Ca sert à quoi? Personnellement, je sais “juste” pour le mien. C’est facile. J’ai jamais fait de thérapie. J’aurais dû… sans doute. Pour colmater mes plaies ouvertes. Pour assainir mon esprit. Pour ne pas remplir des pages virtuelles et mettre ma vie au grand jour….
Des fois je me dis qu’ici, on sait tout de moi, trop de moi. Je dis tout, cash. Sans embellir ni ternir. Du moins j’essaye. Car des fois je sens que notre vie de famille est idéalisée alors qu’elle est franchement simple, normale. C’est vous que vous lisez à travers moi, le savez-vous? L’amour qu’on se porte tous les cinq est universel. Donc évident, connu. Si on pousse n’importe quelle porte d’un foyer autour de chez moi, on aura la même schéma familial, le même amour, la même vie…. en gros je suis sûre que chez vous, c’est pareil que chez moi.
Ce blog me colle à la peau. je l’ai voulu ainsi. Quand j’étais plus jeune, je voulais écrire un livre. Un jour. Sur la petite Véro rescapée d’un père violent… sur ma petite revanche sur la vie, en fondant “ma” famille… Je voulais. Mais j’ai lu, pas mal. De vrais écrivains. Et j’ai senti que pour écrire un livre, il ne suffisait pas d’avoir une vie un peu plus rocambolesque que celle du voisin d’en face. Qu’il fallait plus que ça. Que je ne devais pas m’accrocher à l’idée d’intéresser qui que ce soit avec mon récit auto-biographique; Que je devais me vider de ce trop plein de mots qui grouillait dans ma tête, dans mes tripes, oui, mais autrement. Qu’il y avait urgence à tout sortir, là, quelque part. Vider mon sac. Jenfi a suggéré internet. Terrain inconnu pour moi qui me complaisais dans mon rôle de maman, de nounou. De femme ordinaire.
Ce blog est un peu le livre que je n’écrirai jamais. Il vibre au rythme de mon souffle. De mes joies, de mes peines. Il se nourrit de vos mots. Il me rend “belle” de l’intérieur. Mettre mon passé ici et voir que vous m’aimez, moi, la petite fille qui a espéré voir son père se vider de son sang un jour de juin 1978, c’est mieux qu’une thérapie. C’est une reconnaissance. Un sentiment libératoire. je ne suis plus une sale gamine qui a eu des idées atroces à l’âge de neuf ans. Digne d’être enfermée et examinée pour son esprit noir et tordu. Non. je ne suis pas celle-là. Grâce à vous, je le sais. Grâce à vous, je grandis.
Je ne suis pas virtuelle.. Je vis ma vie chaque jour. Comme vous. Je me lève le matin et j’attaque ma journée. Comme vous. Je lis plusieurs blogs. Vous venez à moi, je viens à vous. Je m’attache à vous. En moyenne, ce que je lis de vous est véridique . Parfois je ne sais même pas à “quoi” vous ressembler. peu importe. Je vous crée. De toutes pièces. Par exemple, je lis depuis longtemps le blog de mon amie du patio. Vous connaissez mon attachement pour elle. Mais je ne l’ai jamais vue en photo. Jamais. Pourtant quand je pense à elle, dans la journée, un visage est devant mes yeux. Il est sorti de mon imagination comme un patchwork composé à partir de chacun de ses billets. Un puzzle. Ses écrits me font ressentir des émotions qui se matérialisent en un visage… en une couleur de cheveux, de yeux… je suis certainement à côté de la plaque , je ne le sais pas. Mais l’impératrice du patio, dans mon esprit, elle a un visage. Elle existe.
C’est le même procédé pour l’exivrogne et la félée, mes amis, connus grâce à cette impératrice. Leur visage 3D est ce que je vois d’eux. Pour moi, ils sont à cette image. Je n’ai pas d’autre choix. J’ai assimilé le tout. La 3D, leurs textes. Quand je pense à eux, ils sont virtuels.
Le premier blog que j’ai présenté en tant que chroniqueuse dans le JT3D, était celui de Fanette. Je suis tombée sous le charme de cette écriture. Des incroyables récits de sa vie de jeune parisienne. J’adore Paris. Elle sait tellement bien le décrire. Fanette a pris l’apparence que Hugues lui a donné. Je n’ai pas eu d’effort d’imagination à faire pour la visualiser. Fanette est ce petit bout de femme si bien dessiné. Qui évolue. Me transporte, dans une vie de célibataire que j’aurais aimé avoir à Paris. Mais que je n’ai pas eue.
J’aime Fanette. Et peu importe qui elle est. Je vous aime vous. Et peu importe qui vous êtes, à quoi vous ressemblez. Peu importe si ce que je lis sur vos blogs est le résultat de votre imagination débordante et non votre vraie vie. Faites moi encore rêver. Moi, je ne sais pas inventer quelqu’un. Je ne sais écrire que ce que je ressens. Que celle que je suis. J’aimerais être une autre, oh que oui. Mais je ne sais pas le faire.
Le talent d’écriture et d’imagination dans vos blogs est devenu ma lecture quotidienne. Ne changez-rien. Vous êtes parfaits. Peu importe qui vous êtes vraiment….



Je viens de lire la plus sincère et la plus belle explication du “pourquoi bloguer”. Pour ce qui est de “Grâce à vous, je le sais. Grâce à vous, je grandis”, il y a matière pour toi à te regarder dans le miroir en le disant…!
Merci pour ce partage.
Si un jour je faisais un billet sur le pourquoi du comment, sûrement que ça s’approcherait beaucoup de tes mots
J’ai bien aimé votre explication du pourquoi.
Tu écris si bien, nous serons toujours là pour te lire!
Bises xxx
Bravo Véro de Bordeaux pour qui j’ai une affection particulière. Peut-être parce que j’ai le même nom que toi? Je ne sais pas. Peut-être parce que tu es juste très intègre et ça se sent! Et c’est pourquoi une émotion spéciale se dégage de ton blogue.
Véro du Québec XX
wow ! c’est vraiment beau ton texte Véro. Tu es tellement vraie, tellement sincère, tu me fais rire et pleurer. J’ai découvert ton blog sur le tard, mais je le lis tout le temps, même si je ne commente pas toujours. Une vraie perle.
Et tu sais, moi aussi j’aime imaginer ceux que je lis dans la vie de tous les jours. Ceux qui ont une famille comme moi et des enfants. Lire leurs aventures. C’est aussi comme ouvrir une porte sur soi. Laisser l’autre entrer dans notre petit train-train quotidien.
Malgré tout ce que tu as pu vivre, tu sais, tu as une belle âme ma chère …
Bisous xoxox
J’ai tout plein de billets en retard, trop de boulot, trop chaud, les yeux trop fatigués et la concentration à zéro depuis une semaine ou deux.
J’ai bien fait de lire ton billet le plus récent
Que d’émotions tu nous passes dans ce billet, surtout pour moi qui apprends à te connaître depuis très peu.
Moi je dis que quand on est sincères, le blog peut très bien servir de théraphie, à la carte.
Quand on se mets à composer un billet, en toute confiance, tellement qu’on peut se laisser aller au besoin du moment. On sait qu’on ne sera pas jugé et le fait d’écrire ce texte, précisément, nous fait un bien fou!
C’est ce qui m’arrive souvent et c’est ce qui me fait le plus de bien parfois, dans toute ma journée, ma semaine, mon mois…
L’essentiel de la vie tient au matin. Ou bien juste avant de dormir? Quand on décide de laisser le passé derrière et de construire un nouveau jour, à soi!
On dirait bien que t’as eu de la chance de ne pas subir-je dis bien subir- cette théraphie autrefois! Ils auraient pu te détruire irrémédiablement
en tout cas, ce blog qui te colle à la peau, moi j’aime le lire ! Et qui sait ? Tu l’écriras peut être un jour ce livre ??
De mon côté, mon blog est un complément de thérapie. Il me permets de reprendre confiance en moi, de me rendre compte que je ne suis pas qu’une maman, que je peux faire des choses bien en dehors de mes enfants.
Je prends plaisir à écrire, à partager et à faire du second degré sur ma vie de maman indigne !
Gros bisous Véro et continue !
Ton blog est magnifique, une grande qualité rédactionnelle et un style agréable à lire! Continue à nous écrire de belles lignes…
A+
Jenny
MERCI à vous tous pour vos gentils commentaires. si j’ai écrit ce billet sur “le blog”, c’était beaucoup en réaction au billet de mon amie Fanette. Peut-être que vous ne la lisez pas???… donc vous ne pouvez pas comprendre son coming out… Je suis très attachée à ce blog. Fanette a beaucoup influencé mon style d’écriture. Mon envie de bloguer. Et elle est mon amie. Sous n’importe quelle identité qu’elle choisisse d’écrire, j’aime beaucoup Fanette.
J’en ai dérivé sur vous, autres blogueurs que je lis, que j’aime, et dont j’invente le visage dans ma tête. Sur vous, mes lecteurs que j’invente aussi dans ma tête car souvent je ne connais pas votre visage. Vous n’avez pas forçément de blog non plus….
Bref l’magination est grande. Et je vois que malgré le fait que je n’invente rien, que je n’écris que ce que je vis, sans effort, vous semblez être porté… par ma vie….
Ca fait drôle… et terriblement chaud au coeur….
Ce blog a un an de vie…
Grâce à vous, il va continuer son chemin…
Je vous embrasse tous et toutes très fort….
Véro