélancolie qui sont deux traits de mon caractère… même si je ne les affiche pas trop…

Je suis donc la plupart du temps chez moi. sauf le week-end où les invitations me sortent de ma torpeur et me boostent un peu… je suis fatiguée, je le vois, je le sens. Tout simplement parce que garder trois petits de moins de trois ans à l’intérieur… parce qu’il pleut, parce la nuit tombe trop vite pour espérer une sortie après le goûter… c’est sans relâche.

J’aime mes petits-bouts.

Mais je déteste novembre.

Je me suis mise à relire. Ca me manquait. Ca fait du bien. J’écoute de la musique. Je bois du thé bouillant parfumé en rentrant de l’école à 17h, et je cuisine des plats d’hiver, qui tiennent au corps…

Il ne manque plus que l’odeur de la cheminée… que je n’ai pas…

Les otites, les rhumes, les maux de dos… ça va, ça vient. C’est normal. Il fait gris, moche…

Et puis si je voulais pas de bras cassés à la maison, j’avais qu’à dire oui à la vaccination…

Je dis ça pour blaguer. J’ai refusé la vaccination pour d’autres raisons.

Bon je fais court. Je dois.

Je vous laisse dans la chaleur de votre foyer, de votre bureau…

J’espère que vous allez bien. Et que le gris n’enveloppe pas tout dans votre vie…

Mauvaise fille

J’ai été très touchée par tous vos commentaires sur mon billet concernant ma mamie, ma maman… leur vie “commune”… leur façon de s’entendre, pas si simple… je n’ai pas su par où commencer pour répondre à chacune d’entre vous… j’avais tant à dire. Et tant honte de dire ce que cela m’évoquait… je ne suis pas toujours une très bonne fille… j’ai des pensées moches, égoïstes. Elles me font me sentir lâche… 

 J’ai choisi de juste vous lire…

Ma mamie a toujours été une femme forte, gentille, vive. Je n’ai connu qu’elle, en tant que grands-parents. Elle a toujours été là pour nous porter à bout de bras… petit bout de femme qu’elle était, du haut de son mètre cinquante… mon père ne la portait pas dans son coeur. Elle savait qu’il battait sa fille. Elle le menaçait du regard, le jugeait pitoyablement quand elle venait chez nous et qu’il se tenait à carreau… elle savait qu’il attendait qu’elle parte pour agir… elle aurait aimé le voir en action, et lui rentrer dedans… il le savait. Il n’a jamais osé l’affronter. Le seul souvenir que j’ai d’eux en conflit, c’est durant un repas de Noël, où elle était assise en face de lui. Je devais avoir six ou sept ans. Mon père commençait à tituber, à prendre ses hallures de rabat-joie qui refait le monde et qui défie quiconque de le contredire… elle a voulu le remettre en place. Elle lui a demandé de se taire. Il lui a jeté un verre d’eau à la figure… elle était estomaquée… figée… un fou rire avait empli la gorge puante d’alcool de mon père et elle s’était levée pour se réfugier dans la cuisine. Dépitée.

Ma grand-mère est comme moi. Il y a des choses dans ce monde qu’on ne veut pas supporter. Qu’on préfère fuir…

Elle demandait depuis longtemps à ma mère de fuir cet homme, de partir avec ses gosses…

Ma mère ne l’a jamais fait. Pourquoi… j’en sais rien. Je pense qu’elle l’aimait. Et je pense aussi qu’elle avait déjà son âme de Mère Thérèsa… ma mère croit toujours que tout peut changer. Qu’on peut guérir de tout…

Moi non. Je tourne le dos à ce qui n’est pas soignable… comme l’alcool et la drogue… je sais, je suis intransigeante, intolérante. Mais je n’y peux rien. J’accepte qu’on se détruise. Oui… tant que ça ne m’inclue pas…

En l’occurence, la destruction alcoolisée de mon père m’atteignait chaque soir de ma vie… j’ai développé comme un rejet… je suis devenue quelqu’un de dure, de fermée à l’abus alcoolique… je suis révoltée quand j’entends (comme ce midi aux infos) qu’un homme a aspergé d’essence son ex-compagne (il avait bu, ne savait pas ce qu’il faisait).. que celle-ci a été brûlée à 70%… que c’était sous les yeux de leur petite fille… (bizaremment, c’est à la gamine que j’ai le plus pensé…)

J’en ai marre de toutes ces atrocités sous alcool…

J’ai toujours compris le côté “Y a qu’à” de ma grand-mère. Je suis comme ça. Je n’attends pas que les choses s’arrangent par je ne sais quel procédé, j’agis. Je fonçais étant plus jeune. J’ai pris des claques… mais j’agis toujours ainsi. Je ne sais pas attendre.

Ma mère est quelqu’un qui est trop idéaliste, trop gentille. Trop naïve aussi. Elle croit que tous les services qu’elle rend, elle en aura le remerciement un jour. Alors que c’est faux. Elle fait des choses sans qu’on lui demande de les faire. Elle s’étonne du manque de considération… j’ai longtemps tenté de lui dire “Maman, ne t’occupe pas de ça. Pense un peu à toi, profite de la vie…”… elle n’a jamais compris. Elle a toujours dit que son truc à elle, c’était de s’occuper des autres. Qu’elle voulait se rendre utile. C’est génial, ok. Rien à redire sur ce dévouement acharné… l’ennui est que ma maman n’a pas axé ce dévouement sur les bonnes personnes. Jamais.

J’ai souvent été blessante avec elle. Je n’en suis pas fière. Mais j’en avais tellement marre de la voir entrer dans la vie de gens qui sentaient la bonne poire venir… je la mettais en garde. Elle ne m’écoutait pas. Et après, je la ramassais à la petite cuillère… elle me trouvait sans coeur. Elle me jugeait dure avec ceux qui sont de petites gens… qui ont peu… qui ont besoin d’aide…

Je n’ai jamais compris pourquoi après son divorce, ma mère s’est toujours occupée de la vie de gens alcooliques, déprimés… mal… en dérive… je voulais qu’elle se détache de ça. Qu’elle respire, aille voir ailleurs… je ne suis pas une “bourgeoise”, je ne pense pas l’être en disant ça (ma mère me trouve hautaine quand je tourne le dos à quelqu’un qui boit). Je viens de ce contexte, baigné dans l’alcool, le chômage… je ne le dénigre pas… je ne le supporte plus, c’est tout…

Ma mère ne l’a jamais compris. Ne le comprend toujours pas. Chaque semaine, elle m’appelle plusieurs fois pour me faire la liste des membres de la famille pris dans ce type d’engrenage… asssocié à une perte de boulot… à un découvert à la banque… elle agit… elle tente d’être là pour eux. Je le comprends. Mais quand elle m’appelle en miettes pour me dire qu’elle n’en peut plus, qu’elle a mal à sa tête, que tout l’énerve (son médecin lui a dit après son AVC de ne plus vivre pour les autres, de se protéger des soucis de chacun, car elle pouvait refaire un hématome cérébral…)… je voudrais la secouer et lui dire d’enfin penser à elle, de se protéger. Elle ne comprend pas… elle dit ne pas être comme moi, qui ai fui cette région si moche et si pleine de chômage et de desoeuvrement… elle répète que ces anciennes collègues de travail (qu’elles voient de temps en temps pour papoter) voient leur fille chaque jour, vont chercher leurs petits-enfants à l’école… que normalement, c’est au mari de suivre sa femme, pas l’inverse (je suis davantage près de ma belle-famille que de ma famille)… bref, je me sens alors moche, dégueulasse. Et ma mère se sent mieux. Car elle a réussi à me mettre en vrac.

Ma mère est une femme adorable, à qui on donnerait le Bon Dieu sans concession. Elle est menue, rigolote, un peu farfelue. On peut vite s’attacher à elle. Mais elle reste une mère, avec ses exigences, et ses principes. Elle n’a pas digéré mon départ du Havre… elle est venue chez moi deux mois après mon arrivée à Bordeaux. Elle a pleuré deux jours avant son retour sur la Normandie… disant qu’elle vivait dans une région de merde. Qu’elle avait envie de mourir… six mois après, elle a pété un plomb en demandant à mon papa/bis de quitter la maison. Il m’a appelé tout penaud d’une cabine téléphonique. Il avait garé sa voiture devant un hotel. J’étais mal d’être si loin et impuissante. Je lui ai demandé le numéro de sa cabine, pour le rappeler… j’ai téléphoné à ma mère de suite pour savoir ce qui se passait. Elle était comme saoûle, incohérente. Elle disait qu’il était méchant avec elle, qu’il ne la comprenait pas. Tout comme moi, qui ne s’occupait pas d’elle. J’ai tenté de la rassurer, de défendre mes choix de vie… elle n’a pas été convaincue et a avalé plusieurs cachets qu’elle prend pour son cholestérol… comme ça, à l’autre bout du fil. Et elle m’a dit fièrement qu’ainsi, on serait débarrassée de la chiante qui ne sait pas vivre sans les autres… moi, et mon papa/bis…

J’ai hurlé, pleuré… j’ai appelé mon papa/bis qui est remonté dans sa voiture et a foncé à l’appartement. J’étais en panique, chez moi… mes larmes coulaient sans cesse.

Mon papa/bis a appelé un quart d’heure après. Pour me dire qu’elle allait très bien. Qu’elle avait menti, pour me faire mal. J’ai été soulagée. Mais j’étais en colère. Tellement en colère.

J’aime ma mère. Mais je dois toujours être celle qui reste auprès d’elle, qui veille. Elle dit que c’est le rôle d’une fille. Que moi, j’ai choisi mon mari à sa place.

Je paye ce choix conjugal. Chaque jour de ma vie…

Ce matin, j’ai appelé chez mes parents pour prendre des nouvelles de ma mamie… elle va mieux. Ma mère lui faisait sa toilette… j’ai donc dit à mon papa/bis de ne pas la déranger et je lui ai demandé les nouvelles à lui… j’aime bien quand c’est lui qui me les donne. Il est posé, rassurant, et jamais il ne me fait comprendre que je ne suis pas là quand ça va mal. Il m’aime comme je suis.

Ma mère a pris vite fait l’appareil, tout de même. Elle était un peu énervée.

Ma maman : “Bon, je peux pas te parler là car je fais la toilette à ta grand-mère… elle va mieux oui… mais tu sais, le médecin a dit que ce type de bloccage allait revenir. Donc je dois m’y attendre. (j’essayais d’en placer une, mais ma mère n’écoutait pas) … ça m’étonnerait qu’on descende à Bordeaux pour les fêtes. Je vois mal son fils lui faire la toilette, c’est gênant pour elle… (je précise que ma cousine, fille du frère de ma maman, est aide à domicile pour personne âgée. Elle saurait faire les soins pour six jours d’absence… en passant)… on ne viendra pas, je crois. Tu sais, j’ai pas une vie marrante. Alors vous allez monter… faut vous y attendre. Je préfère te le dire pour que tu prennes tes dispositions…”

J’ai toujours pris en considération un éventuel empêchement. Je suis une mauvaise fille, si j’ose vous dire que j’en ai marre de monter au Havre. Que j’aimerais les voir chez moi… dans un contexte de repos pour ma mère… et de soleil, de vacances…

Je me sens si égoïste vis à vis de ma maman.

Mais j’ai enfin voulu penser à moi, en suivant mon mari… Chose qu’elle n’a jamais faite. Et qui selon elle, ne se fait pas….

Une chose est sûre, je serai là pour elle, quand elle se retrouvera seule… ma mamie à 93 ans, mon papa/bis en a 80…

Dans la logique des choses, il se peut que je prenne ma mère chez moi quand j’aurais 45 ans… âge buttoir (que je me suis fixée) pour ma ré-intégration dans l’administration… âge où mes filles seront en pleine indépendance voir envol pour leurs études… âge où je me vois libre, prête à m’occuper de mon couple, de moi…

J’ai peur de ce qui m’attend.

Mais là, je ne peux pas fuir. Elle compte sur moi. Elle me l’a dit…

Belle gueule

Aujourd’hui sort le châpître 2 de la saga de Stephenie Meyer, Twilight… le phénomène est passé par chez moi, un beau jour d’hiver 2009… Julie était allée voir le film soit-disant phénomène sans aucune arrière pensée. Elle voulait se faire une opinion. Elle s’y était rendue avec son Jo, moins enthousiaste à l’idée de voir un long métrage dont tout le monde parle. Jo n’aime pas trop ce qui plaît à tout le monde. Son truc à lui, c’est d’aimer ce qui ne rassemble pas les masses. Il a fait plaisir à son blondinette. Il a suivi.
Depuis, il ne cesse de la vanner sur le sujet… c’est une façon assez facile de la titiller, car elle démarre au quart de tour dès qu’il critique l’oeuvre en 4 volumes… elle se défend de ne pas être une groupie digne de celles qui hurlent dans le petit journal de Yann Barthès (Ouf, ça m’aurait un peu consternée de la voir se mettre dans des états pareils!!! des états du genre de ce fan de Céline Dion quoi)… elle se défend comme elle peut. Avec ses mots et ses arguments. En échange, elle lui dit que la musique de son groupe ne lui inspire rien… que ça gueule trop.
Dialogue de sourds…
A ce petit jeu, aucun n’arrive à convaincre l’autre que ce qu’il aime est bien… mieux…
Ils sont issus de deux mondes différents…

Hier soir, ils sont rentrés tard du lycée… c’était leur grosse journée. Julie avait quitté la maison à 7h15 avec une pâleur assez proche de celle d’Edward Cullen. Elle avait peu parlé pendant le petit dej que nous partageons toujours en famille (je me lève tous les matins à 6h30 pour faire chauffer le thé, le lait… je dispose les bols et tout le tralala la veille au soir, pour m’avancer)… il y avait un contrôle de maths de prévu pour 15h. Le dernier du premier cycle, celui qui fera la moyenne générale de son premier trimestre… il lui faut un 11 pour garder son petit 10 timide, limite… moi je trouve cela bien car je sais qu’elle était à 7,5 de moyenne en troisième… donc je dis bravo. Car en seconde, on s’éclate généralement comme une vieille chaussette. On rame. Le décalage est rude. Faut donc s’accrocher…
Bref, je lui ai dit de ne pas s’en faire. Que cela ne va pas conditionner le reste de sa vie. Que ce n’est qu’une note. Que je sais qu’elle a bossé ses exos et qu’elle assiste au soutien chaque semaine… que faire de plus…??? Les souvenirs de ma propre nullité en maths me sont revenus en mémoire. J’ai commencé à sentir la boule au ventre que je développais à chaque fois que j’avais un devoir surveillé dans cette fichue matière… je rentrais en classe avec les mains moites, le palpitant à fond les ballons… au moment où le prof me tendait le précieux polycopié humide qui puait encore l’alcool, et dont l’écriture violette bavait joyeusement, je sentais comme un vent de panique m’envahir… mes formules apprises la veille, récitées dans le bus en venant le matin même, partaient en fumée… je regardais mes voisins se jeter sur leur copie double avec une soif de connaissance hallucinante… je les enviais de pouvoir produire une quelconque écriture à la vue d’un tel charabia… je commençais alors à regarder le barême des exos et je me disais qu’il fallait que je sauve au moins 10 points… je commençais alors les deux exos notés sur 5 et constatais que je ne les maîtrisais même pas… que je faisais n’importe quoi… je prenais alors mon effaceur, mon blanco, et tentais d’anéantir le truc incompéhensible que je venais de rédiger… je regardais ma montre et constatais alors que j’avais mis trente minutes à produire du vide… mon souffle s’accélérait et ma tête bourdonnait… j’étais sûre de ne plus avoir le temps de sauver ma moyenne… je regardais alors les mines réjouies de mes voisins qui avaient déjà fini leur devoir et sucaient joyeusement le bout de leur stylo 4 couleurs… en moi-même, j’espérais que la couleur enclenchée saute de son cran et leur bousille la lèvre supérieure (ça c’est du vécu… mon stylo 4 couleurs me bousillait régulièrement la lèvre quand il avait décidé de ma sauter à la tronche!!!)… certains me regardaient avec un air de dire “trop fastoche, hein???”… bah non, pas fastoche du tout. Et je prenais un air desespéré. Qui voulait dire que j’allais rendre un navet… comme d’habitude…
J’ai expliqué tout ça à Julie, pendant le petit dej… pour lui montrer combien ce qu’elle ressent, je l’ai vécu aussi… et que cela me fait rire aujourd’hui… elle m’a avoué qu’elle espérait bien en rire un jour, mais qu’en attendant, elle avait les boules…
Vers 10h, pendant son heure de perm durant laquelle elle révisait encore, elle m’a envoyé un sms plein de doute et de stress… je lui ai dit de se calmer. Que je voulais juste qu’elle fasse de son mieux… que je l’aimais fort. Même nulle en maths…
Hier soir, elle est rentrée en forme, à presque 19h… Jo était avec elle, moins en forme. Car lui, en maths, il est bon. Et là, le devoir s’était mal passé… Jenfi et moi étions en train de boire un petit coca et de manger des tartines frottées à la tomate et à l’ail… devant 100%mag… j’étais à fond, scotchée, devant un reportage sur la déco… quand on a pu lire en bas de l’image, une phrase dans le style : “A suivre, Robert Pattinson, le phénomène du moment”… Julie a dit “Yes” et Jo a beuglé un “Pff, encore ce gros moche!!!”….
Le match pour ou contre Robert Pattinson a alors pu démarré…
Jo, en train de se verser une limonade :
“Pff, il est vraiment trop moche ce mec… je comprends pas ce qu’on lui trouve. Il est trop blanc, il est affreux dans ce film… franchement si j’étais une fille, je préférerais Jacob!!!”
J’ai regardé Julie du coin de l’oeil, amusée. Nos regards disaient “Il ne peut pas comprendre”. Elle s’est versée un coca et a ouvert un petit paquet de chips saveur barbecue. J’ai laissé faire, même si les spaghettis au saumon, sauce crème et estragon, réchauffait lentement dans la cuisine… elle avait eu du stress aujourd’hui. Un petit réconfort salé, ça se comprend… et puis je ne montrais pas l’exemple, je m’empiffrais de tartines…
Jenfi a défendu Jo, histoire d’être le fouteur de merde qu’il sait être :
“T’as raison, Jo. Il est vraiment moche ce Bébert. Moi aussi je préfère Jacob…”
J’ai donné un coup de coude à Jenfi, d’un air de dire que pour nous, c’était de la rigolade, mais pour eux, c’était très sérieux… le sujet qui fâche quoi…
J’ai dit en soupirant :
“Jo, c’est une histoire de charme, pas de beauté. Le personnage d’Edward a été fait pour déclencher cette passion autour de lui… il incarne tout ce qu’une jeune fille recherche à cet âge… il est beau ténébreux, énigmatique… il sait dire les mots qu’il faut…”
Jo a rigolé :
“Mouais bah c’est un peu gnan-gnan comme façon de draguer!!… moi ça me fait rire la scène dans Twilight où il invite Bella au resto et où il lui dit qu’il a besoin de la protéger constamment, d’être auprès d’elle… aucun mec ne dira ça à une fille!!!!”
J’ai regardé Julie en souriant. J’ai pas voulu vendre la mèche mais combien de fois je retrouve mon ordi le soir, après le film, vers 22h30, avec un petit mot de Jo sur msn qui dit “Bonsoir Véro, elle est couchée Julie??? Non parce qu’elle ne m’a pas dit Bonne nuit….”… dans ces cas-là j’appelle Julie si elle n’est pas encore au lit et elle descend lui mettre un petit mot tout doux pour la nuit… telle une maman qui caresse les cheveux de son enfant lors du rituel du coucher le soir… en le calinant, en le rassurant…
C’est pas “gnan-gnan” ça, hein???? Jo me fait rire… il est aussi attentionné qu’un Edward Cullen avec Julie, mais il s’en défend.
Julie a regardé son Jo avec un air amusé, attendri et lui a dit :
“Ce que tu ne comprends pas, Jo, c’est que j’aime Edward Cullen, le personnage, mais pas Robert Pattinson… que je sais très bien que cet acteur est quelqu’un comme tout le monde, qui ne croisera jamais ma route… et qui en plus n’en a rien à faire de moi… j’aime l’histoire de Twilight, le romantisme qu’elle inspire, le côté surnaturel et la façon dont le film a été tourné… l’ambiance, les couleurs, la musique de Muse et de Linkin Park… C’est tout ça qui me plaît… mais j’ai les pieds sur terre. Et puis j’ai lu les 4 romans, c’est normal que j’en vois l’adaptation…”
Elle s’est alors adressée à moi :
“Même maman dit qu’elle applaudit l’idée géniale de Stephenie Meyer, qu’elle aurait aimé écrire un tel livre… pas vrai maman??”
J’ai acquiescé : “C’est vrai… j’applaudis l’exploit…”
Jenfi a ricané :
“Mouais, sauf que toi si t’avais envoyé çà à un éditeur en France, il t’aurait envoyé bouler… y a que les américains pour éditer une histoire pareille…”
Jenfi n’a sans doute pas tort. Et c’est bien dommage d’ailleurs que seuls les américains soient encore de grands enfants…
On a regardé la fin du reportage, toujours en râlant contre les cris déchaînés des filles envers Robert Pattinson. Jo est rentré chez lui… en disant sur le seuil de la porte “Moi, un jour, je serai une rock star, tu verras Julie…”
J’ai souri. Comme si Julie avait besoin que son Jo soit célèbre pour l’aimer… il n’avait toujours pas compris… sacré Jo…
On a mangé et on a regardé un petit film sympa sur ciné-cinéma, à la lueur d’une bougie et en buvant une tisane digestive. J’aime Sigourney Weaver. J’ai pratiquement vu tous ses films, mais pas celui d’hier soir… elle est celle qui a tenu mes nuits en éveil, qui est responsable de ma facculté à retenir mon envie de pisser toute une nuit pour ne pas affronter un couloir noir… Alien est le film qui m’a le plus angoissé de toute ma vie d’ado. Et c’est un film culte pour moi… j’ai vu tous les Aliens. Je les ai même en DVD…
Julie voudrait les voir mais je lui ai dit d’attendre encore un peu…
Cet après-midi, j’amène mes deux tourtereaux à la séance de 16h30 de Tentation
Pour nous 5, ce sera la séance de vendredi soir à 19h45, après un mac do en famille…
Zoé râle parce que Julie va le voir deux fois et pas elle…
Manon s’en tape de qui fait quoi et combien de fois…
Zoé a retrouvé le sourire quand Jenfi a dit ce matin au petit dej “Bah oui mais c’est qui qui va avoir le DVD d’Harry Potter et le Prince de sang-Mêlé” ce soir, hein????”…
Bah c’est Zoé et Manon, les deux fans d’Harry…
Julie n’est pas fan d’Harry…
Sur ces mots plein de gravité, je m’en vais faire un peu de ménage avant d’attaquer ma journée de repos…
Le brouillard commence à se dissiper, enfin…
Il va faire beau…

 

Vieillesse


Ma mamie a 93 ans. Elle est en bonne santé, du moins pour l’âge qu’elle a. Elle a encore “toute sa tête”, comme on dit d’une personne qui a échappé à Azheimer. Elle est assez autonome, elle se lave, s’habille seule. Une canne est venue l’aider à se déplacer depuis deux ans… et pour faire de longues sorties, elle a obtenu récemment un fauteuil roulant. Ma maman la pousse dans les rues de son quartier avec un amour et une douceur qui caractérisent ma mère…
Ma mère a toujours été une femme aimante, soucieuse de bien faire…

Mère et fille sont différentes. Très différentes. L’une est organisée, vive et globe-trotter (ma mamie). L’autre est casanière, jamais à l’heure et elle déteste s’entendre dire qu’il faut qu’elle se presse (ma maman). Elles s’aiment énormément, ont toujours vécu dans la même ville et ont su s’épauler dans les moments difficiles…
Rien ne présageait que cette entente se détériorerait le jour où ma grand-mère viendrait vivre chez sa fille… afin d’échapper à la maison de retraite…
Combien de fois ai-je entendu ma grand-mère dire qu’elle préfèrerait crever que de se retrouver avec plein de petits vieux pour attendre la mort… dans un mourroir…
Combien de fois ai-je entendu ma mère lui affirmer qu’elle ne finirait pas ses jours seule et qu’il ne fallait pas qu’elle s’inquiète…
Combien de fois ai-je entendu ma mère dire qu’elle espérait que cela arrive le plus tard possible… sentant que la venue de ma grand-mère dans son foyer, pour y finir ses jours, rimerait avec l’ambiance vue dans le film “Tatie Danielle”…

Ma grand-mère habite avec mes parents depuis deux ans.

Et c’est bien l’ambiance “Tatie Danielle” qui s’est instaurée. Ca n’a pas loupé…

Et pourtant, elles s’adorent. Je vous assure. Elles ne peuvent pas vivre l’une sans l’autre…

Ma mère reçoit mon frère cette semaine. Mon frangin habite Paris. Il est célibataire. Il vit dans un petit studio à Montmartre. Il est facteur. Il est heureux comme ça. Mon frère avait des choses à vivre, du genre de celles qu’on vit entre 15 et 20 ans. Il comble un manque. Il dit que c’est légitime. Et que comme il sera centenaire, il a encore le temps de se trouver une femme (mon frère a peur de la mort)… je souris quand j’ai ce genre de conversation avec lui. Car après tout, je m’en fiche de ses choix de vie. Moi, je l’aime tendrement et je ne cherche pas à le changer, à le juger. Je veux juste qu’il réalise que le temps passe et que l’immortalité, c’est dans les films de SF qu’il dévore… et non dans la vraie vie.
Mon frère rit quand je le ramène sur terre… il rit comme quand il me faisait croire qu’il était l’homme qui valait trois milliards… lorsque j’étais petite. Il écrasait avec sa main des balles de tennis et moi j’hurlais “Waouh, mais comment tu fais ça???”… et il était heureux, d’être le super héros de sa petite frangine.

Il a su me le prouver bien plus tard… qu’il était un héros.

Il est donc chez mes parents cette semaine. Et il a assisté à un énième affrontement entre ma mère et ma grand-mère… d’habitude, il laisse faire, mais là, il a défendu ma mère. Ma mamie lui disait en douce combien ma mère l’énerve par son manque d’organisation… combien elle aimerait être morte… combien elle ne s’était pas imaginée une telle fin de vie… combien elle regrettait la maison de retraite… parce que là-bas, au moins, elle aurait été à l’heure pour regarder Plus belle la vie le soir…
Ma grand-mère est devenue sourde. Elle parle fort. Quand elle a confié cela à mon frère, sournoisement, ma mère a tout entendu même si elle était dans la pièce voisine… et elle s’est mise à pleurer en silence… mon frère est passé dans le couloir et a vu ma mère s’essuyer les joues avec son mouchoir… il est venu l’embrasser. Et il n’a pas pu s’empêcher de retourner dire à ma mamie qu’à la maison de retraite, les autres résidents n’auraient certainement pas pu la supporter… vu son caractère…

Je comprends mon frère. La peine de ma mère nous ramène a tant de choses de notre enfance, lui et moi… nous ne voulons plus la voir pleurer. Elle n’a certainement plus de larmes d’ailleurs, vu tout ce qu’elle a versé quand nous étions petits… il a bondi, parce que c’est vicéral chez lui, de monter au créneau quand ma mère souffre…
Mais ma mamie est âgée, et la contrariété lui a provoqué une lombalgie et une sciatique… aucun antalgique ou patch de morphine ne calment ses douleurs… elle a dit aujourd’hui qu’elle voulait mourir, là de suite. Parce que c’est bien, un vendredi 13 pour mourir…
Ma mère déteste le vendredi 13.
Quand elle s’est battue avec mon père, c’était un vendredi 13…

Et ma grand-mère le sait…

Ma mère m’a appelée ce soir, pour me raconter tout ça. Cet espèce de chantage affectif que sa mère lui fait… elle ne le comprend pas. Elle fait tout pour que ma grand-mère soit bien… et ça ne va jamais…
Ma mère a peur que ma grand-mère meurt. Je ne pense pas que c’est pour maintenant… je connais ma mamie, c’est moi tout craché. Elle va se relever… Mais je ne suis pas rassurée… par le manque de force de ma mère… le manque d’anticipation… quand j’ose lui dire “Tu sais maman, c’est dans la logique des choses. Mamie a 93 ans… il faut que tu t’y prépares…”… j’ai comme réponse cinglante de ma mère “Mais enfin, Véro, comment peux-tu dire une chose pareille!!! On ne se prépare pas à ce genre de chose, enfin!!!”

Je croyais que si… moi, je cogite tellement que je me prépare pour tous les scénarios catastrophes possibles… je suis sans doute fada, mais je fonctionne comme ça.

Ma mère n’a pas manqué de me glisser en douce ce soir “Sinon ça va chez vous? Mes petites-filles vont bien???”

J’ai dit oui. De toute façon, depuis que ma mère a eu un AVC, je tente de lui dire que tout va toujours bien. Elle est passée à côté des problèmes de Manon. Elle ne comprend rien à l’encoprésie. Je veux la protéger. Ce serait trop risqué de lui faire partager mes angoisses…

C’est un choix que j’ai fait, de faire croire que je vais toujours bien.

Du coup ça me revient des fois dans la tronche. Ca me fait passer pour une veinarde exilée… qui est bien loin des soucis familiaux… sous son soleil de Gironde…

Je prends sur moi, pour ne pas hurler dans le téléphone que je n’ai pas toujours été si en forme. Mais je me tais. Et je déverse mon chagrin sur l’épaule de Jenfi… qui voit bien que je souffre d’être considérée comme une lâcheuse qui a la belle vie…

J’aimerais tellement que ma mère soit contente de savoir que j’ai enfin la belle vie, là, maintenant… et qu’elle ne me le reproche pas…

Ca viendra…
Ou plutôt non, ça ne viendra plus… vu que ma mère n’est plus la même personne… depuis son AVC…

Tant pis… je l’aime.

Ce soir, je suis en forme. Contente de ma semaine, de ma vie, d’avoir un ciel dégagé devant moi…

Même si je m’inquiète pour ma mamie…

Je vais aller me doucher et dormir. Je suis naze.

Je vous laisse avec cette belle chanson qui résume bien ma pensée du jour… ma mélancolie.. j’aime Vanessa quand elle est mélancolique. Ca lui va bien…

Bon week-end à vous…

Bulles de savon

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En ce moment,  il fait froid. Bien plus froid que chez moi là-haut -vous savez tous d’où je viens…le pays des vaches et du camembert-… c’est bizarre d’ailleurs, je m’attendais à des hivers plus doux en venant vivre ici… Jenfi m’avait un peu prévenu mais bon. J’y croyais qu’à moitié.

En fait, le matin, ça caille à mort. Ca gèle même.

Zoé est aussi frileuse que moi. Genre je mets des grosses chaussettes le soir avec un pyj polaire et je regarde un DVD sous la couette du lit de papa et maman (si c’est mardi ou vendredi soir, bien sûr!!!)… elle a besoin de se sentir enveloppée, tout le temps. Sinon elle a toujours mal quelque part (comme moi)… elle a donc bien senti le froid revenir… et dimanche dernier, elle m’a réclamé, armée de son plus sourire : “Je peux prendre un bain, m’man, steplaît?????????????”

Bon, faut que je mette les pendules à l’heure tout de suite : je n’interdis pas les bains à mes enfants. Non parce que si je vous dis que Zoé me supplie pour en avoir un, vous allez vous demander si je suis irréprochable au niveau hygiène (on ne sait jamais!)… oui, vous en faites pas, je suis très à cheval là-dessus. Je suis juste devenue moins gaspilleuse. Je freine ma consommation d’eau. Je prône les douches au détriment des bains. Et je suis bien aidée par mon écolo de fille (Manon) qui a entendu dire qu’il fallait prendre des douches et non des bains dans EM=6 et C pas sorcier… Zoé le sait aussi, faut pas gaspiller…mais tout de même, ça caille. Alors elle supllie…

Et avec son encoprésie, un bon bain chaud, ça fait du bien. Je ne peux pas le nier. Elle part généralement aux toilettes juste après…

En même temps, je fais ma râleuse qui contrôle sa consommation, mais ça m’arrange bien que les bains reprennent du service le dimanche matin… Zoé et Manon peuvent ainsi avoir la” totale” côté tignasse. Je veux dire, le shampoing enfant, plus “le démêlant qui pose et agit” pendant qu’elles font plonger dix mille figurines Pokémon ou petshop (je parle de Zoé, vous pensez bien que Julie ne joue plus avec des canards lapins dans son bain, hein???… Manon non plus d’ailleurs, elle fait des bulles de savon avec ses mains, en regardant le plafond…)… Ca me rappelle quand j’étais petite. Moi aussi je profitais du bain pour faire poser le démêlant sur ma longue et épaisse tignasse… c’était un fin flacon beige, je me souviens. Qui sentait bon. Je pouvais me peigner sans hurler à la mort. La brosse passait nickel, emportant avec elle le surplus de crème que j’avais osé mettre dans le dos de ma mère…. j’utilise toujours du démêlant, encore à mon âge. Car sinon, j’ai l’impression d’avoir du foin sur la tête. Mon préféré est l’ultra-doux de Garnier. C’est ma copine Loulou qui me l’avait fait re-découvrir, lors de mes vacances en Ardèche en 2001… j’avais une sale tête, une coupe qui ne ressemblait à rien. Je me laissais aller, j’étais vidée… Manon était en plein dans sa période du CP, on me parlait d’autisme asperger, d’enfant bizarre. Je ne prenais plus soin de moi depuis quelques mois… j’étais pétrifiée par la trouille d’avoir une enfant différente. Loulou m’a prise en mains, dès mon arrivée chez elle…elle m’a fait prendre illico un rdv chez un coiffeur… et elle m’a amené chez le Leclerc du coin pour que je fasse le plein de soins pour les tifs. Elle utilisait le Garnier à l’huile d’olive… je le revois encore posé sur son panier en osier, dans sa belle salle de bains. J’ai acheté tout pareil qu’elle (faut dire que Loulou est une belle femme, une amie de longue date. J’ai déjà parlé d’elle ici, vous vous en souvenez sans doute). Et puis c’était un bon prétexte pour rentrer chez moi (à Paris à l’époque)… tout en ayant un petit peu d’elle avec moi… quand le vent soufflait dans mes cheveux et que l’odeur du démêlant me revenait en pleine face… je pensais à elle. Je suis quelqu’un de très sensible aux odeurs. A celles qui peuvent me ramener à une personne, à un lieu, à un instant de vie, qui ont compté pour moi.

Les odeurs/souvenirs me rassurent.

Je m’égare, comme d’hab. Je disais donc, on a repris la séance dominicale des bains à la maison. Et c’est sportif . Surtout avec Manon qui a une chevelure dont elle se fiche comme de l’An quarante et dont l’entretien me revient. En même temps, ça ne me dérange pas. C’est un des rares moments que je peux partager avec elle… elle a toujours eu de magnifiques boucles, depuis bébé. Elle a vieilli, mais elle a gardé de belles ondulations.J’aimerais lui trouver une coupe dont elle puisse s’occuper seule… sans ma main experte et mon démélâge attentif… je veux que Manon s’autonomise le plus possible… mais c’est difficile, j’ai peur que les cheveux courts ne lui aillent pas (même souci que pour moi, ça ne nous va pas… je traîne mes cheveux longs depuis ma plus tendre enfance. A quand la coupe de la quarantaine, hein??? A quand la coupe de la maturité, comme m’a dit j’sais-plus-qui un jour??? )… mouais… faudra bien que je passe le cap un jour, du petit carré strict et correct.

J’ai vu qu’un site proposait des simulations pour des coupes d’enfants. Il s’appelle les après-midi créatives:

Garnierwww.garnier.fr

Je vais faire des essais de coupes, pour Manon en priorité, puis pour Zoé, qui a trop un style enfantin. Ca évitera que je me plante en demandant une coupe radicale à ma gentille petite coiffeuse habituelle (qui admire tant la qualité de cheveux de notre famille. Ca me fait trop marrer ça. Qu’on soit en extase devant autant d’épaisseur de cheveux. Moi ça me gave. Je veux des cheveux lisses, bon sang!!!!!)… Je vais en profiter pour faire le tour des idées déco du site (c’est vrai, c’est pas du tout mon obsession du moment!)… et comme les conseils sont rédigés par deux blogueuses de ma liste, que je connais depuis un bon petit moment maintenant, et que j’ai un peu négligé dernièrement (pardon E-za et Missbrownie, je touche plus terre en ce moment!)… je vais aller les lire avec plaisir…

Je cherche aussi des conseils, des astuces, pour faire des petits meubles pour la maison de la petite BJD à Julie… j’ai de l’argile dans mon fourre-tout spécial loisirs créatifs, mais je ne sais pas quoi en faire… si seulement je pouvais faire un petit canapé (la BJD fait onze centimètres), le faire sécher, le peindre (???), ce serait cool… j’aimerais aussi savoir faire des meubles en cartons. Ca m’intrigue. Et j’aime le style baroque que favorise le carton… faut que je vois ça…

Y a tellement de choses que je veux faire. Et j’ai tellement peu de temps…

D’ailleurs j’y vais. Je vous laisse avec mes bulles de savon du jour… j’en profite pour vous laisser dans l’ambiance avec une publicité qui va bien avec le sujet, que vous connaissez sûrement… et qui vous donnera peut-être envie de reprendre des bains moussants et de vous tartouiller les cheveux de shampoing…

Vous voyez, tout arrive. Je recommence à prendre soin de moi. Je commence par la tête… (je pense passer à l’auburn, ou au roux, avant les Fêtes)… je suis en plein relooking. L’ancienne Véro est derrière moi…
Y a que mes articulations qui me rappelle qui je suis. J’ai pas mal de courbatures. Vivement ce week-end que je fasse trempette pour détendre un peu mon dos si sollicité ces temps-ci… (deux petites en apprentissage de la marche en même temps, ça ne pardonne pas..)

Allez, j’arrête de me plaindre… c’est que du bonheur tout ça…

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