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J’aime les plantes

Vous allez me dire, mais qu’est-ce qu’on s’en tape qu’elle aime les plantes, la Véro???!!! Tout le monde aime les plantes, voyons!!! tout-le-monde sans exception!!!!!!!!… non, faux, rectification illico-presto : ma mère n’aime pas les plantes. Aucune. intérieur-extérieur, beurk et re-beurk, elle dit ma mère. Alors j’ai grandi sans plantes. Aucune; Pas de jardin non plus, car j’ai vécu en immeuble jusqu’à mes trente ans. Citadine à fond. Le gris, je connaissais. Le vert j’en rêvais. Aujourd’hui, je répare le passé.

J’en veux pas à ma petite mère. Elle n’a pas “la main verte”. C’est son mot ça. Dans un sens, je veux bien la croire. Les deux fois où je lui ai offert des plantes, elles ont crevé un an après. Un mois après. Un jour après… dans la seconde où je les ai posés devant sa baie vitrée. Oh, j’exagère comme toujours. Un petit peu. Pourtant elles étaient en forme, mes plantes. Mes cannes chinoises (lucky bambous) avaient atteint une taille respectable; Pas autant que les miennes actuelles, mais presque. Elles les adoraient ma mère. Elles les regardaient à chaque fois qu’elle venait chez moi, s’extasiait. Lors de mon déménagement de Rouen au Havre, elles les a pris en pension. Elle a trouvé que ça faisait bien dans son salon, à côté de son bouddha assis en tailleur son son buffet. Je n’ai jamais voulu les reprendre…. De même, lors de mon déménagement du Havre pour Bordeaux, je lui ai donné en pension un bébé de mon schéflora. Une plante que j’ai depuis quinze ans, donnée par des nos témoins de mariage. J’y tiens fortement, à cette plante. Elle est très envahissante. J’ai dû la réduire de moitié en arrivant ici, dans cette maison de liliputiens. Elle touchait le plafond. Elle a donné beaucoup de jeunes pousses. Dont celle donnée à mes parents.

Ma mère n’a plus rien de vert chez elle, sauf en plastique. des fausses plantes. La pauvre, elles n’ont pas tenu le choc, les vraies, celles qui venaient de chez moi. Pourtant j’assure ne pas avoir la main plus “verte” qu’elle. Etre citadine jusqu’à mes trente ans, ça ne donne pas de pré-dispositions au jardinage, croyez-moi.

J’aime jardiner. J’adore ça. Flâner en jardinerie est une de mes occupations favorites (bravo!!! une heure que j’aurais pu passer chez le coiffeur, pff!!!!)…. ça me détend. Ca me calme. Ca me fait du bien. je dis toujours que j’y vais juste chercher une bricole. Mais j’ai du mal à me freiner. La vision de couleurs chatoyantes depuis mon salon, via ma porte fenêtre, me permet d’oublier le gris du ciel. Me donne la pêche, m’enchante. Ce matin, dans mon rikiki jardin,  mon petit Noé avait entrepris d’escalader la petite maison en plastique pour sauter à pieds joints sur les escargots qu’il avait placé au sol, à la queue leuleu (hum, ravissant comme jeu… du coup, je lui ai mis une vieille cabane à oiseaux près de la haie, avec un petit ramequin rempli d”eau, et j’ai nommé ça “la maison des escargots”… trop marre d’avoir des cadavres gluants plein ma terrasse… il était ravi… ça l’a occupé 15 mns)… du coup j’ai regardé l’état de mes plantes… contente et déçue du retard de floraison de mes hémérocales et de mes canas (j’adore ces fleurs)… j’ai regretté de ne pas avoir mis en terre plus tôt ma bignone qui s’éclate comme une folle le long de mon mur depuis deux mois qu’elle est plantée… j’ai pensé au bougainvillier que j’admire chaque année en Espagne et que je n’aurai jamais, car ici, ça crève. A moins de le rentrer l’hiver. Chose que je ne peux pas. Bref, j’ai fait ma bucolique. Et ça fait du bien. J’étais ressourcée, détendue.

Du coup je suis partie à pieds à l’école vers 11h30, pleine d’entrain. Avec mon Noé en poussette, car il a des ampoules au pied. Chaussures neuves obligent. Et puis y en avait pour une heure aller-retour. Ca aurait été cruel, pour son petit pied meurtri; Il a juste marché le temps qu’il a voulu. Le mardi, je n’ai jamais bébé Titi. C’est mon jour de repos d’avec lui. Noé est tout à moi. Il m’a cueilli des marguerites. Il a gambadé comme un fou. Il avait chaud, et moi aussi. J’ai lorgné les jardins depuis les trottoirs que je longeais. J’ai remarqué combien les rayons de soleil poussent à mettre le nez dehors, à ouvrir grand les fenêtres. Ca tondait, jardinait, préparait le barbecue. Un air de vacances en plein midi, en semaine. Une impression de légèreté, de vie qui s’écoule dans la douceur. Très agréable.

Quand je suis rentrée à la maison, Jenfi et Manon étaient revenues de l’hopital. Manon y était pour son suivi de prématurité. Suivi obligatoire. Nous avons mangé tranquillement, la fenêtre de cuisine ouverte, les odeurs de nourriture étaient partout dans la rue… ça ouvrait l’appétit.

A treize heures, début du JT national, nous sommes allés nous affaler sur le canapé, Jenfi et moi, pour prendre notre café devant Elise Lucet. Noé a foncé dans le jardin avec un quignon de pain, pour vérifier si sa famille escargot était toujours nichée dans sa cabane en bois. Il leur a donné du pain, de l’eau. J’ai souri et je me suis dit que je ne l’avais plus que pour un mois…chez moi… après il part en longues vacances avec ses parents et rentre à l’école en septembre. Petite boule dans la gorge… pincement au coeur.

Ce pincement s’est accentué quand j’ai entendu la première annonce du JT. Un accident à un passage à niveau. Encore un. Depuis Sabrina, je suis très sensible à ce genre de tragédie. beaucoup plus qu’avant. ca nous a touché de trop près. J’ai écouté le reportage. J’ai regardé Jenfi. J’ai pensé à ma collégienne à moi. Ma Julie. Ma blondinette pleine de vie.

C’est moche la vie. Une heure avant, je m’extasiais devant la beauté des jardins, la couleur flamboyante des roses rouges, le ciel bleu, l’air limpide… j’étais bien. Là, mon café passait de travers et j’avais qu’une chose en tête “Comment va la maman de Sabrina, six mois après le drame???… je ne le sais même pas…. comment va t-elle accueillir ce type de tragédie, un peu trop proche de la sienne?… combien de morts va t-il falloir pour qu’on règle ce problème de passages à niveaux????… hein, combien????….”

Des fleurs, il y en aura beaucoup sur les tombes de ces 7 jeunes victimes. Des fleurs, j’espère qu’il y en a plein sur le souvenir de Sabrina. Ca apaise les fleurs. ca fait du bien. Là où ça fait mal…

Truc de nana

Cette semaine je me suis amusée à traîner un peu plus que d’habitude sur des blogs 100% féminin. Amusée est un bien grand mot car en fait je me sens vraiment comme une vieille chaussette quand je vois le mal que se donnent certaines jeunes femmes pour être au top niveau (car elles le sont, je vous assure). Je suis proche de la quarantaine, vous le savez. Donc je suis un peu larguée. Je suis à un âge où on hésite à se mettre en jean et converses, cheveux au vent, tout simplement parce que faut savoir vieillir et être raccord avec sa génération. De maman quadragénaire. En même temps le petit pantalon beige en lin bien repassé, la petite liquette blanche, le brushing impeccable, c’est pas encore pour moi. Et ça risque de ne jamais l’être. C’est comme ça. je n’ai jamais rien fait comme tout le monde. Faut le savoir.

Flâner sur leurs blogs a été un vrai bonheur et un vrai calvaire à la fois. Bonheur parce que c’est frais, joyeux, beau, jeune, ça sent bon le soleil et le sable chaud… calvaire parce que je me croyais presque chez ma dentiste (ouille j’y vais ce soir!!!) à feuilleter le magazine “Elle” et à me dire que franchement, j’suis une vraie plouc, Je ne connais aucune des marques citées page après page (boudiou y en a des enseignes dans ce bidule!!!), je suis toujours au même poids début juin que celui affiché après les orgies de Noël (et je m’en fous c’est ça le pire!!!) et je n’ai absolument rien fait pour préparer ma peau au soleil de juillet (nan, c’est mieux d’être une écrevisse!!!!)… j’suis vraiment une nulle. Vraiment, je ne fais rien comme tout le monde.

Je ferais peut-être mieux, de faire comme tout le monde. Si. Ca m’éviterait d’avoir déjà un pied dans la quarantaine alors que j’ai encore un an de répit;  J’ai pas mal cogité suite à cette lecture 100% filles-qui-prennent-soin-d’elles. Oui, pas mal (5 mns) en desherbant hier après-midi. j’ai réfléchi (qu’est-ce que vous voulez faire en desherbant à part penser à des futilités, hein????!!!). J’avais les mains noires de terre. Mes gants de jardinage étaient troués j’avais donc les ongles crasseux et cassés… je me suis dit “Ah bah bravo, très féminin tout ça… tu pourrais pas faire un effort non??!!! Genre… acheter des gants neufs!!!”… je suis rentrée dans la maison avec la ferme intention d’en parler à mon homme. De tâter le terrain, côté je-prends-jamais-soin-de-moi-ça-te-gêne-ou-pas-chéri????. Bon c’est sûr, lui demander “Est-ce que tu crois que je devrais m’épiler les sourcils, Jenfi???” alors qu’il est assis devant son ordi complètement absorbé par ce qu’il fait, ça donne, avec un temps de décalage “hein, tu me disais quoi, véro? Tu veux griller des saucisses??… ce soir??? au barbecue??”…. hum, dors chéri, dors… on abordera le sujet une autre fois…

Sur ce, je suis allée faire mon repassage. C’est bien ça, pour remonter le moral. Comme ça je peux faire l’inventaire de ce que je me mets sur le poil, là, en direct depuis ma corbeille de linge. Aucune vraie marque. Nada. que dalle. Que du supermarché/cache-cache/Mim/Xanaca…. et encore, on les compte sur les doigts d’une main, les tuniques Xanaca… J’ai bien tenté de rentrer dans le H&M de la rue piétonne à Bordeaux, une fois, comme ça, en suivant bêtement la foule… enfin surtout ma fille aînée. Mais j’ai rien vu en rapport avec la pub télé que j’avais aperçu, un soir, entre le jT et la météo. Je ne comprends pas moi. C’est toujours chouette à la télé, sur une affiche ou sur papier glacé, et pis, en vrai, là, un pied dans le magasin, bah il fait méga chaud, la musique est super forte, les fringues sont partout sauf sur les cintres… et ça se bouscule. Donc je n’ai qu’une envie, partir!!! vite!!! une vendeuse se risque bien des fois à me dire “Vous cherchez quelque chose , madame????”…. “oui, la sor-tie!!!!!!!!!!!!”…. je ne suis pas faite pour ça. Je le sais. J’y comprends rien. Je dois pas être une vraie fille.

Si je m’attarde dans ma jeunesse (l’Antiquité!), ce n’est pas un fait nouveau, cette paresse du shopping. J’ai toujours fui les magasins de fringues, Les vrais, les purs, les durs. Par contre, je traînais longtemps dans les Fnac, les Virgin. Ca n’a jamais été un problème. Bizarre? Pour ce qui est du coiffeur, de l’esthéticienne et du reste qui va avec (???), même problème. Rien à battre. Cheveux longs à vie. Frange coupée par mes soins. Coloration maison. Aucun soins du visage et pilosité rectifiée par les moyens archaïques traditionnels (rasoir…)…

Oh j’ai bien essayé, de faire un effort. Si. la première fois chez le coiffeur, vous le savez, je l’ai déjà montré, j’avais une touffe pas possible, à ne plus pouvoir passer la tête dans l’encadrement d’une porte. C’était pour faire un test de coiffure pour mon mariage. heureusement que je ne me suis pas pointée à la mairie avec cette “choucroute”. Pour les soins du visage, j’en ai fait un, une fois, chez l’esthéticienne. J’ai eu de la vapeur plein la tronche, une nana qui m’a charcuté le pif avec acharnement et une violente réaction le lendemain, type herpès autour des lèvres et du nez. Gratinée la réaction; Au lycée, on m’a demandé si j’avais embrassé un poulpe. Tellement j’étais rouge et boursouflée. Sympa. je ne suis jamais retournée faire un “nettoyage de peau” (décapage???), jamais… Pour les poils, j’ai voulu être moderne. j’ai testé les bandes de cire. Grave erreur. J’ai pris des trucs à faire chez soi. ce qui veut dire avec l’aide de Jenfi (en général) car j’ai un peu de mal avec les notices d’utilisation. Un peu la flemme de les lire surtout. J’ai collé le machin, bien en haut de la cuisse, et je lui ai dit, à Jenfi :  ”Quand je te le dis, tu tires, franco, ok?”… Mamamia. Quelle folle. Pourquoi j’ai demandé ça à mon homme, hein? Lui qui vous arrache un pansement comme il décolle du papier peint??? hein, pourquoi???? J’ai bien cru y laisser mon fémur ce jour-là. J’ai hurlé comme une malade. Contre cette connerie de cire et contre mon petit mari si doux qui ne m’avait pas dit “allez j’y vais, t’es prête???!”… histoire de me préparer mentalement. J’ai tout balancé à la poubelle. et j’ai repris mon rasoir. Car oui, les poils étaient encore sains et saufs.

C’est dur d’être une fille. Une vraie. Moi je ne peux pas me soumettre aux règles du parfaitement correct chez une femme. je n’y arrive pas. J’aimerais bien, croyez-pas. Lire ces blogs a été un vrai régal surréaliste. J’envie beaucoup ces jeunes femmes qui ne laissent rien au hasard. Je leur dis chapeau…. moi, je ne leur arrive pas au petit doigt de pied…

…Et puis tant que mon mari me répondra qu’il veut bien me griller des saucisses au barbecue quand je lui parle de la pilosité de mes sourcils, hein… y aura pas péril en la demeure!!!!…

Sur ces mots, je vais remplir mon lave-vaisselle (c’est féminin ça, non?)…. Ah oui, pour le festival country, on y est allé, et voir Indi 4 aussi… pour le compte-rendu du week-end, c’est chez mon homme, juste ici… 

Ambiance “country”

Je vous le disais à la fin du billet précédent, ce week-end, nous devons nous rendre au festival country de Casteljaloux. C’est à une bonne heure d’ici. C’est une petite ville mignonne, thermale. Où beaucoup d’évènements ont lieu. J’aime bien ce coin. C’est dans le Lot et Garonne, le département voisin. Le fief de mon jenfi. Bref le 47, j’aime.

Qui dit festival country dit stands divers, buvettes, démonstrations de danse, possibilité de se ramasser grave en chevauchant un truc mécanique de la mort-qui-tue,  odeur de frites et de saucisses, risque de croiser le clone de lui… bref, je ne vous fais pas un dessin. Vous savez.

Pourquoi pas? Moi j’aime bien la country. Vous n’êtes pas sans savoir que ma chanteuse de prédilection, c’est Kate Bush, mais j’en ai une autre aussi, dont j’ai tous les albums; C’est Shania Twain. A ce sujet, si je devais être rousse (car depuis quelques temps, suite à l’entrée dans notre vie de cette plantureuse chroniqueuse, mon mari aimerait me voir rousse… je cogite, je me tâte)…. ce serait dans ce style là… je dis bien dans le ’style”… je tiens à préciser que ma ressemblance physique avec Shania ne se retrouvera que dans la chevelure. Pas ailleurs. A mon grand desespoir. Nan. Je suis lucide, pas complexée!

Donc j’aime cette musique country là. Celle de Shania. Je m’éclate aux mariages sur Cotton eyed joe… je danse au parc Walibi l’été quand ils invitent l’école de danse de Mirande. Bref je suis participative.

Mais là, il pleut. Si, je le prouve même, ici (nan, c’est pas un montage! C’est de la vraie pluie et c’est la vraie Véro)… Odile (la cousine de mon homme) ne pourra pas dire que je fais ma chochotte. Non. Un festival là-dessous, ça le fait pas. Mais pas du tout.

Du coup on va se rabattre sur une activité à l’abri. Les filles ont trouvé ce qui serait super génial de faire, demain, vu qu’il pleut. Indi 4 est sorti au ciné. Trop bien. Les pop corn, le fauteuil douillet, le grand écran. Un petit arrêt au Ikea du coin pour mémère Véro et tout le monde sera ravi. Ouais.

“T’en fais pas Odile, c’est un plan B. Je te promets que si il fait beau, c’est à Casteljaloux qu’on sera.”

 ”Promis-juré-craché !!!!”
 

oiseau de paradis

C’est ce que nous sommes, nous les heureux chroniqueurs du Jt de l’exivrogne et de la Félée. Si si, ce sont bien nos bouilles de Jenfi et Véro. Rien à redire, c’est bluffant. Nos voix sont les originales, nos yeux clignotent, nos lèvres bougent… allez vérifier par vous-mêmes, c’est ici!!!

J’aime bien commencer le vendredi matin par un petit JT bien ficelé (admirative la Véro). Ca me donne des ailes (je vole bien dans ce JT!!). le soleil brille (miracle!), les oiseaux chantent (thérapeutique). Les filles se sont levées du bon pied (jouissif au possible). Mes loulous en garde sont calins et je me régale (ils sont attendrissants). Même si leur refiler mes microbes n’est pas l’idée du siècle, je vous l’accorde (inconsciente la nounou!). Jenfi ne travaille que ce matin et je suis ravie rien qu’à l’idée de le scotcher cet après-midi avec une ferme intention de le gonfler un maximum (en a-t-il vraiment besoin?) côté jardinage (chiante moi????)… il va regretter d’être à la maison, je le sens bien… bref je reprends du poil de la bête. Tout va bien. C’est bon signe.(j’arrête ma petite voix intérieure, ça suffit là!!!)

Les filles sont en forme. Les petites du moins (Manon va encore hurler de voir que je la mets dans la case “petite”… elle lit des fois mon blog depuis son ordi, faut que je fasse gaffe)… Julie a ses trucs (ragnagnas, SPM, bidules mensuels, vous avez compris je crois)… donc elle a envie de vomir, le teint gris, le besoin de marcher voûtée pour être soulagée, de faire carpette et de maudire la terre entière d’être une fille… je l’ai bourrée de médicaments. Mais je crains le pire. Je l’ai amenée au collège ce matin, le soleil dans l’oeil, la radio en fond sonore, les cheveux en bataille. Muette la cocotte, pas un mot à sa mère. Il n’y a pas d’infirmière au collège aujourd’hui. Elle a juste une permanence le jeudi. Alors les autres jours, les collégiens n’ont pas le droit d’être souffrants. Je lui ai dit “Tu vas réussir à faire ta journée, t’es sûre???”… “Mouais, faudra bien”…. “Tu finis à 17h???”… “Mouais..”… “Si ça va pas bien, dis-le aux profs ils vont m’appeler pour venir te chercher?”… “Non, il faut vomir pour qu’on vous appelle…”…
Alors reste à savoir si elle va vomir, en plein cours. Chose qui la mettra en rogne car elle déteste se donner en spectacle. Surtout dans de telles coniditions. Elle est capable de maintenir son malaise au plus porfond d’elle-même. Je la connais. On verra bien, si le téléphone sonne. Même si j’(avoue qu’il marche mal. La batterie est fichue. Donc des fois, ça sonne, mais ça coupe. Pas cool. Encore un truc que Jenfi va éventrer cet après-midi, avec un râlement et un soupir. Classique.

L’ambiance était meilleure quand j’ai amené Zoé et Manon à l’école. Pas de bobos, juste des rires. Faut dire qu’on avait en exclu à la radio une chanson un peu décalée qui a valu des réfexions de Zoé “Oh t’entends ce qu’il dit maman?? il touche les fesses d’une fille, ahah!!!!”… oui, j’entends…. ça m’a rappelé Julie quand elle était petite, vers ses deux ans. Elle se trémoussait tout le temps sur ça. C’était fou, elle adorait. On cotoyait beaucoup d’amis postiers créoles. Elle nous suivait partout. On a assisté à beaucoup de fêtes, avec des collègues de la Réunion, de la Martinique… des gens adorables, formidables. Je pense encore souvent à eux.

Voilà, ce vendredi démarre sur une note créole, joyeuse. C’est chouette, ça fait du bien. J’aimerais tant être ailleurs en ce moment, en Guadeloupe, en Martinique, aux Canaries… j’ai des moments comme ça. Ca doit être dû à une conversation tenue samedi dernier, lors de la dégustation de la paëlla, avec un voisin de nos amis. Il a vécu à Mayotte. Jenfi et moi, on a refusé cette mutation il y a cinq ans. Sûrs de ne rien rater, de bien faire. Il nous a dit : “Mais vous avez loupé la chance de votre vie là????”… ca m’a mise en mode “si j’avais su”. On fait des choix, on les assume. On était certain de bien faire. Il m’a mis le doute. Donc voilà, je suis d’humeur plage de sable-palmiers-soleil-samosas-riz-rougail-avion-maillot de bains-chapeau de paille-tongs…. tout en vrac. J’suis comme ça. Très fouillie dans ma tête.

Allez bon week-end à tous. Pour nous c’est le festival country à Casteljaloux… Odile et son mari y tiennent un stand. si le temps le permet!!!

24h

telephone

Certains vont croire que j’ai oublié le mot “chrono”… dans l’attente fébrile d’un billet sur Jack Bauer… et sa série culte que je ne regarde malheureusement pas (enfin plus, j’ai vu qu’une saison, autant dire que je n’ai rien vu!!!)… Non je voulais juste dire que 24h c’est trop peu. J’ai le temps de rien en ce moment. Je survole les blogs que je lis d’habitude (vous m’avez vue passer au dessus, là, de vos blogs?)… je néglige le mien (ça ne lui fait pas de mal, il digère les gros billets que je lui inflige d’habitude)… je suis un vrai courant d’air, je vais, je viens… trajets école/collège, enfants à garder, popotte (je me suis remise à mieux cuisiner, j’étais en manque), ménage (y en avait besoin, y en a encore besoin… j’arrive pas à faire mes vitres… en ce moment le soir, un jour sur deux, un méga orage s’abat sur ma petite commune, inonde les sous-sols voisins, transforme les rues en longues rivières, trouent les feuilles des plantes émergeantes… les fleurs, on ne sait plus ce que c’est… “les quoi???? On a planté des trucs chéri??? ah ouais, bah ça a servi à rien.. tout est fichu”…)… à cela se rajoute des rendez-vous de kiné, d’ostéo, de dentiste, d’orthodendiste, de neurologue… les réunions scolaires s’affichent dans les carnets de correspondance de Zoé et Manon “Voulez-vous voir ce qu’on a filmé pendant la classe de neige? pendant la classe verte?????”… un peu oui!!!! … arrivent aussi les petites pièces de théâtre apprises par nos chères fillettes… grandes soirées spectacle sous le préau de l’école, tous bien alignés sur nos chaises, à répéter en coeur les phrases mémorisées chaque semaine depuis six mois par nos enfants (je connais les répliques autant que Zoé!!!)… bref 24h, c’est pas assez… je veux plus….

Je ne dors que 6h par nuit; C’est une catastrophe quand on connait mon quota de sommeil habituel. Du coup mon énergie s’en ressent, si on considère que je suis énergique en temps normal. Faut croire que oui: mon frère me surnomme Speedy Gonzales… ouais… il paraît que je n’arrête jamais, en journée. j’en ai pas l’impression mais bon. Pourquoi pas. Ces jours-ci, Speedy gonzales est ramollo du bulbe (molle du cerveau si vous préférez…). Speedy Gonzales, elle mouche, elle a mal à la gorge et elle commence à en avoir marre de ce virus qui consiste à avoir mal au bide, à enlever l’appétit, à irriter la gorge et à faire éternuer toutes les cinq minutes (éternuer en conduisant c’est très chiant… ce matin j’ai failli m’assommer avec le volant… de mieux en mieux… ça aurait fait bien d’arriver à l’école avec une bosse de la taille d’un ”oeuf” sur le front!!??…)… vraiment j’en ai marre… ça fait trois mois que ce virus passe de corps en corps (7 corps avec les petits que je garde, c’est pas mal)… et quand on finit à un bout de la chaîne, on reprend à l’autre bout… Jenfi dit que c’est de la faute aux antibiotiques. On nous en file plus. Alors ça traine: C’est vrai qu’il faut être à l’article de la mort pour en avoir de prescrit. Reste à savoir si ça joue vraiment. Je ne sais pas. Mais ça me gave. L’hiver prochain, je fais le vaccin contre la grippe… je vermifuge toute la famille dès l’automne (cette année, je l’ai fait en janvier, trop tardivement, grave erreur)… et je me roule par terre chez mon médecin s’il ne me remet pas sur pieds en deux jours… le voilà prévenu.

A ce survol général de mon quotidien s’ajoute la facheuse tendance de tout le monde à me téléphoner plus que d’habitude. Je ne suis pas contre. Mais pas tous en même temps, c’est mieux. Ma petite mère a le pompon, le number one du palmarès. C’est elle qui m’appelle le plus, dernièrement. Elle est en forme. Elle se sent mieux avec l’arrivée des beaux jours (oui parce qu’il fait beau en Normandie et moche en Gironde, c’est le monde à l’envers!)…  donc elle a besoin de me le dire.

J’aime ma mère, vous le savez. Mais c’est une sacrée personnalité ma maman. Faut le savoir. Elle a un amour inconsidéré pour mon frère et moi qui lui autorise tout. Qui lui permet tout. Elle a un peu perdu la main mise sur moi depuis mon exil à Bordeaux. Elle ne manque pas de me le faire comprendre. Régulièrement. Des fois c’est de façon douce-amère, par des réflexions… je rebondis, j’encaisse… des fois c’est de façon dure-tragique… je pleure, je m’effondre… elle peut faire du simple au double… le pire a été la fois où elle m’a appelée de chez elle, en mai 2006, complètement déprimée… c’était encore à l’approche de la fête des mères et elle vivait mal mon absence, mon repli ici… elle a pris son appareil téléphonique et m’a juste dit “j’en ai assez, je voulais te dire que j’ai avalé toute ma boîte de médicaments contre mon cholestérol, là, y a cinq minutes…”… je me suis mise à hurler depuis chez moi, à lui demander comment elle pouvait m’appeler pour me dire une telle chose, à des kilomètres de là… alors que j’étais impuissante, aux pieds du mur… à lui dire de ne pas raccrocher et que j’appelais le SAMU du Havre, de suite… j’étais très mal…

Elle avait fait du chantage. elle n’avait rien pris. Mais ça avait eu son impact sur moi. J’ai mis une semaine à m’en remettre.

Elle ne va plus jusque là. Plus maintenant. Heureusement. Elle s’y prend autrement.

Elle m’a appelée samedi dernier, sur mon téléphone portable, en plein midi… alors que j’étais invitée à la fameuse paella… en train de marcher sous la pluie, vers la maison de mon ami, avec tous les convives. Pour arriver en fanfare.

Ma maman : “C’est toi qui m’appelle et qui raccroche au nez????”

Moi, dehors, trempée, avec les autres invités : “Non maman, c’est pas moi.”

Ma maman : “Bah alors c’est qui???”

Moi “Je ne sais pas. Je ne suis pas à la maison, maman, je suis chez des amis, tu sais….”

je lui avais parlé de cette invitation. Mais elle a oublié. J’ai dû tout lui rexpliquer.

Ce dimanche matin, 9h30… Moi tout juste réveillée et Zoé en plein spasme dû à son encoprésie. Le téléphone sonne.

Ma maman : “Coucou c’est maman!!!!!!!!!!!!”

Moi : “Coucou maman…”

Ma maman “Oh t’as une petite voix, ça va pas?

Moi : “Non, je me réveille c’est pour ça…”

Ma maman : “Oh tu faisais la grasse matinée???????? les filles ne sont pas déjà debout?”

Moi : “Non, on s’est couché tard hier soir…”

Ma maman : “Ah bon vous étiez invités???? où????”

Je n’ai pas préféré développer. Je lui avais dit pour cette journée paëlla, elle avait appelé en plein midi la veille, rappelez-vous, alors que j’étais chez les amis en question. On est passé au vrai sujet de son coup de fil “la fête des mères”… c’était voulu… des fois que je l’oublie…

Mardi soir, j’ai eu deux appels entre 18h et 20h qui ont monopolisé ma ligne. Mon frère et ma belle-soeur. Bref une heure trente de bloquée. Pas grave. Ca fait du bien de leur parler. Sauf que ma mère a tenté d’appeler à cette même heure aussi. sans succès… puisqu’on était en ligne. Déjà.

Le lendemain matin, mercredi, 9h15, alors que je suis en train d’accueillir bébé Titi avec sa maman… le téléphone sonne. Zoé décroche et n’entend rien. Elle raccroche.

Je pars à la boulangerie vers 10h avec bébé Titi et Zoé. Beau soleil, belle promenade. je reviens, message sur mon répondeur, de ma mère. Bien sûr.

Ma maman disait : “Bon là je suis inquiète. J’ai appelé hier soir, ça ne répondait pas; ce matin non plus. Ca fait quatre fois que je téléphone!!!!!!!!!!!… c’est pas normal, je dois pouvoir te joindre quand je le souhaite. Va falloir voir ça!!!!”

Bref j’ai senti que j’allais me faire sonner les cloches… je la connais trop bien. J’ai rappelé et elle était sortie. J’ai eu mon papa-bis. Très gentil, très compréhensif. Toujours. Puis ma mère a déboulé et a pris d’assaut le combiné.

Ma maman : “Ah bah c’est pas trop tôt!!!!!!!!!! je me suis inquiétée, j’ai mal dormi, tout va bien!????????????”

Moi  : “Mais oui bien sûr!!! On a juste été appelé hier soir, donc ça sonnait occupé non?”

Ma maman, un peu en rage : “Oui ça me disait rappeler plus tard, votre interlocuteur est en ligne!!!!!!!!!”

Moi : “Normal, j’étais en ligne. mais tout va bien, t’en fais pas. Et toi?”

Ma maman, persévérante : “Tout va très bien. je voulais te dire comment c’était passé notre dimanche de fête des mères. Te donner des nouvelles de ta grand-mère.  J’ai appelé ce matin, tu décroches plus  ou quoi????”

Moi : “Tu as appelé quand j’étais avec la maman du bébé que je garde… je ne pouvais pas répondre.”

Ma maman : “Qui ça? le quoi???”

Bref j’ai failli imploser. Ma mère ne sait toujours pas quand je travaille, de quelle façon, combien d’enfants je garde. elle ne sait pas que je ne peux pas planter les parents qui déposent leur enfant chez moi pour bavarder au téléphone avec elle. Elle ne sait pas que le soir, je peux être appelée par d’autres personnes et du coup être injoignables. Elle ne sait pas que je peux parler au téléphone mais un petit peu, pas longtemps, comme hier mercredi, quand je l’ai rappelé en plein midi. Car j’ai un bébé à nourrir, à surveiller. ma fille aînée à aller récupérer au collège, le repas à servir… la sieste du petit à mettre en route. Non. elle ne voit pas de quoi je parle.

Ma mère, je l’aime. Ca n’a rien à voir. Elle a eu un AVC. je ne sais pas si on peut lui attribuer la totalité de ses sautes d’humeur, de ses oublis, de ses déprimes, de ses chantages affectifs…

Je ne sais plus. J’essaye d’être zen, de ne pas me rendre malade avec ça.

J’essaye. Il faut vraiment que mes journées rallongent, pour lui permettre de me joindre quand elle le souhaite; Je ne sais pas comment satisfaire tout le monde. En tout cas, je suis un peu à plat quand je la sens si perturbée par le fait que je ne sois pas disponible.. Hier elle a fini par me dire que mon travail devait me stresser. Que c’était impossible d’avoir des journées où on ne peut pas prendre 30min pour discuter au téléphone. Qu’elle ne comprenait pas.

Du coup je me demande comment font les mamans qui ont comme moi cinq enfants de 13, 11, 8, 3 ans et 6 mois à gérer en journée… si elles ont le temps de se prélasser au téléphone…

Je me demande, juste comme ça.  

Je me traîne…

Je me rends compte que je vieillis. Un samedi à manger comme une goinfre, à oser boire un punch (j’avais la tête qui tournait au bout deux gorgées, pfff… à croire que j’avais l’air saoûle car quelqu’un est venu me mettre des fruits dans le gobelet… plein… car j’avais pratiquement que du jus… ce quelqu’un m’a dit ”tiens ça va t’aider à le faire passer”… très prévenant ce quelqu’un… y a des gens bien)… le soir j’ai pas bu d’apéro, trop consciente que je ne supporte pas l’alcool. Oui je sais ça fait “fillette” de dire ça. Je vous vois venir avec vos gros sabots, si si, comme dans ce sketch de Florence Foresti qui se fiche des gonzesses qui sont pompettes au bout d’une gorgée… bah oui je suis comme ça, pompette en deux secondes… j’y peux rien. J’suis une petite nature. Et une hermétique aussi, à ce genre de liquide. Des fois je dis “non, juste un coca”, mais ça vexe. Faut que j’aprenne à vexer les gens.

J’ai trop mangé. Hier j’étais pas bien. Moi dès que je fais des excès, je le paye le jour d’après. Je dois faire de la diète. Jenfi dit que c’est cool. Que je ne risque pas de prendre trois tonnes. Ouais, façon de voir les choses. J’en ai quand même un peu marre de m’enfiler des maalox ou du citrate de bétaîne pour digérer. Mais bon, je suis gourmande. je sais que je vais la payer, ma gourmandise, 24h après; Mais je mange quand même. Comme une truie. Véridique.

Donc je traîne ma carcasse. En plus il pleut, rien de tel qui m’énerve. J’avais envisagé de mettre le nez dehors pendant les siestes des petits. Prendre l’air sur la terrasse. Tu repasseras demain, ma cocotte. va devant ton ordi lire tes blogs et arrête ta crise de plein air…. ça c’est ma conscience qui parle. Elle est toujours directe avec moi.

Hier j’ai eu un dimanche qui a passé à une allure folle et ça m’a énervée. Déjà, me lever à 9h45 ça m’a fait râler. Ca bouffait trop sur ma matinée. J’ai plus l’habitude, de traîner au lit le matin. Donc là, c’était trop… mais bon. je vieillis, je vous disais. Me coucher à 2H30 du mat, ça me flingue le dynamisme. J’avais l’impression d’avoir un ballon gonflé dans le bide. Charmant. Ca commençait bien.

S’il n’y avait que moi, je serais restée en loque (pyj) toute la journée. Même pas coiffée, maquillée… rien. Grosse flemme. Mais Zoé était invitée à un anniversaire à la patinoire l’après-midi même. Je devais me secouer le poil. Elle s’est levée avec 39 de fièvre et une tête cadavérique. je l’ai doppée de médicaments. elle n’a pas pu faire les trois heures de patinage prévues mais une seule… car elle ne tenait pas trop sur ses jambes.

Vous me direz, tenir sur ses jambes quand c’est la première fois qu’on met des patins à glace, c’est pas possible avec ou sans fièvre. Donc c’était pas bien grave. Mais tout de même. Elle a été surprise, par la sensation découverte sur la glace. J’ai vu que c’était pas du tout acquis pour elle. Ses petits copains et copines qui étaient là-bas depuis deux heures s’en sortaient drôlement bien. Ca lui a mis la haine et l’envie en même temps. Elle s’est accrochée à son copain et ils sont partis bras dessus-bras dessous. Trop mignons. Moi je suis restée sur le bord, accoudée à les regarder… avec le papa de celui qui fêtait son anniversaire. Le fameux papa de Yoyo, que je connais bien. Jenfi a entrepris un état des lieux, une ronde… il a disparu dans le complexe sportif à la recherche de tarifs et de je ne sais quoi… j’ai l’habitude. Jenfi fait toujours un tour d’horizon partout où il va… classique;

La musique était bien. Elle donnait envie de patiner. J’ai entendu ça et du haut de mes talons de nunuche que je mets le dimanche pour avoir l’air moins masculine qu’en semaine, je me suis mise à suivre le rythme.

La papa de Yoyo, accoudé près de moi : “Te gêne pas, va chercher des patins et rejoins-les!!!”

Moi : “T’as plein d’humour, toi, j’ai pas de chaussettes!!! J’suis pieds nus dans mes godasses!”

Le papa de Yoyo : “Pas grave ça… allez, fais pas ta dégonflée!”

J’ai vu passer devant nous un type grisonnant, svelte, à fond sur ses patins. On aurait dit qu’il avait patiné toute sa vie. Trop fort. Aérien presque.

Sans aucun complexe j’ai dit : “Non sans chaussettes, ça fait mal aux pieds… pis de toute façon, je patine comme le mec là, je veux pas te donner de complexes!!!”

J’sais pas pourquoi il m’a dit “Bien sûr!!”

Je lui ai dit que, sans rire, il faudrait que je m’y risque, avec les filles. Julie nous réclame cette sortie patinoire depuis des mois, sans succès. Manon a pris contact avec le ski en avril et semble moins effrayée par l’idée. Zoé a été emballée par sa première approche…. bref. Y qu’à… Je vous avoue, j’ai un peu peur. Si je me prends une chute bien en arrière, bien à plat sur le dos, du genre les bras en croix et les jambes écartées, je ne me relève pas. Mais alors pas du tout. Et ça veut dire dos coincé, sermon du kiné et du docteur, arrêt de travail avec risque de mettre les parents des petits que je garde dans l’embarras… bref, j’ai une petite réticence là. Une appréhension aussi.

Mais ça me tente bien. Je vais voir, réfléchir. Il faudrait qu’on soit peu nombreux sur la glace pour que je ne risque pas de me faire bousculer… ah la mémère….

C’est bien quand les enfants grandissent. ca vous décharge des petites aides à la douche, au brossage de cheveux… ils s’occupent seuls, vous laissent du temps pour vous… non vraiment, ça libère. Par contre, ça vous renvoie votre vieillesse osseuse et votre souplesse disparue en pleine face. Ils sont plein d’énergie. On va à la patinoire??? On va à accrobranches??? on va à la piscine à toboggans????… c’est sûr, c’est chouette de partager ça avec eux. Mais ça demande une forme olympique et aucune peur de rien. Chose que je n’ai pas en stock. Vraiment pas.

Je me traîne, je vous dis. j’suis fatiguée avant d’avoir essayé. C’est pas très marrant, une maman qui n’ose pas, de peur de… je dois me secouer… surtout quand je lis ceci… ça me donne des ailes et l’envie de faire abstraction de mon âge et de mon hernie discale qui me fait mal. Comme hier. Avec cette pluie, cette humidité. J’étais bloquée. Raide. J’avais juste envie d’un truc : qu’on me claque une porte dans le dos pour me remettre droite comme un piquet!!!!… J’ai pas le droit de vieillir avant l’âge. Faut que je passe au dessus de mes douleurs.

C’est décidé, je vais ressortir mes patins de la boîte à chaussures qui les contient depuis vingt cinq ans… je ne sais même pas où ils sont… enfouis… sous un truc, dans mon garage. Zoé veut les voir. Elle ne me croit pas quand je lui ai dit hier que j’ai su patiner… un jour…

Les enfants ne nous imaginent pas jeunes, enfants… pour eux, on est que des mamans et des papas..

Finalement, c’est bien comme ça…

Le Gala

La fête d’hier s’est bien passée. Bonne bouffe, bon vin, belle déco, beau gateau… plein de bon temps à papoter assise sur le coin d’une table avec un café, à s’avouer qu’on regrette de ne jamais prendre le temps de se voir assez… à bafouiller en se prenant la main qu’il faut avoir l’énergie suffisante d’arrêter la machine infernale du quotidien…à se sentir bien en marchant dans l’herbe du jardin avec mon Jenfi… là, à l’ombre sous le vinaigrier… à regarder les enfants se rouler dans la pelouse et reveniir les genoux tout verts… les joues bien rouges… et le sourire jusqu’aux oreilles…

J’ai quitté cette fête à deux heures du matin. J’ai conduit, de nuit, sur une rocade presque déserte. Je suis celle qui ne boit pas. J’ai regardé mes filles endormies, sur la banquette à l’arrière, la tête basculée, la bouche ouverte, les cheveux collés au visage. J’ai écouté mon Jenfi me dire “va tout droit, tourne là”, avec une voix cassée dûe au fait qu’il avait regardé en soirée la coupe d’Europe de rugby avec les joyeux lurons de la fête, avec une bonne bière, juste bon à râler, à chanter, à blaguer… alors que les femmes s’extasiaient devant les fleurs… si belles, si colorées… tataient l’eau de la piscine, s’allongeaient dans l’herbe…

J’ai un travail à domicile, une vie simple repliée sur moi-même, une timidité affichée. Hier, je me baladais avec mon verre à la main, auprès des convives… ceux que je connaissais déjà ont été adorables, j’ai apprécié de les revoir, de manger à leurs côtés, de prendre de leurs nouvelles… j’ai souri beaucoup aux autres, j’ai écouté plus que je ne suis intervenue. J’ai eu du mal à regarder tout le monde dans les yeux quand mon ami m’a présentée pendant le tour de table qu’il avait entrepris de faire… me demandant de me mettre debout, me prenant par les épaules, m’annonçant comme étant la petite postière de 21 ans qui avait déboulé dans le bureau où il travaillait depuis deux ans, un matin de novembre 1991… l’amie de toujours… la marraine de son fils… j’ai été émue… très émue… j’ai du mal avec l’affection… je la recherche, je la chéris… mais elle me submerge…

A minuit, alors que nous en étions au dessert, tous encore bien gais autour des tables disposées sous les tonnelles, à la fraîche, j’ai pensé à vous. Oui vous, qui me lisez. J’ai pensé que je n’allais pas être devant mon ordi, à l’heure, pour la diffusion du Gala. J’ai réalisé que je pensais à vous avec un pincement au coeur, qu’à ce moment précis de la soirée, c’est avec vous que j’aurais aimé être. J’ai imaginé l’exivrogne et à la félée, sur les starting-blocks… éreintés… mais si heureux… je me suis dit que ces deux-là étaient sacrément devenus des amis. Des vrais, des chers. Que je les aimais énormément. Et que je ne leur disais pas assez.

Je suis allée au lit, épuisée par la journée bien remplie, les pieds en compote. Ce matin, nous nous sommes levés à 9h30. Nous n’avons pas commencé par nous installer devant notre bol de thé ou de café. Non. Jenfi a débranché mon ordinateur portable, l’a raccordé à la télé du salon. Il a fait des essais, m’a dit que tout était prêt. J’ai pris mon petit dej à moitié rêveuse et je me suis installée confortablement… pour visionner le Gala.  J’ai constaté que j’avais un sourire permanent aux lèvres. Un attendrissement visible. Une émotion contenue. Je ne savais pas que j’étais finaliste dans une catégorie. J’avais déjà pris une “claque” en me voyant nomminée dans trois listes, quinze jours avant. J’avais vécu cela comme une belle récompense, un encouragement. C’était beaucoup d’amour. D’un coup d’un seul. Comme une façon de me dire “Continue à écrire Véro!!!”… alors que des fois, je l’avoue, l’idée de mal faire me traverse… et l’envie d’arrêter m’éffleure.

Je sais que pour être finaliste, cela signifie que beaucoup de personnes ont voté pour moi. Je ne sais pas quoi dire. Ca me bouleverse un peu. J’ai la même impression qu’hier, là, quand j’étais debout devant une tablée de yeux rivés sur moi, qu’Alain avait son bras autour de mes épaules, calé dans mon dos… qu’il frottait le haut de ma tête et  ébouriffait mes cheveux avec une belle affection…  oui, la même… en plus fort…

Je vous remercie tous infiniment d’avoir voté pour moi. Tous. Vous, que je ne soupçonne pas. Vous qui lisez ma vie telle que je vous la livre…. vous qui osez parfois me dire que vous êtes là… par vos commentaires… vous qui avez contribué à me donner une confiance en moi que je n’avais pas. Qui êtes en train de faire de moi une personne qui s’estime beaucoup plus en l’espace de quelques mois alors qu’elle n’a jamais réussi à le faire en 38 ans de vie… je vous remercie infiniment et j’ose même vos dire que vous me donnez beaucoup plus que je ne vous donne moi-même. Voilà ce que vous faites sur moi, sur ma vie… merci à vous tous

Les deux magiciens, les doigts de fée, les faiseurs de miracles, ce sont évidemment l’exivrogne et la Félée. Ils n’aiment pas qu’on leur jète des fleurs, je le sais. Et je le comprends. C’est dur de gérer beaucoup d’amour qui vous tombe dessus, là, virtuellement. Moi, tout ce que je peux dire, c’est qu’ils sont vraiment à part. je n’ai jamais rencontrer des gens comme eux. Ils donnent sans rien demander en retour, jamais. Ils s’excusent presque de me déranger quand ils me demandent ma rubrique de chroniqueuse, chaque semaine. Ils sont là, toujours, prêts à me rattraper si je tombe… Je vous aime tous les deux. Merci d’être entrés dans ma vie.

Ils n’y sont pas rentrés sans y avoir été aidés… je tiens à le dire. La première blogueuse québécoise à m’avoir lue et à avoir commenté mon blog, a été l’Impératrice du patio. Oui, la première à avoir traversé l’océan pour venir jusqu’à moi… c’est mon ange gardien. Depuis elle, tout a changé….

Je félicite tous les gagnants. Je leur promets d’aller les découvrir très vite, pour ceux que je ne lis pas encore…. je dis “chapeau” aux présentateurs et aux divertisseurs, si bluffants et talentueux…

Bravo à tous, j’ai passé un super moment ce matin!!!!!!

Ah, au fait, c’est par ici que ça se passe

J’aime la paëlla

 

Non, c’est pas un billet avec une  recette culinaire. J’suis trop indisciplinée comme cuisinère, je ne vous ferai pas cet affront. Non. Vous savez, moi, la cuisine, c’est du grand n’importe quoi. je suis gourmande, alors, si j’ai une envie subite de je-ne-sais-quoi-pourvu-que-ça-me-remplisse-le-bide bah je me lance… même si je m’aperçois que j’ai plus d’oeufs dans le frigo, ou de farine… ou de sucre… ou de beurre… pas grave… je vous l’accorde, ça peut être problématique, des fois… surtout pour une patisserie (ah bon???). Mais je fais souvent au pif. Surtout dans l’ordre des ingrédients, dans les doses aussi. Du coup, quand c’est raté, je sais pas comment j’ai fait et à la limite je veux même pas le savoir. Et quand c’est délicieux bah je voudrais bien savoir comment j’ai fait mais je ne peux toujours pas le savoir, j’ai rien noté!!!! C’est bête, hein?

Très bête. Aussi bête que ce je vous dis car en fait je tenais à vous parler de la paëlla que je vais m’empifrer demain. Oh pas rien que pour ma pomme. Non. On sera cinquante. Vous voyez je suis partageuse. C’est l’anniversaire d’un ami proche. Vous savez, l’autre ami masculin/ex-collègue de boulot dont je vous ai déjà un peu parlé… quand j’ai fait un billet sur mon ami Jéjé, et sa femme Loulou, tout ça. Vous vous souvenez? Non. forçément; Que je suis bête.

Donc c’est de lui qu’il s’agit. De ce deuxième ami masculin rencontré sur mon lieu de travail, à Paris, à la Poste, en 1991. Il s’appelle Alain. Il travaillait dans l’équipe opposée à la mienne. La B. Moi j’étais dans la A. Ou l’inverse. En fait on s’en tape de l’équipe. Moi j’étais dans celle de Jéjé. Et Alain était dans l’autre. A priori, on devait que se croiser, puisque c’est le principe du roulement à deux équipes. Mais en fait non, on se voyait. On devait revenir trier quatre heures par semaine au bureau, sur le temps de l’autre équipe, à l’arrière des guichets, hors de la vue des clients… là où le courrier tombe dans des boîtes en bois… vous savez, quand vous mettez vos petites lettres dans la fente là, sur le trottoir, celle qui dit “autres destinations” ou qui indique “votre département”…  vous voyez?.. en fait tout atterit dans des boîtes et y a des petits postiers qui déchargent ces boîtes, oblitèrent les timbres, trient dans des cases. Font des paquets avec des ficelles, mettent dans des gros sacs qui grattent, qui finiront entassés dans un camion de la Poste…  vous savez, le fourgon jaune et bleu qui attend dehors pour aller au centre de tri régional le plus proche….

C’était donc pendant ces heures de tri que je croisais Alain. Je revenais au bureau vers 15h, avec deux autres collègues de mon équipe. N’importe lesquels. Ca tournait tout le temps. Et j’allais et venais pour sortir les lettres des boîtes, dans cette pièce poussiéreuse qui siégeait au centre du bureau. Faut bien l’avouer, les entreprises, elles amenaient leurs paquets de lettres que peu de temps avant la fin de la levée du courrier. En gros à partir de 17h45. Avant ça, on avait que des lettres de touristes qui visitent Paris, des factures d’électricité et de téléphone. Des commandes à la Redoute. C’était pas encore le temps du tout Internet, du prélèvement. Y avait du courrier. Encore; C’était bien.

Donc avant 17H30, on avait le temps de bien déconner avec les collègues de l’équipe d’Alain, qui venaient prendre leur pause guichet dans cette pièce (vous savez, au guichet quand on vous colle une plaquette marquée ”fermé” vers 16h de l’après-midi, là sous le pif, alors que vous avez fait 15mns de queue pour rien??? bah c’est ce moment-là dont je vous parle!!….)… doinc Alain venait manger son sandwich dans cette salle, où on triait. Il boit pas de café, Alain. Jamais. Alors il allait jamais dans la salle de repos prévue pour le petit jus noir et fumant, qui réveille. Non. Il venait nous voir, au tri, pour taper la discussion, délirer. Moi je me suis toujours bidonnée avec lui. Alain, il n’arrête jamais. C’est un blagueur né. Il blague à froid en plus. Donc des fois, je savais pas sur quel pied danser avec lui. Sérieux, pas sérieux??? … en plus, je suis d’une naîveté incroyable, alors il pouvait me faire marcher des heures. J’étais connue pour ça. En plus j’étais timide, il le savait bien. Alain mesure 1m92. Moi 1m60 et deux bananes. Alors je faisais minus. Ridicule. Je le regardais d’en bas. Toute petite.

Puis un jour il s’est marié, et moi aussi. A un an d’intervalle. Il a beaucoup parlé de la préparation de son mariage. Moi j’envisageais le mien. Je prenais des notes. C’était un bon truc qu’on avait à partager ensemble. C’était marrant. On a bien appris à se connaître grâce à cela. Il a fait son mariage à Bordeaux, sa ville de naissance. Il est revenu super content. Tout avait été nickel. Moi, j’écoutais son récit en détail. Je riais, je faisais des “wow, comment t’as fait ça?”… il était toujours prêt à m’aider pour que le mien soit réussi. Comme le sien. Et il n’a pas arrêté de me tirer les vers du nez sur ce que j’allais faire, pas faire… il avait pris des cours de danse, avec sa petite femme, juste pour ouvrir le bal correctement, à son mariage… j’étais impressionnée. Je me voyais mal traîner Jenfi dans ce genre de cours rock-salsa-valse-tcha-tcha… il allait me dire “Pis quoi encore!!!”… donc j’ai laissé tomber. On allait ouvrir le bal comme on pouvait, Jenfi et moi. En s’écrasant les pieds et en tournant en décalé. Pas grave du tout…. marrant même. Du vrai “Nous”.

Alain a voulu m’apprendre les pas de la valse. Oui, il voulait; C’était un plaisir pour lui. Alors il est venu passer toutes ses pauses guichet en salle de tri quand j’y étais pour m’apprendre la valse. Adorable. Lui du haut de son 1m92, moi du haut de mon mètre soixante. On tournoyait, on riait. Je garde un souvenir ému de ces moments de complicité. J’ai été nulle pour ouvrir le bal, à mon mariage. Mais j’ai passé de super moments à tenter d’être parfaite, en salle de tri. C’est tout ce qui compte.

A partir de ces moments partagés, on a lié une vraie amitié. Solide. Sans arrière-penseés, comme avec Jéjé. J’ai connu sa femme, Cathy. On a commencé à s’inviter les uns chez les autres Nous 6 : Alain, Cathy, jéjé, Loulou et nous. C’était super. Je me souviendrais toujours de la première fois où Cathy et Alain sont venus manger chez nous. Avec Jéjé et Loulou. On avait eu un repas sympa, sans ombres au tableau. J’étais contente. Car je connais mon homme. Charmant, adorable, mais gaffeur, maladroit. Il m’en fait toujours une “bonne”. Je lui fais des recommandations avant que les invités n’arrivent, comme pour les mômes “Bon alors, fais pas ci, fais ça, hein!!!”. Il ne me contrarie jamais. Mais s’en fiche. Ce soir-là, il a bu une tisane. Bien chaude. Il ne boit pas de café le soir, jamais. Sinon il dort pas. C’est lui qui le dit. Donc on était tous à table. Il était en face de Cathy, toute pimpante. Il a bu une gorgée. J’ai entendu le “hic”. Le bruit d’éouffement classique. Il a eu des yeux de fous, sa bouche s’est arrondie et il a tout recraché sur Cathy; Complètement sonnée, comme si on lui avait jeter un verre d’eau à la figure. Comme ça, gratis; Personne ne disait plus rien. c’est sûr, ça casse l’ambiance. Je revois Loulou mettre la main devant sa bouche, offusquée. Elle ne savait pas si’il fallait éponger Cathy ou la laisser dégouliner. Même Cathy savait pas quoi faire. c’était comme un arrêt sur image. Moi, j’étais verte. J’ai compris que c’était fichu, mort. Jenfi avait fait du grand “Jenfi”. J’ai regardé mon homme et je suis partie dans un fou rire. Alain m’a suivie. Cinq minutes à se rouler par terre tous les deux… Alain qui me disait “mais attends, c’est avec ce blaireau (quétaine) que tu vas te marier????… dis-moi pas que tu vas danser la valse avec lui, il va te marcher sur la robe et t’arracher le tout!!!!!”… ça n’arrêtait pas. On avait comme un truc nerveux dans le bide, Alain et moi, qui nous faisait se marrer pour un rien. La pauvre Cathy a dû se débrouiller seule pour retrouver un visage sec car moi je n’assurais plus rien… j’étais partie en vrille… mémorable…

Du coup, ça les a accrochés à nous. Ils n’ont pas pris la fuite. Non. Pourtant, jenfi n’est pas resté à ce seul coup d’essai… c’est impossible que je le maîtrise. Impossible.

Demain, la paëlla, c’est pour les quarante ans d’Alain. Il n’est pas au courant, sa femme Cathy a tout manigancé. On va arriver en douce; A 50. Dans son dos  Il va s’éclater de rire, déconner, je le connais par coeur.

J’aime la paëlla. Et j’aime Cathy et Alain. Ils ont toujours été là pour moi, toujours. je peux leur demander n’importe quoi. Ils répondent toujours présents. Le jour où nous avons su que Jenfi était muté à Bordeaux, Alain appelait déjà les agences de logement, dans la minute qui a suivi… le jour où j’ai eu un bon de visite pour ma maison, alors que j’étais au Havre, sans possibilité de venir la voir ici, à Villenave, il a foncé me photographier la rue, le quartier, la façade, le jardin et m’a tout envoyé le soir même sur internet.. pour que je sache si ça valait le coup…. le jour de mon déménagement pour Bordeaux, alors que je quittais ma mère en larmes, éffondrée… que le camion rempli de nos meubles quittait la Normandie, devant ma mine tristounette…  qu’on prenait la route tous les cinq pour accueillir les déménageurs le lendemain matin devant notre nouvelle maison, complètement crevés… Alain a été là, à nous attendre jsuqu’à une heure du matin, le sourire aux lèvres, chez lui, à Bordeaux… Cathy avait fait les lits, tout était prêt… le lendemain, Alain est allé aider Jenfi a tout installé… comme ça… juste parce que c’était une évidence…

Je ne leur dis pas assez, combien ils sont protecteurs avec nous. Si, des fois, je le dis, mais Alain se fâche et me décolle de terre pour me faire taire… Alors je ne le dis plus. J’accepte. je ris.

Voilà, j’avais dit que je parlerais de lui, de Cathy. De leurs trois garçons qui ont exactement le même âge que mes filles. Je l’ai fait. Ils ne savent pas que je tiens ce blog. Il va falloir que je leur dise. Je crois…

Numéro 25

Dimanche c’est la fête des mères. La mienne ne sera pas auprès de moi. Elle est dans sa petite ville normande, à s’affairer pour son prochain déménagement. Elle va juste habiter deux rues plus loin, du domicile qu’elle occupe depuis plus de trente ans maintenant. Elle prend un logement plus spacieux, plus en retrait de sa cité d’immeubles qu’elle connait si bien. Elle accueille sa mère chez elle, trop agée pour rester seule dans son petit deux pièces près du port. Elle savait, que ça finirait comme cela. Elle savait qu’elle ne pourrait pas mettre se maman dans une maison de retraite. Elle savait que cela la briderait beaucoup et annulerait toute possibilité de descendre me voir souvent à Bordeaux…. Ma mère, elle m’a toujours donné l’impression de savoir comment les choses finiront par se passer, de toute façon. Elle a comme une fatalité dans la peau. Une résignation aussi. Quelque chose que je n’ai jamais compris mais qui m’a toujours impressionné.

Par exemple, elle savait qu’un jour ça finirait mal, pour mon père et elle. Oui, elle le disait à sa propre mère quand celle-ci venait passer des mercredis entiers chez nous. Mon père était au travail. Mon frère et moi n’avions pas d’école. C’était un jour apprécié pour moi. Ma mamie était là, joyeuse, aimante. Et ma mère était bien avec elle. Elle se libérait du poids des coups de mon père. Elle vidait son sac. Elle riait même sur son triste sort. Maintes fois je me suis vue recroquevillée sur le canapé du salon à jouer avec mes poupées “bella” (des poupées que je massacrais, les pauvres, quand j’y repense. Elles avaient une mèche de cheveux centrale en haut du crâne qui poussait plus que les autres, si on tournait une clé dans le dos… c’était un drole de concept. Je leur ratiboisais la tignasse systématiquement. Elles étaient mon souffre douleur.)…. J’écoutais ma mère dire que ça allait mal finir, qu’elle avait  peur. Elle disait à ma mamie “promets-moi que tu prendras soin des enfants s’il m’arrive malheur???”… A chacune de ces phrases morbides, je coupais une mèche de cheveux à ma poupée. Ca me soulageait. J’ai eu beaucoup de poupées bella. Ma mère m’en rachetait toujours une et me recommandait à chaque fois de lui laisser une chance d’avoir une chevelure de princesse. Je ne me souviens pas leur en avoir donné l’occasion. A aucune.

Ma mère avait raison, ça a mal fini. Son couple, notre famille. Elle a fait ce que jamais elle n’aurait imaginé faire. Elle a pleuré devant l’horreur de son geste. Elle m’a laissée partir chez la voisine de pallier quand l’ambulance est arrivée. La police est venue aussi, bien sûr. C’était un drame conjugal. De la légitime défense. Elle est venue me faire un bisou avant qu’elle ne parte dans le “panier à salades”, comme on disait à l’époque. Ce fourgon de filcs si moche que l’on croisait dans les rues… elle m’a pris le visage entre ses mains et elle m’a dit “Ne t’en fais pas, je ne vais pas aller en prison. Je vais leur dire pourquoi j’ai fait ça. Ils vont comprendre. ca devait finir comme ça, ma puce. Tu vas voir, tout va aller mieux maintenant.”

Elle savait toujours tout ma mère. Elle est partie légère avec les policiers. Elle n’a pas eu peur. Moi, j’étais sûre de ne jamais la revoir. Mais non. Elle est revenue deux jours plus tard.

Celui que je n’ai presque plus revu, c’est mon père. Ce dimanche de fête des mères, ce 25 mai, cela fera dix sept ans qu’il est décédé. S’il le savait, qu’il mourrait jeune, je n’en sais rien. Je ne crois pas. Mon père aimait la vie. J’en suis sûre. Peut-être que c’est la vie qui ne l’aimait pas, et qui avait décidé de lui laisser peu de jolis chemins à emprunter. Peut-être que nous ne disposons pas tous des mêmes chances. Ce qu’il disait toujours, c’est qu’il aurait le dernier mot. Qu’on était tous des enfoirés. Il était chaque soir au bout de sa table, avec sa cigarette et son verre de rouge. Il faisait face à la télévision, sans la regarder. Nous l’entendions dans notre dos, nous étions assis sur le canapé, installé dans le salon, en biais juste devant lui. Il râlait, pestait, refaisait le monde. Il nous demandait pourquoi on ne l’écoutait pas “lui” plutôt que notre film à la con et il criait fort pour que nous n’entendions plus rien. Ma mère était exténuée, elle se levait des fois pour lui débarrasser le verre de dessous le nez et pour ranger le cadavre de bouteille. Elle se prenait alors une gifle et là nous pouvions éteindre la télé, mon frère et moi, et nous enfuir dans nos chambres. Le coup d’envoi était lancé. En fait, ma mère n’aurait pas dû bouger. Elle ne devait pas avoir le dernier mot.

Mon père est décédé à 47 ans. C’est jeune. Trop jeune. Ce 25 mai 1991, je suis allée à ma première mise en bière. J’avais vingt et un ans. Il faisait un ciel bleu éclatant. Le froid était encore là. En tout cas, je me souviens avoir eu froid toute la journée. C’était le matin. Je ne sais pas trop pourquoi, alors que j’étais immobile devant son cercueil ouvert, j’ai touché sa main inerte posée le long de son corps, tristement vêtu d’un pyjama tout neuf… pour la funeste occasion. J’ai eu un sentiment de peur et d’horreur en prenant sa main glaciale et raide dans la mienne. J’ai alors compris que c’était vraiment fini. Qu’il était parti. Et que le corps qui était près de moi était inoffensif. Jamais je n’avais pris la main de mon père avant… même enfant.

Ce 25 mai, j’ai envie de dire à ma mère combien je l’aime et combien ce serait bien qu’elle me certifie que tout va bien finir…. pour une fois. Sans drame. Juste dans la logique des choses. Qu’elle me dise que sa vie de retraitée lui plaît bien. Qu’elle me chuchotte qu’elle ne m’en veut pas d’être partie vivre loin d’elle. Que j’ai eu raison de penser un peu à moi. J’aimerais vraiment être libérée de ce poids. Celui d’avoir suivi mon mari, mes enfants. Abandonnant ma ville de naissance et tout ce qu’elle signifie de difficile pour moi. J’aimerais que ma mère comprenne que ma terreur de petite fille n’est pas partie le jour où elle a immobilisé mon père au sol. Pour elle, c’est là que tout a pris fin. Pour moi, c’est là que tout a commencé. La reconstruction. C’est dur d’avouer qu’on a fui une ville pour ce qu’elle génère comme souffrance. Surtout à sa propre mère.

Ce 25 mai, j’aimerais dire à mon père que je vais bien. Que je suis allée dans mon garage ce week-end ressortir la photo ci-dessus. Que je me suis mise à larmoyer parce que je le trouvais beau sur ce cliché de mariage, là, avec ma mère, en 1965. Parce que j’ai repensé à son visage, fragilisé, sur son lit d’hopital, en mai 1991, quand on nous a dit que c’était fini… qu’il allait mourir… et que ma mère est entrée avec nous, dans cette pièce bleutée au fond d’un couloir d’hopital qui sentait encore l’hémorragie qu’il avait fait la veille… il a pris la main de celle qu’il a appelé sa “femme”. Il a pleuré, et il lui a dit qu’elle avait été son grand amour… qu’il avait tout gâché. Il lui a demandé pardon. Et elle aussi. Pour les blessures qu’elle lui avait fait.

Cette photo, et d’autres que j’ai regardé avec émotion, elles séjournaient dans une boîte sans grande importance. Dans un placard de mon garage. Si j’ai pu les atteindre sans frémir, sans me sentir terassée par la peur ou la douleur, c’est parce que j’ai changé. Là, récemment. Avant, je n’aurais jamais eu ce regard bienvaillant sur mon géniteur. Jamais. Ce besoin de le voir enfin comme il était, là, sur cette photo, à jeun, aimant et heureux, je l’ai ressenti parce que quelqu’un m’a fait comprendre qu’avant d’être l’alcoolique qui a peuplé les neuf premières années de ma vie, il a été un homme, un mari, un père…; quelqu’un de bien. Finalement… juste quelqu’un de bien. Quand j’e pense à lui maintenant, je ne vois plus son regard noir, je n’entends plus sa voix forte, et je ne sens plus sa main levée. Je vois ce jeune homme qui sourit et qui est fier de moi. Quelque chose a changé. Vraiment. Il passe même dans mes rêves, la nuit, et il est juste spectateur, complice. Il me regarde vivre. Il va bien. Et moi aussi.

Pour toi maman, pour toi papa, ce 25 mai est une journée bien spéciale. Je ne suis pas près de vous. J’aimerais maman, mais je ne peux pas. J’aimerais papa, mais tu ne peux pas. Alors je vais vous glisser cette chanson que j’affectionne beaucoup, là, en pensée… juste parce que c’est celle qui berçait mes nuits d’angoisse quand Manon est née, en 1996. Juste parce que c’est celle que je lui chantais quand je lui donnais le biberon et que j’avais peur qu’elle ne vive pas sa vie… juste parce qu’elle n’avait que deux mois et que je ne savais pas si j’avais le droit de l’aimer… si elle allait tenir le coup… juste parce que cette chanson est pleine d’optimisme et de douceur pour moi… puisque Manon est toujours là…

Bonne Fête Maman… je pense à toi, papa…

Vous y croyez pas, hein??? bah si… dans une dizaine de lignes, j’ai fini. Bien cramés, vous allez être!!! (Yoda, sors de mon corps; steplaît)… bon je vous avoue, le billet suivant (en préparation) va être un vrai pavé. Alors je vous ménage. J’suis une mère pour vous. Je sais.

Revenons au sujet : alors, “on” (on = le kiné de Manon, ma voisine, la maman de la copine de Zoé, ma maman ce matin au téléphone) m’a dit, redit, fait comprendre, que je débarquais de la planète Mars parce que je ne savais pas que la lune agissait sûrement sur ma Manon???? Sur son caractère, sur son sommeil? Sur son mal de crâne? Sur son humeur??  On m’a dit que tout le monde SAVAIT ça et que même si je sais parfaitement qu’on accouche plus à la pleine lune, je vois pas sur quoi ça agit d’autres???… et en plus je sais même pas quand elles sont là (les pleines lunes) vu que je ferme mes volets avant le début du film (20H45)  et que je regarde jamais le ciel de nuit???? Non, jamais… vous regardez le ciel, vous, la nuit????

Bon allez, je m’en vais. Je suis super débordée en ce moment. D’abord parce que y a des rdv de médecins à gogo pour les filles, une chaleur estivale qui me pousse à me mettre dehors plus que dedans, beaucoup de courses à faire pour des cadeaux (bonjour les anniversaires en mai et juin dans la famille!!!), des coups de fil à tout bout de champs pour ma pomme (pourquoi ils m’appellent tous la même semaine????? c’est la pleine lune aussi qui fait ça????)

Faut qu’on m’explique…. je compte sur vous bien sûr!!!!!!?????

 

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