
Juin est là. Il est bien entamé, ça y est. Ca sent la fin pour mes écolières. Cette année le beau temps n’est pas au rendez-vous, comme les autres printemps. A croire que tout est détraqué. D’habitude, à cette époque de l’année, on a pu mettre un pied dans l’océan lors d’une virée pique-nique à Arcachon ou un corps tout entier dans la piscine de mes beaux-parents. Je dis bien “d’habitude”. Car là, que nenni. Rien, même pas un orteil n’a testé l’eau…
Du coup le métabolisme est un peu à la traîne. On se sent fatigué comme si aucun rayon de soleil n’était venu nous réchauffer le coin du pif et nous apporter un semblant de bonne mine. Ce matin, je me suis vue aller à mon placard de pharmacie chercher mon magnésium. J’ai regardé la pastille effervescente bien orange fondre et je me suis dit que c’était bien la première fois que j’en prenais à cette époque de l’année. Je ne me sens pas stressée. Non. Juste à la traîne, en attente.
En attente de mes vacances, sans aucun doute. Elles débuteront le vendredi 4 juillet au soir : dernier jour d’école pour mes filles. Dernier jour où je garde Noé (vraiment le dernier, il part en vacances avec ses parents et enchaîne sur l’école après. Ca me flingue un peu le moral, je dois le dire. Mais c’est l’aboutissement normal de ma fonction de nounou). Dernier jour de garde avec bébé Titi qui reviendra après le 15 août. Dernier jour de boulot pour mon homme qui a pris trois semaines de congés…
J’ai hâte. Même si ce n’est pas comme les autres années où tout s’annonce de jour en jour. Où les maillots de bain ont déjà servi et sont presque tout le temps dans le coffre de la voiture. Au cas où. Où les seaux et les pelles ont déjà touché le sable de Pereire, notre plage préférée à 45 mns d’ici. Où je commence à faire l’inventaire des jupettes, shorts, tops de mes demoiselles jolies…. j’ai pas le goût à le faire. Ni l’initiative. Hier soir l’orage a encore grondé, tourné, arrosant le jardin plus qu’il n’en a besoin. Ce matin, la brume et le crachin ont monopolisé le ciel de Bordeaux, m’obligeant à entamer une partie de croque-carottes, de memory et de pirate-qui-saute-en-l’air avec Noé et Zoé, exceptionnellement à la maison car sa maîtresse fait grève. (Oui grève de l’éducation nationale aujourd’hui. Et de la SNCF aussi. Des fonctionnaires quoi. Mon homme ne la fait pas. Il est en formation obligatoire pour deux semaines)…. bref j’en ai un peu marre d’avoir novembre en juin. Je dis juste ça comme ça. C’est pas méchant, mais occuper des loulous à l’intérieur l’hiver, je le conçois, mais l’été, je le conçois moins. Je suis une râleuse-pleurnicheuse. Je le sais. Sur la boîte de mon magnésium, c’était marqué “très bon pour les états d’irritabilité et de fatigue”. Vous allez voir, ça va le faire.
Zoé n’était pas là cet après-midi. Elle était chez son amie Ophélie. Une petite fille très gentille. je vous ai déjà parlé de sa maman, timidement, ici. Elle est adorable. Elle a su que j’aimais le chocolat (oui, y a du magnésium dans le chocolat, alors j’alterne les cures. Je suis pas folle, les cachets effervescents, c’est franchement dégoutant!). Elle était arriivée avec de merveilleux Jeff de Bruges à la main quand j’avais accompagné les filles à l’école après les vacances de Noël. Elle m’avait dit “tiens, j’ai pensé à toi. Faut que tu goûtes ceux-là, ils sont trop bons!!!”…(en fait je crois qu’elle me disait “Vous” à l’époque… ) c’étaient des blancs crémeux. Ohlala, j’ai même faim en y pensant. Succulents. Bref, je vous disais donc, Zoé a passé l’après-midi de farniente scolaire chez son amie. Je suis allée la porter à 14h, après avoir déposé Manon à l’école, vu que sa maîtresse assurait sa classe malgré la grève. Le soleil était enfin sorti de derrière les nuages. Ecrasant, lourd. Aussi lourd que le poids du monde que portait Manon en allant vers la cour de récré. Zoé avait bondi dans la voiture en me disant “Tas pas oublié mon maillot de bain et ma serviette maman???,”… Zoé ne pense qu’à se baigner. Et puis elle m’avait dit après le premier virage, alors qu’ Alanis Morissette innondait de sa jolie voix ma radio avec sa nouvelle chanson “On est en juin, maman, on peut se baigner tu sais!!!”…. correct. Evident. Logique. Mais juin n’est pas là comme les autres années. Je persiste et je signe.
Je compte les jours qui me séparent des plages de L’escala ou de Montgo. Je me dis que je vais y prendre des méga coups de soleil et plutôt que de foncer sur mon magnésium, je ferais mieux de regarder si ma crème protectrice solaire est encore bonne (je vois jamais de date là-dessus, y en a?????)… c’est vrai, je pourrais faire ça. Préparer ma trousse de pharmacie pour le départ. Voir ce qui manque. Mais voyez-vous, je ne me sens pas en pré-vacances, ni en pré-été…. je me sens comme en novembre. Réellement.
Pourtant ce soir, en allant rechercher Zoé chez son amie, il y avait comme un air d’été. J’ai sonné à la porte pour récupérer ma fille jolie, l’air était pesant, orageux. Le soleil écrasant. Zoé n’est même pas venue au devant de moi. En y repensant, je ne sais pas si elle a remarqué que je suis restée près d’une heure et demie à papotter avec la maman d’Ophélie. Non, elle n’est même pas venue me voir une seule fois. Je me suis installée dans la véranda et j’ai apprécié ce tête à tête, je dois dire que c’est assez rare que je sois hors de la maison, sans mari et enfants. Que je prenne du bon temps rien que pour moi. Car là, il s’agissait d’un moment privilégié. Réellement. J’ai peu d’amies, de vraies. J’ai beaucoup de connaissances, mais peu d’amies. Je pense que je pourrais en avoir davantage, mais je fais un barage. Je suis quelqu’un qui aime beaucoup les gens, mais qui a peur d’être absorbée. De perdre ma liberté. C’est complètement ridicule, mais c’est comme ça. C’est comme si on ne devait rien m’imposer sinon je me bloque, je fuis. La maman d’Ophélie, Nath, est quelqu’un que je connais de vue depuis longtemps, puisque nos fille se suivent de classe en classe depuis trois ans. Mais rien ne s’est fait trop vite, seule l’amitié de nos filles a guidé la nôtre. Bizarrement, on a suivi leur rythme;
Je suis rentrée à la maison juste avant le repas. Jenfi était affalé sur le canapé à écouter pourquoi PPDA s’était fait éjecter du JT. Zoé a bondi dans sa chambre et a dit à Julie qu’elle avait passé une journée super, et que que c’était trop bien chez Ophélie. Jenfi s’est arraché à son canapé et m’a dit “Bah dis-donc, c’est rare quand tu traînes comme ça chez quelqu’un???”…. Oui, c’est rare. Très rare. Je suis une casanière. Mais là, je n’ai pas vu le temps passer. C’est même sans m’en apercevoir que j’ai empiété sur le moment où le mari rentre à la maison et aimerait sans doute être tranquille avec sa femme et ses filles. Du jamais vu pour moi qui suis la détentrice en chef de l’expresssion “Je vous laisse tranquille”…
Nath est quelqu’un que j’aime beaucoup. Elle a découvert mon blog par le biais d’Ophélie, qui parle souvent sur msn avec Zoé, sur mon adresse perso (car Zoé a la flemme d’allumer son ordi, elle se sert du mien). Mon avatar est celui de ma 3D. Elle me suit partout. J’ai expliqué à Ophélie que ce visage était celui d’une petite chroniqueuse à mon image qui passait des fois sur mon blog. J’avais lâché le mot sans m’en rendre compte. Ophélie a de suite voulu voir le JT et du coup a eu l’adresse de “maviedemaman”… je lui ai conseillé de demander l’accord à sa maman. D’attendre son aval. Et voilà. Tout s’est enchaîné.
Ce soir, Nath me disait que me lire lui faisait du bien. Ca m’a beaucoup touchée car je n’ai pas conscience d’écrire et de faire du bien. J’écris par impulsion et par besoin. Je ne réfléchis à rien. Je m’asseois et je tape. Sans fil conducteur la plupart du temps. D’ailleurs, vous vous en doutez, vu le nombre de fois où je m’égare. Je suis très émue quand j’ai un engouement palpable en face de moi. Surprise aussi. Je me sens alors comme libérée, parce que la personne qui est en face de moi sait qui je suis. réellement. Elle n’a pas pris la fuite, face à ce que j’ai pu écrire sur mon passé. C’est un pas en avant pour moi. A chaque fois. C’est comme quand j’ai été nommée au Gala. J’ai soudainement compris que j’étais lue. Beaucoup plus que je ne le croyais. J’ai réalisé que je tenais un blog et n’avait vraiment aucune conscience d’être à la portée de tous. Que mon journal intime virtuel était tout sauf intime. Et qu’il n’y avait que du bonheur au bout de cette exposition.
Je me suis sentie en été chez Nath. Alors que j’avais cafardé toute la journée. je ne lui ai pas dit qu’elle me faisait un bien fou, elle aussi. De par sa présence, son amitié, sa famille, la chaleur de sa maison…. J’oublie trop souvent de dire les choses. Je préfère les écrire, cachée. Ce n’est pas un oubli. C’est un camouflage.
Nous avons mangé en écoutant Zoé nous raconter sa baignade de l’après-midi, ses jeux de petshop, de DS… nous étions heureux pour elle. Elle avait eu mal au ventre toute la matinée à cause de son encoprésie et je m’inquiétais un peu sur sa forme. La sortie pique-nique de la veille avec l’école l’avait un peu chamboulé côté diarrhée. A cause de son anxiété de ne pas rentrer se changer le midi à la maison. Ce soir, elle était remise sur pieds. Ophélie avait fait des miracles. Comme sa maman sur moi.
Je me suis mise sur le canapé toute apaisée et j’ai regardé un très bon film, émouvant. J’aime le cinéma anglais; Il est cash, authentique. J’apprécie ce type de fin de journée; Je me suis presque sentie en vacances. Ca fait un bien fou. C’est un peu l’euphorie de ce week-end qui se poursuit. Vous savez, celui qui a été trop court… vraiment trop court..



Je devrais peut etre essayer le magnésium. car je suis tres irritable depuis un bout
.
Toujours dure apres un long moment avec des enfants et qu’ils nous laisse pour continué leur vie debut du primaire et du collège. Moi quand je vois les jeunes que j’ai eu en premiere année et que la ils nous quitte pour le college je trouve dure.
Mais au moins ils reviennent nous voir quelque fois l’année d’apres pour nous dire comment le tout va et apres ils ne viennent plus sniff.
Avec certains nous nous attachons plus et de les voir partir me donne des frissons et en meme temps je suis contente qu’ils soit passé dans ma vie.
Coucou vite fait, juste pour dire que pour avoir un peu de chaleur, faut venir faire un tour par chez moi, et qu’en prime, chez moi, point de fonctionnaire en grève. Z’ont jamais osé me faire ça. Pas aujourd’hui qu’ils auront commencé
)
Bon courage miss Véro. Le beau temps arrive. En attendant, je t’envoie un brin de soleil alsacien !
Coucou,
Je vais dire à Justine d’essayer la cure chocolat pour la lutte contre les baisses de magnésium:)
Ah l’été qui arrive (le tout est déjà de savoir si nous avons eu un printemps)… Doucement mais sûrement, j’espère que le proverbe sera vrai et qu’il permettra à chaque touriste de passer d’excellentes vacances.
Super si Zoé s’est bien amusé chez sa copine! Tu as ainsi pu en profiter pour parler avec la maman d’Ophélie.
Bonne fin de semaine
à bientôt
Grosses bises
Jenny
jacynthe : j’ai reçu avant hier des photos par mail d’un petit garçon que j’ai gardé il y a cinq ans… dans la ville où je vivais avant ici… ça fait chaud au coeur d’avoir de leurs nouvelles, oh que oui!!!!
Caro : il a fait beau entre midi et deux, super chaud même! et ce soir, deux orages à la suite… ça n’arrive pas à se fixer!!!!
Jenny : Comment va Justine ????
je confirme, on n’a pas eu de printemps!!!!! On a des écarts de température pas possible… d’où les virus et la fatigue!!!!
Zoé a une super copine, oui, issue d’une famille géniale. Zoé a beaucoup de chance. Ses soeurs le lui disent d’alleurs!!!
Gros bisous à vous trois!
Vero.comme je suis assez pudique (malgré les apparences)
juste une citation de Francis BACON:
“L’amitié double les joies et réduit de moitié les peines!”
Merci egalement pour ce moment privilégié.
GROS BISOUS!!!!!!!!!!
Nath : Comme c’est gentil de me mettre un commentaire, merci!!!!!
J’ai vraiment passé un bon moment avec toi, je resterais des heures à te parler sans voir le temps s’écouler!!!! La première fois c’était avec Mme Bonnet, adorable cette petite mamie….
Tu as mis une très belle citation, merci!!!!
A bientôt, devant l’école!!
Gros bisous!