Noir sur blanc
21 avril 2008 par Véro

Je n’aime pas trop ce genre d’exercice. La justification, le pourquoi du comment. Ca me rappelle trop la rigueur parentale de mes neuf premières années de vie. Les regards insoutenables de mon père le matin, pendant le petit déjeuner, envers ma petite personne pétrifiée. J’étais encore à me demander si le vin avait quitté ses veines, si son comportement était celui de Mr Hyde ou du Dr Jekyll… si je pouvais prendre une tartine au milieu de la table sans risquer que ma main tremble, qu’il le voit, et qu’il me haïsse de le craindre… encore et toujours, les sermons… si il voyait ma peur, il me harcelait de questions… me demandait de me faire petite… de marcher droit… toujours marcher droit…
Me justifier est une chose difficile pour moi. Je ne pense pas avoir fait quelque chose de mal. Au fond, ma seule erreur, c’est d’être arrivée au monde seulement désirée par une seule personne… c’est pas si grave finalement… je le sais bien. Cela ne me donne pas le monopole de la souffrance. Je ne le revendique pas. Au niveau de ce monopole. je suis en bas de l’échelle, je le sais… je regarde tout ce qui se passe dans notre monde… J’ai conscience de ma place. Mais cela ne m’empêche pas de faire le bilan aujourd’hui de ce que j’ai parcouru. De m’asseoir un petit peu, sur ma 39ème marche et de me dire que même si les neuf premières ont été bien rudes à grimper, je suis là aujourd’hui. Et fière de l’être. Mes enfants m’ont appris la sagesse. Les années m’ont rendu moins rancunière, moins en colère. Je me sens prête à monter les marches restantes avec une confiance en moi très inattendue… j’espère aller bien haut. Malgré mon vertige et ma peur de l’avenir. Seule la vie compte.
Si j’ai commencé ce blog, c’était pour sortir de moi-même tout ce que ma bouche ne sait pas prononcer. Je ne sais pas parler de certaines choses sans trembler comme une feuille ou pleurer. Je me revois écrire ce billet, pleine de larmes et de délivrance… parce que ça me vidait d’un poids énorme… je sentais l’odeur du sang comme si ça sortait tout droit de mes narines… enfin, l’odeur avait décidé d’aller vers la fenêtre que j’avais osé ouvrir… celle de l’écriture… pour qu’elle s’achappe.. pour qu’elle me délivre… j’ai revu mon père au sol. J’ai presque senti qu’il était content que j’ose enfin faire un pas vers lui… celui que je n’ai pas fait il y a trente ans… je me suis sentie bien, le soir de ce billet… si bien…
Me sentir bien, j’y ai pris goût. C’est si bon de se sentir libérée. Personne n’avait pu faire quelque chose pour moi juste après le drame. Ma mère devait se reconstruire. Mon frère était complètement anéanti. ma grand-mère faisait tout pour qu’on mange autre chose que des pommes de terre sans un seul bout de viande. C’était pas le moment que je pose des problèmes. Les psychotérapies n’étaient pas à la mode comme maintenant. Et puis j’avais mis une force incroyable à développer une négation de tout ce que j’avais vu, vécu; C’était pas pour qu’on me le ressorte allongée sur un divan. Comme un miroir. Non. Je ne l’aurais pas supporté; Enfouir. J’ai mis des années à mettre une couche de terre sur mes traumatismes. J’y suis parvenue. Aujourd’hui, l’herbe verte a repoussé. Des fleurs sont même venues parfumer et embellir mon quotidien. Trois belles roses que j’arrose chaque jour d’un amour maternel immense, démesuré… je n’ai que ça… d’important dans ma vie…
J’ai fait le choix, de les voir grandir, mes trois roses. Le destin a un peu mis des épines bien douloureuses au toucher, sur leurs tiges. Manon m’a renvoyé en pleine face ma nullité de mère, incapable de porter un enfant neuf mois. Incapable de mettre correctement un enfant au monde. La mettre en danger de mort a fait ressurgir la mauvaise petite fille qui dormait en moi. Celle qui regardait mourir à petit feu, sans bouger le petit doigt… comme ce 13 juin 1978, où j’avais les pieds dans une mare de sang, immobile, spectatrice… Scruter Manon assise devant sa couveuse, rattachée à des fils, la peau rougie, les vaisseaux sanguins apparents, dénuée de beauté humaine… a été effroyable pour moi… je voulais agir, réparer ma passivité du passé, la sauver… elle s’est chargée de sa propre survie… elle a su me pardonner… de juste la contempler pendant trois mois de néonatologie…
Rester à la maison, être la plaque tournante de la famille que j’ai rêvé d’avoir, c’est ma vie; Je la pimente de deux autres petits bouts en garde, qui prennent le train en marche, adoptent notre schéma familial. J’ y prends un réel plaisir. J’ai appris beaucoup en m’occupant d’enfants à longueur de journée. Ca n’a pas toujours été simple. D’autant plus que Jenfi a su me faire déménager cinq fois en 10 ans, m’arrachant à des enfants auxquels je m’étais attachée.. m’obligeant à me reconstruire ailleurs… prenant soin de ne rien ébranler à notre équilibre familial… si cher à mes yeux…
Je ne regrette rien. Si c’était à refaire, je ne changerais rien. Je suis partie il y a trois ans plus loin que d’habitude du périmètre de ma mère qui m’était si précieux. Cette mère qui m’a tant protégée. Je tente d’être là, malgré tout. Je passe beaucoup de temps au téléphone avec elle, je console quand les larmes coulent, je raisonne quand l’envie de laisser filer la vie se fait entendre… je lui dis qu’elle a su être plus forte que ça. Qu’elle n’a pas le droit de partir maintenant. Que je l’aime.
Je suis une éponge. J’encaisse et j’enfouis; J’ai des tas de terre dans mon jardin personnel. Celui où je mets mes souvenirs, mes peurs, mes émotions. J’ai encore beaucoup d’endroits où l’herbe ne repousse pas… sur Zoé, sur Manon parfois… su ma mère… sur mon frère… j’accepte que tout soit en friche… J’ai cherché, où je pourrais trouver un endroit immaculé, plein d’amour et de liberté. Un endroit rien qu’à moi. Un endroit où je pourais dire que j’ai encore des coups de pelle à donner sur certains tas et que ce serait bien qu’on me dise comment faire… j’ai eu du mal à aller vers vous. J’ai commencé par écrire sur Word, des pages et des pages. Un journal intime. Un livre secret. Mais j’ai tout effacé. Il n’y avait pas d’écho. Je me sentais toujours aussi seule. J’évolue dans une vie sans lien social. Je travaille chez moi. Je n’ai jamais la surprise de voir une mère sonner à ma porte. Ni un frère… ni une amie… tout le monde vit loin. A Bordeaux, je n’ai pas encore eu le temps de me refaire une famille.
Le blog a été suggéré par Jenfi, et par une amie très chère à moi, qui peut-être me lit, depuis son travail, quelque part en Picardie. Elle a été ma première lectrice, elle m’a lue chaque jour de la semaine, pendant sa pause du midi. Ca m’a donné des ailes. Une consistance.On se parlait pas mails… je ne blogguais pas encore. J’ai sauté le pas l’année dernière. J’ai commencé Premablog, puis l’encoblog… puis maviedemaman. Me nourrissant à chaque fois de vos commentaires, de votre soutien, de votre amour. Je me suis livrée sans artifices. J’ai mis cartes sur table. Le moche comme le beau; Parce que je suis vraiment cette femme-là. Et pas une autre. Parce que je veux qu’on m’aime et qu’on m’accepte pour celle que je suis. Et pas pour celle que j’ai tenté d’être sans dire mes failles, mes blessures. J’ai gardé beaucoup en moi durant toutes ces années. Je n’ai pas non plus eu l’impression qu’on désirait savoir qui j’étais vraiment. Je suis commune. Basique. Passe-partout. Je suis bien quand on ne fait pas attention à moi; J’ai toujours peur d’être nulle et de déranger. Le blog a su me donner une épaisseur. Inespérée. Inattendue. Et j’y ai pris goût. A être attendue, lue et aimée.
Si je dois me justifier aujourd’hui d’y avoir pris trop de goût, et bien oui, je le fais. Je ne compte pas accorder moins de temps à ce qui me fait du bien. Je ne compte pas changer d’un poil dans ma façon d’écrire et de me livrer; Je ne compte pas suivre une ligne de conduite qu’on me demande gentiment de rectifier. Je suis grande. J’ai enfin sorti la tête de l’eau…
Je ne fais rien de mal. Tout ce que je demande c’est qu’on ne m’oblige pas à la remettre. La tête dans l’eau… Ce n’est pas trop demander. Enfin je crois. Que de m’accorder un peu de bonheur, pour une fois. Et de libre-arbitre…
La vraie vie, je sais où elle est.

C’est pour ça qu’on t’aime Véro!
XXxxxx
Ceux qui t’on encouragés à commencer, je les en remercie. Ceux qui t’on encouragés à continuer, je les en remercie. Puis je te remercie toi, d’être là, telle que tu es, et de te livrer, j’oserais dire sans pudeur, avec tout ce que ça implique de libérateur… que je comprends donc.
Bien dit ma p’tite Véro…….tu n’as pas à te justifier de ce que tu fais du peu de temps que tu t’accordes rien que pour toi !!! Tu aimes écrire, ça te fais du bien alors continue à faire ce qui te fais plaisir !!! Comme tu le dis tu es assise sur ta 39ème marche , tu es donc assez grande pour savoir ce que tu dois faire, et surtout assez grande pour avoir le choix de faire ce que tu veux et te créer ta propre ligne de conduite !! Alors continue ma p’tite Véro à nous offrir cette joie de pouvoir venir te lire chaque jour !! On t’aime telle que tu es !!!
Salut Véro,
C’est Virginie.
Ben alors, qu’est ce qui ce passe ?
J’ai raté un épisode ou quoi ? ah non, c’est vrai, on dit un “post”.
Pourquoi ce mot ?
Pour ma part, continue comme ça.
J’aime bien avoir de vos nouvelles par cet intermédiaire.
J’aime bien avoir ce rôle de “gentil voyeur”, partager votre quotidien.
Je ris, je pleure, je m’y reconnais.
J’adoooore !!!!!!! J’en suis totalement addict. Et j’assume.
Et puis, moi aussi, je suis “rivée” à mon clavier.
Et je n’ai pas de honte. Non, non, non.
Loïc aussi d’ailleurs. Il aime bien aller sur ce blog mais surtout sur celui de sa cousine.
Tu sais, on vous aime. C’est vrai qu’on ne se le dit jamais.
L’éloignement ou la pudeur ou encore le manque d’intimité.
Tout à la fois sûrement.
Nos mercredi parisiens me manque. Toutes ces confidences échangées, ces fous rires, les tirages de cartes, le chinois du soir, les patates farcies, etc…
Il est très difficile de retrouver cette intimité que nous avions lorsque nous nous voyions toutes les semaines.
Les rares fois où l’on se revoient, je n’ai pas envie de “gâcher” c’est moments là, avec mes tracasseries.
Alors, je sais, je suis distante.
Trop de soucis, et pas vraiment l’envie d’en parler en réunion familiale ….
Il ne faut pas s’embarasser de choses ou de personnes, la vie est bien trop courte. Il faut se recentrer sur soi, sa petite famille, son cocon.
Et j’en sais malheureusment quelquechose.
Maman fait une re-re-chute avec son cancer.
Et pour couronner le tout, son ami Pierre est décédé la semaine dernier d’une crise cardiaque alors qu’ils étaient partis en vacances en Bretagne.
C’est vraiment 3 années pourries !!!!!!!!
Bon, je crois que je m’égare légèrement là.
Et puis en plus j’ai mes 3 p’tits mecs qui réclament leur dîner. Yohann a déjà “taper” dans le pain.
Faut que je file.
On vous embrasse très fort. Tu sais qu’on vous aime.
Virginie
Je crois pas qu’il y ait matière à justification…. de toute façon, on est tous vendus, alors…en tout cas moi je le suis ;o) Chaque jour, plusieurs fois par jour… à attendre patiemment (ou pas ;o)) que tu aies écrit un nouveau billet… je ne lis pas beaucoup de blogs, mais les quelques uns que je lis, je tape du pied quand on ne me fournit pas assez de nouvelles! ;o) Et puisque tu es la meilleure “pusher”, merci d’avoir pris la décision de publier tes états d’âme…
Par contre là où je suis pas d’accord du tout (et je sais que ce n’est pas du tout, mais pas du tout de mes affaires, mais…bon…je le dirai comme ça en passant alors), c’est quand tu te mets toute la responsabilité sur tes épaules de mère, en disant que c’est ta faute pour les embûches que la vie a mis sur le chemin de tes filles… À ce que j’en lis, tu sembles être une mère très aimante et attentionnée, alors pourquoi chercher où tu as fauté? Moi je dis au contraire; elles ont de la chance de t’avoir, (et Jenfi aussi évidemment!), parce qu’elles ont des parents super pour les soutenir et les encourager. Et ça c’est une grande force que tu (vous!) leur donnes. Parfois, faut aussi penser à ce qu’on fait de bien ;o) C’est très important ça aussi.
Ma couvée : je t’ai déjà dit que je t’aime toi?????!!!!!
la félee : Et moi je te remercie d’avoir croisé mon chemin, de m’avoir ouvert grand tes bras, ton espace… beaucoup de choses ont changé depuis toi… depuis vous devrais-je dire…
Merci….
Odile : j’espère que tu m’aimes comme je suis, vu toutes les bourdes que je fais à longueur d’année, t’as le coeur bien accroché… à moi!!!!
Et je t’aime fort. Quand est-ce que tu frappes à ma porte, dis????
Virginie : Très très touchant de te lire, ma belle-soeur….
Merci… c’est la première fois que tu me dis tout ça. C’est très fort d’y être confrontée ce soir… ou je sens mon autre belle-soeur s’éloigner de moi….
Petite parenthèse….
Je vais éclaircir les choses…
Ce billet est adressé à Isa, la soeur de Jenfi.
Certains d’entre vous l’ont compris, vu le commentaire apparu hier sur le billet “The best”…
Je me suis sentie un peu mal que cela tombe ici…
Je n’ai pas compris pourquoi…
Je tiens à dire que tout va bien pour nous 5, pas d’orage en vue. Jenfi est à mes côtés, aimant, tout autant surpris de ce remonté de bretelles à mon encontre….
Nori sur blanc est là pour expliquer que je ne fais rien de mal…
Isa, tu m’as envoyé un mot d’excuses ce matin. je l’ai lu.
On se voit dans une semaine… mes filles partent chez toi dimanche… elles ont hâte…
Je monte trois jours après elles…
La vraie vie continue… sois sans crainte…
Virginie, j’adorais nos mercredis parisiens, chez moi…
Je ne savais pas que ça te manquait à ce point.
On vous aime fort nous aussi.
Tania : Tu es adorable, Tania. Tu pèses toujours le pour et le contre de mes arguments. Tu sais me dire que tu m’aimes, et ça me touche, et tu sais me montrer que je ne suis pas si nulle que je crois l’être. Merci.
C’est un défaut chez moi. Si on m’attaque, je me sens en faute, Je me dis que c’est vrai, que ce blog, il embête mon entourage. Que j’ai mal fait.
Hier j’avais tout débranché.
La chance que j’ai c’est d’être nulle en informatique. Je ne sais pas effacer le contenu d’un blog. Le radier. carrément.
Sinon c’était moins une…
Mes excès sont très bêtes…
je ne pourrais pas renoncer à toi…
A vous tous…
Je t’embrasse Tania. Merci.
Pffff, je ne sais plus quoi faire pour m’arrêter de pleurer. Mes larmes ont commencé à couler sur ton billet qui raconte tes neuf premières années, elles ont continué à couler sur noir et blanc, et depuis, elles coulent. Pour toi, mais aussi très égoïstement pour moi, pour toutes ces fois où je les garde si profondément enfouies…
Merci d’oser tout ce que je n’ose pas… Tu montres le chemin. Même si je sais que je mettrai sans aucun doute une éternité à te suivre sur cette voie, si tant est que je fasse un jour un premier pas…
Tu es admirable.
J’avais commencé à lire les blogs sur Manon et Zoé, et je te trouvais déjà extraordinaire. Là, je ne sais plus quoi dire… C’est tellement beau d’avoir réussi à arriver là où tu es, malgré tout.
Ce que ça remue, bon sang ! Si tu savais le bonheur que je te souhaite…
Bien sûr que j’ai le coeur bien accroché…..à toi et plus de jours en jours !! Tu me demandes quand est ce que je frappe à ta porte……méfies toi faudrait pas qu’un jour je sonne sans te l’avoir dit et que je te trouve en pleine séance de gym devant Madonna !!!! Car attention si un jour je le fais c’est le flash de l’appareil photo que tu verras en premier en ouvrant la porte……car il va bien falloir un jour que j’immortalise la tête que tu fais quand tu vois quelqu’un et sue tu ne t’y attendais pas !!! Oui moi je la connais cette bouille là ….mais on a du mal à me croire quand je le raconte…….;et pourtant je rigole encore de ta tête quand j’ai débarqué derrière chez toi avec mon père et que tu étais avec Noé dans le parc !!!! Faut bien que j’arrive à avoir des preuves de la tête que tu fais dans ces moments là !!!!! En attendant n’ais aucune crainte tu peux faire ta gym tranquillement jusqu’au 10 ……… on vous attend pour savourer cette journée avec vous !! On vous aime fort tous les 5 !! Bisous !!
Caro D : Moi aussi j’ai les larmes aux yeux, tout ce que tu écris me bouleverse… tant sur ton blog, qu’ici…
Je ne sais pas trop si je suis admirable d’être là où je suis. C’est gentil, Caro.J’ai eu un instinct de survie, un rêve. Et je m’y suis accroché. Jenfi est arrivé dans ma vie quand j’avais onze ans. Deux ans après le drame. J’étais encore très en repli. J’étais en sixième, au collège. Il est mon mari aujourd’hui, et bien plus : il est mon meilleur ami, mon roc, mon alter ego… j’ai eu beaucoup de chance qu’il ne parte pas en courant devant la fille effarouchée que j’étais… beaucoup de chance…
Le travail sur moi-même a été difficile. J’ai commencé à me délivrer de tout ça sur ce blog à 38 ans… tu vois, ça a été long… tout ce temps. A n’en parler à personne. A faire face à toutes mes peurs, comme apprendre à conduire… à rester muette devant les autres quand un sujet arrive lors d’un diner, de culture générale, et qu’on me dit “Mais tu ne dis rien, t’as fait quoi sur les bancs de l’école quand t’étais petite, t’as rien appris ou quoi????”… non, j’ai tout survolé. La scolarité, la vraie, elle a commencé en CM2, l’année de mes dix ans… quand le soir, je pouvais enfin rentrer chez moi et faire mes devoirs… dormir la nuit et être apte à écouter les professeurs le jour…
Ce blog est une bouffée d’oxygène pour moi. J’y suis si bien. J’ai passé tant de soirées à écrire quand j’étais enfant. Je laissais des mots dans ma chambre au cas où ma mère mourrait sous les coups, pour demander qu’on ne me laisse pas vivre avec mon père, pour dire que j’avais peur… je les cachais sous mon oreiller et je les déchirrais le matin, dès que j’apercevais ma mère en vie…
j’aime écrire… ça a été d’une grande aide pour moi…
Caro, ce que tu vis aujourd’hui n’est pas facile. Etre face aux questions des gens sur ton désir d’enfant. Ecouter les conseils de personnes qui n’y connaissant rien. Alors que tu veux juste qu’on te fiche la paix. Ca doit donner envie d’hurler.
Continue ton blog, il est très beau… il va évoluer avec toi.
Je suis heureuse d’avoir croisé ton chemin…
je t’embrasse dort.
Odile : cap ou pas cap????????
Comment ça je fais une tête de fille-qui-voit-rien-de-près quand on se pointe devant le parc où j’amène jouer Noé??? bah, c’est quoi cette histoire??????!!!!!!! T’as des preuves ma Odile?????
Ahlala, rien que d’entendre ton rire quand je ne vois rien et que je passe mon chemin, c’est un grand bonheur…
Rien que pour ça, je suis contente d’avoir raté mon rdv d’opthtalmo ce soir, du coup je garde mes lunettes pourries!!!! (euh si tu savais pourquoi j’ai raté mon rdv, tu serais encore morte de rire… je te raconterai le 10!!!
Je t’embrasse fort!
Tu es tellement belle à l’intérieur comme à l’extérieur, tu peux te ‘livrer’ autant que tu le voudras, on sera toujours là pour te lire et honorer l’amie que tu es devenue. Ce n’est pas vrai que tu es ‘commune’ . Je n’en connais qu’une, Véro comme toi!
Ne changes surtout pas. Ton vécu fait de toi la femme que tu es , tu ne ressembles à personne!
Ce billet est émouvant comme tout, tu es une personne entière, vraie et continue, c’est toi telle que tu es, une personne respectée!! Bravo!
Pur Bonheur : J’ai beaucoup de chance de t’avoir. T’es toujours là pour moi, et tu es réellement un pur bonheur à toi toute seule!!!! (et merci d’avoir mis au monde Tania!!!)
Il est trop tard pour que je change. Et puis j’ai mis trop de temps à trouver mon équilibre pour recommencer autre chose. Je ne compte pas bouger d’un poil!!!!
Ce blog m’a fait connaître de merveilleuses personnes, comme toi, qui ont su me montrer qye je pouvais faire des choses bien dans ma vie. Même du haut de mon petit mètre soixante, depuis ma petite maison, où mon cercle de vie se résume à m’occuper des enfants… et en plus j’ai traversé la frontière de mon pays, même l’océan. Et ça, c’est vraiment la chose la plus extraordinaire qui soit pour moi…
Je t’embrasse fort!!!
Missbebop : Merci beaucoup. C’est si gentil de me dire tout ça. Etre respectée, c’est vraiment quelque chose pour moi qu’il faut que je tente de me persuader, comme quoi je mérite de l’être. Que je ne me laisse pas marcher sur les pieds. J’y arrive petit à petit. En tout cas, c’est la chose que j’essaye de transmettre en premier à mes enfants, le respect, la tolérance… et qu’elles sachent qu’elles sont des personnes bien. C’est important la confiance en soi…
J’ai du retard dans mes lectures de blogs depuis quelques jours. Je vais revenir très vite!
Merci, je t’embrasse!!!!
“Noir sur blanc”, ce titre est bien choisi car il représente exactement ce qu’est un commentaire sur un post : une idée brute sans aucune nuance, contrairement à un dialogue où le poids des mots est toujours nuancé par le ton la voix et les expressions du visage (sourire en coin, clin d’oeil,..). Du coup dans un dialogue, cette idée devient ressemble plus à du gris foncé sur gris clair.
Les petites critiques exprimées sur des forum, par mail prennent souvent une ampleur démuserée et blessent les gens sans qu’il y en ait l’intention car les mots écrits prennent toujours leur sens premier sans auncun second degré.
Non Véro, ton autre belle soeur ne s’éloigne pas de toi, non elle ne remet pas en cause un moyen d’expression qui te fait du bien : le blog. Le but de son commentaire était autre, comme tu dis on va se voir et on expliquera tout ça.
Et bien, continuez à mettre les cartes sur la table…..ceci est VOTRE blog, c’est VOTRE chez vous. Y a pas à vous justifier, vous écrivez ce que Vous voulez que ca plaise ou non aux autres….. Encore une fois, j’admire votre écriture. Bisous. Bonne journée ensoleillée.
Jéjé : Le commentaire d’Isa m’a vraiment clouée sur place dimanche matin. Je n’ai pas compris. J’ai eu l’impression de me faire sonner les cloches. Peut-être suis je suceptible… ça m’attend au virage, je le sais. Mais ce n’était pas un endroit bien choisi, que de l’écrire ici.
Ici, c’est moi que je livre. Brute. Ce que je cherche, c’est de l’amour avant tout. Je crois que c’est dû à un manque de confiance en moi. C’est dire qui je suis, ce que j’ai subi, et savoir si malgré tout ça, je suis quelqu’un de bien.
Tu vois, le commentaire d’Isa, il m’a fait l’effet d’une claque. Et puis quand j’ai su que ce qui la vexait, j’ai halluciné : qu’elle ne soit pas informée que nous passons par le Havre après chez vous, pour voir mes parents, qu’elle l’ait appris dans le billet “Juste le temps de vous dire”…j’ai regardé Jenfi et je lui ai dit ‘Tu vois, fallait demander à ta soeur avant de me proposer d’aller chez mes parents sur le trajet du retour??????”…
En plus mes parents ne sont pas au courant, c’est une surprise. Pour l’anniversaire de mon père. L’idée vient de Jenfi et Cricri, qui ont concocté ça la semaine dernière. J’ai trouvé ça génial. J’ai remercié Jenfi d’y avoir pensé. J’ai été euphorique. Mes parents me manquent. Je ne les ai pas vus depuis conq mois… je n’ai pas vu ma mamie qui vit avec eux depuis l’été dernier. Ce blog est mon confident. J’y parle autant à moi-même qu’à mes lecteurs qui sont devenus mes amis. Et comme j’écris sur le vif. Il a été publié dans l’heure qui a suivi mon euphorie. Encore une fois, mon impulsivité me revient en pleine face.
J’étais heureuse. de cette idée, surtout que c’est Jenfi qui a mis ça au point, parce qu’il me voit des fois pleurer quand je raccroche le téléphone, suite à un appel de ma mère. Du coup elle ne me semble plus si bonne que ça., cette idée.
J’ai perdu ma joie de monter…
Jenfi râle et dit que c’est stupide…
Ca l’est…
Je ne suis pas sûre de vouloir m’asseoir en face de vous et de devoir donner une explication à ce qui vient de se passer.
Je préfère que tout rentre dans l’ordre, que mes filles montent vous voir et s’amusent.
En ce qui me concerne, l’impression d’avoir été remise en place finira par passer. Mais donnez-moi du temps.
Ce blog est un lieu de discussion, d’échange de points de vue, de ressenti. Je ne modère rien car comme je suis cash, je veux la même spontanéïté en retour. On peut ne pas m’aimer, c’est tout à fait normal. Je pense même que ceux qui s’ennuient ici viennent lire et repartent sans rien dire…
C’est leur droit. Ils peuvent même me dire que je me trompe. J’ai des fois eu des commentaires qui me disaient que je devais faire ceci plutôt que cela… et cela m’a aidée.
Mais avec le commentaire d’Isa, c’était comme une remontrance. Et ça touche ma famille. Je vous envoie mes filles une semaine, j’ai pris une journée sans solde vendredi prochain pour venir chez vous les rechercher sur le pont du 1er mai… nous arrivons mercredi soir chez vous… je voulais juste une journée chez mes parents, en reprenant la route samedi.
Je voulais juste ça.
Merci Jérôme d’être intervenu.
Dis à Isa que je l’aime. Je ne haïs pas les petsonnes pour ce qu’elle me dise. Je me haîs juste moi-même un peu plus à chaque claque je prends, parce que je reste persuadée de la mériter Surtout quand elles viennent d’un proche de la famille et qu’elles apparaissent aux yeux de tous…
Sylvie : Merci pour tes bons mots. Je suis contente que tu te sois de nouveau jetée à l’eau, merci!!!!!
Tu es gentille. J’ai vu que tu avais un sîte.
Je vais venir y faire un tour plus approfondi très vite.
A bientôt et gros bisous!
Plus très à jour mon site…. pourtant mon mari passe des heures et des heures devant son ordi(le soir après son boulôt et surtout le samedi matin pendant que je fais le ménage ou les courses…..), non pas pour y jouer mais pour………..?, beh je sais pas ce qu’il y fait finalement….va falloir enqêter…. a+
Je suis arrivée chez toi, ou plutôt chez Manon, je ne sais plus comment. J’ai aimé le ton, la pudeur teintée de grande ouverture. Même sans te connaître, sans être passée par l’aventure de la prématuritée, je me suis sentie interpellée. J’étais loin alors de soupçonner toute la richesse qui t’habite, avec ses côtés noirs, mais aussi tes grands éclats lumineux. Et surtout, surtout, cette générosité qui te caractérise. Générosité de mots, de sentiments, de vérité.
Si mes mots à moi t’apaisent, comme tu dis, les tiens me plongent dans des émotions tellement humaines, tellement au coeur de ce que nous devrions tous être. Et me confortent dans l’idée que les gens de coeur, dont nous sommes je crois, savent se “reconnaître” au delà des frontières, des histoires différentes, des horizons. Je ne prends pas assez souvent le temps de te le dire en laissant des commentaires, mais je te lis religieusement. Juste parce que vous avez pris, Jenfi, les filles et toi, une place précieuse dans ma vraie vie…
Bisous!
MJ
Sylvie : T’es trop jolie en mariée!!!!j’ai été curieuse, j’ai pas pu résister!!!!
Marie-Jo Sur ton patio, tu m’as toujours accueilli les bras ouverts. On est bien chez toi. On a l’impression d’être quelque part où le cocktail de l’intelligence, de l’amour et du savoir-vivre a pris sa vraie saveur. Même quand tu parles de la neige qui tombe, j’imagine toujours ton salon, toi réveillée avant tout le monde, l’odeur de la cheminée et le café qui coule…
C’est un refuge pour moi…
Un cocon…
Je t’embrasse fort …. merci pour ces si beaux mots….
Bon, et le Jenfi, dans tout ça, il en dit quoi ? C’est vrai, ch’uis plutôt reservé d’habitude sur tout ce qui touche à ton enfance et à ton intime en général: c’est dur d’en parler pour toi, c’est encore plus dur d’en dire quelque chose de bien pour moi… Et pourtant, le taureau en moi a besoin de s’exprimer un peu ce soir. Je sais ce que ce blog t’a permis de mettre en lumière et qui, sans en avoir l’air, te rongeait depuis tant d’années. Bien sûr, tout cela tu avais réussi à me le dire mais je savais que ça ne pouvait pas suffire, et régulièrement tu me faisais comprendre qu’il te fallait l’écrire. Aujourd’hui, enfin, peu à peu, ça se fait et j’en suis très heureux. Alors, comme un taureau, c’est aussi un gros boeu-boeuf, je ne supporte plus qu’on vienne nous chauffer avec des histoires, des ressentis et tout un tralala qui franchement ne valent pas la peine d’y passer du temps. Je ne dis pas souvent grand chose mais il ne faut pas trop me pousser non plus: j’ai une tribu et c’est toute ma vie. Je tiens à elle plus qu’à tout, alors il ne m’en faut pas beaucoup pour que je mugisse… Et quand je m’exteriorise, on le sait, c’est pas toujours plaisant. Mais là, c’est pour toi et si je le dis mal, je sais le dire: je t’aime… Tellement.
Merci Véro
Y a plein de petites choses que tu écris que j’aurais pu écrire aussi. Mais ça viendra, sûrement.
Alors en attendant, je me réjouis, moi aussi, d’avoir croisé ton chemin. Ton blog me fait croire qu’on peut être plus forte grâce à l’expérience d’une autre.
Autant te dire que si tu peux réussir ça, il faudra bien que tu comprennes et acceptes de croire en ton immense valeur…
Et quel homme ce Jenfi…!
Jenfi : Waouh!!!!!
Caro D : On se ressemble beaucoup toutes les deux, je l’ai senti d’emblée, rien qu’ne lisant tes coms chez l’Alcolo. Bizarre, de se voir en mirroir… mais ça me plaît beaucoup!!!!
bisous!
Oulàlà j’en reste sans voix !!! alors là le Jenfi me scotche par terre !!!! Oui là ma p’tite Véro, ton petit mari il mérite bien un dimanche à Arcachon là !!!
J’entends encore la voix de la petite samedi matin, là j’entends les mots de ma grande, suis fier!
Odile : t’as raison!!!!
Alcolo : pas si facile d’être grande, merci!
bye!
Ce post était dur à lire, la première fois, la seconde moins, et je laisse un petit comm pour dire juste que c’était très touchant, et que je me sens veinarde, moi, parce que j’ai le sentiment d’avoir plus d’assurance en moi-même. Je ne suis pas si dure envers moi, mais j’ai peut-être tort. Pourquoi certaines personnes sont-elles si sévères envers elle-même? Il m’arrive de me faire des reproches, mais dans l’ensemble, je me sens quasi béate de ma vie, même si je regrette ma paresse… mais elle est bien agréable.. Alors je la regrette moins. Comment te dire que tu te juges trop durement? C’est incroyable les mots que tu emploies pour parler de toi. Tu sais, personne n’est parfait, on vit dans un monde dingue, alors je ne voix pas pourquoi tu serais une mère nulle… vraiment… C’est dingue. Avec la façon dont tu parles de tes filles et dont tu t’occupes d’elles… Mais je ne sais pas quels mots utiliser, je ne sais même pas si des mots peuvent convaincre…