Notre séjour….
7 mai 2008 par Véro

Jeudi 1er mai. Paris s’éveille (enfin Argenteuil mais on va pas chipotter, hein, c’est la banlieue, c’est pareil!). Il fait beau. Moi j’aime Paris avec un grand ciel bleu. Ca permet d’ouvrir les fenêtres, de regarder au loin, d’écouter les bourdonnements sourds de l’effervescence parisienne… un vrombissement bien particulier que je n’ai jamais entendu ailleurs… comme si les voix, les pas, les respirations étaient palpables, là, au bout de mes doigts… je ressens de la vie partout… du monde qui grouille… des toits à perte de vue… pas d’horizon… juste Paris… et ses odeurs de grosse ville qui fume, ronronne, carbure, cuisine… j’avais oublié les odeurs… tellement… je me suis surprise à renifler l’air depuis le trottoir, en allant à la boulangerie du coin, en fin de matinée, avec mon homme… à y reconnaître ma vie d’avant, à avoir des flashs furtifs, doux, chaleureux… Jenfi m’a regardée d’un air amusé. Lui, il passe à autre chose, tout le temps. Il recommence ailleurs. Sans se retourner. Il a oublié les odeurs, les sensations que procurent la vue d’un accordéoniste dans le métro… cliché typique mais si fort, comme rattachement à cette ville que j’ai habité pendant dix ans. Il dit que c’est le passé. Que c’est marrant que je me sente submergée par les émotions quand je retourne sur les traces d’une vie que j’ai aimé. Moi, j’adorais Paris. J’y retourne toujours avec un pincement au coeur. Je me dis que j’en ai pas assez profité, de ces dix ans dans le 12ème arrondissement… je revois mes filles naître. Je revois mon appartement rue d’Aligre. Je revois mes promenades sur la coulée verte à pousser mélancoliquement ma poussette double, Julie qui court devant moi, du haut de ses quatre ans, blonde comme les blés…. je revois le marché de mon quartier que j’aimais tant… je me souviens de la chaleur écrasante du mois d’août où Paris était déserté, suffocant, mais si beau à arpenter… Je revois la rue du faubourg saint Antoine près de chez moi, que je parcourais avec habitude… des fois je me risquais à poursuivre ma route rue de Rivoli, avec mes trois marcheuses, en vue d’aller jusqu’au quartier des Halles, rejoindre Jenfi, à sa sortie du boulot…. tant de flashs…. tant de bons moments qui ont été vécus et qui font partie de la petite enfance de mes filles. Tant d’images dans ma tête….
C’est pas évident pour vous, de voir ce qu’il y a dans ma tête quand je regarde Paris, quand je sors d’une bouche de métro et que je me poste devant la Seine, au dessus des bateaux-mouches. Là, à côté des touristes accoudés sur un des multiples ponts parisiens, qui bavardent, rient, photographient, font coucou aux vacanciers qui lévent la tête depuis les péniches qui flottent… je n’avais jamais pris le bateau-mouche avant. Non. Quand je suis arrivée en 1991 à Paris, j’ai pas fait tout ça. J’ai vécu, travaillé. Sans me rendre compte qu’il y avait plein de choses à faire. Des choses que je regretterais de ne pas avoir faites. Comme cette virée sur la Seine….
Il faisait lourd et y avait du vent, quand on est arrivé sur le ponton. Isa, la soeur de Jenfi, est allée directement vers le guichet où on passe rapido, elle avait pris les places sur internet. Elle est habituée, ma petite belle-soeur. Elle y amène sa classe régulièrement en sortie. Elle connait les ficelles, les combines. Tant mieux. Elle nous a bien coachés. Enfin surtout moi, complètement au ralenti. On dirait jamais que j’ai su prendre le métro un jour. Je suis restée plantée à St lazare avec la tête en l’air rivée sur les panneaux, la bouche ouverte, style j’y-comprends-rien-je-vais-où-là-pureé!????… je trouvais pas la correspondance pour aller à l’endroit du bateau-mouche… j’ai eu le droit à “Euh Véro, non, c’est par là, c’est ici!!!!”…. “euh, Véro, tu vas où, là, c’est par là qu’on sort!!!!”…. du coup Jenfi ne m’a pas lâchée d’une semelle. Un vrai papa poule pour moi. Et puis Manon me quittait pas, traumatisée par son incident pourtant assez ancien mais comme elle a une mémoire d’éléphant en ce qui concerne les “drames” de sa vie, bah, elle se souvenait bien, de ça. Je suis entrée dans le métro avec un air provincial évident. Bah oui. J’ai dit à jenfi ;
“Oh regarde, y a trois branches pour se tenir maintenant, au poteau central…. et pis y a une petite lumière bleue, t’as vu?”
Jenfi m’a regardée d’un air compatissant qui signifiait t’es-gentille-chérie-arrête-de-faire-ta-neuneu-qui-débarque-de-la-planète-Mars-steplaît-j’ai-honte!… donc j’ai baissé les yeux comme tous les parisiens et j’ai admiré mes bottes noires en daim devenues couleur sable, marron, dégueu. Paris et sa poussière. Isa, ma petite belle-soeur, m’a dit en souriant :
“Ouais, t’es mal… je te conseille la brosse magique pour les avoir net tes bottes, parce que là… hum hum…”
Moi je conseille la poubelle (mais non je blague, l’huile de coude bien sûr!). je me suis demandée aussi si je tournais rond d’avoir mis des talons. Avec les couloirs du métro à rallonge, les escalators, la crasse des trottoirs, les crottes de chien (ah bah ça alors!? depuis quand les chiens caguent au beau milieu des trottoirs en France!!!??????)… bref je suis devenue bordelaise. A fond. J’ai tourné la page. Jenfi avait raison. On oublie finalement.
Oui, j’suis devenue bordelaise. J’ai été très attentive à toute la virée sur la Seine. Si si. J’ai tout écouté (que dalle!), j’ai été captivée par la voix de la guide et son accent anglais très chiraquien (bien mignonne la guide, vu que les hommes avaient le regard convergé sur ses jambes croisées, haut perchée qu’elle était sur son siège pivotant, pendant que nous les femmes, on regardait les monuments bien sagement… attention à partir de maintenant, je vous mets des photos persos de la journée….), j’ai eu un coup de mou aux abords de la Tour Eiffel car j’ai beaucoup levé les yeux et le soleil tapait sur le dôme en plastique de la péniche.. ça m’a chauffé la cafetière… mais bon, ça me rassure, ma tête a eu chaud autant que celle de mon homme qui avait l’air ravi et bouleversé, de revoir la dame de fer… J’ai regardé Manon tout enregister dans sa petite tête, prête à me ressortir tous les noms des ponts et des monuments… tout le portrait de sa mère cette petite, amoureuse de l’histoire (j’étais nulle), des vestiges (des quoi???), des rois (Sarko????), du passé (le 20ème siècle????)…. elle n’est pas de moi, c’est sûr. Faut qu’on m’explique. Elle est pourtant sortie de mon ventre, ça, je m’en souviens. Mais tout de même, elle apprend si vite. Trop marrante.
La promenade finie, on s’est dirigé vers la Pyramide du Louvre et les Tuileries. Bien sûr, pour y aller, fallait longer les quais et ses animaleries si célèbres (quoique moins nombreuses que dans le passé). Bien sûr, il a fallu y jeter un oeil, voir les toutous, les matous, en cage. L’odeur m’a pris à la gorge d’emblée. Après le coup de chaud au casque dans la péniche, j’avais l’estomac qui remontait dans le gosier. J’ai failli ressortir mais Zoé et Julie ont insisté :
“Oh regarde maman, notre prochain chien!!!!… oh, il est trop miiiiiii-gnnonnnnnn!!!!”
J’ai vu un truc poilu venir vers moi, un cavalier Kingcharles. J’ai dit au toutou qui venait me renifler;
“Salut Charles, ça va?”
Zoé a bondi : “Oh non, on va pas l’appeler Charles, c’est trop moche pour un chien maman!!!!!”
J’ai rigolé : “Rassure-toi, on va pas l’appeler du tout, je te rappelle qu’on a une chienne et elle est bien en vie!!!”
Ah les gosses. Ca n’arrête jamais. Vous achetez un truc (un chien quoi!) dont ils rêvent depuis des années, que déjà ils envisagent le prochain truc à obtenir (toujours un chien!).
On est arrivé à la Pyramide. Julie était ronchon. Elle avait faim et mal aux pieds. Elle a dit ;
“On fait quoi là, maman?”
Moi : “On regarde la Pyramide du Louvre”
Elle a redit : “Bah c’est moche. On mange quoi ce soir?”
j’adore ma fille aînée. Son estomac a toujours masqué sa vue. Pour peu qu’elle ait faim, elle ne voit rien, elle n’apprécie rien et elle se fiche de tout pourvu qu’on lui dise ce-qu’on-mange-ce-soir!!!!!….
J’en savais rien. Donc elle a bougonné et a foncé vers les Tuileries. Là-bas, y avait des poneys, un parc pour les mômes. On a fait un break. Julie a continué à prouver que treize ans, c’est définitivement l’âge bête. Si, râlez pas. Vous les avez eus aussi et vous avez été bêtes. Si si. Les poneys étaient mignons, mais plutôt réservés à des” hauts comme trois pommes”, genre ma nièce Emilie au minimum et Zoé au maximum. Bah ça n’a pas fait tiquer ma Julie. le ridicule ne tue pas. Non. Elle a pris le plus haut poney, a grimpé dessus avec une aisance jenfiesque (deux mots incompatibles entre eux!) et vas-y que j’accompagne les minus autour du parc. J’étais sciée. Trop marrante, elle aussi. je la suivais en riant. J’ai été puni; J’ai marché dans une crotte de poney. Bien flasque. Purée mes bottes (A la poubelle je vous ai dit!!!!)…. pauvre de moi.
On est allé tranquillement vers les Champs Elysées, pour prendre notre métro et rentrer. Il était 19h… il faisait bon. J’avais les pieds en compote. Le talon engourdi. Jenfi est venu à ma hauteur, car on marchait en file indienne. Tous crevés.
Lui ; “Euh on dirait que t’as fait des folies de ton corps toute la nuit vu comment tu marches, chérie????!!!”
Moi, consciente d’avoir une démarche douteuse mais pas du tout décidée à la changer : “Oui bah c’est pas le cas, je m’en souviendrais chéri!”
J’ai arpenté les longs couloirs comme une zombie, jusqu’à St lazare. Dans le train de banlieue qui filait jusqu’à Argenteuil, le paysage furtif et rectiligne a failli m’endormir. Quand Zoé m’a aggripé le bras et a hurlé dans mon oreille :
“Maman, j’ai trop hâte demain on va à Disneyland!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!”
J’ai eu soudain conscience d’avoir perdu 50% de mes capacités pédestres ce jour même de 1er Mai. A faire la touriste. J’ai senti une grosse fatigue m’envahir et je me suis dit que j’avais un espèce d’appareil à bain de pieds qui trônait dans ma salle de bains toute l’année et que là, j’en aurais eu bien besoin, là, de suite. De ses bubulles massantes. J’ai embrassé Zoé et j’ai commencé à penser à mon vendredi 2 Mai, chez Mickey…
Ne me dites pas que vous voulez savoir comment ça s’est passé aussi chez Mickey???? Non… vous êtes kamikazes ou quoi??

ah j’adore ! la neuneu dans le metro, j’aurai adoré voir ça !
et au fait : je suis née à Argenteuil et d’ailleurs dans 2 semaines, on débarque tous pas loin à St Leu la Foret chez mes parents pendant les travaux chez nous !
Oh que j’aiiiiimeeeeee la tête de Jenfi “ravi et bouleversé”…..!!!!!!! J’suis sûre qu’il était sur le point de dire “t’as un problème mémé ??”….je suis sûre je suis sûre je suis sûre !!!!! Et tes bottes pleines de poussières et de crottes de poneys…..t’as fini par les jeter ou pas ???
e-zabel : Oui j’avais lu sur ton blog que tu étais d’Argenteuil. Je l’ai dit à jenfi en arrivant là-bas… c’est pas mal, j’aime bien!!!
Odile ; ahah!!!! Tout à fait cet air là!!! celui de “t’as un problème mémé????” (euh désolé, l’épisode de “t’as un problème mémé, il est trop long à vous raconter les loulous, là, je peux pas…!!!!)….
Non, j’ai pas jeté mes bottes, c’était trop bien l’odeur dans la voiture, surtout mélangée à celle des sandwichs en rentrant!!!!! :-)))))))!!!!!!!!!
(j’ai lavé mes bottes, n’appelez pas C du propre, merci!!!)
Bisous à vous deux!
Siiiii, bien sûr qu’on veut que tu nous racontes Mickey !!!
C’est tellement bien raconté que tu ne vas pas nous priver de ça !
Quant tu racontes Paris, et ce qu’on oublie de faire quand on y vit, ça me fait penser à Paris et Strasbourg, vu de mon côté. Je n’ai jamais habité Paris, mais mon copain de l’époque habitait Fontenay sous Bois. Je n’ai du coup jamais visité Paris comme une touriste puisque je suivais un parisien… Et Strasbourg… Toutes ces choses que je conseille de faire aux gens qui viennent en Alsace et que je n’ai jamais faite… Les bateaux mouche, tout ça. C’est que je n’ai jamais mis les pieds sur un bateau mouche !
Bon, bref, j’ai hâte de lire la suite, mais ça sera sûrement en revenant de mes vacances
Alors, là, pas du tout, cet air -certes peu avenant- n’était dû qu’à l’extrème réverbération des vaguelettes sur la Seine: j’étais obligé de plisser les yeux… et puis, si vous ne me croyez pas, attention… je vais lancer un “T’as un problème, mémé ?” bis !
Caro D : Mais je connais bien fontenay sous Bois, j’ai habité deux ans à Noisy le Grand. Pour aller bosser je prenais la ligne RER B, je descendais des fois à Val de Fontenay, j’allais faire du shopping… ma chef habitait Fontenay sous Bois, je suis allée chez elle une fois… si on était resté en banlieue, on voulait acheter une maison à Neuilly plaisance… mes 2 premières filles sont nées à Nogent sur Marne, bref je connais bien ce coin!!!!
Strasbourg aussi je connais, j’y suis allée en 1994, passer un week-end avec Jenfi chez un copain… c’était beau!!! le chateau du haut Koeningsburg, la frontière allemande, les berges de l’Ill… les restos… les flammekueches, miam!!!!!
J’aimerais bien y retourner, en plus il y fait une chaleur incroyable en été!!!!
Passe un bon séjour à Venise!!!
T’as eu mon mail au fait?
bisous
Superbe photos. Wow la photo chez Mickey. Les filles devaient etre heureuses. J ai bien hate de lire la suite.
Si tu veux revenir dans le coin, toi et toute ta petite famille, je serais bien ravie de vous accueillir ! Tu sais, la maison est grande, hein, à force, tu vas le savoir ;-)))
Et puis l’Alsace est belle, mais mon coin est sans doute encore l’un des plus beaux d’Alsace, alors…
Sur ce, je vais voir mon courrier !
Jacynthe : Merci pour les compliments. La suite demain alors??? Vraiment?
Caro D : J’étais persuadée que tu vivais en région parisienne, quelle nulle!!!! t’es trop gentille, tu crois pas que tu as assez de monde chez toi là???:-)))))))
bisous !!!
Oui vraiment hate de lire la suite surtout quand tu vas parler de Disney j ai toujours revé d aller me prendre dans se monde. J adore tout se qui touche disney.
Première visite ici ! J’adore ! Tu as piqué ma curiosité sur le blog de Drew - alors je me devais une visite
Oui moi aussi je veux lire sur Disney - pour voir comment c’est en France. J’y suis allée à celui en Floride en Février dernier alors …
Jacynthe : ça y est j’ai mis la suite…. j’espère que ça te fera rêver un peu!!!???
Moonlady : Bienvenue chez moi, merci de passer!!! je suis déjà venue sur ton blog lors du concours de Paintshop (j’étais restée silencieuse, je n’ose jamais rien dire sans la permission… peur de déranger et tout…
Tu as trop de chance, Disneyworld Floride, ça doit être trop top!!!!!!
bisous à vous deux!
Les visites à Paris sont certes enrichissantes mais aussi très fatiguantes! Moi je n’appelle même plus ça des balades mais plutôt des expéditions! lol!
Ayant Paris tout frais en mémoire, ta description de cette journée à su maintenir en vie ce que j’ai vu, senti, aimé et marché il y a quelques semaines seulement.
L’odeur de Paris est indescriptible mais tellement caractéristique. Une fois qu’on l’a perçu, on ne peut plus douter lors d’un retour dans la capitale, on le sait, ça sent Paris. On est à Paris.