Ce n’est qu’un Au Revoir…

Ce billet, je l’ai écrit en brouillon des dizaines de fois. Sans jamais le publier. J’avais trop peur de le regretter. L’impression de perdre un « confident ». Et surtout, je ressentais beaucoup d’incapacité à vous dire Au Revoir…

Vous avez tellement été d’une aide précieuse pour moi. C’est peu de le dire. Tous les mots que je pourrais utiliser dans ce dernier billet paraitront bien trop « pompeux », « polis » et « prévisibles » par rapport à ce vous avez représenté pour moi…

Je ne veux surtout pas en faire trop.

Une chose est sûre… et comme me l’a dit si justement une amie que j’ai connue par le biais de ce journal de bord virtuel… mon blog a fait du bon « boulot ». Il a rempli sa mission. Il m’a remise sur pieds. Je ne ressens plus le besoin d’y raconter ma vie, de m’y confier. J’ai fait la paix avec moi-même et j’ai eu les réponses à mes questions. Je pense que ce fut la meilleure thérapie qui soit. Je n’avais pas vraiment mesuré la portée et les retombées d’une telle démarche… mais je me félicite aujourd’hui d’avoir osé.

Vous avez tous une part de responsabilité dans ma reconstruction. Merci infiniment…

Je ne sais pas comment je vais procéder. Je voudrais que mes billets soient conservés pour les relire quand mes doigts trembleront et que mes mèches blanches pendouilleront sur mes yeux plissés… je ne me vois pas appuyer sur une touche qui effacerait toutes ces pages qui me sont intimement liées…

C’est comme si je décidais de jeter au feu un journal intime écrit à la main…

Je ne suis pas encore prête pour ça.

Je vous envoie toute mon affection.

Prenez-bien soin de vous.

Depuis quelques temps déjà, j’écris une histoire, un délire… un mélange de vécu et de fiction…

Comme quoi l’écriture est un besoin, malgré tout.

Mais plus ici.

Certains d’entre vous sont en contact avec moi, en privé, depuis longtemps. Ce n’est donc qu’un Au Revoir et c’est moins difficile pour moi de tourner la page… C’est juste que nous ne nous croiserons plus sur ce blog… mais ailleurs…

Pour ceux qui venaient silencieusement et que je n’ai pas soupçonnés, merci pour votre lecture discrète et votre passage ici… j’espère vous avoir apporté un petit quelque chose en étant moi-même… vous avoir aidé…

Ce blog ne va pas fermer brutalement mais dans quelques temps.

Il y a un cheminement que je dois faire avant de passer à l’acte.

Mais je devais vous prévenir.

Merci pour votre incroyable amitié et fidélité.

Très affectueusement….

Véro

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Happy New Year!!!

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bonne annee veve

Il serait plus que temps que je vous présente mes meilleurs voeux!!! C’est clair, je suis tout sauf une blogueuse assidue.

Je suis néanmoins une blogueuse émue et surprise par la gentillesse, l’affection et la fidélité que je lis dans vos derniers commentaires.

Vous êtes vraiment incroyables. Merci infiniment…

Une chose est sûre, prenez-soin de vous cette année!!! Y a que ça de vrai. Profitez de la vie, des petits moments simples qu’on a tendance à remettre à plus tard, mais qui sont tellement bons pour le moral…

Nous allons bien. Les filles grandissent et raconter leur quotidien devient si intimiste pour des ados de cet âge, que je me suis engagée vers un certain droit de réserve. Je ne poste donc plus grand chose (autant dire rien!!!). Parce que je « couve » tous ces petits bonheurs familiaux. Je les déguste égoïstement. C’est clair que c’est à l’opposé de ce que j’ai pu livrer ici… mais c’est sans doute un repli nécessaire, que j’opère aujourd’hui. Un repli consécutif à une mise à nu que j’ai voulu franche et sans compromis. Une mise à nu qui a eu pour conséquence de me prouver que je n’avais rien fait de mal, que j’étais une bonne personne… et que j’avais le droit de vivre enfin, maintenant. Sans aucune culpabilité…

Et j’y réussis bien.

J’ai bien sûr encore quelques failles. Quelques colères enfouies. Mais je ne veux pas les mettre ici. Elles sont trop vides de sens et ne vous apporteraient rien. Elles ne montreront de moi que le côté aigri d’une mère qui se bat pour la reconnaissance de l’handicap de son enfant, depuis qu’elle a compris qu’il y avait quelque chose qui cloche… comme on dit vulgairement.

J’ai appris à vivre avec. Nous l’avons tous fait, tous les cinq. Nous avons adopté un schéma familial, une façon de vivre adaptée à notre seconde fille, depuis près de 16 ans maintenant…

Mettre au monde une enfant atteinte d’autisme Asperger et ne le voir écrit sur un dossier médical qu’au bout de 16 ans est à la fois un grand pas et une grosse claque…

J’ai toujours su, en moi. Mais on m’a toujours interdit de formuler cet autisme que je pressentais, de le valider. La grande prématurité de ma fille, sa dyspraxie liée à cette naissance, permettaient aux différents médecins rencontrés de me redonner la force d’éduquer cette petite fille atypique, sans m’accorder le moindre doute sur un éventuel syndrôme Asperger. Ils me rassuraient, me détournaient de cette idée, m’affirmant qu’un jour, elle serait comme tout le monde. Que je ne devais pas baisser les bras.

C’était comme redonner un coup de clé dans le dos de la maman infatigable que j’étais devenue, dévouée à une seule mission : faire que ma fille devienne un jour comme tout le monde…

Elle ne le sera jamais.

Et c’est pas grave.

Elle est merveilleuse. Elle nous a apporté une richesse familiale énorme, une façon d’aborder la vie plus saine. Elle nous a rendus meilleurs…

C’est juste grave de nous avoir fait croire que ce n’était pas de l’autisme.

Et de nous permettre seulement de le faire aujourd’hui sous prétexte qu’elle ne risquera plus une exclusion du système scolaire normal… parce qu’une loi est enfin passée…

Je le comprends. Ca aurait été catastrophique de ne pas lui permettre d’accéder à l’enseignement normal. Elle est en seconde générale aujourd’hui et s’en sort très bien…

C’est juste que je suis en colère et je ne sais pas pourquoi.

Alors je ne veux pas cracher mon venin ici, en mots inutiles…

Il faut juste que je m’apaise.

J’ai vu une fiction-documentaire il y a quelques semaines, à la télé… ça s’appelait « Le cerveau d’Hugo » et j’ai demandé à nos proches de la regarder, si ils le souhaitaient…

Je me suis sentie comprise, moins seule. Et j’ai ressenti un sentiment de fierté d’être maman d’une jeune fille autiste Asperger.

Notre fille a regardé aussi, certains passages. Elle se sent valorisée depuis, et moins isolée également. Elle croyait qu’elle était la seule à souffrir de ce syndrôme. Elle avait l’impression d’être un monstre. Elle avait une très faible estime d’elle-même.

Voilà donc dans quel état d’esprit j’aborde l’année. Toujours heureuse dans ma vie privée, ma vie de maman… mais vidée.

Je n’ai pas été ménagée durant ses 16 années. On m’a beaucoup accusée d’être la responsable de l’état de ma fille.

Savoir que je n’y étais pour rien, c’est bien.

Mais pardonner, c’est dur.

Ca prendra le temps qu’il faudra. Je me connais. Je suis une écorchée vive. Je râle beaucoup. Je fonce pour un rien. Mais je finis toujours par m’apaiser.

Allez, j’arrête de me plaindre.

Portez-vous bien…

Feel good

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Ca y est, la rentrée est faite. C’était une appréhension pour moi, comme tous les ans. Sans doute un reliquat de mon enfance et de ma propre phobie scolaire… toujours est-il que c’est fait. Tant mieux.

J’aime pas la rentrée.

J’aime pas la nouveauté en fait. Je suis routinière. Repartir dans un rythme familial avec de nouveaux emplois du temps est un vrai défi pour moi. C’est souvent un sacré casse-tête entre mes horaires de nounou, le boulot de Jenfi et nos contraintes de parents de jeunes filles à qui nous accordons une attention et un dévouement pratiquement équivalents à ceux que nous leur apportions lorsqu’elles étaient petites…

Nous sommes comme ça. Présents. Mais pas possessifs. Et puis la vie de parents d’enfant différent n’a pas la même tournure que celle de parents d’enfants qui vont bien…

On veut juste que le quotidien soit facilité pour tout le monde. On recherche un équilibre, une harmonie. On se connait tous très bien. On sait qui est capable d’assumer telle chose, et qui ne l’est pas. Et il s’avère que c’est surtout Manon qui nécessite depuis toujours le plus d’investissement personnel. Alors on s’organise pour que chacun soit à l’aise dans sa petite vie tout en faisant les sacrifices qu’il faut pour que la famille trouve son rythme. Ca marche en général très bien, depuis des années… il était hors de question qu’on se donne à fond pour Manon et qu’on laisse Julie et Zoé se gérer seules, sous prétexte qu’elles n’ont pas le handicap de leur soeur. On trouvait ça injuste. Donc on a agi de la même façon avec les trois. Et c’est sans doute ce qui a permis à Manon de ne pas se sentir « à part », finalement…

Et cette année semble vraiment cool. Tout s’assemble bien… c’est un vrai bonheur. Ca fait un bien fou…

Manon va super bien. Son comportement social a fait un grand bond… son autonomie aussi…

Zoé est pour ainsi dire guérie de son encoprésie…

Julie est beaucoup plus sûre d’elle avec son bac en poche.

Jenfi a changé de fonction et s’y fait bien.

Je finis mes deux dernières années de nounou avec des contrats en or, des petites adorables…

C’est comme si on avait un répit.

Je ne pensais pas que ça viendrait un jour. Je me sens légère…

La rentrée a un goût moins amer cette année, plus acidulé…

La seule à ne pas être vraiment « rentrée », c’est Julie…. elle commence réllement la fac lundi prochain.

En attendant, elle peaufine son blog illustré.

D’ailleurs, elle participe a un concours.

Bonne rentrée à tous

Ma nouvelle petite cousine…

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Aujourd’hui, j’ai fait une rencontre exceptionnelle. C’était une grande première. Quelque chose que je n’avais jamais vécu… Je savais que j’allais être émue. Mais pas à ce point quand même…

Ok, ça touche nos cousins qu’on aime fort.

Ok, c’est quelque chose qui nous paraissait flou, hypothétique… du coup, on n’osait pas trop y croire… Et quand c’est arrivé, les bras nous en sont tombés…

Mais quand même, j’ai drôlement été émue…

Une petite fille est arrivée chez nos cousins, mi-juillet, juste au moment où nous partions en vacances…

Ils l’attendaient depuis six ans…

Elle est née fin avril. Elle est belle comme un coeur, sage, expressive…

C’est un amour.

J’ai ressenti un tel apaisement face à elle, que je me suis demandée comment c’était possible qu’un si petit bébé puisse montrer le chemin… réconforter… alors que son parcours est si émouvant, si destabilisant… on a tellement envie de la serrer contre soi, de la protéger…

Je suis ravie. Elle va combler nos cousins, si plein d’amour depuis toutes ces années de patience, de résolution, de persévérance… ils le méritent tellement.

Ils sont formidables. Ils ont su devenir parents en une semaine, temps octroyé entre l’annonce du placement et le passage de mains avec la famille d’accueil…

C’est une très belle histoire qui commence…

Je suis très admirative de la force, de la tenacité, dont font preuve les parents qui se lancent dans la course folle de l’adoption.

Cette petite fille est un vrai soleil… elle illumine de par sa jolie frimousse et sa gentillesse.

Bienvenue à toi ma nénette.

Nous t’aimons tous déjà très fort….

On allait se coucher…

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C’était samedi soir, il y a dix jours… Nous étions à mi-chemin de nos vacances en Catalogne. Nous venions de passer une semaine plus qu’agréable à nous vider du rythme lancinant que le quotidien nous impose le reste de l’année. Nous n’avions qu’à dormir, manger, nager, visiter, lire, dialoguer… c’était simple et limpide. Mon air renfrogné et ma ride du lion m’accordaient un répit. Le petit vélo qui pédale dans ma tête avait dû crever… j’étais libérée des contraintes, des soucis, des impératifs…

J’étais bien.

Nous venions de prendre un bon petit repas sur la loggia de la location… Zoé et Manon avaient réclamé à sortir de table vite fait pour suivre Fort Boyard. Car oui, il y avait une télé là où nous avions loué. Nous n’allions pas sortir à la fraîche ce soir-là, trainant nos tongs chauds et sableux sur le bitume de la jetée de l’Escala… à la recherche de l’éventuel petit souvenir à ramener à un proche, dans les boutiques innombrables que compte la plage le soir venu… nous changions de location le lendemain. L’autre appartement n’était pas loin, à 200 mètres de celui où nous étions la première semaine. Mais il fallait tout boucler comme si nous faisions un trajet plus long. J’avais donc imposé une soirée sans sortie tardive, ce qui convenait à Zoé, un peu fatiguée. Je finissais donc les magnums du congélo, à vider impérativement avant le départ, aidée par mon homme et mon frangin… quand j’ai entendu le générique des meilleurs moments de « On n’est pas couché »… je suis allée m’affaler devant, laissant le soin aux deux hommes de finir de débarrasser et de préparer le café… Zoé jouait à la DS près de moi, Julie lisait… Manon allait et venait…

J’aime assez cette émission. Je la regarde le restant de l’année, souvent dans mon lit après un bon DVD ou une invitation chez des amis… le début me gonfle assez, je suis davantage intéressée par les invités que par le blabla de Ruquier. Même si c’est quelqu’un que j’aime et que je respecte, chauvinisme oblige… (il est havrais comme moi, et sa famille vit à deux pas de la mienne…)… j’avoue que ça me détend. Je ne cherche pas à me creuser la cervelle. Certaines interviews m’ont même pas mal appris sur l’invité interrogé…

Vous l’avez compris, je suis bon public… et un peu « people » sur les bords…

Le premier moment du Best Of fut consacré à Gersende et Francis Perrin. Je n’avais pas vu ce moment en direct, durant l’année 2012. J’avais dû roupiller, où nous étions sortis plus tard que prévu, ce samedi-là… je ne sais plus. Toujours est-il que j’avais entendu la maman de Jenfi me parler du fils de Francis Perrin, Louis. Elle avait vu une intervention de cet acteur chez Leymergie, dans l’émission qu’elle regarde le matin, si je me souviens bien… elle avait été touchée par l’histoire de ce papa d’enfant autiste. J’avais écouté. Mais sans chercher à me documenter par la suite sur le vécu de cette famille. Et là, ça venait à moi… là, un soir de vacances. Où la maladie de ma fille semble ne plus avoir d’emprise sur mon corps et ma tête…

J’ai vu plus qu’écouté. Le regard de Francis et Gersende Perrin, l’un envers l’autre, est probablement la chose qui m’en a appris le plus. Parce que tout était dit, là, dans leurs yeux. J’y voyais leur rencontre, leur amour, la naissance de leur fils, le choc, l’incompréhension… puis l’annonce du diagnostic, le combat, unis… le besoin de faire de cet incident de la vie une force et non un handicap… le couple qui s’en trouve renforcé… cet enfant qui donne un sens aux choses et qui apprend l’essentiel… ce besoin de se battre à ses côtés, de lui rendre le quotidien le plus facile possible… parce que dans ces deux regards, il y avait une incroyable certitude que cet enfant en valait tellement la peine… tellement…

Zoé, Julie et Manon ont regardé aussi… chacune était silencieuse, comme prise dans leur occupation, mais en fait, elles écoutaient… Manon était derrière moi, debout, accoudée au canapé… elle disait, tout doucement, « Il est comme moi, Louis »… puis « C’est un handicap fantôme, c’est vrai… »… elle a commencé à moins commenter quand Francis et Gersende ont abordé le thème de l’autonomie, du futur, de l’adulte que Louis pourra devenir… elle est partie se doucher, se mettre en pyjama… jenfi m’a apporté une tisane et Manon est venue me dire « Bonne nuit », la moue triste, le souffle saccadé… je me suis redressée du canapé et je lui ai demandé « Ca va pas Chérie? »… là, elle s’est frottée les yeux et j’ai entendu un « Non, ça va » étranglé, noué…

Je la connais pas coeur. Elle n’allait pas bien.

Jenfi et mon frère lui ont dit Bonne Nuit et ont vu qu’elle commençait à pleurer. Un « qu’est-ce qui se passe Manon? » de Jenfi a suffi à la rendre agressive et elle nous a tous envoyés promener…

On s’est tue.

Et je suis allée la voir dans sa chambre une fois ma tisane terminée…

Il est difficile de tirer les vers du nez de Manon. Elle ne lâche rien. Et il faut aller à la « pêche » pour obtenir un renseignement… j’ai donc procédé à l’aide du traditionnel questionnaire qui vise à dégrossir la situation : « C’est de moi qu’il s’agit Manon? J’ai dit ou fait quelque chose de mal? C’est Julie, Zoé ou papa? »… puis « C’est quelque chose qui est arrivé aujourd’hui, hier, il y a longtemps? »… « Ca a un rapport avec l’école, la rentrée au lycée qui t’angoisse??? »…. bref, il a fallu cinq minutes avant que je tombe sur le fond du problème et que je comprenne ce qui avait mis Manon dans cet état. Elle pleurait, me tournait le dos, enveloppée dans son duvet alors que j’étais assise sur le bord de son lit, à lui caresser les cheveux…

Louis sera autonome, selon ses parents, et aura une vie normale quand il sera adulte. Il aura un travail, un appartement… il se débrouillera seul… voilà ce qu’avait compris Manon. Et voilà ce qui l’avait mise en vrac. Elle ne se voit pas seule, chez elle. Ca la terrifie. Elle ne veut pas de petit ami non plus. Elle a gardé en tête le fameux 14 février où des garçons l’avaient attachée au fond de la cour de récré. Alors que c’était la fête des Amoureux. Si c’est ça l’amour, elle n’en veut pas. Elle a peur que Jenfi et moi attendions d’elle le même destin que ses soeurs. Un travail, un mari, une maison, des petits-enfants… elle ne sait pas si elle est capable de ça. L’école comme tout le monde, la maltraitance et l’intolérance à supporter, le brevet à décrocher… le Bac comme prochain défi… elle était d’accord. Mais après, elle ne sait pas… et elle ne veut pas l’envisager…

Je l’ai embrassée. Serrée contre moi malgré sa rigidité émotionnelle… je l’ai rassurée. Je sais au fond de moi, et depuis longtemps, que nous marchons sur des oeufs… que nous avançons, pas à pas… que certaines choses ont évolué au delà de nos espérances, à Jenfi et moi… et que d’autres coinceront sans doute… quoiqu’il arrive, nous serons là… et pour toujours…

Le petit vélo qui pédale dans ma tête chaque jour ne pense qu’à ça… il cogite, il prévoit, il anticipe… parce que sinon je risque de m’effondrer et que si mon esprit ne se prépare pas à toute éventualité, je ne sais pas si je pourrai m’enclencher… je n’ai pas peur, l’avenir lié au manque d’autonomie de Manon ne me terrifie pas. Je veux juste qu’on me permette d’y accéder… que la vie, la société, ne m’empêchent pas de faire en sorte que Manon soit entourée…

J’ai laissée s’endormir Manon, apaisée. Julie est venue vers moi pour savoir ce qui n’allait pas. Elle a compris. Elle m’a pris la main et m’a dit que quand nous ne serons plus là, Jenfi et moi, elle le sera. Et que Zoé aussi, sans aucun doute…

J’ai regardé la fin du Best of, un peu déconnectée, et vidée…

Et je me suis promise d’acheter le livre, dès que je pourrai, à mon retour…

On the road again

Je sais, j’ai trop regardé Pékin express… (Ludovic et Samuel, merci pour cette expression devenue culte… et merci tout court pour le bonheur procuré pendant cette émission!!!!)

J’adorerais faire Pékin express avec mon homme…

Bon revenons à nous. On part demain. Toujours la même destination, la Catalogne… coin de repos. Impression de chez soi. Attachement vicéral. Bref, le bonheur quoi…

Aujourd’hui, les préparatifs ressemblent toujours autant à ça….

Bon, je rectifie juste quelques trucs :

On a vieilli.

La maison a subi un relooking-Valérie-Damidoesque… on a fait avec les moyens du bord, hein…

On a perdu notre Chipie l’an dernier. Guimauve est venue sécher nos larmes…

On a encore mangé des frites ce midi. Mais pas dehors, car il pleuvait…

C’est tout je crois….

Il me reste à vous dire à bientôt, bonnes vacances à tous et merci pour votre incroyable fidélité malgré mon manque d’inspiration ces derniers mois…

Prenez-soin de vous….

Hunger games

J’ai pas vu le film. Je l’ai loupé en fait… je n’en avais absolument pas entendu parler. Pas même au Grand Journal que je regarde assidûment. C’est Julie qui m’a parlé du phénomène. Elle avait su par une amie de sa classe de terminale que c’était LA trilogie du moment. Bien moins cul-cul la praline que Twilight (pourtant, il y a cinq ans, Robert Pattinson servait de tapisserie à la tête de lit de Julie…)… elle est donc allée voir le film, avec son petit ami, avant de lire les livres ( que nous avons fini par acheter lors d’une promo chez Leclerc papeterie). Pendant ce temps, je me bidonnais devant le Marsupilami avec Zoé et Manon… et Jenfi sauvait le monde avec mon frère devant Battleship.

Equitable. Répartition logique…

Même si je me suis davantage régaler devant Prométheus et Blanche Neige et le chasseur…. deux mois après…

Mais revenons à Hunger Games. J’ai lu le Tome 1. Bien obligée. J’étais devant Winter’s bone, affalée sur mon canapé, un vendredi en deuxième partie de soirée. Je venais de dormir devant la fin de Kohlanta (classique… en fin de semaine, je suis une loque!)… Zoé et Manon étaient montées se coucher… Julie redescendait boire un verre d’eau gazeuse, après quelques révisions de lycéenne future bachelière… et jenfi faisait du Wow sur son portable dans un coin du salon, en attendant que j’émerge et qu’on monte dormir… il avait mis Canal+ en sourdine quand j’ai ouvert un oeil. Winter’s bone commençait. Je n’avais plus sommeil. J’ai regardé le début… (j’suis assez fan des films indépendants)…

Julie, qui sirote son Périer, et voit une jolie blonde apparaître à l’écran : « Oh mais c’est Jennifer Lawrence, le fille qui joue dans Hunger Games!!!! Elle est géniale!!! Bien mieux que Kristen Stewart dans Twilight… faut que tu vois ce film, Maman, ça te plairait… »

Moi, qui essaye de me concentrer sur le l’histoire du film brumeux sur Canal+ : « Bah on y retourne toutes les deux si tu veux? »… ça parle de quoi? »

Je suis très chiante. Je ne regarde jamais un film sans lire le résumé avant. Ca énerve Jenfi. Il dit que bien souvent, tout est dit dans le résumé et du coup, ça gâche le film. Pas d’accord. Moi, devant Inception ou Matrix, sans lire le résumé, bah je ressors avec l’impression d’avoir rien compris. En lisant de quoi ça parle avant, au moins, je pige. J’sais pas pourquoi je suis comme ça. Un défaut intellectuel de fabrication, je suppose. C’est comme les films d’espionnage. Faut toujours que je demande des trucs à Jenfi pendant le visionnage, trucs qui ont le don de l’énerver car il me dit à chaque fois « Mais t’as rien écouté ou quoi? ils l’ont dit au début, le méchant c’est lui là, bon sang!!! ».. En fait, c’est ça mon problème. Au début du film, mon cerveau est encore en mode mère-de-famille-qui-pense-au-planning-du-lendemain-ou-au-bidule-qu’elle-doit-pas-oublier-chez-Carrefour…. donc je me concentre à peu près 10 mns après le générique… et là, c’est foutu.

J’ai un petit vélo qui pédale tout le temps dans ma tête en fait. C’est pénible. Mais depuis que je suis maman, c’est comme ça…

Julie, expéditive : « Ca parle d’un jeu genre télé/réalité… sauf que là, pour gagner, tu dois sauver ta peau. Il ne doit en rester qu’un… »

Moi, vieille peau qui se souvient des films de son enfance : « Ah mais j’ai déjà vu un film comme ça, avec Gérard Lanvin!!! J’étais jeune, ça s’appelait comment déjà….ah oui! Le prix du danger!!! »

J’ai voulu montrer des extraits de mon nanar à Julie, via Youtube. Elle n’a rien dit, pour me faire plaisir. Mais c’est vrai que ça n’a rien à voir avec Hunger Games. J’ai le don de gâcher ce que ma fille considère comme un chef d’oeuvre. Elle est sympa, elle a juste dit « Ah ouais, c’est le même concept... »… poliment…

J’ai regardé Winter’s bones en entier, avec Julie et Jenfi. Chouette film, pas habituel… bien joué…

J’ai proposé d’aller dimanche matin voir Hunger Games mais notre CGR ne le jouait plus. Grosse déception pour Julie.

J’ai donc lu le tome 1. Et j’ai aimé.

Je viens de commencer le 2.

Le DVD sort le 18 août, jour où on fête les 18 ans de Julie.

Ce sera le petit cadeau approprié, histoire qu’elle ait quelque chose à développer de notre part. Car son vrai cadeau, elle l’a eu tout récemment, puisque ça englobait aussi sa réussite au BAC, qu’elle vient d’obtenir…

Julie est très cinéphile, comme moi. Comme mon frangin..

Il me tarde de m’affaler sur le canapé avec elle, à la lueur d’une bougie parfumée, avec ma chienne collée à mes jambes… pour découvrir Peeta et Katniss…

En attendant, j’entends la BO depuis la chambre de Julie… j’aime… ça me rappelle certaines mélodies de Kate Bush, que j’aime tant…

Go Véro!

Voici une bonne (ou une mauvaise) nouvelle : je compte reprendre mon activité de blogueuse…

Ici, c’est sûr. Car si je recommence ailleurs, sur un autre blog, sous un pseudo plus abrité, plus anonyme (chose à laquelle j’ai longuement pensé… je trouvais que j’en avais trop dit ici…!)… ce ne sera pas « moi ». Je ne sais pas être quelque d’autre, m’inventer une vie, tricher… autant continuer avec ce que je sais faire : raconter mon quotidien… même si en un an, je me suis longuement demandé ce que ce déballage virtuel pouvait avoir d’intéressant…

C’est vrai, y a pas plus « normaux » que nous 5!

Bon, c’est sûr, on a vieilli. Donc ce que je vais raconter va davantage toucher les quadragénaires en pleine crise de « moitié de vie », empêtrés avec leurs ados rebelles, saoûlés par leur boulot et désireux de réaliser enfin leur rêve professionnel, enrobés de kilos superflus donc joggeurs du samedi matin…

Bref, ça risque d’être un poil différent d’avant…

Même si mon ado à moi, l’aînée du moins, elle n’est pas rebelle du tout…

Même si mon boulot, je l’aime toujours autant…

Même si mes kilos en trop, je vis avec… j’ai fait la bêtise d’accompagner mon cher et tendre dans sa « croisade Dukan » y a un an, et depuis, je suis toute déréglée…

En fait, tout va bien.

On s’apprête à partir en Catalogne, comme d’habitude.

Je vous retrouve bientôt… avec un blog sans doute « relooké » …

Bonnes vacances à tous!

Mais où suis-je?

Toujours là. Fidèle au poste…

Merci pour vos commentaires, votre assiduité, votre présence…  infiniment… répondre à vos commentaires tant de temps après me parait moche, impoli, décalé… J’ai honte de mon silence, de mes passages furtifs sur ce blog… de mon détachement inexplicable face à ce confident virtuel, qui a pourtant su me vider de fardeaux trop lourds que j’intériorisais… tels que mon enfance,  ma fille différente, mes choix de vie…

J’ai tellement tout dit. Je me sens si légère en fait… si vide d’inspiration…

Tout va bien ici. Et je suis heureuse que pour vous aussi, ça aille bien!

J’ai pas changé grand chose dans ma vie : je suis toujours assistante maternelle. Je finis actuellement un contrat pour en enchaîner un autre à la rentrée (si tout va bien, c’est en négociation)… Je ne suis pas fâchée de le finir, ce contrat. Même si c’est rare que ce sentiment de libération occupe mes pensées quand je laisse un petit bout prendre son envol pour la maternelle… Cette année aura été difficile. Et mon silence ici est sans doute lié à cet investissement personnel dans mon travail, au niveau affectif, qui a remué beaucoup de souvenirs…

Je ne peux rien affirmer sur ce qui caractérise cet enfant. Je n’ai que des ressentis de maman qui a galéré des années avant d’avoir un diagnostic pour sa propre fille…  ce que j’analyse face au profil de cet enfant est plein d’ambivalence. Ca ne me fait pas peur, je décode ce petit bout, je sais comment il « fonctionne »… mais je semble isolée, seule, avec mon pressentiment. Comme si l’enfant que j’avais en garde n’était pas le même qui vit chez sa famille… comme si il était comme ça chez moi et pas ailleurs… comme si je cherchais la petite « bête »…. comme si je voyais le mal partout…

C’est dur à vivre. Des fois, je ne devrais pas chercher à creuser, à comprendre…  ça éviterait que je donne aux parents des raisons de s’inquiéter alors qu’il n’y en a sans doute pas…

Je suis vidée en fait. J’ai besoin de passer le relais et de voir ce que ça donnera en domaine scolaire…

Je me dis qu’il est temps que je redonne la liberté à cet enfant…

Sans doute ouvrira t-il la porte de la cage dans laquelle il semble vivre quand il sera scolarisé?… je lui souhaite un vrai déclic, un vrai épanouissement… vraiment… il le mérite.

Je dois me détacher de ce sentiment de déjà-vu que j’ai en moi… refermer ce chapître de la petite-enfance de Manon, ré-ouvert…

En fait, la vie est vache. Au moment où j’avais tout sorti de moi pour aller de l’avant… j’ai replongé dans un contexte similaire, sans le vouloir, à celui que j’ai connu il y a une dizaine d’années…

Et je pense que je ne suis plus capable, plus apte… à revivre ça…

Mon corps a vieilli. Mon mental s’est blindé.

Mais bon.

C’est mon métier.

De notre côté, strictement familial, tout va bien. Les épreuves de BAC approchent pour Julie. Le brevet pour Manon et l’inscription au lycée… la fin de la cinquième pour Zoé…

Il n’est pas si loin le temps où Julie rentrait en sixième… mince… qu’est-ce que ça file vite…

Je me rends compte que je parle de plus en plus avec ma fille aînée de FAC, d’éventuels entretiens d’embauche pour des jobs d’été, de concours administratifs… même si elle se lance dans un cursus universitaire de quatre ans, ce qui nous laisse donc le temps de voir venir…  elle imagine sa future vie, son travail, ses amours, son éventuel premier appart…

Et dire que je la revois sur les manèges, les joues rondes, la tignasse blonde, les yeux écarquillés… habillée en rose Barbie avec ses baskets à scratch… le nez qui coule, le sourire édenté… la main qui s’agite pour attraper le « pompon »…

On vivait à Paris, dans le 12ème arrondissement. C’était bruyant, gris sur les trottoirs, mais tellement plein de vie…

C’était « notre » vie, et c’était hier…

Je m’en veux tellement d’avoir envié les couples qui avaient des ados, quand je passais mes journées de jeune maman, en congé parental, à nourrir, veiller, promener, caliner… mes trois demoiselles… enchaînant bronchiolites, varicelles, gastros et nuits blanches qui vont avec… ne sachant plus ce qu’est une grasse matinée, une soirée sans rituel des bains, repas, couchages…

Je ne savais pas combien c’était là, le meilleur moment de ma vie..

Combien ma fatigue était saine.

Combien c’était mieux que de se sentir proche de la ménopause, du décompte de la famille qui se réduit à trois, deux puis une seule fille à la maison…

Bon, ceci dit, des ados, c’est génial, j’adore. Je dois même dire que si je pouvais figer le temps, là, tout de suite, ce serait l’idéal. Trois filles de bientôt 18, 16 et 13 ans, c’est que du bonheur. Probablement la tranche d’âge la plus intéressante au niveau relationnel…

Mais, bon si je pouvais recommencer à zéro, les avoir hautes comme trois pommes de nouveau…

Ce serait bien.

Je suis une perpétuelle insatisfaite.

Je ne changerai jamais.

A la façon de « Bref »…

C’est une émission diffusée dans le Grand Journal de Canal+, que j’affectionne particulièrement…

C’est cadré, rapide, tumultueux, authentique… on s’y retrouve tous un peu, forçément… ça me rappelle mes dix années à Paris… ça me fait rire…

Bref, j’aime beaucoup…

Alors sur ce concept je vais vite vous faire un tour d’horizon familial. Vous dire que je vous remercie, vous, qui êtes là à me lire… qui m’avez attendue… qui vous êtes inquiété… je ne sais pas quoi dire, j’étais tellement dans ma vraie vie…. Je vous connais si peu et vous semblez tant me connaître. C’est touchant et destabilisant à la fois… de savoir que vous passiez encore ici…

Bref, je vous remercie du fond du coeur, vraiment…

Sinon ça va plutôt bien, hormis une quarantaine avancée… qui commence à ressembler à un contrôle technique au fur et à mesure que je vais chez le médecin pour un bobo viral… serait-ce le résultat d’années de stress typiquement propre à mon esprit tordu?  De cogitation maternelle suite à la naissance de Manon? Suis-je en train de payer tout ce que j’ai gardé en moi? Mince… pourtant je l’ai vidé ici, mon sac… et je croyais bien faire…

La facture est salée. Check up… rien de grave.

Bref, je vais avoir 43 ans et je suis à l’âge où je dois rectifier le tir… (je vais reprendre Dukan, résolution 2012!)

Les filles grandissent. La première passe son bac L en juin. La deuxième est en troisième, vit avec sa dyspraxie, se donne à fond. La troisième se bat avec une encoprésie fuyante qui a laissé des traces anorexiques, légères…

Bref, ça va plutôt mieux qu’avant. Et je savoure ce répit.

Je suis toujours nounou, à fond. Et je vois là aussi que je vieillis. Plus la même endurance physique. Mental ok. J’adore mon boulot. Mais je ne peux m’empêcher chaque jour d’admirer les femmes qui deviennent mères à la quarantaine. J’en serais incapable. Après une journée passée avec les trois loulous, j’ai pas besoin de berceuse le soir. Une vraie loque qui ronfle devant le « Kohlanta » du vendredi soir, moment en famille pourtant sacré avec les pop-corns et le coca… c’est bien simple, pour cette saison, j’ai pas vu une seule fois qui a été éliminé (j’y ai survécu, je vous rassure). Comment font-elles pour les nuits, les bibs, les pleurs nocturnes??? Médaille, chapeau… je ne pourrais plus, c’est clair…

Bref, je me marrais de voir mes beaux-parents dormir devant ‘Thalassa » quand j’avais dix-huit ans. Ca y est, j’y suis… ça devait bien me tomber sur le coin du pif un jour…

Nous avons toujours notre petite vie bien réglée comme vous le voyez… rien n’a changé, si ce n’est qu’on est encore plus fusionnel qu’avant… et qu’on a l’impression de devenir de vrais « ours »… tellement on se suffit à nous-mêmes… on aime notre vie, on se contente des bonheurs tout bêtes du quotidien. On se réjouit autant d’une soirée plateau télé/pizza et DVD blottis à cinq avec nos bougies, nos boissons chaudes, nos carrés de choc et notre spitz sur les genoux… que d’une journée à Disneyland prévue en avril… ou que d’une virée au salon de la BD à Angoulême à la fin du mois…

Bref, on est pas compliqués…

C’est certainement grâce à cela qu’on mène plutôt bien notre barque.

Bref, ça roule.

Je vous souhaite à tous et toutes une très Bonne Année 2012.

Bref, soyez heureux!