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bonne annee veve

Il serait plus que temps que je vous présente mes meilleurs voeux!!! C’est clair, je suis tout sauf une blogueuse assidue.

Je suis néanmoins une blogueuse émue et surprise par la gentillesse, l’affection et la fidélité que je lis dans vos derniers commentaires.

Vous êtes vraiment incroyables. Merci infiniment…

Une chose est sûre, prenez-soin de vous cette année!!! Y a que ça de vrai. Profitez de la vie, des petits moments simples qu’on a tendance à remettre à plus tard, mais qui sont tellement bons pour le moral…

Nous allons bien. Les filles grandissent et raconter leur quotidien devient si intimiste pour des ados de cet âge, que je me suis engagée vers un certain droit de réserve. Je ne poste donc plus grand chose (autant dire rien!!!). Parce que je « couve » tous ces petits bonheurs familiaux. Je les déguste égoïstement. C’est clair que c’est à l’opposé de ce que j’ai pu livrer ici… mais c’est sans doute un repli nécessaire, que j’opère aujourd’hui. Un repli consécutif à une mise à nu que j’ai voulu franche et sans compromis. Une mise à nu qui a eu pour conséquence de me prouver que je n’avais rien fait de mal, que j’étais une bonne personne… et que j’avais le droit de vivre enfin, maintenant. Sans aucune culpabilité…

Et j’y réussis bien.

J’ai bien sûr encore quelques failles. Quelques colères enfouies. Mais je ne veux pas les mettre ici. Elles sont trop vides de sens et ne vous apporteraient rien. Elles ne montreront de moi que le côté aigri d’une mère qui se bat pour la reconnaissance de l’handicap de son enfant, depuis qu’elle a compris qu’il y avait quelque chose qui cloche… comme on dit vulgairement.

J’ai appris à vivre avec. Nous l’avons tous fait, tous les cinq. Nous avons adopté un schéma familial, une façon de vivre adaptée à notre seconde fille, depuis près de 16 ans maintenant…

Mettre au monde une enfant atteinte d’autisme Asperger et ne le voir écrit sur un dossier médical qu’au bout de 16 ans est à la fois un grand pas et une grosse claque…

J’ai toujours su, en moi. Mais on m’a toujours interdit de formuler cet autisme que je pressentais, de le valider. La grande prématurité de ma fille, sa dyspraxie liée à cette naissance, permettaient aux différents médecins rencontrés de me redonner la force d’éduquer cette petite fille atypique, sans m’accorder le moindre doute sur un éventuel syndrôme Asperger. Ils me rassuraient, me détournaient de cette idée, m’affirmant qu’un jour, elle serait comme tout le monde. Que je ne devais pas baisser les bras.

C’était comme redonner un coup de clé dans le dos de la maman infatigable que j’étais devenue, dévouée à une seule mission : faire que ma fille devienne un jour comme tout le monde…

Elle ne le sera jamais.

Et c’est pas grave.

Elle est merveilleuse. Elle nous a apporté une richesse familiale énorme, une façon d’aborder la vie plus saine. Elle nous a rendus meilleurs…

C’est juste grave de nous avoir fait croire que ce n’était pas de l’autisme.

Et de nous permettre seulement de le faire aujourd’hui sous prétexte qu’elle ne risquera plus une exclusion du système scolaire normal… parce qu’une loi est enfin passée…

Je le comprends. Ca aurait été catastrophique de ne pas lui permettre d’accéder à l’enseignement normal. Elle est en seconde générale aujourd’hui et s’en sort très bien…

C’est juste que je suis en colère et je ne sais pas pourquoi.

Alors je ne veux pas cracher mon venin ici, en mots inutiles…

Il faut juste que je m’apaise.

J’ai vu une fiction-documentaire il y a quelques semaines, à la télé… ça s’appelait « Le cerveau d’Hugo » et j’ai demandé à nos proches de la regarder, si ils le souhaitaient…

Je me suis sentie comprise, moins seule. Et j’ai ressenti un sentiment de fierté d’être maman d’une jeune fille autiste Asperger.

Notre fille a regardé aussi, certains passages. Elle se sent valorisée depuis, et moins isolée également. Elle croyait qu’elle était la seule à souffrir de ce syndrôme. Elle avait l’impression d’être un monstre. Elle avait une très faible estime d’elle-même.

Voilà donc dans quel état d’esprit j’aborde l’année. Toujours heureuse dans ma vie privée, ma vie de maman… mais vidée.

Je n’ai pas été ménagée durant ses 16 années. On m’a beaucoup accusée d’être la responsable de l’état de ma fille.

Savoir que je n’y étais pour rien, c’est bien.

Mais pardonner, c’est dur.

Ca prendra le temps qu’il faudra. Je me connais. Je suis une écorchée vive. Je râle beaucoup. Je fonce pour un rien. Mais je finis toujours par m’apaiser.

Allez, j’arrête de me plaindre.

Portez-vous bien…

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