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Bon 21 grammes, j’adore. Je chiale systématiquement. J’ai envie de revoir Amores Perros et Babel. C’est malin. J’aime plein de cinéma, mais celui de ce réalisateur méxicain me touche beaucoup. Voilà. J’ai eu ma petite soirée Kleenex; j’suis bien contente. Ca débouche le nez.

Bon on en était où? Moi j’sais plus. Je crois que c’était aux pop-corns non? Si. c’est ça. Je revois bien la scène. C’était comme ça. C’était croquant, sucré, collant. Ca donnait soif et plus on en mangeait, plus on piochait dans le pot. C’est bizarre ce phénomène de gourmandise. Ca devrait écoeurer à force, mais non, on enfourne dans la bouche et on n’a pas honte des joues d’hamster que ça nous donne. Ni des postillons blancs qui volent quand on répond à une question avec un restant écrabouillé dans la bouche (rholala toute une éducation à refaire!), Ni des trucs qui se coincent dans les dents, là, le maïs pas cuit. Et qui déglinguent les couronnes dentaires (la mienne a subi un petit desagrément depuis, je sens qu’elle laisse passer l’air. J’suis verte. Je déteste le dentiste. Mais j’aime le pop corn.)

Après le pop corn, Pirates des caraÎbes. Allez, un petit Jack Sparrow n’a jamais fait de mal à personne. Enfin pas à moi en tout cas. Même si l’attraction a inspiré le film et non l’inverse, nous ôtant la joie de voir une copie de Johnny ou d’Orlando (désolé les gars, mais moi Kheira, je m’en tape un peu vous savez). Donc 45 mns de queue. Interminable. Dehors dans le décor bambouesque et dedans dans la grotte éclairée aux lanternes. Romantique mais un peu soporifique comme ambiance. A s’endormir. Surtout quand on digère des pop-corns. Et qu’on a un peu mal au bide. Et aux dents aussi.

Bref on est arrivé aux barques, celles qui naviguent vers le monde terrifiant des pirates très méchants et très moches. (les petits étaient terrifiés de voir les squelettes!). Comme on est pressé et sans raisonnement aucun, on s’est précipité en premier, les petits, Isa et moi pour s’asseoir sur le côté droit de la barque. Et les hommes et Julie ont suivi derrière nous, pour s’installer bien à gauche. Il semblerait que ce soit pareil pour tout le monde, le raisonnement. On laisse passer Bobonne la première avec les petits qui la tiennent ferme, en se disant que si Bobonne se prend le pied dans le bord de la barque en montant, l’homme de la maison sera derrière prêt à rattraper sa douce en plein cassage de gueule (astucieux hein???) Donc les femmes étaient à droite. les hommes à gauche. Du coup la barque avait un air bien penché, Jenfi touchait presque l’eau sans effort et moi je devais regarder par dessus bord pour la voir. Comique. Mais véridique.

C’était rafraichissant, comme attraction. Bien. Après cela, on a foncé faire Buzz l’éclair qu’on avait réservé en fastpass. Nouvelle attraction qu’on ne connaissait pas, puisqu’elle date de 2005, enfin je crois. Donc c’était l’attrait de la nouveauté. La queue fut minime. On a vu un Buzz plus vrai que nature qui nous parlait de sa planète j’sais-plus-quoi (c’est pas faute d’avoir vu mille fois Toy story, pff!). J’ai eu un coup de fatigue. Baillement. Air avachi le long des parois du couloir qui menait aux petits wagons. On s’est installé. Les enfants se sont mis entre eux. Et moi j’ai pris place à côté de mon Jenfi. Bien contente d’être assise. Bien contente de regarder les jolis décors. Bien contente de regarder Zoé et Manon devant nous s’éclater.

Au bout de 30 secondes, son de cloche du petit mari envers Bobonne :

Jenfi : “Bah tu prends pas le pistolet lazer et tu tires pas sur les cibles?????!!”

Moi, complètement neuneu : “Le truc là devant moi? je croyais que c’était un gadget!!!!… faut faire quoi?”

Jenfi ; “Tu vises les carrés rouges qui clignotent et tu tires, ça donne des points. Faut faire le meilleur score! J’en suis déjà à 15000!”

Oh purée la cruche. J’avais pas tilté. je regardais d’un air béat tout autour de moi, droite sur mon siège, telle une reine dans son carrosse. Vraiment gentille la pauvre Véro. Un peu limitée dans ses capacités intellectuelles mais gentille.

On est arrivé à destination. Fin du voyage inter-sidéral avec Buzz.

Zoé : “T’as fait combien Maman?????”

Manon : “Tas fait combien Maman?????”

Julie : “T’as fait combien Maman????”

Elles sont pas originales dans leurs questions, pfff. Toute une éducation à refaire, je vous disais. Comme pour la bouche pleine avec les pop-corns.

Moi, tout bas : “3200…..”

Les trois, le Jenfi, tonton Jéjé : “Quoi????????? mais qu’est-ce t’as foutu??????????!!!!!!”

RIEN, voilà. J’ai RIEN foutu du tout, c’est dur à comprendre ça!!!! Je vous jure, faut toujours se justifier de comprendre avec un temps de décalage, de retard. Ou de ne rien comprendre du tout. C’est vrai, j’ai toujours l’air de débarquer de la planète Mars. C’est vrai je ne fais attention à rien. C’est vrai je pense plus à des trucs hyper importants comme “est-ce qu’elle est bien attachée dans le wagon???…. est-ce qu’elle s’amuse?…. est-ce qu’elle a mis son sac à dos sous son petit siège????… Où est son sac disney avec sa peluche fraîchement achetée dans le magasin d’à côté????”….”… voyez. Je pense. je cogite. Je suis une maman qui oublie de se lâcher. Peut-être.

Après cela, les quatre fous furieux amateurs de sensations fortes (Jenfi, Julie, Isa et Jéjé) ont foncé vers Space Moutain et moi je suis allée avec les loulous faire Peter Pan. Horrible. Une heure 20 mns de queue. J’ai cru mourir. Ils ont été sages, mignons, adorables. Mais Justin était très fatigué, calin. Il a passé toute l’attente dans mes bras, la tête sur mon épaule. On doit laisser les poussettes à l’entrée, vous imaginez le cirque si on faisait la queue avec!! J’ai senti chacune de mes vertèbres me tirer, mes cervicales étaient tiraillées par la douleur et le manque de mouvement de mon cou me coincait ferme. Mes reins étaient en compote, mes pieds aussi. L’horreur. Le calvaire. L’envie d’un bain chaud, d’un lit douillet. Là, de suite. Sauf que le sourire des enfants, ça vaut bien plus qu’un bain ou un lit douillet. J’ai tenu le choc. Pour 3 mns d’attraction. Même le papa qui attendait devant moi avec sa femme et ses deux fils m’a applaudie. de me voir avec ma marmaille. Il était trop gentil. Il a dit que les enfants étaient bien sages. Qu’ils avaient une maman bien courageuse de faire toute cette queue avec eux (euh ils ne sont pas tous à moi mais je ne vais pas raconter ma vie, hein, c’est pas mon style!!!)…  J’ai pensé un moment abandonner l’attente car Justin s’endormait. Mais un employé de chez Disney est venu vers moi, tout souriant :

Lui : “Bonjour Madame, oh vous me souriez, vous n’allez pas me refuser une faveur, vous êtes française?”

Moi, timidement : “Oui”

Lui : “Super, je vous mets ça autour du cou, c’est un collier avec une fiche au bout sur laquelle j’ai noté l’heure et l’endroit où vous êtes en ce moment dans la queue. Vous le redonnez avant de monter dans l’attraction Peter Pan à mon collègue. Il pourra ainsi estimer le temps d’attente que vous avez effectué. Merci!!!”

Oh super!!! Quelle veinarde! Contrainte et forcée d’aller jusqu’au bout. Le fameux papa qui était devant moi a souri et m’a dit :

“C’est comme ça quand on a un visage sympathique!!!!”

Oh bah ça c’est sûr. L’employé risquait pas de filer le bidule aux deux femmes allemandes qui attendaient derrière moi avec leurs  2 filles, à qui j’ai souri quinze fois et qui m’ont regardée d’un air Jenfiesque qui dit “T’as un problème mémé???????”…. Oui, comme ça. deux vrais pitbulls. J’ai rien contre les allemands, moi j’aime tout le monde. Mais là, pas cool les nanas. Si elles se marrent pas chez Mickey bah elles doivent jamais se marrer alors.

Il était presque 20h quand on s’est tous rejoint. On a foncé vers la Maison Hantée et Jéjé a gardé Justin qui dormait et qui commençait à avoir faim. La queue fut longue, encore. A croire que tout le monde avait attendu le soir pour faire les mêmes attractions que nous. Après cela nous avons tenté de trouver de quoi manger. Un resto. Il était 20h30, le parc fermait dans 45 mns. On y croyait, nous, au resto encore prêt à nous servir. Que dalle. Pas possible m’sieurs dames, le service est terminé. Air déconffi. Grosse déception. On a aperçu une petite baraque à roulettes affichant hot-dogs au dessus de sa petite femêtre et on a tenté le coup. Y avait personne. On s’est dit “chouette”, on va être servi de suite.

Jenfi : “Bonsoir, on voudrait 8 hot-dogs s’il vous plaît?”

Le jeune homme dans sa bicoque à hot-dogs : “J’en ai plus monsieur, plus aucun!”

jenfi, tel un buffle qui souffle et rage : “Bah pourquoi vous restez ouvert alors???”

L’employé : “Je ferme à 21h30 monsieur.”

Jenfi, insistant : “Oui mais ça sert à quoi sans saucisses et sans pains à hot-dogs????”

A rien. En gros, le pauvre gars, il y était pour rien. Il allait juste se faire enguirlander par la floppée de refoulés dans les restos à chaque fois qu’il allait dire “j’ai plus de hot-dogs”.  Un bouc-émissaire. Un défouloir. J’ai eu pitié de lui alors que Jenfi trouvait ça abérrant. Moi je me mets toujours à la place des employés sur qui on s’énerve. J’ai tenu le guichet dans un bureau de Poste,j’ai connu  les injures quand le virement chômage n’était pas tombé, ou quand les allocations familiales avaient coupé les vivres. Je n’y étais pour rien. Mais j’en prenais plein les oreilles. Gratis.

On a donc décidé de foncer faire Autopia, pour finir la journée. Nous irions mangé ensuite dans la partie Disney Village, extérieure au parc, et ouverte jusqu’à minuit. On a acheté des paquets de chips pour faire patienter les filles et on est allé vers notre dernière queue. Pas des moindres. Interminable. Tout ça pour conduire une voiture. Enfin. Je suis montée avec Zoé qui a pris le volant et moi j’ai appuyé sur la pédale. Julie était derrière nous, seule à bord, hilare. Je me retournais sans cesse pour la vanner, comptant sur la conduite exemplaire de Zoé. Très concentrée sur son volant, la Zoé. J’ai donc loupé le feu rouge et j’ai regardé devant moi trop tard, tapant dans la voiture de devant. Bon le choc était minime, même pas équivalent à celui qu’on subit dans une auto-tamponneuse vu qu’on roulait à deux à l’heure. Mais la dame espagnole de devant m’a fusillée du regard, j’ai agité les mains en signe d’impuissance. C’était involontaire. Mais les latins sont chauds et elle a continué à me demander si je savais pas lire les pancartes : “Attention, feu rouge, arrêtez-vous sans percuter la voiture de devant”… oops. J’avais le dos tourné. Mea culpa.

Ce fut notre dernière attraction. On est revenu tranquillement voir les illuminations dans Main Street. Julie a osé mettre ses oreilles de Minnie. On a flané dans les boutiques alléchantes.

C’était fini. C’était passé trop vite. Il régnait encore une douce chaleur et l’ambiance festive persistait toujours. Les rires, les bavardages fusaient de partout, dans toutes les langues du monde, ou presque.

Nous sommes allés manger. Un hot-dog. Le resto Haagen-daz était déjà fermé, Pas cool. On avait salivé sur cette idée de dégustation de glace toute la soirée. Pas de bol.

Nous avons pris le chemin du retour, fatigués, mais heureux. Nous avions eu une journée de rêve. Les filles se sont endormies sur l’autoroute ramenant à Paris. J’avais la tête pleine de musique et de rires. J’étais bien. Je me disais que ça valait le coup. De casser la tirelire pour une si belle aventure.

Des motards nous ont doublés subitement. Comme des fous. Y en avait au moins dix en file indienne. Ils roulaient vite, faisaient du rodéo. Certains étaient debout sur leur bécane. Ils nous ont fait peur. On se serait cru dans Mad Max (ça c’est mon sens de l’exagération!)…

Un quart d’heure plus loin, on a vu qu’un accident était signalé. Des pompiers, des ambulances sont venus balayer le cortège de voitures. Nous avons laissé passé les secours. Plus loin, des motos gisaient au sol… des plots empêchaient de voir et protégeaient le périmètre de sécurité…

La vie ne vaut pas grand chose. Deux minutes avant, je disais à Jenfi à combien cette journée nous était revenue, qu’on avait explosé le budget estimé.  Soudainement,  je me suis dit qu’on avait bien fait de s’éclater.

La vie ne tient qu’à un fil… un tout petit.

Ca y est, on y est. C’est le jour tant attendu par mes trois demoiselles. Celui dont elles n’arrêtent pas de parler depuis un mois (Ohla, c’était varié les sujets de conversation à table!!!). Celui qui peuple leurs rêves de petites filles amoureuses de princesses, de fées et de dragons (Oui, je sais, j’en ai une qui s’en tape comme de sa première brosse à dents des princesses et des fées. Je ne vous dirai pas laquelle. Vous savez de qui je parle)… celui qui conditionne leurs battements de cils et de coeur (n’importe quoi!!!). Si. Julie a même dit que c’était le plus beau jour de sa vie. Celui qu’elle raconterait à ses enfants plus tard (Elle a la mémoire courte, ce n’est pas la première fois qu’elle met les pieds chez Disney, elle en a au moins 5 plus beaux jours de sa vie à son actif!)…  bref c’était le Jour J. Le jour où elles se sont levées bien avant l’heure, dynamiques. Où elles n’ont pas mis trois heures à griller leurs tartines, où elles n’ont pas attendu que je sorte leurs chaussures devant la porte avec un air qui dit “bon on se bouge là les filles!!”… Non, j’ai rien eu à faire, à dire. à recadrer. Rien!!!!!!! Magique… oui, Disneyland. C’est magique.

On est parti à deux voitures. Celle de Tonton Jéjé, tatie Isa, Mimi jolie et Justin. Et la nôtre. Y avait un grand ciel bleu, un beau soleil lumineux. On avait nos sacs à dos, nos appareils photos, nos bouteilles d’eaux, et un grand sourire aux lèvres. De vrais gamins. Bien sûr, il a fallu s’assurer d’un truc. Qui aurait finalement tout gâché s’il n’avait pas été vérifié.

Julie : “T’as bien pris les places d’entrée maman??????”

On était encore dans Argenteuil. Donc avec une possibilité de demi-tour.

Moi : ‘je pense que oui, c’est ton père qui s’en est chargé, hein?”

Jenfi a été fidèle à lui-même, les yeux rivés sur son GPS, à rentrer son POI chéri.

Jenfi : “Bah moi je les ai pris de la valise hier soir, là haut dans la chambre chez Isa, pour les descendre dans le salon… après, je pensais que tu les avais mises dans le sac à dos, Véro?!”

Quand l’heure est grave, il m’appelle plus “chérie”, mais “Véro”.

Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer ce qui empêche un homme de faire un truc de A jusqu’à Z ???? hein, dites-moi? Pourquoi faire l’effort de retirer les billets d’entrée de la valise placée au dernière étage de la maison d’Isa (la chambre d’amis où nous dormions est sous les combles), de les descendre au salon pour les poser sur la table, alors que le sac à dos trainait au sol à un mètre du canapé???? hein pourquoi ne pas les mettre directement dans le sac à dos?…. bien évidemment, j’avais fait le geste transitoire entre la table du salon et le sac à dos. Habituée à terminer le cheminement opéré par mon chéri. A croire qu’il faut toujours que ce soit moi qui passe en dernier, qui vérifie, qui donne son aval. Oui, ça doit être ça. Je suis le baromètre de la maison. Celle qui tempère tout. Celle qui fait la pluie et le beau temps. Celle qui rend l’atmosphère respirable. Oui, je suis celle-là, enfin je crois.

J’ai apaisé Julie. Nous avions bien les billets d’entrée. Ouf. Nous avons fait bonne route jusqu’à Marne la Vallée, Le flôt de voiture s’est épaissi au fur et à mesure qu’on approchait du but. Les cars de touristes sont venus se joindre à nous. Les voitures étrangères, les camping car. Une ambiance joyeuse proche de l’euphorie des départs en vacances en juillet et en août s’est installée dans les rangs de voitures agglutinées devant le péage d’entrée chez Disneyland. Julie a sorti son appareil photo, complètement hilare. Zoé a fait des coucous aux enfants des autres véhicules. Manon a continué à lire à voix haute les plaques d’immatriculation et a nous demandé toutes les trois secondes :

Manon ; “Maman c’est quoi B ????”

Moi : “Belgique chérie”

Manon : “Papa c’est quoi NL ???”

Jenfi, plus apte en géo et plus encyclopédique dans l’âme : “Netherlands, c’est situé au dessus de la Belgique. C’est la Hollande si tu préfères, le pays des tulipes, du gouda et des vélos. On ira un jour, ça vous plairait Amsterdam!”

Manon, logique : “D’accord, mais faut que je sache faire du vélo avant”

J’ai souri. De toute façon, tout le monde avait la banane, n’importe où où on tournait la tête, dans chaque bus, chaque voiture, ça riait. Je ne sais pas pourquoi. Enfin si je sais pourquoi. C’est magique. C’est Disneyland.

Julie a commencé à prendre dix mille photos du logo au dessus du péage. Ca n’allait pas comme elle voulait, y avait trois ou quatre frisettes de son père dans le champ de vision. Faut dire qu’il commence à ressembler à un Jackson Five. Mais bon, il y a aussi Mort Shuman dans le style. J’sais pas à qui il cherche à ressembler, mon Jenfi. Ah si je sais, à Shultheis (chéri, pense à me demander mon avis avant de te lancer dans le relooking!) Bref Julie a tenté dix clichés. Et ça a finalement donné ça.

Moi : “Je m’attendais pas à tout ce monde chez Eurodisney, moi qui croyais que le parc se portait mal financièrement….”

Julie, résignée, mais tout de même : “Maman ça fait dix ans qu’on dit plus EUROdisney, regarde, c’est marqué au dessus de ta tête, petite mère, c’est Disneyland!!!”

Ah oui, c’était pas assez gros pour mes petits yeux. Et puis moi j’aime bien déformer les noms. C’est systématique. Ma grand-mère est pareille, surtout avec les prénoms. Dites-lui que vous vous appelez Roger, elle vous nommera Robert tout la soirée… sans complexe en plus!!! Moi par exemple, je parlais avec mon ami l’exivrogne l’autre jour, au sujet du JT, et je lui disais que je trouvais Ginette excellente… il n’a pas vu de qui je parlais, mais il n’a rien dit, sauf qu’il s’agissait peut-être d’Yvette non?  (oh Yvette/Ginette; ça se ressemble non????!!!!)… je voudrais bien ne pas déformer tout. Mais je n’y arrive pas. Encore une partie de moi qui ne changera plus maintenant.

Bon faut que j’accélère. On est toujours pas entré dans le parc et vous vous demandez si ça va durer longtemps, mes dérives du sujet, hein? Non, j’arrête. Je me recadre, de suite.

Nous avons été orientés vers le rang “Bambi” dans l’immense parking du parc, dirigés par des employés habillés en joyeux lurons, souriants, et prêts à nous rendre tous les services du monde. Il faut savoir que chez Disney, tout le monde est gentil avec vous, souriant et serviable. Sinon “tout le monde” il peut reprendre son CV, son air mal aimable et aller travailler ailleurs. Le personnel est trié sur le volet, ça se sent. Déjà faut être bilingue, voir trilingue. Certains employés sont carrément américains, espagnols ou italiens. Y avait beaucoup d’italiens dans le personnel, cette fois-ci. Tous charmants et charmantes. J’aime entendre parler italien. J’aime l’Italie. Je ne suis allée qu’à la frontière de ce beau pays. Et je rêve de la Toscane depuis des années.

La musique est partout, incéssante. Et pas n’importe laquelle. Une qui vous pénètre et ne vous lâche pas. Une qui ressemble à celle qui vous berce (ou vous prend le steack, au choix!!!) dans l’attraction des Poupées (It’s a small world)… une que votre petite dernière va chantonner du matin au soir, en sautillant, en tournoyant, en se dandinant. Une qui vous refera tomber en enfance. Une qui vous donnera l’impression d’avoir dix ans. Là, d’un coup d’un seul.

Jenfi connait bien le parc. Il a souvent été le guide pour nos amis provinciaux qui séjournaient chez nous, du temps de notre vie parisienne. Il a trouvé une entrée où personne n’avait l’idée de venir. Nous avons pu rentrer de suite. Les filles se sont précipitées sur les plans du parc et ont commencé par faire le planning de la matinée. Moi j’ai tenté de comprendre ce que les Fastpass apportaient comme confort à l’attente dans les attractions. La jeune fille de l’entrée me les a donnés avec un large sourire et moi j’ai rien trouvé de mieux à lui dire que :

Moi “Oh merci, c’est gentil!!!…. euh, ça sert à quoi ces petits cartons?????”

Heureusement, je ne suis pas la première ni la dernière a lui avoir posé la question. Riez pas, des Véro, y en a plein d’autres, j’suis pas unique. J’suis juste un cas desespéré.

La dame de l’entrée : “Ca vous permet de réserver une plage horaire pour une attraction. Vous allez aux points fastpass, vous compostez le ticket et il vous donnera une heure de passage plus rapide. Voilà!!!”

Non, pas voilà.

Moi : “Et ça marche partout, n’importe quelle attraction?”

La dame de l’entrée : “Ah non, juste les attractions “phares” du parc… Space moutain, Big Thunder Moutain, Buzz l’éclair, Peter Pan et Indiana Jones.”

Bon bah voilà. J’ai tout compris. Nous étions parés. Nous avons bien dit aux filles de ne pas s’égarer. Vu l’immensité du sîte et la foule, les perdre était facile, les retrouver serait difficile. Elle ont bien compris. On leur a parlé des points “enfants perdus” mais en souhaitant bien ne pas s’y rendre. On a commencé à se diriger vers le monde du Far West. Entre temps, Mickey s’est mis sur notre chemin. Emilie et Zoé ont foncé sur elle. c’était mignon. Ca m’attendrit toujours de voir les mômes plein de naîveté devant cet employé déguisé qui crève de chaud et ne se marre pas franchement sous son costume inconfortable.

C’est magique, c’est Disneyland….

On a réservé Big Thunder Moutain avec nos fameux fastpass. Heure prévue de passage, 12H20. On avait deux heures devant nous. On a commencé par se scinder en deux. Isa, Jéjé, jenfi et Julie ont foncé vers Indiana Jones où la file d’attente était ridicule (on peut considérer que 25mns d’attente chez Disney, c’est ridicule, je vous assure). Je ne suis pas fan de looping. Et puis avec ma hernie discale, c’est pas conseillé, les machins qui secouent et tapent fort dans le dos, j’évite. Je suis donc allée vers le monde de la Belle au Bois dormant avec Zoé, Manon, Emilie et Justin. (11 ans , 8 ans , 4 ans et 16 mois, pour vous aider à mieux visualiser les loulous. Julie a treize ans et tenait à faire Indiana Jones plutôt que le monde des petits). Je suis allée vers Peter Pan, pour réserver le fastpass. J’ai laissé la poussette de côté et j’ai pris Justin dans les bras, ordonnant aux trois demoiselles de se donner la main et de tenir mon jean au niveau de ma cuisse pour me suivre : “sans trop tirer dessus siouplaît, sinon on va voir ma culotte”… ce qui les a fait rire et leur a donné l’idée de tirer dessus. Classique. Et rigolo.

Une fois la réservation faite (qui n’en était pas une mais je l’ai vu bien après. On ne peut pas réserver deux attrattions à des intervalles rapprochées, on avait bloqué Big Thunder Moutain à 12h20 et Peter Pan proposait cette même tranche horaire là… en gros, désolé ma p’tite dame, revenez plus tard et ça m’a envoyé bouler)

Je suis donc allée faire Blanche Neige avec ma troupe qui chantait, dansait, tout en tenant mon jean bien accroché (vive les bonnes fesses!!!). La queue fut de 40mns et j’ai pu occuper les enfants en racontant des blagues, en faisant des chatouilles, en leur demandant “Mais au fait, vous voulez faire Blanche Neige là, mais est-ce que vous connaissez bien le dessin animé, hein, d’abord????”… les v’là parties à me le raconter. Trop drôle. Jamais la même version. Chacune a retenu ce qui l’a ému. C’est marrant. Nous avons enfin pu nous installer dans le petit train et la visite a commencé. Emilie s’est cachée les yeux en voyant la Reine et au son de sa voix maléfique, Justin s’est accroché à moi. Zoé commentait tout et Manon rigolait. Ce fut court, mais trop chouette.

On est sorti et on s’est tous retrouvé là en même temps (vive le téléphone portable). Julie est venue vers moi. Indiana Jones, c’était pas mal selon elle; mais trop court. Et oui chez Disney on fait beaucoup de queue pour cinq minutes d’extase. Faut le savoir.

Emilie est passée devant un magasin de costumes. Bien placé le magasin. Juste à droite de la sortie de l’attraction des sept nains et de leur douce. Tous les enfants avaient une petite cagnotte à dépenser. Forçément, les priver chez Disneyland de revenir avec une bricole, c’était impensable. Les sous de Pâques non investis dans du chocolat avaient patienté, dans la tirelire de chacune, et avaient même fait des petits euros en plus. Magique je vous dis. Mimi a trouvé son bonheur et a de suite porté sa jolie robe de Blanche Neige. Trop jolie Mimi.  Manon a trouvé un dragon et a commencé a rayonné. Zoé a dit qu’elle voulait voir d’autres boutiques. Et Julie aussi. Nous avions encore toute la journée devant nous.

Nous sommes allés faire Big Thunder Moutain; Avec le fastpass, ce fut une partie de rigolade. On est passé de suite. Isa a attendu à la sortie et avec le système Baby switch, elle a pu faire l’attraction dès que Jérôme a pris le relais avec Justin. Pas la peine d’attendre. C’est pas mal ce système de baby switch. Mais faut le connaître, ils n’en font pas la pub. Ma petite belle-soeur est la reine des combines et du “je-fouine-partout-sur-internet-à-la-recherche-d’infos-et-je-trouve-mon-bonheur; Je veux bien vous la prêter si vous voulez pour votre visite chez Disneyland Paris. Mais vous la prêter seulement, après je la récupère. J’y tiens à ma petite belle-soeur. 

Les estomacs ont crié famine (euh faut dire que les odeurs de frites, pop-corns, hot-dogs qui planent au dessus du parc aident bien à ouvrir l’appétit). On a trouvé une longue table de libre (incroyable!!) sous le patio d’un restaurant à tacos, fajitas et burgers; C’était correct. Et puis de toute façon, chez Disney, c’est du fast-food. Pas de la grande cuisine. On n’y vient pas pour ça.

Les ventres bien remplis, nous sommes partis réserver Buzz l’éclair en fastpass… rdv pris pour 18h30. Et c’était notre dernière réservation possible avec ce système rapide; Car après 18h30, ça fermait (le switch). Il est vrai qu’après cette heure, les files d’attente se réduisent. Les familles qui trainent des tout-petits et des bébés depuis le matin sortent et allègent la foule de 50%. C’est une journée éreintante pour des petits-bouts. J’ai fait cette “erreur”, de venir avec mes filles en bas âge (Julie avait cinq ans, Manon trois ans et Zoé un an). C’était gaché. Féérique, magique, mais gaché; Elles ne pouvaient accéder qu’au monde des tout-petits. Et c’est frustrant, quand on cotoie les autres “mondes” du parc, du regard. Qu’on a payé l’entrée plein pot (seuls les moins de deux ne payent pas l’entrée). Qu’on entend l’aînée dire “oh moi je veux faire la Maison Hantée!!!” et que vous avez deux petites minettes qui ne peuvent pas y participer Ca coince. Bref, faut bien savoir tout ça avant d’aller dans un tel parc. Bien se renseigner, se préparer, s’organiser. C’est une journée merveilleuse à faire, mais c’est aussi un gouffre financier. Faut le prendre en considération.

Nous avons pris ensuite la direction de Star Tours. Manon adore la science fiction. Et spécialement la saga Star Wars qu’elle connait par coeur. Elle était ravie. Jéjé et Isa sont restés avec Justin à attendre, ils en ont profité pour le changer, le laisser dormir un peu dans la poussette, en se mettant dans un coin à côté de la sortie de l’attraction. Avec le système bébé switch, ils allaient foncer faire Star Tours juste après nous. Et moi, je prendrais Justin en charge.

Manon était guillerette. Elle a regardé touts les décors traversés pendant la file d’attente. Les robots, les vaisseaux, les animations, tout est fait pour qu’on patiente en se régalant les yeux. Nous sommes entrés dans la salle d’embarquement assez rapidement. Emilie a demandé à Julie si elle était déjà allée dans l’Espace avant aujourd’hui?????… Julie a joué le jeu “Oui Mimi, j’y suis déjà allée, tu vas voir, c’est beau les étoiles!!!”… Manon avait déjà fait cette attraction lors de notre dernière visite chez Disneyland Paris en décembre 2004. Donc aucune surprise ne devait l’attendre. Le concept est simple. On monte dans une salle d’embarquement, On s’installe dans un faux vaisseau, on s’attache. Un robot se présente près d’un écran géant et nous annonce qu’il va nous amener sur la planète Endor. Jusqu’ici tout va bien. Sauf que c’est son baptême de l’air. Misère!!! On va se retrouver dans un nuage d’astéroïdes, dans une bataille de rebelles contre l’étoile noire. Tout y est, la musique, les sensations de tomber, la vitesse lumière. Ca le fait bien. Emilie a un peu eu la trouille. Mais elle est courageuse cette petite louloute. Et puis Julie la tenait ferme. Moi j’avais Zoé à côté de moi, morte de rire; Manon était derrière nous, avec Jenfi. Complètement dans le truc. A fond.

On est sorti, abasourdis. J’ai félicité Mimi pour son courage et j’ai dit à Manon :

Moi : “Alors, contente?”

Manon, en plein émoi : “Ouais mais je croyais que pour une fois, on aurait un pilote qualifié. je voulais aller sur Endor moi!!!!”

J’ai rigolé. Ah ma Manon. Si naïve, si marrante. Elle était persuadée que ce qu’elle avait fait en 2004, comme voyage raté sur Endor, allait être réparé ce jour même. Vraiment persuadée. Il a fallu qu’on lui explique que chez Disney, les atrractions étaient toujours les mêmes. Que rien ne changeait. Elle a paru déçue. Puis elle a rebondi.

Nous étions à la moitié de notre journée. Il faisait chaud. Très beau. Nous avons enchaîné l’attraction des Poupées et avons fait un break Pop-corn bien délicieux…. chacun a bu un petit coup d’eau. Chacun a commenté ce qu’il avait déjà fait et ce qu’il avait encore envie de faire….chacun était complètement rentré dans le monde de Disney. C’était magique. Je vous l’ai déjà dit….

La magie a continué d’opérer jusque tard dans la nuit, puisqu’on est rentré à minuit…. je commence à me dire que je viens de vous écrire une tartine de détails sûrement indigestes et je me demande si la suite ne peut pas attendre demain… voire ne pas venir du tout??????

Je suis à votre service, m’sieurs dames, Pour moi, c’est un plaisir que de raconter ma vie. Même que j’ai pas vu l’heure passer et que là, il est temps de souper. Et de se mettre devant le film du soir. Je ne vais pas bloguer après manger. Non. Pas que je ne vous aime pas, ça, vous le savez. C’est acquis. Non. juste parce que je suis fan du film de ce soir. C’est 21 grammes. Par le même réalisateur que Babel. Et moi j’adore ce réalisateur. Donc je vais faire carpette sur mon canapé. M’en veuillez-pas. Je suis cinéphile. C’est en moi.

A demain, si vous le voulez bien?… pour la part 2 ??????????

Notre séjour….

Jeudi 1er mai. Paris s’éveille (enfin Argenteuil mais on va pas chipotter, hein, c’est la banlieue, c’est pareil!). Il fait beau. Moi j’aime Paris avec un grand ciel bleu. Ca permet d’ouvrir les fenêtres, de regarder au loin, d’écouter les bourdonnements sourds de l’effervescence parisienne… un vrombissement bien particulier que je n’ai jamais entendu ailleurs… comme si les voix, les pas, les respirations étaient palpables, là, au bout de mes doigts… je ressens de la vie partout… du monde qui grouille… des toits à perte de vue… pas d’horizon… juste Paris… et ses odeurs de grosse ville qui fume, ronronne, carbure, cuisine… j’avais oublié les odeurs… tellement… je me suis surprise à renifler l’air depuis le trottoir, en allant à la boulangerie du coin, en fin de matinée, avec mon homme… à y reconnaître ma vie d’avant, à avoir des flashs furtifs, doux, chaleureux… Jenfi m’a regardée d’un air amusé. Lui, il passe à autre chose, tout le temps. Il recommence ailleurs. Sans se retourner. Il a oublié les odeurs, les sensations que procurent la vue d’un accordéoniste dans le métro…  cliché typique mais si fort, comme rattachement à cette ville que j’ai habité pendant dix ans. Il dit que c’est le passé. Que c’est marrant que je me sente submergée par les émotions quand je retourne sur les traces d’une vie que j’ai aimé. Moi, j’adorais Paris. J’y retourne toujours avec un pincement au coeur. Je me dis que j’en ai pas assez profité, de ces dix ans dans le 12ème arrondissement… je revois mes filles naître. Je revois mon appartement rue d’Aligre. Je revois mes promenades sur la coulée verte à pousser mélancoliquement ma poussette double, Julie qui court devant moi, du haut de ses quatre ans, blonde comme les blés…. je revois le marché de mon quartier que j’aimais tant… je me souviens de la chaleur écrasante du mois d’août où Paris était déserté, suffocant, mais si beau à arpenter… Je revois la rue du faubourg saint Antoine près de chez moi, que je parcourais avec habitude… des fois je me risquais à poursuivre ma route rue de Rivoli, avec mes trois marcheuses, en vue d’aller jusqu’au quartier des Halles, rejoindre Jenfi, à sa sortie du boulot…. tant de flashs…. tant de bons moments qui ont été vécus et qui font partie de la petite enfance de mes filles. Tant d’images dans ma tête….

 

C’est pas évident pour vous, de voir ce qu’il y a dans ma tête quand je regarde Paris, quand je sors d’une bouche de métro et que je me poste devant la Seine, au dessus des bateaux-mouches. Là, à côté des touristes accoudés sur un des multiples ponts parisiens, qui bavardent, rient, photographient, font coucou aux vacanciers qui lévent la tête depuis les péniches qui flottent… je n’avais jamais pris le bateau-mouche avant. Non. Quand je suis arrivée en 1991 à Paris, j’ai pas fait tout ça. J’ai vécu, travaillé. Sans me rendre compte qu’il y avait plein de choses à faire. Des choses que je regretterais de ne pas avoir faites. Comme cette virée sur la Seine….

Il faisait lourd et y avait du vent, quand on est arrivé sur le ponton. Isa, la soeur de Jenfi, est allée directement vers le guichet où on passe rapido, elle avait pris les places sur internet. Elle est habituée, ma petite belle-soeur. Elle y amène sa classe régulièrement en sortie. Elle connait les ficelles, les combines. Tant mieux. Elle nous a bien coachés. Enfin surtout moi, complètement au ralenti. On dirait jamais que j’ai su prendre le métro un jour. Je suis restée plantée à St lazare avec la tête en l’air rivée sur les panneaux, la bouche ouverte, style j’y-comprends-rien-je-vais-où-là-pureé!????… je trouvais pas la correspondance pour aller à l’endroit du bateau-mouche… j’ai eu le droit à “Euh Véro, non, c’est par là, c’est ici!!!!”…. “euh, Véro, tu vas où, là, c’est par là qu’on sort!!!!”…. du coup Jenfi ne m’a pas lâchée d’une semelle. Un vrai papa poule pour moi. Et puis Manon me quittait pas, traumatisée par son incident pourtant assez ancien mais comme elle a une mémoire d’éléphant en ce qui concerne les “drames” de sa vie, bah, elle se souvenait bien, de ça. Je suis entrée dans le métro avec un air provincial évident. Bah oui. J’ai dit à jenfi ;

“Oh regarde, y a trois branches pour se tenir maintenant, au poteau central…. et pis y a une petite lumière bleue, t’as vu?”

Jenfi m’a regardée d’un air compatissant qui signifiait t’es-gentille-chérie-arrête-de-faire-ta-neuneu-qui-débarque-de-la-planète-Mars-steplaît-j’ai-honte!… donc j’ai baissé les yeux comme tous les parisiens et j’ai admiré mes bottes noires en daim devenues couleur sable, marron, dégueu. Paris et sa poussière. Isa, ma petite belle-soeur, m’a dit en souriant :

“Ouais, t’es mal… je te conseille la brosse magique pour les avoir net tes bottes, parce que là… hum hum…”

Moi je conseille la poubelle (mais non je blague, l’huile de coude bien sûr!). je me suis demandée aussi si je tournais rond d’avoir mis des talons. Avec les couloirs du métro à rallonge, les escalators, la crasse des trottoirs, les crottes de chien (ah bah ça alors!? depuis quand les chiens caguent au beau milieu des trottoirs en France!!!??????)… bref je suis devenue bordelaise. A fond. J’ai tourné la page. Jenfi avait raison. On oublie finalement.

Oui, j’suis devenue bordelaise. J’ai été très attentive à toute la virée sur la Seine. Si si. J’ai tout écouté (que dalle!), j’ai été captivée par la voix de la guide et son accent anglais très chiraquien (bien mignonne la guide, vu que les hommes avaient le regard convergé sur ses jambes croisées, haut perchée qu’elle était sur son siège pivotant, pendant que nous les femmes, on regardait les monuments bien sagement… attention à partir de maintenant, je vous mets des photos persos de la journée….), j’ai eu un coup de mou aux abords de la Tour Eiffel car j’ai beaucoup levé les yeux et le soleil tapait sur le dôme en plastique de la péniche.. ça m’a chauffé la cafetière… mais bon, ça me rassure, ma tête a eu chaud autant que celle de mon homme qui avait l’air ravi et bouleversé, de revoir la dame de fer… J’ai regardé Manon tout enregister dans sa petite tête, prête à me ressortir tous les noms des ponts et des monuments… tout le portrait de sa mère cette petite, amoureuse de l’histoire (j’étais nulle), des vestiges (des quoi???), des rois (Sarko????), du passé (le 20ème siècle????)…. elle n’est pas de moi, c’est sûr. Faut qu’on m’explique. Elle est pourtant sortie de mon ventre, ça, je m’en souviens. Mais tout de même, elle apprend si vite. Trop marrante.

La promenade finie, on s’est dirigé vers la Pyramide du Louvre et les Tuileries. Bien sûr, pour y aller, fallait longer les quais et ses animaleries si célèbres (quoique moins nombreuses que dans le passé). Bien sûr, il a fallu y jeter un oeil, voir les toutous, les matous, en cage. L’odeur m’a pris à la gorge d’emblée. Après le coup de chaud au casque dans la péniche, j’avais l’estomac qui remontait dans le gosier. J’ai failli ressortir mais Zoé et Julie ont insisté :

“Oh regarde maman, notre prochain chien!!!!… oh, il est trop miiiiiii-gnnonnnnnn!!!!”

J’ai vu un truc poilu venir vers moi, un cavalier Kingcharles. J’ai dit au toutou qui venait me renifler;

“Salut Charles, ça va?”

Zoé a bondi : “Oh non, on va pas l’appeler Charles, c’est trop moche pour un chien maman!!!!!”

J’ai rigolé : “Rassure-toi, on va pas l’appeler du tout, je te rappelle qu’on a une chienne et elle est bien en vie!!!”

Ah les gosses. Ca n’arrête jamais. Vous achetez un truc (un chien quoi!) dont ils rêvent depuis des années, que déjà ils envisagent le prochain truc à obtenir (toujours un chien!).

On est arrivé à la Pyramide. Julie était ronchon. Elle avait faim et mal aux pieds. Elle a dit ;

“On fait quoi là, maman?”

Moi : “On regarde la Pyramide du Louvre”

Elle a redit : “Bah c’est moche. On mange quoi ce soir?”

j’adore ma fille aînée. Son estomac a toujours masqué sa vue. Pour peu qu’elle ait faim, elle ne voit rien, elle n’apprécie rien et elle se fiche de tout pourvu qu’on lui dise ce-qu’on-mange-ce-soir!!!!!….

J’en savais rien. Donc elle a bougonné et a  foncé vers les Tuileries. Là-bas, y avait des poneys, un parc pour les mômes. On a fait un break. Julie a continué à prouver que treize ans, c’est définitivement l’âge bête. Si, râlez pas. Vous les avez eus aussi et vous avez été bêtes. Si si. Les poneys étaient mignons, mais plutôt réservés à des” hauts comme trois pommes”, genre ma nièce Emilie au minimum et Zoé au maximum. Bah ça n’a pas fait tiquer ma Julie. le ridicule ne tue pas. Non. Elle a pris le plus haut poney, a grimpé dessus avec une aisance jenfiesque (deux mots incompatibles entre eux!) et vas-y que j’accompagne les minus autour du parc. J’étais sciée. Trop marrante, elle aussi. je la suivais en riant. J’ai été puni; J’ai marché dans une crotte de poney. Bien flasque. Purée mes bottes (A la poubelle je vous ai dit!!!!)…. pauvre de moi.

On est allé tranquillement vers les Champs Elysées, pour prendre notre métro et rentrer. Il était 19h… il faisait bon. J’avais les pieds en compote. Le talon engourdi. Jenfi est venu à ma hauteur, car on marchait en file indienne. Tous crevés.

Lui ; “Euh on dirait que t’as fait des folies de ton corps toute la nuit vu comment tu marches, chérie????!!!”

Moi, consciente d’avoir une démarche douteuse mais pas du tout décidée à la changer : “Oui bah c’est pas le cas, je m’en souviendrais chéri!”

J’ai arpenté les longs couloirs comme une zombie, jusqu’à St lazare. Dans le train de banlieue qui filait jusqu’à Argenteuil, le paysage furtif et rectiligne a failli m’endormir. Quand Zoé m’a aggripé le bras et a hurlé dans mon oreille :

“Maman, j’ai trop hâte demain on va à Disneyland!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!”

J’ai eu soudain conscience d’avoir perdu 50% de mes capacités pédestres ce jour même de 1er Mai. A faire la touriste. J’ai senti une grosse fatigue m’envahir et je me suis dit que j’avais un espèce d’appareil à bain de pieds qui trônait dans ma salle de bains toute l’année et que là, j’en aurais eu bien besoin, là, de suite. De ses bubulles massantes. J’ai embrassé Zoé et j’ai commencé à penser à mon vendredi 2 Mai, chez Mickey…

Ne me dites pas que vous voulez savoir comment ça s’est passé aussi chez Mickey???? Non… vous êtes kamikazes ou quoi??

Notre départ….

C’était mercredi vers 16h. J’avais Titi jusqu”à 15H30. Dans ma tête, tout était réglé comme une pendule. Pendant la sieste de bébé vers 13h30, préparations des sandwichs pour la route. Pliage de la dernière tournée de linge qui sèchait. Coup de balai. remplissage des mangeoires des octodons des filles (ah on m’y reprendra à acheter des rongeurs, moi je vous le dis. Un couple en plus de cela. Qui a eu la bonne idée de mettre au monde 8 petits poilus hier. Quand je vous dis qu’hier c’était une journée placée sous le signe de la naissance!!! J’en ai pas assez à m’occuper moi, de petits morveux!!!!????… j’en connais une qui va exploser de joie en les voyant, c’est Zoé vendredi soir : je m’entraîne depuis une journée à dire “NON ZOE, JE NE LES GARDE PAS. JE LES DONNE DANS DEUX MOIS N’INSISTE PAS!!!!!!” c’est très persuasif. Et puis mince, c’est qui la bonne poire qui change la cage, hein??? MOI!!!! alors c’est MOI qui commande, na!!!!)…..

J’ai pas plié mon linge, j’ai fait un billet, rappelez-vous. Oui, partir, vous laisser, c’était dur sans une bafouille laissée sur le comptoir de mon blog. Les sandwichs je les ai fait. Le coup de balai aussi. Bref à 15h50, on était au bout de la rue. La valise, la trousse de toilettes dans le coffre avec le sac à godasses, car à Paris, on marche beaucoup. Et moi j’avais mes bottes à talons aux pieds. Donc il me fallait des baskets. Pis mes chaussons (je ne vais jamais chez quelqu’un sans les chaussons de nos cinq paires de pieds, faut le savoir. C’est capital comme info). Jenfi a commencé à mettre un CD dans le bidule et comme il est mignon-il m’aime- et je l’aime aussi, il a mis le dernier Madonna. fraîchement sorti et pas encore écouté. Roule ma poule. Deux secondes après le virage le truc à ventouse qui tient le GPS s’est auto-éjecté et a roulé sous mon siège. La chienne a failli se le prendre sur la cafetière et jenfi a commencé à se baisser comme un fou pour le chercher, annulant toute visibilité qu’il était censé avoir, en tant que conducteur. Bref, ça commençait bien. Une excitation jenfiesque en bonne et dûe forme. Je me suis dit que l’attache allait voler dans la voiture et que peut-être la félée avait donner des leçons de lancé de téléphone portable (cellulaire) depuis une voiture  à Jenfi. Dans mon dos. Juste pour me montrer un peu ce que ça donne, un pare-brise fendu. Mais non; Il a rien jeté. Miracle.

On a eu une heure de calme autoroutier. A écouter la Madonne, à regarder les bordelais se faufiler vers l’Ile d’Oléron, que je ne connais pas, et vers le Futuroscope de Poitiers, que je ne connais pas non plus. Il faisait beau, chaud. La file d’attente à la pompe était révélatrice des départs pour ce pont du 1er mai. Pourtant, l’essence est horriblement chère. Jamais ça nous a côuté autant de monter à la capitale. Affolant. Je me demandais comment font les gens qui roulent chaque jour pour aller au boulot, qui veulent partir en week-end, qui ont une deuxième voiture à charge, pour le conjoint qui roule aussi. Jenfi a une voiture de fonction, comme c’est un technicien informatique qui sillonne Bordeaux et les environs au gré des pannes de machines de tri. Ca nous sauve la mise. Pour le moment du moins. Car moi je roule juste pour les trajets scolaires. On s’en sort bien.

On a donc bien commencé notre voyage. J’ai eu un coup de fatigue et j’ai commencé à roupiller. J’aime pas trop. Car si je ne parle plus, Jenfi somnole. Surtout que Mylène Farmer avait pris la suite côté ambiance (une idée des filles qui adore Tristana car c’est l’histoire de Blanche Neige, pffff!!!!)… Faut avouez que certaines chansons sont bien. Mais d’autres sont carrément déprimantes et en plus j’y pige qu’un mot sur deux. J’ai dit à jenfi que finalement Canteloup était un excellent imitateur. Que je le trouvais risible lui au moins. Mais bon, je ne veux pas non plus dire que Mylène, c’est nul. Non. Vu les millions de disques vendus et les concerts blindés, je ne peux pas.

J’avais raison, mon homme a piqué du nez et a eu un sursaut en entendant chantonner la bande d’arrêt d’urgence sous nos roues. J’ai ouvert vite les yeux et je lui ai dit “Bon bah arrête-toi si tu t’endors!!!!”…

Il a grommelé “Oui bah là je peux pas, faut une aire!!!”

“Oui, je te demande pas de t’arrêter net là. Forçément faut une aire de repos!!!”

J’ai arrêté Mylène et son effet soporifique. J’ai regardé la chienne qui s’était octroyée toute la banquette arrière pendant que je dormais. Et j’ai entendu mon homme me dire :

“Tu veux un café????”

“Non un thé”

On est entré dans la station service, la bouche pateuse et la marque de l’appui tête sur les cheveux… derrière le crâne. Le baillement devant la machine à café. Moi les mains dans les poches. Quelle touche sexy.

Jenfi : “T’as un euro?”

Moi : “Non, t’as pas ta carte-café, là?”

Jenfi : “bah non, elle marche que dans les stations Total!”

Moi ; “Pourquoi tu t’es pas arrêté dans une station Total alors?”

Jenfi : “Bah faudrait savoir, tu m’as dit arrête-toi tout de suite à la prochaîne aire!!!! Moi j’obéis….”

Dialogue de sourds. J’ai sorti ma mitraille et on a fait les fonds de poche. On a eu notre elixir de remise en forme. Je me suis brûlée la tronche, ma langue avait plus de sensation chaud/froid, car comme d’hab je bois franco. Jenfi m’a dit “tu changeras jamais, tu le sais pas encore, que c’est brûlant?” et on est reparti. La chienne a arrosé la pelouse juste avant qu’on embarque, avec un air de dire “Me laissez-pas là, je pisse vite et je remonte”…. elle a repris position sur la banquette arrière. une vraie duchesse. D’habitude, les filles l’occupent et elle est au sol. Pas folle la guêpe. Voyage en 1ère classe.

19h est vite arrivé. On a décidé de faire notre pause repas. On voulait se mettre sur une table en bois en bordure d’une aire d’autoroute. Mais après Poitiers, y avait un vent de maboule. J’ai mis juste un cheveu à l’air et j’ai dit à Jenfi que je mangeais dans la voiture. On a attrapé le sac de bouffe et après avoir sorti la bouteille d’eau, le coca, les chips, le cake, le fromage, les barres de choc, les serviettes en papier.. jenfi m’a dit/

“Tu les as mis où les sandwichs????”

“Comment ça où? dans le sac pardi!!!!”

“Bah non, ils y sont pas….

“Mince, je me revois les faire, les envelopper et puis les mettre sur la table de la cuisine… et puis après… ah oui, j’ai parlé avec Ophélie sur msn, la copine de Zoé, elle voulait des nouvelles d’elle… tu les as pas pris?”

“Non.”

Résultat, pas de sandwichs. Ils ont décoré ma table de cuisine tout le week-end. Donc on est sorti affronter le vent et on est allé en acheter à la station service. Comme des têtes en l’air qui ne feront jamais d’économies de leur vie. On le sait. On y est habitué. Mais bon. Des fois, on aimerait bien économiser un peu. Juste pour changer la tendance familiale.

On a mangé en se bidonnant, bien au chaud dans la voiture. Puis on est reparti. On a écouté Info traffic, pour ne pas dormir. Mais là, on avait envie de pleurer. C’est déprimant cette radio. Que des accidents. Que des flashs infos réjouissants. Déjà que je crains les accidents de la route, là, j’étais servie. J’ai coupé. Et j’ai chanté. Histoire de m’entrâiner pour un fameux Gala à venir, riche en émotion, et en intermèdes musicaux. Finalement, je me fichais de la poire de Mylène Farmer mais je suis un cran en dessous. Pas possible me direz-vous? Bah si, possible. Pathétique même. jenfi a remis un CD. celui de Julie. Alphabeat. Pas mal comme groupe. Ca se laisse écouter. Et c’est toujours mieux que moi. Et Mylène.

On est artrivé au péage de St Arnoud. Isa la soeur de Jenfi a appelé sur mon portable, pour me dire qu’elle était à Mogador devant le spectacle du Roi Lion avec Julie, que c’était super. Que c’était l’entracte, et qu’elle voulait savoir où nous étions.

Isa : “Oh dans 40 mns vous êtes à Argenteuil, cool!!! Jéjé fait du Wow, il vous ouvrira la porte, à tout à l’heure!!!”….

40mns, ouais. C’est sans compter sur un GPS qui conseille de prendre un autoroute payant. Qui oublie qu’on peut passer par Cergy. Qui contrarie mon homme et qui se fait appeler “quel con” quand il indique des fausses directions. Du coup on a mis plus d’une heure à arriver. On a trouvé une place par miracle près de chez ma belle-soeur et on a pris nos bagages à bras le corps pour foncer voir notre Jéjé qui nous attendait. En plein Wow, comme prévu. On n’a pas vu Manon, ni Zoé, ni petite cousine Emilie et ni petit cousin Justin. Ils dormaient, il était 22h30. Ils avaient eu une journée visite de Versailles. Deux heures de queue sous la pluie. Des pièces et des couloirs immenses. Plein de choses bizarres à voir. Une guide qui racontait plein de trucs. Génial. Bref, pas de berceuse pour les loulous. Ca ronflait ferme. On a pris un coup à boire. On a écouté Jéjé nous raconter sa soirée pourrie de la veille. Celle où Isa était au spectacle du Roi Lion avec Julie (encore! Deux soirs de suite? Mais?), celle où il a dû rentrer avec Manon, Zoé, Justin et Emilie de la Tour Eiffel, seul, après avoir laissé les nanas au théâtre Mogador. Celle où un train sur deux ne circulait plus à St Lazare pour rentrer, pour cause de grève. Alors que les mômes étaient nazes. Celle où il est finalement arrivé à Argenteuil, avec sa poussette, son Justin dedans endormi et les nénettes bien crevées autour. Celle où il a constaté cinq minutes avant d’arriver de la porte de sa maison qu’Isa avait emprunté son trousseau de clés et avait oublié de lui rendre. Celle où il a dû avouer à quatre enfants qu’il était 21h, qu’il ne pouvait pas ouvrir la porte, et qu’Isa et Julie étaient injoignables car en plein spectacle, portable coupé. Celle où il a senti la panique venir. Celle où une voisine a proposé de l’accueillir avec les enfants, voyant son desarroi et sa profonde détresse. Celle où il nous a téléphoné pour qu’on canalise Manon qui faisait une crise d’angoisse du fait d’être chez quelqu’un d’inconnu, du fait aussi d’être fatiguée et déçue de ne pas pouvoir aller au lit avant minuit (fin estimée du spectacle du Roi Lion). Celle où il a répondu à son portable vers 22H30, entendant Isa lui dire toute contente “C’est l’entracte. Ca va? Les enfants sont au lit, t’es bien rentré?????”…. “NON  CA VA PAS DU TOUT!!!! etc…” et au moment où Jéjé disait à Isa qu’il attendrait minuit, tant pis, que fallait pas louper la fin du spectacle en rentrant avec Julie… qu’il comprenait que c’était du gachis. A ce moment-là, de résignation, Emilie, sa fille de quatre ans, est tombée le menton sur le carrelage du salon de la voisine et s’est ouvert sur deux centimètres… du sang, des cris, de la peur… isa a tout entendu au bout du fil et a compris que le choix était fait. Il fallait sortir à l’entracte, rentrer, et amener Emilie aux Urgences….

Jéjé en riait de nous raconter tout cela. Mais il a eu une soirée vraiment pourrie. Quatre enfants à plein temps? jamais de la vie. Pourtant c’est un papa génial. Du coup, Isa et Julie ont tenté le tout pour le tout et sont retournées à Mogador le lendemain, soir de notre arrivée avec Jenfi, en se pointant à l’entracte, au culot… pour voir si elles pouvaient voir la deuxième partie ratée le soir d’avant… le vigil a été super. Il les a reconnues. Elles étaient parties précipitamment de la salle la veille en lui expliquant l’incident. Il y a des gens sympas, humains. Ca fait du bien.

Julie et Isa sont rentrées à 23h30. Ma fille aînée est venue près de moi, caline. Je lui ai caressé ses cheveux blonds et j’ai retrouvé ma joie de vivre. Elle a parlé du spectacle, Merveilleux. Le Roi Lion, c’est le dessin animé qu’elle a le plus regardé en boucle, quand elle était petite.

Le lendemain matin, Zoé et Manon sont venues plonger dans notre lit dès 7h30… c’était bien. De les serrer contre nous. Les cheveux en bataille. Le petit nez froid. Les bisous chauds.

La journée du 1er mai allait être bien remplie. Balade en bateau-mouche sur la Seine, pyramide du Louvre, les Tuileries, les Champs Elysées… que du bonheur… à venir…

La suite demain, si ça vous dit….

Petit coucou

Je ne sais pas faire petit. Mais bon je vais essayer d’être brève. C’est pas gagné, mais je vais essayer. Je voulais vous dire que je suis bien rentrée, ravie, pleine de joie d’avoir partagé de bons moments en famille. Que je vais vous montrer des photos sous peu qui en diront plus que mes mots. Bien plus….Que Paris est toujours une ville merveilleuse…. magnifique… Que j’ai pensé à vous, malgré mon esprit en vacances, si si… Que je me sens fatiguée aujourd’hui car Zoé est partie ce matin en classe verte. Que j’ai eu une sale journée côté nouvelles. Oh rien de grave. Que des problèmes de dates. D’accouchement pour être plus précise.

Ce matin, la maman de bébé Titi que je garde m’annonce être enceinte de nouveau. Chose dont je me réjouis. C’est juste que titi n’a que cinq mois, ce qui ne fera pas l’affaire de mon employeur, le conseil général. J’ai déjà “réservé”  un nouveau-né qui arrivera en garde chez moi à la fin de l’année. Et oui, ça m’en fera deux du coup, si je refléchis bien (ou trop). Presque comme des jumeaux. Celui que j’ai déjà “réservé” ,  c’est un bébé très attendu, espéré par sa maman, qui avait connu un grand vide l’an dernier. Cette maman m’a annoncé le mois dernier que cette fois-ci, bébé était là, dans son ventre. Et bien portant. Et moi j’ai dit de suite que je serais ravie d’être la nounou de ce bébé qui s’accroche. j’aime les bébés qui s’accrochent. Ceux qui viennent au bout de tant de souffrance et d’espérance. Je me suis donc engagée. Ce bébé viendra combler le départ de Noé, qui rentrera à l’école en septembre. Jusqu’ici tout allait bien….

Seulement frère ou soeur de Titi va pointer son nez, un mois et demi après celui qui s’accroche. Moi je dis que c’est que du bonheur. Mais que je ne peux pas faire l’impossible. Je vous explique le schéma si je garde les trois début 2009. Titi aura un peu plus d’an, bébé qui s’accroche aura quatre mois et demi et frère ou soeur de Titi aura trois mois. Ca va  pas plaire au conseil général, qui décide du nombre d’enfant que je suis apte à accueillir en même temps. Les âges sont trop rapprochés. Et puis Zoé rentre pour manger et se changer à cause de son encoprésie. Pas de cantine. Ca m’oblige donc à sortir et à mettre tout le monde dans la voiture aux alentours de midi. Pas concevable pour une puéricultrice. Ni pour moi d’ailleurs.

Donc je suis en vrac. Zoé a beaucoup pleuré ce matin pour me supplier de ne pas la laisser partir. Ca m’a fichu en l’air. J’ai résisté mais je suis démollie. J’arrête pas de voir son visage pâle, ses dents qui claquent, son envie de vomir… elle a fait une vraie crise d’angoisse. Devant le car, les parents qui me connaissent voyaient bien que j’étais mal. Ils ont su me faire rire. Mais ça a été dur. En plus il pleuvait fort; je dégoulinais. Sur moi et en moi.

Je ne veux pas perdre bébé Titi en garde. Il est adorable et j’aime ses parents. Le fait que le petit frère ou la petite soeur se pointe si vite va me faire perdre la garde de cette fratrie à venir. Vous comprenez, c’est eux deux, ou rien. Je suis très impliquée dans la venue du bébé qui s’accroche. Je ne peux pas dire à la maman que ce n’est plus possible. Que je privilégie une fratrie en devenir. C’est une amie. Elle a souffert l’an dernier. Et en ce moment, elle prend soin de ma Zoé. Elle a tout fait pour avoir une accompagnatrice qui la seconde pour le séjour de Zoé dans le Pyrénées de cette semaine. La Maman de bébé qui s’accroche est l’institutrice de Zoé. Elle a été celle de Manon deux ans plus tôt aussi. C’est quelqu’un que j’aime. Elle connait bien notre famille.

Je ne peux pas aller au delà de ce que je peux faire. Mais je ne veux pas décevoir. Dire non j’ai jamais su. Et là je ne sais pas, mais en plus je ne veux pas. J’ai laissé comprendre à la maman de Titi que c’était un peu une naissance trop précipitée pour que je puisse avoir une dérogation spéciale fratrie. J’ai senti le poids du monde sur ses épaules et un regard qui disait que je ne pouvais pas lui faire cela. Depuis je suis mal.

Entre-temps une maman qui a accouché l’an dernier et qui a eu un souci à l’accouchement m’a appelée pour me dire qu’elle reprenait enfin son travail, là, de suite. Qu’elle comptait sur moi. Qu’elle ne se voyait pas confier sa fille à quelqu’un d’autre… je ne peux pas non plus. Je ne sais pas ce qui se passe aujourd’hui avec les bébés.

Je me sens donc un peu submergée par les émotions. Mais je vais finir par m’y faire. Et je vais attendre que les choses répondent à mes doutes d’elles-mêmes. Calmer mon anxiété. C’est la chose la plus difficile pour moi.

Une naissance est une chose inespérée. Formidable. L’institutrice de ma fille a un sourire radieux depuis deux mois. Ca me comble de la voir chaque midi et chaque soir avec du soleil plein le coeur. La maman de Titi dit qu’elle ne s’y attendait pas si tôt, à tomber enceinte. Mais que ça tombe du ciel. C’est vrai aussi.

Moi je tombe tout court. De fatigue et de rage de ne pas pouvoir me dédoubler…

Voilà. Mais sinon tout va bien. Je vous raconterai Paris, Disneyland et la Normandie demain. Promis.

Là, j’avais ça sur le coeur. Moi, les bébés, c’est mon essence, mon moteur. Er puis mon bébé à moi, ma dernière, ma Zoé, me manque fort. J’ai un gros vide.

Demain ça ira mieux.

On the road again….

Ca y est, on est sur le départ. La valise est bouclée, les sandwichs faits, la maison est en ordre… Titi fait sa sieste et me laisse trente secondes. Je ne m’en prive pas. Bien sûr, je pourrais me précipiter sur ma corbeille de linge qui fume encore suite à son séjour prolongé dans mon sèche-linge (c’est sûr que quand on met 80mns croyant en avoir mis 40, c’est archi-sec… )… je pourrais oui, tout plier de suite. Mais non; Pas envie. Et pis je peux pas vous laisser sur un billet aussi réjouissant que celui des “fessées”… qu’est-ce qu’on marre sur mon blog, hein!!!!!!

Je suis bourrée de joie et de crainte. De frénésie et de retenue. Je ne sais pas pourquoi j’ai cette ambivalence. J’aimerais bien être constante. Mais j’y arrive pas.

Ces trois jours sans mes filles ont été bien remplis. J’ai gardé Titi bien sûr, mais j’ai eu mon mardi repos. Super cool. Grasse matinée, petit dej servi par Jenfi, petit tour matinal en jardinerie histoire de s’armer à la déco du jardin. Que de jolis senteurs et de jolies couleurs. On a pris nos repas sur le pouce, pratiquement tout le temps devant la télé. Chose qu’on ne fait jamais. Manger à 5 devant la télé. Si elles savaient!!! Ca nous arrive de commander la pizza, oui, le soir de flemme, et de leur dire, “allez les filles, plateau télé!”… mais en général on mange dans la cuisine et on en profite pour discuter. Partager. C’est un moment qu’on aime bien.

J’ai fait du tri, beaucoup. Dans les vêtements. Ca en avait besoin. On est sorti faire les boutiques en amoureux. Histoire de fouiner plus que d’ordinaire, sans se dire qu’il faut rentrer vite pour les filles. même si Julie est une baby sitter hors pair en temps normal. On a failli se faire un ciné, un film avec Dupontel et Marie-José Croze. mais il n’était pas sorti… J’aime Dupontel. Beaucoup. Ce sera en DVD; Tant pis.

J’ai écouté ma Kate. Chose rassurante quand je suis en manque. En apesanteur. En suspens. Je me suis laissée porter par sa voix et je me suis ressourcée. Comme toujours. Voix thérapeutique. Femme d’exception. Du moins pour moi. Elle m’accompagne depuis tant d’années. Elle fait partie de moi.

Je reviens dimanche soir. Je vais avoir des séances de lecture en retard. Je vais me jeter sur chacun de vous en rentrant; Pas d’ordi là où je vais. Ou si peu que ce sera insignifiant; Et puis demain jeudi, on va faire les parfaits touristes : bateaux-mouches… ça va plaire aux filles. Mes parisiennes qui re-découvrent leur ville de naissance. Incroyable. Vendredi Disneyland. Grosse journée pleine de rires. Samedi virée surprise chez mes parents au Havre. Dimanche retour par la basse-Normandie, la Loire… pique-nique au milieu…

Le programme est dit. Je vous laisse donc imaginer dans quel état je vais rentrer lundi. Tout en sachant que lundi, Zoé part en classe verte une “petite” semaine, dans le même chalet que celui qui a accueilli Manon. Dans les Pyrénées. Ce sera donc un petit pincement au coeur que de la revoir partir. Mais je survivrai. C’est juste cinq jours sans elle.

Je vous embrasse fort.

 

 

Les fessées

Hier je vous parlais de claques, de fessées. Juste parce que je manquais à tous mes devoirs. Juste parce que je ne sais pas traiter d’un sujet simple sans partir en vrille. Juste parce que c’est un sujet que je tente d’aborder, en tant que maman. Et que je repousse.

Pourquoi je le repousse? Parce que c’est quelque chose de très délicat pour moi, mettre une fessée. J’ai un rapport avec les coups portés assez ambigü. Je ne sais pas trop comment décrire ce sentiment. C’est un peu comme si j’avais quelqu’un de violent qui sommeille en moi qui me fait peur. Que je refoule. Que je détruis au fil du temps. J’ai assimilé la violence de mon père comme mode éducatif. Il est là, quelque part, dans les traces de mon passé. Sous ma peau, dans mes tripes. Des fois quand je vois de la violence, quand des gens se heurtent verbalement et en viennent aux mains dans un lieu public, j’ai une peur panique. Je tremble. Je me mets souvent à terre. Comme quand j’étais enfant, juste pour ne pas voir. Petite, je me cachais sous mon lit, derrière le canapé, derrière les doubles rideaux…  Dans mon lit, quand les heurts de mes parents se poursuivaient derrière la lourdeur de ma porte de chambre, je me recroquevillais en position foetale. Je me berçais. Je me suis toujours auto-bercée. C’est un truc dément, ça. Quand je vais mal, Je me recroqueville sous les draps et je me berce. Jenfi a été le premier témoin de ce rituel bizarre. Me demandant ce que je fichais, à faire bouger le matelas. Je ne le fais plus car je n’ai plus peur. Mais mon corps s’en souvient.

Mon corps se souvient de la rapidité des coups portés. Des bleus sur les joues de ma mère. Des dents qui tombent. Des cheveux qu’on tire et d’un corps qu’on traine au sol. D’un coup de pied dans la dos ou d’un liquide bouillant jeté à la face… bêtement, j’avais juré de lui rendre la pareille, à mon père, quand je serais grande. Je m’étais dit que je lui rendrais tout coup par coup. Je n’en ai pas eu le temps. Ni le besoin. Ni l’envie.

Le problème est de savoir où toute cette haine et toute cette violence sont stockées en moi. Ou elles résident. Si elles sont canalisées, analysées. J’ai entendu trop de médecins dire à ma mère “Un de vos enfants risquent d’être alcoolique. Un de vos enfants risquent de reproduire son schéma familial. Un de vos enfants s’en sortira moins bien que l’autre.”… J’ai entendu plein de choses sur mon hypothétique devenir. J’ai tout fait pour aller dans le sens inverse de ce qu’on me prédisait. J’ai toujours pris le chemin contraire à celui qu’on me traçait. Par survie.

J’ai eu mes enfants. Et j’ai ressenti un bonheur immense, un accomplissement. La paix avec moi-même arrivait enfin. La première fois où Julie m’a fait un caprice, un de ceux que vous ne gérez pas. Un de ceux que vous subissez un soir de grosse fatigue. J’ai mis une fessée. Sur la cuisse. Et j’ai vu la marque de mes doigts sur sa peau. Je me suis enfuie dans ma chambre et j’ai pleuré. Jenfi est venu de suite et m’a dit “Bah qu’est-ce que t’as? ca y est elle est calmée. Tu sais, elle a été tellement surprise de s’en prendre une qu’elle s’est arrêtée net.”….

Moi j’étais mal. Je me suis dégoûtée de suite. Car quand j’ai commencé à mettre une fessée, ma force est venue d’ailleurs et j’ai senti que je pouvais continuer à taper. Encore. Et plus fort. Parce que je n’avais pas de limite. Parce que je savais que mon père tapait au moins cinq fois pour que ma mère cesse d’hurler. Parce que je savais que c’était la seule façon. De faire très mal. D’avoir le dernier mot.

J’ai juré de ne jamais recommencer. Julie n’en a pas eu besoin. Elle a toujours été facile, sensible aux mots, au ton de la voix. Ma voix est en plus assez calme. Et je suis méconnaissable quand je suis hors de moi. Ca vient de je ne sais où et ça ne prévient pas. C’est une autre Véro. Celle qui veut que ça cesse là, et vite.

Manon a été une enfant pleurnicheuse, coléreuse, et pleine de soucis de santé. Je n’arrivais pas à entrer en communication avec elle quand elle avait en dessous de cinq ans. Elle vivait dans son monde. Elle avait mis au point des rituels rassurants pour que son quotidien soit à sa portée. Je jouais le jeu. jusqu’au jour où il a fallu partir en vacances, changer d’environnement, dormir dans un autre lit… elle a paniqué, un soir, devant le lit superposé qu’on lui proposait. J’étais enceinte de Zoé et très fatiguée par le trajet effectué. Elle a fait une crise monstre, elle a commencé à se taper la tête contre le lit, à être agressive avec elle-même… j’ai vu rouge et je l’ai retournée en lui hurlant que j’en avais marre qu’elle soit aussi stupide et je lui ai mis une fessée. La première, depuis sa fragile venue au monde. Elle a arrêté de pleurer, de respirer presque. Je me suis encore enfuie de la pièce. Jenfi m’a couru après et m’a dit “mais bon sang, ça va, elle a juste pris la fessée un peu au dessus des fesses, sur les reins, reviens!!!”… je ne pouvais pas retourner la voir. J’avais l’impression d’avoir entendu une résonnance dans son dos. J’avais son regard affolé en tête. Celui juste avant que je tape. Je me suis revue. Face à mon père qui me tétanisait. J’ai cru devenir le même monstre que lui. J’ai pleuré toute la soirée. Déclenchant des contractions. Maudissant mon père et ma peur d’être à son image. Maudissant mon incapacité à gérer la crise de ma fille autrement qu’en frappant. Elle avait de forts comportements autistiques à l’époque. Des cris de bête, des tendances à se frapper le crâne avec le plat de la main. Elle ne voulait pas que je la prenne dans mes bras. Je pensais qu’elle avait peur de moi. C’était très douloureux. Je me voyais en bourreau et elle en victime. Je me détestais.

Le lendemain matin je suis allée la voir au réveil. J’ai relevé sa chemise de nuit. J’ai voulu voir si on voyait encore la trace de mes doigts sur ses reins. Il n’y avait rien. Je l’ai serré fort contre moi et je lui ai demandé pardon.  Jenfi a vu la scène et m’a dit que je devais faire la paix avec tout ça. Que mon dosage à moi était différent de celui de mon père. Que cela n’avait rien à voir. Que je ne devais pas avoir peur de moi-même. Que je n’étais pas une mauvaise mère.

J’ai jamais plus donner de fessée à Manon. Elle a comme par hasard arrêté ses crises peu de temps après cet épisode et a laissé ma voix lui expliquer mon mécontement quand elle faisait quelque chose de mal.

Je suis une mère qui a apprivoisé ce qu’elle aurait pu devenir. Je suis une mère qui parle beaucoup. Qui a des fois de la violence en elle qui monte mais qui sort de la pièce pour évacuer. Je suis une mère qui sait que c’est perceptible, la violence. Et que si je me calme, tout va bien aller, se dissiper. Je suis quelqu’un qui ne peut pas lever la main sur quelqu’un. Qui n’a jamais pu comprendre à quoi ça sert.

J’ai par contre encore beaucoup à faire sur ma violence verbale. j’ai fonctionné enfant avec un père qui me terrorrisait avec les mots… qui me promettait la mort de ma mère… l’enfer pour moi… qui a su me dire qu’il ne m’aimait pas et que je n’étais rien… je suis très forte pour dire les mots qui blessent. Qui anéantissent l’estime de soi. Je m’en suis aperçue avec Julie, qui est la plus grande et la plus communicative. Elle m’a dit une fois, alors que je l’avais sermonnée pour une chose insignifiante, que j’y étais allée un peu fort. Qu’elle se demandait si elle était à la hauteur. Et si non, qu’est-ce qu’elle devait faire pour que je sois fière d’elle, pour que je l’aime à nouveau?… j’ai pris peur. Elle en doutait, de cet amour que je lui porte. A cause d’une phrase assassine que je lui avais envoyée en pleine face. Je travaille donc sur moi. Beaucoup. Car avec l’encoprésie de Zoé, il faut être diplomate. Cette maladie est venue m’aider à le devenir. Pourtant elle me pourrit la vie.

Je ne suis pas dure avec moi-même en vous avouant tout ça. Je voulais juste vous parler de ce fameux schéma parental que j’avais peur de reproduire. Je sais que je suis une bonne mère car mes filles me le font bien comprendre. Mais il a fallu que j’adopte un système éducatif sans coups ni cris pour pouvoir m’épanouîr. Beaucoup de parents d’enfants que je garde sont étonnés du calme qui règne chez moi. de mon self-control pour faire ce métier. De la rigueur que j’instaure dans mon quotidien. J’en avais besoin. Pour aller à l’opposé de mon enfance. Pour me regarder en face chaque jour dans le mirroir. Et pour m’aimer enfin…

Aujourd’hui je suis fière de moi sur le plan autorité. Je n’ai jamais besoin de lever la main. Juste de hausser la voix… merci papa. Tu m’auras au moins appris cela : ne jamais faire comme toi.

 

Le gala

Faut que je vous en parle depuis des jours. Et je ne le fais pas. Des claques, je vous dis, y a que ça de vrai! (euh non, y a que ça de faux moi je dis). C’est vrai j’aime pas les claques. Les fessées pour les enfants, beurk. Ca défoule que celui qui la donne et ça règle pas le problème. Non. Moi j’aime pas. Donc quand ça m’est arrivé y a longtemps de metrre une fessée à une de mes demoiselles, c’était parce que mes hormones me jouaient des tours (j’étais enceinte), parce que y avait de l’opposition dans l’air et du caprice (entre deux et trois ans, hein, vous savez c’est l’âge où ça se jète à terre à plat ventre, où ça n’ouvre plus la bouche au moindre bout de viande, où ça refuse de donner la main pour traverser le route… tout ça quoi. Qu’ils nous font, les petits monstres)… donc à cette époque je reconnais avoir eu la main qui me démange et avoir choisi le côté rembourré des couches ou des fesses, pour claquer… mais après j’étais mal. Quand je porte un coup je reviens des années en arrière et j’ai comme envie de me detester. Je me dis que j’aurais dû taper dans le mur. Et attendre que ça passe. Oui, je me dis ça. Voilà pour quoi je le redis, les claques, ça sert à rien. Donc retenez-vous.

Sermonnez-moi plutôt. Dites-moi “Bah alors, tu fais quoi???” Ca fait plusieurs jours que cette chère Félée a annoncé la couleur et attend les candidatures, les votes!!!! Je suis impardonnable. Jamais du premier bateau (en avance quoi). Non, je l’avoue. Je sais que je dois le faire, et je le fais pas. C’est mon côté opposition ça, comme pour les petits de deux ou trois ans de tout à l’heure. Pareil.

Ce gala va être grandiose. C’est sûr. Je trouve l’idée très bonne. Je suis fan de la “red carpet”… des belles robes, des beaux discours, des petites larmes versées, des intermèdes musicaux ou théâtraux… Autant j’aime regarder les Oscars, autant les Césars me gonflent. Y a que Valérie Lemercier qu’arrive à me faire rire, surtout quand elle a refilé le “bébé” à De Caunes en 2008… mais le public est froid et chiant. Y a pas d’autre mot; On s’ennuie ferme. Aux Oscars, y a une vraie chaleur, un show à l’américaine, une envie de s’éclater, que je ne retrouve pas en France… Et les actrices sont sublimes. Divines. Ca fait rêver.

Donc voilà, précipitez-vous; Faites pas comme moi qui crois toujours avoir du temps devant elle et qui se retrouve le bec dans l’eau. Non. Moi je ne suis un exemple pour personne. J’ai toujours pas envoyé mon mail de candidature!!!! (Je refléchis, ça prend du temps, j’ai plus l’habitude!)

Allez je compte sur vous!!!!

 

 

Y fait super beau…

Miracle. Enfin un temps digne de ce nom et de la saison : 26°, ciel bleu, plein soleil. les manches courtes, les gambettes à l’air (avec un superbe bronzage californien comme le mien, faut pas hésiter!!!)… les repas sur la terrasse midi et soir, les fenêtres ouvertes, les tournées de machine à laver qui sèchent en deux heures… waouh… ça fait du bien… du coup, je transite juste dans mon salon pour aller de la cuisine au jardin… j’ai oublié que j’avais un ordi… j’ai pris du bon temps… avec mes filles… hier… elles sont parties pour Paris ce matin… avec papy et mamie… le départ était fixé à 9h… ce qui fait qu’elles sont déjà arrivées à bon port (il est 16h30)… ouf… je peux arrêter de faire le ménage de haut en bas dans la maison, histoire de me sur-activer le poil pour ne pas trop penser et écouter le silence… histoire de ne pas penser à Zoé qui m’a appelée hier soir vers 22h pour me dire qu’elle ne voulait plus s’en aller… entre deux sanglots… je suis montée m’allonger à côté d’elle dans son lit sur-élévé… je lui ai caressé les cheveux et je l’ai couverte de bisous…
“Tu vas venir vite maman???!!”
Dans un soupir, d’une voix chuchottée… j’ai bercé ma plus jeune fille…
“Oui mon coeur, je vais venir vite… mercredi soir je suis là… je pars avec papa dès que la maman de Titi vient le chercher, vers 15h30… tout sera prêt… papa aura chargé la voiture…on va manger au sandwich, on va pas traîner…”
Elle a reniflé…
“Oui mais je vais faire comment avec mon encoprésie, Tatie elle n’a pas l’habitude comme toi… “
J’ai souri.
“t’en fais pas, je lui ai expliqué. Et puis tu te débrouilles très bien sans moi, de mieux en mieux même… je suis très fière de toi.”
J’ai commencé à remettre la couette sur elle, à lui embrasser les paupières et j’ai soufflé près de son oreille un apaisant “Je t’aime chérie”… avant de quitter son lit, de fermer la lumière de sa chambre et de redescendre au salon…
Il faisait bon dans la maison. J’avais allumé quelques bougies parfumées. La douceur de la journée était encore sur notre peau, je me suis assise sur le canapé, sans mon plaid habituel sur le dos. J’ai pris ma tisane et j’ai regardé papy, mamie et Jenfi, tous les trois avec les yeux globuleux des gens-qui-regardent-un-film-avec-le-sentiment-d’avoir-été-roulés-par-la-critique-cinématographique… le super film qu’on avait pas vu, qu’on avait mis et qu’on croyait avoir loupé s’appelle “300“… je l’ai vu par bribes… et avec difficulté pour m’y accrocher. La bouille de Zoé était trop ancrée dans ma petite cervelle de maman déchirrée. A qui un corps d’enfant manque déjà alors qu’il est tout juste endormi dans la pièce au dessus….
Manon est descendue d’un pas de chat. Elle m’a dit discrètement… cachée sous sa masse capillaire brune…
“Maman, t’as pensé à mettre ma chemise de nuit préférée dans la valise?”
“Oui ma puce, elle est toute propre, elle est dedans… t’en fais pas. Ca va toi? Oh tu t’es arraché un beau bouton sur le coin de la lèvre?!”
Grimace, ronchonnement… j’ai regardé ma Manon se mordre les lèvres puis m’avouer.
“C’est pas ma faute, maman, j’suis un peu stressée là…”
J’ai fait un gros bisou sur sa joue et je lui dit de bien dormir. Que tout allait bien se passer. Et elle est montée. Discrète.
Julie est venue cinq minutes avant la fin de “300″…avec son plaid rose autour d’elle. Elle était en petite nuisette. Elle avait des frissons. Elle s’est collée à moi sur la partie “dormeuse” du canapé. On s’est partagé le plaid et elle a mis sa tête sur mon épaule. Je lui ai déposé un bisou sur le front et elle a commencé à avoir un petit coup de blues. Elle aussi.
“Maman, je suis heureuse de partir mais vous allez me manquer papa et toi. Je suis habituée à notre petit rythme à cinq. J’aime bien notre vie. Ca me fait peur de perdre mes repères. Tu crois que c’est normal?”
J’ai caressé ses cheveux blonds, comme quand elle était bébé.
“Oui chérie, c’est normal. Et ça nous fait chaud au coeur à papa et moi de voir que vous ne partez pas en courant de la maison avec une envie de prendre la fuite.. ça veut dire que vous vous sentez bien dans votre cellule familiale. C’est un beau cadeau pour papa et moi. De vous savoir si attachées à votre vie…”
Elle m’a dit qu’elle savait qu’elle allait s’amuser. Elle a commencé à être moins morose en pensant à vendredi prochain, jour où nous allons tous à Disneyland. Elle avait eu des frayeurs, quant à la “survie” de cette journée. Les places à tarif réduits étaient en rupture de stock, et nous commencions à faire machine arrière. A se demander si Disneyland valait bien la peine qu’on y investisse près de 230 euros. On a fini par trouver les places moins chères. Ouf.
“Maman, c’est vraiment un rêve pour moi que de retourner à Disneyland. Je sais que vous faites un sacrifice financier pour qu’on y aille tous. Ca va aller t’es sûre?”
A son tour, c’était ma fille qui prenait le rôle de celle qui apaise, qui rassure. Elle a mis sa tête sur ma poitrine, m’a serrée fort et j’ai senti qu’elle était inquiète.
“Ne t’en fais pas chérie, si on le fait, c’est grâce à tatie et tonton qui vous prennent en vacances et nous hébergent tous ensuite. Tu sais, on aurait pas pu faire le système train+hotel+parc d’attraction. On a la chance d’avoir de la famille à Paris. Alors profitez… ok?”
“Oui, c’est vrai, c’est grâce à la proposition d’isa et Jérôme…”
Elle a pris son plaid sur ses épaules et est montée dans sa chambre, pleine de rêves disney dans la tête. je n’ai jamais vu quelqu’un aimé autant la féérie de ce parc. Elle y voue un culte énorme. Personnellement, j’y vais surtout voir les étoiles dans les yeux de mes filles. Pour graver leur regard dans ma mémoire et le ressortir les jours où je me demande si la vie est si belle que ça. Oui elle l’est. Dans le regard d’un enfant. Toujours.
J’ai eu du mal à m’endormir. Je me suis pelotonnée contre Jenfi, déjà presque endormi, alors que moi, j’avais mon cerveau en ébullition totale. Le manque installé. La peur du trajet voiture. La peur de l’abandon. Perpétuel en moi. Depuis petite.
Il faisait chaud dans la chambre. J’ai dormi d’un sommeil lourd et agité; je crois que j’ai rêvé de bowling. C’était en boucle. Et j’avais beau lancer la boule… aucune quille ne tombait jamais…
Ce matin, la voiture de papy et mamie a tourné au virage au bout de la rue, vers la vigne… j’ai senti mon moral vaciller et je suis rentrée tête baissée. Jenfi a mis son bras autour de mes épaules et il m’a regardée. Dans ses yeux, il y avait de l’inquiétude et j’ai entendu un interrogatif “ça va?”…
“Oui oui, ça va bien…”
Ce midi il m’a fait le repas. J’étais occupée à faire du tri sur chaque bureau des filles. je n’avais pas vu l’heure passer. Nous étions tous les deux sur la terrasse. Comme deux tourtereaux. Il n’y avait pas de rires, de questions, de bruit de chaises que les filles poussent avec leur derrière pour sortir de table… il y avait juste Jenfi et moi… ça fait aussi du bien, d’être deux. De manger quand on veut. De ne pas parler. De juste se croiser les regards. Oui, ça fait du bien. Mais pas trop longtemps. Car les mots sont inutiles entre lui et moi. Et moi j’aime les mots. Le bruit. Les rires….
Oui, j’aime la vie… quand elle est bien remplie..
Et si elle est bien remplie, c’est bien sûr grâce au fait que j’ai croisé son chemin. Qu’il se soit accroché à la petite écolière farouche que j’étais. Et que tout se soit enchâiné au fil du temps.
Faut que je profite de lui aussi. Des fois, j’ai le sentiment d’être plus une mère qu’une épouse;
Il ne dit jamais rien.
Il les laisse me prendre mon énergie, mes calins.
Il passe en dernier.
Chéri, pendant trois jours, tu vas pouvoir passer en premier…

A qui le tour???

Non je ne travaille pas à la Française des jeux. Non, je ne vais pas vous annoncer une super cagnotte pour le loto de samedi soir. Non, c’est juste pour vous dire que j’ai été taggée, par ma copine e-Zabel. Je l’aime bien, e-Zabel. Je vous la présenterai, bientôt. Sous peu même. Ayez l’oeil, le bon. Elle vaut le détour.

Donc je suis taggée. Et comme je suis une indisciplinée de première, je ne vais pas vous mettre le règlement (que j’ai oublié) et pas vous tagger d’office (peur de déranger, c’est mon truc ça!). Donc à qui le tour après ma pomme? Bah aux volontaires, tiens, la bonne blague… Bien sûr que ça me démange de le refiler à Tania, Jacynthe, Lafélée, MJ, Caro, Odile, Pur bonheur, Mandoline, Lusciousloba, Missbebop, Diane-Eve, Véro du Québec, Délire, Cl4udie, Dr maman, Babylou, Aïleen, Fanette, Corine, Ma couvée, Pistache, grande-Dame… (attendez je reprends mon souffle!)… Jenfi, L’Alcolo, Drew, Benoit, Olive, Pascal,Will… ah pis zut j’ai qu’à faire un copier/coller de ma blogliste, quelle patate… cela serait tout de même plus logique. En gros, si vous voulez vous lancer (dans ce tag), allez-y, dites que c’est de ma part. Faut une coupable. Ce sera moi. Et je vous lirai avec plaisir. Promis.

Bon j’y vais, sinon je vais parler de tout et ne jamais répondre aux questions. Je me connais. Dans le genre qu’est-ce-que-je-m’en-fous-de-tout, je ne suis pas mal. Go!

1) Le trait principal de mon caractère :

C’est pas trop dur. Je pense que c’est ma franchise, qui me donne autant de bons points que de mauvais. Je ne sais pas jouer un jeu. Je n’arrive pas à être quelqu’un d’autre. Des fois, j’aurais aimé y parvenir. Quand j’ai eu à affronter des défis personnels. Comme passer mon Bac, mon permis, débarquer seule à Paris après mon concours… j’avais besoin que mon anxiété me quitte. Besoin d’être une fille sûre d’elle qui va casser la baraque. Que dalle. J’y suis allée en vrac; Pour mon bac, un copain avait eu la bonne idée de m’amener à la plage la veille des épreuves (et oui au Havre, y a une plage et on s’en sert !). Il est arrivé en me disant, “lâche tes fiches, c’est dit partout qu’il faut pas réviser la veille, ça embrouille. Faut que tu décompresses. Il fait beau, on va à la plage.” Comme je suis pas sûre de moi ailleurs que dans les épreuves scolaires, bah j’étais pas sûre de moi en maillot de bains non plus. Pourtant ce copain, il me connait depuis que j’ai sept ans, j’ai fait les pires conneries avec lui. C’était un copain de quartier. Il a rigolé quand il m’a vu me mettre joyeusement sur les galets (aïe, ouille), côté pile (sur le ventre donc). Et ne plus en bouger. Il m’a balancé ‘Euh Véro, quand on était petit tu passais ton temps à faire la roue dans l’herbe, le poirier. J’entends encore ta mère se mettre au balcon et te dire, Véro arrête ta gym, tu montres ta culote à tout le monde!!!! autant te dire que je te connais par coeur ma pauvre!”… pff, trop franc ce type… quand je vous dis que ça joue des tours la franchise!!!!… et puis ça m’a pas détendue du tout cette escapade à la plage. J’ai jamais mis le côté face au soleil. Butée la fille. Résultat, une vraie écrevisse côté dos et derrière de cuisses, dès le soir en rentrant de la mer. Blanche comme une bouteille à lait de face. Oh le style!!!! J’ai souffert le martyre assise pendant 4 heures aux épreuves de maths du lendemain matin. Les jointures derrière les genoux me brûlaient. Pathétique. J’étais sûre de tout foirer… j’ai eu mon Bac du premier coup. Je ne me l’explique toujours pas.

 2) La qualité que je désire chez un homme :

Qu’il soit attentionné envers moi!!! Prévénant, aimant. Tout ce que je n’ai pas eu enfant. Qu’il ait de l’humour aussi. Qu’il soit tolérant, qu’il m’aime comme je suis. (on avait dit UNE qualité, tu sais pas lire!!!)

3) La qualité que je préfère chez une femme :

La gentillesse. Etre une vraie amie. Pas de compétition. De jalousie. Car je ne suis pas de taille à me battre, jamais. J’aime pas les rapports conflictuels. Les faux-semblants.

4) Mon principal défaut :

Euh vous avez le temps là????? Non parce que moi je peux vous en filer une longue liste. Disons que mon manque de confiance en moi amène un comportement excessif, une négation, un pessismisme. Pas en la vie, mais en moi-même. Je dis souvent un “oh je vais pas y arriver” assez bloquant et réducteur qui peut donner envie qu’on me colle des baffes. Mes excès sont vraiment très nuls des fois. Je pense que c’est par peur d’affronter les choses, que je descends très bas dans mes sentiments. Je peux dire “Oh et puis merde j’y vais pas, na!!!”… genre cinq minutes avant d’accoucher. Par trouille. Et me rendre compte que j’ai dit une connerie. (ah bon, faut vraiment que j’y aille, là!?)…

5) Ma principale qualité :

Je ne sais pas. Peut-être mon écoute, ma soit-disante serviabilité. C’est difficle de se trouver des qualités quand on a été longtemps rabaissée. C’est mon entourage qui me flatte, des fois. Et je réfléchis après au compliment que j’ai pu recevoir. Des fois ça me surprend. Des fois j’y crois pas une seconde; Bref, y a encore du travail sur moi-même à faire.

6) Mon occupation préférée

Mes enfants!!!!!!… si, j’adore ça, être avec mes filles. Et les enfants en général. Surtout les petits, tout rikiki, qui viennent de naître, tout mous. Vaut mieux vous me direz, vu mon métier!!!  Mais c’était avant d’être nounou, cet amour des bébés. ce n’est pas venu avec. C’était déjà là… sinon plus égoïstement, les voyages, dans ma tête ou en vrai!!!

7) Le plat qui me met l’eau à la bouche :

Y en a des tonnes! Je suis gourmande par définition. Plus salée que sucrée en général. J’aime la bonne cuisine. D’où qu’elle soit; En France, je goûte à toutes les cuisines régionales. J’aime ma Normandie pour ses plats à la crème fraiche, j’aime la Bretagne pour ses galettes complètes, j’aime le Sud-Ouest pour son foie gras et son confit, j’aime l’Alsace pour ses flammekueches… bref j’aime être à table. En cuisine du monde, j’aime tout. beaucoup l’indien. Mais c’est si dur à faire la même chose chez soi!!!! Côté sucré, je suis une folle-maboule-hystérique de tout ce qui est à base de chocolat. Je rêve de savoir faire une bonne mousse au chocolat. J’ai toujours pas trouvé la recette qui me convienne… avis aux amatrices/amateurs????

8 ) Mes mots favoris :

Que des petits surnoms pour mes filles, les petits que je garde, mon homme… mes filles se font appeler par tous les trucs qui me tombent sous la main comme “ma puce, ma cocotte, ma poulette, nénette, chérie, choupette, mon chat…”… les petits que je garde sont affublés de ”mon titi, mon coco, mon canard, mon coeur… ” et Jenfi répond volontiers à un “chéri, Fifiloulou, jenfiac, grosbil, bouboule (à cause du film Love Actually et une fameuse réplique!!!) ou “Robert, tu connais le mot as-pi-ra-teur????”… voyez, j’en ai plein, des mots sympas!!!!

9) Ce que je déteste par-dessus tout :
Avoir les doigts très secs, comme quand on vient de les enfouir dans du sable, beurk!!!! …. non, plus sérieusement, toutes formes d’intolérance.

10) Un rêve

Celui qui me trotte dans la tête depuis un moment… avoir une petite maisonnée à nous en Catalogne, où je pourrais regarder la mer, les rochers, le ciel bleu, collée à mon homme, depuis ma terrasse… accueillir mes enfants et plus tard mes petits-enfants à longueur d’année, devant une bonne table… prendre en pension mes parents et beaux-parents retraités, pour voir leur peau fatiguée se réchauffer sous le soleil catalan… les mettre sous une balancelle dans le jardin et boire un café avec eux, faire un tarot… me tremper les pieds dans la mer après avoir marché dans Cadaquès, en traînant la savate de plaisir… me manger une bonne paëlla quand je viens de faire les remblas à Barcelone, en tête à tête avec mon homme… m’éclater à Port Aventura avec mes filles… ah, c’est pas les rêves qui manquent… l’essentiel, c’est que j’ai toujours les miens autour de moi pour profiter du paysage… sinon, il n’aura aucune beauté, le paysage en question.

 Voilà, vous ne dormez pas???? Je vous ai réveillé là, avouez-le? … Je vous libère… faut pas abuser des honnêtes gens. Encore merci E-zabel. C’était avec plaisir…

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