Toujours là. Fidèle au poste…

Merci pour vos commentaires, votre assiduité, votre présence…  infiniment… répondre à vos commentaires tant de temps après me parait moche, impoli, décalé… J’ai honte de mon silence, de mes passages furtifs sur ce blog… de mon détachement inexplicable face à ce confident virtuel, qui a pourtant su me vider de fardeaux trop lourds que j’intériorisais… tels que mon enfance,  ma fille différente, mes choix de vie…

J’ai tellement tout dit. Je me sens si légère en fait… si vide d’inspiration…

Tout va bien ici. Et je suis heureuse que pour vous aussi, ça aille bien!

J’ai pas changé grand chose dans ma vie : je suis toujours assistante maternelle. Je finis actuellement un contrat pour en enchaîner un autre à la rentrée (si tout va bien, c’est en négociation)… Je ne suis pas fâchée de le finir, ce contrat. Même si c’est rare que ce sentiment de libération occupe mes pensées quand je laisse un petit bout prendre son envol pour la maternelle… Cette année aura été difficile. Et mon silence ici est sans doute lié à cet investissement personnel dans mon travail, au niveau affectif, qui a remué beaucoup de souvenirs…

Je ne peux rien affirmer sur ce qui caractérise cet enfant. Je n’ai que des ressentis de maman qui a galéré des années avant d’avoir un diagnostic pour sa propre fille…  ce que j’analyse face au profil de cet enfant est plein d’ambivalence. Ca ne me fait pas peur, je décode ce petit bout, je sais comment il « fonctionne »… mais je semble isolée, seule, avec mon pressentiment. Comme si l’enfant que j’avais en garde n’était pas le même qui vit chez sa famille… comme si il était comme ça chez moi et pas ailleurs… comme si je cherchais la petite « bête »…. comme si je voyais le mal partout…

C’est dur à vivre. Des fois, je ne devrais pas chercher à creuser, à comprendre…  ça éviterait que je donne aux parents des raisons de s’inquiéter alors qu’il n’y en a sans doute pas…

Je suis vidée en fait. J’ai besoin de passer le relais et de voir ce que ça donnera en domaine scolaire…

Je me dis qu’il est temps que je redonne la liberté à cet enfant…

Sans doute ouvrira t-il la porte de la cage dans laquelle il semble vivre quand il sera scolarisé?… je lui souhaite un vrai déclic, un vrai épanouissement… vraiment… il le mérite.

Je dois me détacher de ce sentiment de déjà-vu que j’ai en moi… refermer ce chapître de la petite-enfance de Manon, ré-ouvert…

En fait, la vie est vache. Au moment où j’avais tout sorti de moi pour aller de l’avant… j’ai replongé dans un contexte similaire, sans le vouloir, à celui que j’ai connu il y a une dizaine d’années…

Et je pense que je ne suis plus capable, plus apte… à revivre ça…

Mon corps a vieilli. Mon mental s’est blindé.

Mais bon.

C’est mon métier.

De notre côté, strictement familial, tout va bien. Les épreuves de BAC approchent pour Julie. Le brevet pour Manon et l’inscription au lycée… la fin de la cinquième pour Zoé…

Il n’est pas si loin le temps où Julie rentrait en sixième… mince… qu’est-ce que ça file vite…

Je me rends compte que je parle de plus en plus avec ma fille aînée de FAC, d’éventuels entretiens d’embauche pour des jobs d’été, de concours administratifs… même si elle se lance dans un cursus universitaire de quatre ans, ce qui nous laisse donc le temps de voir venir…  elle imagine sa future vie, son travail, ses amours, son éventuel premier appart…

Et dire que je la revois sur les manèges, les joues rondes, la tignasse blonde, les yeux écarquillés… habillée en rose Barbie avec ses baskets à scratch… le nez qui coule, le sourire édenté… la main qui s’agite pour attraper le « pompon »…

On vivait à Paris, dans le 12ème arrondissement. C’était bruyant, gris sur les trottoirs, mais tellement plein de vie…

C’était « notre » vie, et c’était hier…

Je m’en veux tellement d’avoir envié les couples qui avaient des ados, quand je passais mes journées de jeune maman, en congé parental, à nourrir, veiller, promener, caliner… mes trois demoiselles… enchaînant bronchiolites, varicelles, gastros et nuits blanches qui vont avec… ne sachant plus ce qu’est une grasse matinée, une soirée sans rituel des bains, repas, couchages…

Je ne savais pas combien c’était là, le meilleur moment de ma vie..

Combien ma fatigue était saine.

Combien c’était mieux que de se sentir proche de la ménopause, du décompte de la famille qui se réduit à trois, deux puis une seule fille à la maison…

Bon, ceci dit, des ados, c’est génial, j’adore. Je dois même dire que si je pouvais figer le temps, là, tout de suite, ce serait l’idéal. Trois filles de bientôt 18, 16 et 13 ans, c’est que du bonheur. Probablement la tranche d’âge la plus intéressante au niveau relationnel…

Mais, bon si je pouvais recommencer à zéro, les avoir hautes comme trois pommes de nouveau…

Ce serait bien.

Je suis une perpétuelle insatisfaite.

Je ne changerai jamais.

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