Routine

Ca y est, c’est parti mon kiki. Les emplois du temps scolaires sont pratiquement définitifs et mon cerveau de mère débordée arrive à peu près à les mémoriser. Je commence à prendre mes repères avec mes nouvelles gardes d’enfants. J’arrive à peu près à me lever le matin à 6h15 sans trop de mal, mais je loupe pratiquement chaque fin de film le soir.

Bref, on y est. Tout est ré-amorcé.

J’aime pas septembre, mais une fois que la machine infernale est lancée, ma mélancolie s’estompe. Les couleurs de l’automne me rappelle combien j’affectionne l’odeur des feuilles mortes et des châtaignes. J’apprécie le contraste des rosées matinale et nocturne, par rapport au semblant d’été qui règne en journée… je mets des touches d’orange et de marron dans la maison. Je re-mijote la soupe au potiron tant adorée par ma plus jeune fille. J’enclenche tous les rdv de médecins que j’ai eu la flemme d’honorer entre juin et septembre, comme si la sur-médicalisation du reste de l’année me donnait le droit à un répit…

Je suis repartie pour une année scolaire. Tout simplement…

C’est chargé d’appréhension mais quand le cap est passé,  je repars dans le vif de l’action.

En même temps je ne peux m’empêcher de penser que le temps file à grande vitesse. Ma fille aînée, Julie, passe la deuxième partie de son BAC L en juin 2012 et il me semble pourtant que c’était hier que je la voyais partir s’asseoir sur le banc de sa classe de maternelle, avec la gorge serrée et le pas intimidé…

Hier soir nous avions la réunion de la classe de troisième de Manon. Ca a parlé brevet, stage, orientation, futur lycée…

Zoé est en cinquième et pourtant son corps longiligne, et sa fragilité apparente me font oublier qu’elle a bientôt 12 ans…

Pris dans le tourbillon, je réalise combien on vit en ce moment nos derniers moments de vie à cinq… moments que je croyais acquis… que je voyais s’améliorer avec les années car vivre avec trois adolescentes offre une joie de vivre et un bonheur sans nom. Ce bonheur, je le visais tant quand j’étais épuisée par la petite enfance de mes trois blondinettes, par leurs maladies chroniques, par le dévouement maternel que cela impliquait… je me souviens être allée manger des fois chez des amis à nous, souvent plus agés que nous et dont la progéniture se situait entre 8 et 15 ans. J’arrivais avec mes trois filles, l’énergie de la plus grande, la lenteur inexpliquée de la deuxième et le stade nourrisson de la dernière. J’étais heureuse de profiter d’un moment convivial, d’un bon repas. De découvrir une belle maison où tant de projets avaient été investis alors que Jenfi et moi vivions en location et en appart. La décision de prendre un congé parental depuis la naissance de Manon avait bouleversé notre équilibre budgétaire. Je regardais cette famille évoluer et je me demandais quand est-ce que la vie m’accorderait ce même repos d’esprit (des enfants autonomes et en bonne santé)… quand est-ce que j’aurais un répit financier et un espoir d’avoir un vrai chez moi (je rêvais de maisons typiques de banlieue parisienne, coincées au fond d’une impasse, dans une cité dortoir non loin d’un parc d’attraction américain)… ce moment n’est jamais arrivé et je pense que j’ai accepté cet état de fait au fil du temps. Par fatalité. J’ai décidé que le bonheur était ailleurs et que même si durant toute mon enfance tourmentée, j’avais rêvée à la famille idéale, à la maison avec jardin et au chien réconfortant que je n’avais jamais eu… je n’étais pas si loin du compte.

J’ai une famille formidable. Je pense que la seule chose qui est difficile pour moi, et que je paye aujourd’hui, c’est le manque de tranquilité d’esprit. Et l’absence de libre arbitre. J’ai l’impression de ne jamais avoir eu le choix de rien… que j’ai toujours dû « faire avec »…

En même temps, on ne récolte sans doute que ce qu’on a semé…

Plus je vieillis et plus je me dis que la vie n’est faite que d’opportunités, de décisions prises au bon moment… plus j’avance, et plus je prends les « rdv manqués » comme un signe, comme quelque chose qui ne devait pas se faire parce qu’il y aura mieux après…

J’avais tendance, jeune, à provoquer les choses pour bâtir la vie que je voulais. J’ai eu tout faux. J’aurais dû laisser faire le hasard. J’étais pleine de hargne et de revanche à prendre sur une enfance volée… j’avais cru bon de me jeter dans une espèce de réparation, que moi seule était capable d’enclencher… de par ma volonté de sortir de mon contexte familial…

Plus ça va, plus je me dis que j’ai eu tort.

Arf, la quarantaine et son besoin de bilan, la croisée des chemins… le fameux carrefour de la moitié de vie déjà entamée… et l’envie de ne pas louper ce qui reste à faire…

Si seulement j’étais sûre de pouvoir un peu penser à moi, dans les années à venir…

Tant de gens me disent que la fatigue nerveuse, les soucis, l’angoisse, agissent sur la santé et que je me promets de beaux jours si je continue à veiller sur ma progéniture comme une mère effarouchée…

J’aime le conseils de ceux qui ont des enfants en bonne santé….

La vie continue…

En attendant, je me réjouis du salon Animasia qui approche et du stand de BJD que tiendra ma Julie…

….De la visite de ma famille bretonne, puis normande à la Toussaint… je re-décore la maison, le jardin, par des touches insignifiantes de peinture, de verdure…Je me vide la tête en balladant ma chienne dans les herbes hautes du parc à côté de chez moi… à défaut de m’inscrire dans une salle de sport… je regarde des DVD quand mon corps n’en peut plus et m’oblige à l’inaction, à l’absence de ménage dans la maison…

Je mène une vie simple quoi… pleine d’amour et de fusion familiale…

Je mène ma barque quoi, du mieux que je peux…

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Rentrée

Ce mot me donne le blues, chaque année. Je ne supporte pas la rentrée des classes, ce qu’elle génère en énergie, en rythme, en anxiété… en frais. J’ai lu quelque part que celles et ceux qui vivaient mal ce moment de l’année, reportaient leur propre angoisse de rentrée scolaire, vécue dans leur enfance… comme si c’était de vieux souvenirs de maux de bide et de peurs de l’inconnu, qui revenaient à la surface…

Pas faux.

Je ne fais pas partie des mamans qui crient un grand « ouf » quand les vacances se terminent. Ma progéniture ne m’a jamais posé souci, qu’elle soit petite en âge, ou grande. J’ai toujours aimé voir mes filles se reposer le matin, les entendre descendre à pas de chats pour prendre le petit dej, les cheveux en bataille… les sentir là, près de moi. Prévoir des sorties promenade, ciné, shopping ou visite chez des amis ou des membres de la famille… ne pas avoir d’heure pour manger, se laver…

Prendre le temps, les voir évoluer… c’est un bonheur si simple mais si important pour moi.

Là il va falloir courir après le temps… manger à heure fixe… gérer le renouvellement du Plan de scolarisation de Manon (sa dyspraxie étant enfin reconnue, j’ai plus de cartes en mains pour l’aider, mais aussi plus de contraintes médicales à assurer)… je n’ai plus l’énergie d’avant pour recommencer, je me sens lasse. J’aimerais que tout s’enchaîne comme dans une famille normale. Sans me dire qu’il faudra re-convoquer le médecin scolaire, réunir les profs pour les mettre au courant des difficultés de Manon… j’ai des devis à faire pour l’achat d’un netbook par la MDPH, une ergothérapeute à re-contacter vers janvier, quand les aides aux soins seront octroyées… un kiné à revoir chaque mercredi…

Avant je fonçais, me reboostais.

Là j’ai plus envie.

Marre.

J’ai décidé d’aller à la piscine le mercredi matin, une heure. Pour éliminer ma rage.

Je pense que je suis en rébellion.

Contre quoi, j’en sais rien. Mais ma coupe est pleine en ce moment. Et j’aimerais bien savoir pourquoi maintenant… et pas avant….?… ou plus tard?…

Je savais qu’un jour les forces m’abandonneraient. Ca arrive juste à un moment de ma vie où je ne peux pas tout envoyer en l’air… remettre les pendules à l’heure… changer de cap…

Je me sens comme emprisonnée dans une cage… un rôle… à vie…

Peut-être que c’est ça, avoir 42 ans. C’est faire le bilan. Et refuser ce qui ne va pas… parce que le temps file…

Toujours est-il que je sais ce qui cloche. A moi de trouver les moyens de continuer ma route, sans penser à mes choix personnels…

C’est ça le souci. C’est que pour la première fois de ma vie, j’ai envie de penser à moi… et rien qu’à moi…

Back

Back from holidays…. back from my retirement…

Back tout court…

Je suis revenue, d’un peu partout. Pas forçément plus en forme, ne vous attendez pas à une nouvelle Véro, je pense qu’il faut faire une croix là-dessus. En vieillissant, on s’améliore sans doute, on s’embête moins avec les broutilles. On va droit au but et on se dit qu’au milieu du chemin, il serait temps qu’on profite de la vie. Ca c’est sûr. Je suis moins prête à recevoir des conseils, des « Tas qu’à faire ceci ou cela »… J’ai passé l’âge, je crois. Mais pour le reste, je suis toujours la même.

Je pense même que je ne cherche plus à changer : Pourquoi faire, et pour qui?

Je me le demande. J’ai passé ma vie à tenter de voir en l’autre un minimum de considération, d’approbation. Je cherchais une lueur dans le regard d’autrui qui me confirme que je suis « quelqu’un de bien »… j’avais besoin de ça pour avancer. A l’heure d’aujourd’hui j’ai perdu ce besoin de plaire à tout le monde. J’ai fait le deuil de ça. Difficilement, c’est sûr, car des fois cette lueur n’est jamais venue dans le regard de ceux que j’espérais. Tant pis. C’est comme ça. Mais ça m’a fichu un coup. Malgré tout.

Hier j’avais rdv au CAMSP (le service qui suit les grands prémas à l’hopital de Bordeaux)… rdv annuel, pour reconduire le programme d’aide scolaire de Manon (Davantage de temps pour les évaluations, dispenses de certains sports, etc…)… et pour relancer aussi l’allocation d’handicapée que nous touchons pour faire sa kiné, la psy, etc… Ca c’est bien passé, comme prévu. On repart en croisade encore pour cette nouvelle année scolaire (elle rentre en troisième)… on espère tomber sur des profs compréhensifs… on relance la MDPH pour que l’allocation couvre l’emploi d’une ergothérapeute…. (avec le temps que ça prend pour statuer, on aura sans doute l’aide de l’ergo pour son entrée au lycée… arf, ce serait déjà  bien)… bref, la routine. Même si c’est jamais une partie de plaisir. On vit avec le « handicap » chaque jour de notre vie. On l’apprivoise, on arrondit les angles. C’est d’autant plus facile quand c’est un « handicap » invisible, que nous sommes les seuls à décéler, à accompagner, nous, la famille proche de Manon. Néanmoins, j’ai de plus en plus de mal à justifier ce handicap. A expliquer pourquoi Manon fait ceci et pas cela…

J’en ai marre. Plus l’envie ni la force. Avoir enfin un papier officiel de la MDPH depuis mars dernier a bouleversé ma sympathie, ma facilité à brouiller les pistes. Avant ce papier, je faisais tout pour que le quotidien de Manon soit facilité, usant de ruses, de petits trucs pour que tout semble normal aux yeux de notre entourage, et pour que Manon soit épanouïe… ça demandait beaucoup d’effort, de sang froid… je prenais ça à mon compte, étant mère au foyer depuis sa naissance, j’avais eu le temps d’apprendre ce rôle… je laissais volontiers les autres me prendre pour une mère sur-protectrice, une louve, une flippée… (j’avoue être de cette race, néanmoins… mais tout de même, j’avais le dos large des fois, comme on dit chez moi…)… c’était bien que je sois le bouclier de Manon. Du moment qu’elle allait bien, peu importe ce que je prenais en réflexions. C’était pas si grave. Et puis après tout, on n’avait aucun diagnostic, on nous donnait juste le mot « séquelles de grande prématurité » comme carte de visite et on devait faire avec… j’avais aucun moyen de défendre ma façon de l’élever.

Le jour où on vous annonce dyspraxie, comportement de type autistique, qu’on vous verse une alloc handicapée, ça change les paramètres. Tout le château de cartes s’écroule. On ne veut plus faire semblant que tout va bien.

Bizaremment, je n’étais plus apte à en prendre plein la tronche.

En gros depuis mars, je ne supporte plus qu’on me taxe de protectrice, de flippée, de mère qui empêche l’autonomie de ses enfants. Je suis très en colère. Je n’arrive pas à comprendre que cette étiquette soit toujours là alors qu’un papier officiel de la MDPH prouve que je n’ai pas adopté cette attitude pour rien.

Je suis fatiguée d’être lisse, gentille, aimable.

Entendre encore que la personnalité de Manon est en partie le résultat de mon éducation me blesse énormément. Avant je le tolérais, maintenant je le rejète en bloc. Pourquoi me faire porter cette responsabilité? Est-ce si dure pour un membre de la famille d’admettre un tel diagnostic? est-ce plus facile de croire que j’ai freiné son évolution de par ma sur-protection, que d’admettre qu’elle ne sera jamais comme tout le monde?

Je veux souffler.

Je le fais depuis trois mois, j’ai comme des ailes qui ont poussé dans mon dos.

Je suis soulagée d’un tel poids si vous saviez… je me sens si libérée…

Le souci est que le regard des autres sur mon rôle de mère est le même.

C’est d’autant plus dur quand ce sont des proches.

J’ai dû taper fort, chialer, expliquer, dire ce qu’on avait enduré… et que desormais, je ne veux plus qu’on soit sur mon dos…

J’espère juste qu’on ne me taxera pas de dépression, de craquage.

Car c’est tout sauf ça.

En fait, c’est comme si tout commençait enfin à aller bien… pour moi… mais pas pour les autres, qui ont enfin la preuve que Manon n’est pas une enfant comme les autres… c’est comme si le ciel leur tombe sur la tête…

Pas simple…

Mais fallait s’y attendre…

News

Premièrement, tout va bien. Là-dessus, aucun doute. Je n’ai pas pris le large suite à un souci familial. Nous sommes en forme, et à la limite, c’est à cause de ce bien-être, que j’en ai profité pour déserter la blogsphère, et vivre à fond…

Je sais, c’est égoïste. Ca laisse présumer que je n’écris et ne donne des nouvelles que dans le desespoir, les coups durs… et que quand ça m’arrange… Ce n’est pas totalement vrai. J’aime aussi écrire quand tout va bien, même si j’en tire quelques scrupules… quelques difficultés à avouer que je n’ai rien à déplorer…  ma relation au « bonheur » est encore des fois bien compliquée… c’est sûr…

Les filles vont bien. L’une (Julie) passe son BAC en ce moment et le gère plutôt pas mal (elle passe 4 épreuves cette année, et fera le reste en terminale l’année prochaîne. C’est ainsi pour sa section L. C’est comme « coupé en deux »…)… celle du milieu attend avec impatience les vacances car elle montre des signes de fatigue et de ras le bol face aux performances qu’on attend d’elle. Elle se donne du mal, mais a des fois envie de lâcher prise. C’est bien normal. Les séances avec la psy donnent de bons résultats. Elle commence à comprendre qu’il faudra partager certaines parties de sa vie avec autrui, s’ouvrir aux autres. Ce n’est pas forçément la chose qu’elle aime faire mais elle se plie aux règles… docile, vaillante. Comme toujours avec Manon… la dernière (Zoé) a fait une bonne sixième malgré une adaptation difficile à ce monde d’ados dont elle se sent exclue (elle mesure 1m32, pèse 28 kgs)… elle peste contre la bêtise de certains à la traiter de bébé et à la chahuter plus que les autres. Elle a du répondant en temps normal, puisque c’est une personnalité colérique et intransigeante… mais c’est uniquement envers nous qu’elle reste elle-même. Paradoxalement, elle s’efface au collège…

Je finis donc l’année scolaire en ayant le sentiment d’avoir été un « punching ball« … j’ai servi à évacuer beaucoup de tensions scolaires, de rogne contre certains individus, de fatigue morale et physique… je trouve que j’ai pas mal géré ce rôle. Il faut dire que Manon a énormément fait d’effort d’autonomie cette année, comme pour me laisser m’occuper de sa plus jeune soeur. Ca m’a soulagée. Je ne pouvais pas être partout… surtout que Zoé pompe beaucoup mon énergie, tant elle est excessive…

Et puis j’en avais plus envie non plus (d’être partout)… il m’arrive de vouloir qu’on me laisse un peu souffler… car j’ai besoin de changer d’air. De reprendre des forces. Je sais trop combien l’arrivée de la classe de troisième, avec le stage professionnel et le brevet qui l’accompagnent, va être un bouleversement pour Manon… je ne sais pas trop à quoi m’attendre, vu les progrès relationnels qu’elle effectue en ce moment. Je reste donc confiante, mais réservée…

Je sais que Manon peut vite partir en vrilles quand elle se sent incapable d’y arriver…

Let’s see...

Chaque chose en son temps, comme on a coutume de dire… Voilà ma nouvelle philosophie. Pour l’instant, la prochaîne étape se résume en un mot : « vacances ». Nous allons nous ressourcer en Catalogne. Départ dans 17 jours… nous allons profiter de la mer et du soleil, nous reposer… il sera bien temps d’attaquer la rentrée avec la « lourdeur » et la « grisaille » qui risquent de l’accompagner : Classe de Terminale pour Julie, Troisième pour Manon, Cinquième européeene pour Zoé, nouveau boulot et nouvelles horaires pour Jenfi, nouveaux contrats de garde d’enfants pour moi…

Nous avons vécu un répit. Là, depuis janvier.

Ca nous a fait un bien fou.

Il nous reste deux petits mois à savourer, encore…

Ensuite, il va falloir reprendre les aléas du quotidien et des changements de vie qu’il comporte.

Promis, je me sens de nouveau d’attaque à vous faire partager tout ça…

En tout cas, merci de m’avoir attendue…

Excuse à deux balles…

Je ne donne plus de signe de vie. Pourtant il s’en passe des choses dans mon quotidien. Mais j’ai comme le sentiment que la banalité des faits n’ont plus rien à faire ici…

Donc je reste silencieuse. A vivre ma vie de maman comblée, d’épouse, de nounou… que vous avez appris à connaître…

Néanmoins, écrire me manque. Et comme on dit, plus on attend, plus c’est dur de s’y remettre…

J’ai donc trouvé un moyen de voir si l’inspiration était toujours là, en moi, en ouvrant un nouveau blog… plus ludique, moins prise de tête… et surtout moins intimiste… il a pour sujet la nouvelle boule de poils qui partage notre vie…

J’ai fait 6 billets en 24h… profitant de ma journée de repos… une vraie vorace de « mots »… de choses à dire…

Je pense que du coup, j’ai compris combien j’étais en manque d’ici… et de vous…

Donc promis, je reprends du service. Je choisis mal mon moment, je suis bientôt en vacances d’été. Mais dans un sens, ça me permettra de vous en raconter un peu plus à mon retour…

(A tous ceux et celles qui passent encore ici, merci d’être là… toujours…)

Quoi de neuf?

Bah rien, que du vieux, j’serais tentée de dire…

Ca va. Si on considère le tremblement de terre au Japon, le nuage nucléaire qui va passer au dessus de nos têtes demain (si si, ils ont dit demain, aucun risque qu’il soit passé avant voyons…), la guerre en Lybie, la montée du Front National… je peux affirmer que tout va bien chez nous.

J’applique la méthode du « On ne peut pas se plaindre vu ce qui se passe dans le monde, hein? »

Ouais. Je relativise. Tous ceux que je croise en ce moment et à qui je demande « Comment ça va? » me répondent d’emblée : « Arf, bah on a quelques soucis mais de voir les infos, bah on relativise tu sais… »

Ok, relativisons…

Je vous disais donc, que du vieux… si ce n’est que :

On a des nouveaux pensionnaires poilus à la maison : une rate bleue US (une Ratatouille quoi, faites pas exprès de pas comprendre… allez, rappellez-vous… y a eu l’effet Némo, tout le monde a acheté un aquarium et a mis dedans le poisson fétiche que leur gamin réclamait à corps et à cris, hein?… pis y a eu l’effet Ratatouille (un peu tardif je l’avoue, mais bon, fallait le temps de faire les bons croisements génétiques…)… et donc, ma Julie, elle rêvait d’une Ratatouille femelle… et hop, rêve exaucé)…

Elle est mignonne cette rate. Adorable. J’étais sceptique, je l’admets. Je suis un peu de l’ancienne génération qui pense que rat = égoût, saleté, longue queue rebutante, bestiole vecteur de microbes, etc… bref, j’avais des à prioris, comme on dit. Mais je ne suis pas quelqu’un qui campe sur ses positions. Je veux bien qu’on m’apporte la preuve que j’ai tort. Si si. Je laisse la chance aux autres de me prouver que je me plante…

Et bah là, je me suis bien plantée. Cette rate domestique est une sacrée petite boule de poils. Elle répond à son prénom (bon ok, à une intonation)… elle fait ses besoins dans sa cage, jamais sur les épaules de ma fille sur lesquelles elle peut passer deux heures à dormir… Elle ne ronge rien (ah enfin un rongeur intelligent! Tous mes anciens lapins nains, chinchillas, octodons m’ont bouffé les fils électriques, plinthes et plasticages de leur cage!!!)… elle nous lèche les mains…grince des dents quand elle jubile… joue avec les peluches qu’on lui tend… non mais sans blague? C’est quoi ce bordel?

Je suis vraiment bluffée.

Tellement bluffée que j’ai craqué à la demande de Zoé qui voulait aussi une rate (arf, elle fait tout comme sa grande soeur…) en argumentant faiblement : « Non t’es trop jeune pour t’en occuper seule, je suis ok pour des souris par contre »…

Et vlan, deux souris femelles sont venues compléter cette frénésie d’achat de rongeurs dits détestables, infréquentables…

Je comble. J’anticipe en fait. Notre chienne est atteinte d’une maladie paradontale qui s’aggrave… tous les antibios donnés depuis neuf mois, date de son dernier détartrage, échouent lamentablement et amplifient l’odeur nauséabonde de sa bouche pendante…

On tient le choc parce que la conduire chez le véto pour l’euthanasier est au dessus de nos forces pour le moment… on sait que ses organes vitaux sont en forme. C’est tout de même inconcevable de la faire piquer pour une fichue infection buccale qui touche maintenant les deux yeux et les oreilles…

Mais va falloir qu’on prenne une décision, rapidement. Le véto nous a dit qu’il attendait notre signal.

Pour l’instant, on se voile la face et on se détourne du problème en gazouillant devant une rate bleue et deux souris bicolores…

Comme on dit chez moi, on est pas en progrès, hein? … on régresse, on s’infantilise…

Serait-ce une façon de survivre à la réalité… de ne pas regarder les choses en face… de se mettre dans une bulle et de nier le contexte extérieur?

Sans doute.

Dites-moi, vous faites quoi vous pour ne pas déprimer devant les infos?

Tsé…

Je sais, je me fais rare. Je réponds même plus à mes coms. J’suis une blogueuse à deux balles, ça devient pitoyable. Le questionnement sur la survie de mes bafouilles virtuelles ne cessent de me causer des noeuds au cerveau… typiques d’une femme-qui-s’en-pose-des-questions-métaphysiques-j’vous -jure…

Faudra qu’un jour je sache sur quel pied danser. Ca me fera du bien aux neurones.

Bon, parlons un peu de mon couple. Ca changera des mouflettes, qui vont très bien alors profitons-en…( Arf, si ce n’est une opération de 4 dents de sagesse pour Julie, un bilan avec la psy de Manon, et un sérieux recul encoprésique pour Zoé depuis un mois, engendrant une sur-consommation de couches nocturnes qui me perturbe…. la routine quoi)… mon couple ne déroge pas à la règle du 14 février. Vous savez, le fameux jour où on fait mine d’en avoir rien à cirer, parce qu’on se dit que c’est une journée comme les autres, rendue bêtement commerciale… qu’on a pas besoin de ça pour se dire je t’aime, patati-patata… bref le jour où on crie haut et fort qu’on s’en tape de la St Valentin… sauf que si le petit mari il revient pas avec au moins une rose rouge le soir, où si elle fait pas un bisou en rentrant au lieu d’aller direct vers son ordi… bah là on fait la gueule. Si. Quand même un peu…

Mon couple est donc un couple comme les autres. Qui refuse de se faire un cadeau pour fêter les amoureux, parce mince ça fait suer un mois après les fêtes de remettre ça… qui ne va pas au resto en tête à tête parce que ça ne lui vient pas à l’idée de laisser seuls ses enfants… bref, un couple dans la moyenne nationale. Qui s’aime chaque jour de l’année, tout simplement.

Cette année, on a fait une entorse à notre régime. On est allé au resto. Trois jours avant le 14. Parce qu’on ne voulait pas imposer du baby-sitting le soir du 14 à notre aînée fraîchement opérée de ses quenottes… le matin même…

La responsable de cette entorse? Une smartbox offerte à Noël. Une bonne idée. Car on a jamais l’argent pour s’offrir ce genre de tête à tête… parce que y a d’autres priorités… On a choisi un resto québécois (notre autre choix était un resto indien car on adore ça Jenfi et moi… mais y avait pas sur Bordeaux, en convention Smartbox…)

Donc j’ai réservé … toute contente. Pour 20h.

Il avait fait beau toute la journée. J’avais même profité de la terrasse et du jardin avec les petits que je garde… il régnait dans l’air un parfum de printemps… une envie d’ouvrir grand les fenêtres, de mettre le nez dehors. Ca tombait bien. Je suis casanière. J’ai des fois la flemme de sortir le soir. Une vraie mémère. Là, j’étais partante. Comme j’ai fini tard ma journée de boulot, Jenfi est allé au Drive pour les filles, et on a filé en leur conseillant de se vautrer devant Océans qui passait sur Canal… de vrais parents indignes… on les a laissées se débrouiller. On avait faim…

Le resto était petit, coincé entre un hotel et un autre endroit pour manger, face à une petite zone commerciale. On a garé la voiture dans la fameuse zone et on a marché tranquillement jusqu’à la terrasse du Québec Music café… ça me fait toujours drôle d’être « qu’avec Jenfi ». Je me sens légère. J’ai pas Zoé qui m’accroche le bras et s’inquiète dès que je traverse la rue… Julie qui me parle de sa journée de lycéenne.. Manon à chercher des yeux des fois qu’elle soit dans le sens opposé de là où on va… y a que moi à penser… pas de poussette double à pousser avec un loulou accroché à ma droite qui peine à monter les trottoirs… et me regarde avec le bonnet sur les yeux et le nez qui coule… je me rends compte qu’avoir l’esprit libre est un luxe pour une mère de famille…

On est entré. Le resto ressemblait à un chalet en bois version ma-cabane-au-Canada. Y avait un élan en peluche qui se balançait sur un rocking chair à l’entrée… des plaques numérologiques décoraient les murs lambrissés… 5 pendules à l’heure de Vancouver, Toronto, Winnipeg, Montréal et Pessac nous emportaient vers ailleurs… (arf, Winnipeg, moi qui venais de revoir  le film Snow cake une semaine avant… et Toronto, là où se déroule l’action du film Chloé que j’allais découvrir le lendemain même… film conseillé par mon frère, parce qu’il parait que c’est « mon style », et qu’en plus ma fille Julie ressemble un peu à Amanda Seyfried)… bref l’endroit était chaleureux. Deux grands écrans plats diffusaient du Super Bowl (auquel je ne comprends rien) d’un bout à l’autre des deux salles de réception, bien remplies de convives… une petite serveuse toute menue, brune, jolie est venue vers nous et on a confirmé avoir réservé… elle nous alors dit « Bon les réservations Smartbox, c’est là-bas »….

Là-bas, c’était le coin des Smart-boxers. Que des couples (4) enfilés les uns à côté des autres à raison de 60 cms d’espace entre chaque table… un côté banquette marron le long du mur, une chaise en bois de l’autre… Jenfi m’a laissée me vautrer sur la banquette. C’est simple, toutes les smartboxeuses squattaient la banquette, les mains croisées sous le menton, avec le menu à plat sous leurs coudes… les hommes étaient en face, en train d’énumérer les plats. Classique : l’homme a faim, la femme dévisage ses consoeurs… arbore un rictus de politesse mais n’en pense pas moins… les questions se posent dans la tête de la smartboxeuse trentenaire, bien maquillée, tirée à 4 épingles, voisine -elle fait vielle, sont-ils mariés??… arf, oui y a des alliances au doigt… ça va parler de leurs mômes toute la soirée… le truc bien chiant…-… Jenfi se fichait royalement de qui était assis de chaque côté de notre table. Il avait déjà choisi son apéro et son plat quand j’étais enfin débarrassée de mon manteau et de mon sac à mains…

J’avais pris soin de mettre mon portable près de mon verre. Des fois que Julie veuille me joindre. Au cas où. La mère flippée quoi, qui sort jamais sans sa progéniture.

Jenfi, affamé : « Bon alors, tu prends quoi?… »

Moi, tout juste en train de réaliser que y avait un menu spécial pour les Smartboxeurs : « Euh, bah entre le kir à l’érable ou la bière à l’érable… je vais prendre le kir… »

Pas trop dur. Toutes mes consoeurs smartboxeuses avaient leur kir sous le pif. Je ne faisais pas original…

Et tous les mecs avaient la chope de bière entre les mains.

Jenfi : « Moi je prends une bière, des ribs, une poutine… et un crumble aux canneberges »

Moi, ignare : « Un crumble aux quoi??????… nan, moi je prends le choco-poire… pis un hamburger Grizzli… et une poutine… et un kir »

(Enfin dans le desordre…)

Jenfi : « des canneberges, ce sont des fruits rouges… autant faire original, le choco-poire, je connais »…

Arf les hommes…. il faut toujours qu’ils prennent des trucs originaux quand ils vont au resto. Genre le truc qu’ils ne mangent jamais alors là c’est l’occasion ou jamais. Les femmes sont plus dans la sécurité, dans le terrain connu. Elles veulent » bien manger », pas tester.

La serveuse est venue, toute dynamique. Elle a pris la commande. Jenfi et moi avons alors entrepris un tour visuel des lieux et du propriétaire. Le patron (québécois) était au bar, à servir ses clients. Au téléphone, sa voix était similaire à celle de Louis, le cuisinier canadien. Mais maintenant que je l’observais de loin, je trouvais que c’était Bruce Willis avec quelques centimètres en plus et une bedaine plus laxiste… (après tout, j’en sais rien, il est peut-être grand Bruce Willis? Moi je le vois de taille moyenne, j’sais pas pourquoi…)… il avait l’air sympa. Pas de grand sourire mais un air sympathique.

Après avoir dévisagé le resto, les convives de la table de 20 de derrière Jenfi qui rigolaient bien et trimbalaient une petite louloute de 6 mois de bras en bras autour de la table… un bébé magnifique… j’ai entrepris la lecture des souvenirs divers coincés sous le plexi de ma table… des photos enneigées… des cartes géographiqes découpées… des capsules de bières canadiennes… c’était original… voir toute cette neige sur des photos persos me donnait des frissons… j’avais la fatigue de ma semaine dans les pattes et une envie furieuse de me remplir de bonne bouffe… l’apéro est arrivé, accompagné de tapas (Oignons frits, poulets à l’os, nuggets de fromage, avec une sauce mayo et une autre Barbecue)… on a trinqué, sous l’oeil amusé de nos voisins qui avaient dû le faire 10 mns avant nous…. j’ai apprécié le goût du kir, et Jenfi celui de sa bière. On a échangé pour goûter, comme des gamins… on se savait épiés mais on s’en fichait. le brouhaha ambiant ne permettait pas de bien comprendre nos paroles… on voulait juste faire partie du paysage et passer une bonne soirée…

C’était sans compter sur la maladresse de mon homme, Mr bean dans l’âme. Jenfi était en train de regarder un truc accroché aux murs lambrissés quand il a reposé sa bière devant lui et que celle-ci a perdu l’équilibre… comme posée sur un morceau d’oignon frit ou je ne sais quoi… il a alors eu un super réflexe de survie (merde, une si bonne binouze!!!) et a fait un numéro de jonglage avec sa chope de telle sorte qu’elle n’est pas tombée sur la table mais elle a juste fait un va et vient entre ses deux mains, avant de se poser convenablement devant lui… arrosant au passage nos deux tables voisines, le sol, le jean et le pull de Jenfi… j’ai rigolé avant de m’inquiéter de l’éclaboussage provoqué sur mon voisin de droite, sosie de Patrick Bosso avec les lunettes et l’accent bordelais en plus…

Le faux Patrick Bosso : « Non, vous inquiétez pas, on a presque rien reçu!!! C’est plutôt votre ami, il a le pull et le jean ruinés!!! Il peut re-demander une bière si il veut? »

J’ai souri. J’ai pensé, nan, on ne veut pas abuser. Mon « ami » va finir ce qui lui reste dans son verre et attendre que ses vêtements sèchent. Il est habitué à être mouillé. Il est maladroit de nature.

Comment pouvait-on penser que Jenfi pouvait être mon ami? J’ai dû avoir une tête interrogative pendant une minute car Jenfi a pas pu s’empêcher de me dire : « Bah à quoi tu penses??? »

J’allais pas lui dire que le chauve d’à côté avait sûrement dû croire que nous étions deux divorcés en quête de seconde union… ça n’aurait pas été discret et puis comme la plupart des smartboxeurs présents avaient l’air de sortir tout droit d’un speed dating, je ne pouvais pas me lancer dans un débat sur le sujet.

J’ai donc dit « A rien » et on a vu nos plats arriver…

Le hamburger était gigantesque. Mais Fameux. Jenfi a rigolé de me voir l’attraper à pleines mains pour le mordre alors que mes voisines l’attaquaient avec le couteau et la fourchette…

J’ai dit tout doucement « Oh puis merde, dis-sept ans de mariage, tu seras pas choqué si le ketchup dégouline hein??? »

La poutine était très bonne. J’avais pris une classique. Y avait aussi une bolognèse, une forestière… j’ai voulu prendre la traditionnelle, la vraie!!! Et j’ai adoré. Faut absolument que je trouve cette sauce barbecue quelque part car elle est succulente. Jenfi n’a pas pu finir la sienne. Son régime Dukan entamé depuis six mois a eu comme un effet coupe-faim au bout d’un moment. J’ai mangé plus que lui je crois… et bien plus que mes voisines qui au bout de deux bouchées de hamburger et de poutine avaient mal au bide et ne pouvaient plus rien avaler…

J’ai dû passer pour une grosse truie.

M’en fous. Je me suis régalée.

Le crumble était simple, mais bon.

Un petit déca par là-dessus et hop, on est rentré à la maison. A 23h.

On avait passé un très bon moment.

A refaire.

En arrivant, Jo (qui avait été autorisé à passer la soirée chez nous) et Julie regardaient le DVD de Florence Foresti, Mother Fucker. Zoé et Manon lisaient dans leur lit…

On est arrivé au meilleur moment du DVD, celui où je n’arrête pas de dire « Elle est extra, elle danse super bien!! »…

Julie avait allumé les bougies, la lampe pierre de sel… Il faisait bon dans la maison…

On est allé se coucher vers minuit, le ventre chaud, trop rempli.

J’ai eu l’impression de dormir avec une mijoteuse dans le bidon. Un truc qui fermente, bizarre.

J’avais vraiment trop bouffé.

J’avais oublié de racheter du citrate de bétaïne.

Misère.

Je vous dis pas le lendemain, quand on s’est attaqué à la peinture du mur du salon… on a bien éliminé notre poutine!!!!

Heureusement qu’on avait les fenêtres ouvertes pour aérer…

Lol

Avoir une ado, c’est le bonheur. Si. Je ne dis pas ça avec un sous-entendu qui laisse deviner un soupir, une lassitude. Une envie de revenir en arrière et de faire une ligature des trompes. Non, jamais de la vie. Avoir eu des enfants est la meilleure chose qui me soit arrivé. J’ai compris enfin que j’avais un rôle à tenir dans la vie, un but. Que je pouvais faire quelque chose de bien.

C’est vrai, j’ai tellement toujours eu l’impression de ne rien faire de bien…

J’ai plusieurs ados, disons 2, car Manon en est une aussi. Mais Manon, elle fait tout différemment. Elle prend des chemins détournés. Elle arrivera au même but que Julie, j’en suis sûre. Mais cela prendra plus de temps. Disons que Manon, elle se perd un peu dans ce qu’on appelle la puberté, le fait de devenir une grande personne. Rester celle qu’elle est, abritée dans son cercle familial, ça lui conviendrait bien. Elle s’en accomode plutôt pas mal en fait. Elle aime sa vie, sa famille. C’est ce que la psy du Camps (centre d’aide à la motricité) nous a annoncé la semaine dernière, lors de son bilan trimestriel : « Arf, Manon, elle vous aime, elle adore sa famille, sa maison. Ce qui est compliqué, c’est l’extérieur, les autres… vous comprenez??? Vous ne serez pas toujours là. Il faut l’aider… »

Ok.

Manon est d’accord en plus. Elle avoue s’effondrer face à autrui. Elle se fichait royalement de cette situation jusqu’à maintenant… mais elle se rend compte que plus elle grandit, plus ça pose problème. Aux autres, pas à elle. Alors elle va faire une effort, celui de voir la psy chaque semaine. Pour ne plus fondre en larmes. Et regarder enfin les gens dans les yeux quand ils lui parlent (Euh, perso, j’ai su le faire qu’à vingt cinq ans ça… de plonger mon regard dans celui d’un étranger… alors…)…

Je suis confiante. Fière du courage de ma Manon. Elle est si gentille cette jeune fille. Elle me désarme tout le temps. Par sa maladresse, sa douceur… je me demande bien quelle femme elle sera…

Ca me chagrine.

Ca m’émeut.

Quand je pense à son avenir, je me revois au dessus de sa couveuse, il y a quatorze ans. A me demander ce que cet être minuscule rattaché à des fils allait bien pouvoir devenir. Elle était si différente de l’enfant que j’avais rêvé pendant mes nuits de sommeil, où mon ventre ondulait… laissant deviner un bébé vigoureux, en pleine forme…

Comment avais-je pu mettre au monde une telle crevette… ??? quel futur pour de tels bébés plumes sauvés par la néonat…???

Je suis toujours pleine de doutes. Je marche sur des oeufs, depuis sa venue au monde…

Zoé est une pré-ado. J’ai pas le même cassement de tête envers elle. Elle oscille encore entre Petshop et Pullip. Se demandant si elle veut vraiment grandir… elle est un peu atteinte du syndrôme Peter Pan, ma Zoé. Elle est bien en petite fille. Elle aime son corps menu et petit. Elle aime être le bébé de la famille. Pourtant, elle a un mental fort et elle est performante scolairement. On dirait deux personnalités en une. Deux mondes qui s’affrontent. Zoé est complexe. On m’avait dit que faire un troisième bébé serait un bien… comme un pansement sur la plaie restée béante après l’accouchement de Manon… un apaisement. Zoé a ramené une énergie folle avec elle, dans notre foyer. Mais je n’imaginais pas tant de complexité… à la limite, je ne lui en demandais pas tant.

J’ai sans doute placé la barre trop haute… je la voulais réparatrice. Elle a fait bien plus que ça. Elle est celle qui monopolise le plus mon attention. Elle est vivifiante, énergisante. Tout le temps.

Julie est l’ado. La vraie. Mais elle n’a pas fait la fameuse crise qu’on me prédisait tant. Elle est d’une grande gentillesse et d’une réelle prévenance envers nous. Elle aime sa famille, sa maison, son mode de vie… elle le dit. Et elle compare même, sans prendre de gants… avec la façon de vivre des ados qu’elle côtoie… elle m’en parle, le soir en rentrant du lycée. Elle se sent en décalage. Elle pense être dans le vrai. Mais elle n’en est pas sûre. Alors elle passe par des phases de doute et de remise en question. Un rien la chamboule. Une mauvaise note après une soirée de 3 heures de boulot… une réflexion d’un prof qui se désespère de voir la jeunesse actuelle et qui du coup, englobe toute une classe dans le même sac… ignorant le manque de confiance de certains, qui pensent se comporter correctement…

Il faut des fois la porter à bout de bras. La remettre en selle. Lui dire que ça va aller. Qu’elle ne doit pas se sentir visée. Que les notes, ça ne fait pas tout dans la vie.

Mais des fois, c’est comme parler pour ne rien dire. Car il faut recommencer encore et encore…

Ce soir, elle est rentrée fracassée. Depuis la reprise, c’est banane sur banane. Et là, ce fut celle de trop. Elle se dit nulle, bonne pour revoir ses prétentions à la baisse… genre je vais aller en Bac pro ou en CAP (arf si seulement il existait un Bac Disneyland!!!)… Dans ces moments là, j’ai généralement le chic pour poser la question typique de la mère qui comprend rien « Euh, ils ont eu combien les autres???? »… et là, c’est la tronche de cake, le regard qui implore du réconfort et qui semble déçu que tout ce qui m’intéresse, c’est combien  a eu Bidule ou Machine. Là, j’ai pas volé à ma question « con » une réponse sanglotante « Bah j’ai eu la pire note de la classe alors…« … donc ça m’a cloué le bec. J’ai senti qu’il était temps que je propose un chocolat chaud à ma fille décomposée, en train de lorgner dans la boîte à pharmacie le tube de doliprane… (Nan parce que dans ces moments-là, à cet âge, on aurait presque envie de s’enfiler le tube en entier rien que pour oublier qu’on a eu trois notes en dessous de la moyenne en une semaine)… j’ai soupiré, caressé la tête blonde de ma Julie…

Quoi dire… que sa note, elle s’en souviendra plus dans dix ans???… que ça veut rien dire, qu’elle était sans doute fatiguée ce jour-là??? Que ça va aller, que rien n’est joué???

Inutile. Pour elle, tout est joué, là, maintenant. Toute sa vie se résume à cette sale note (c’était le devoir commun, préparation pour le bac de français)… elle n’aura jamais son Bac, voilà. Et nous, on est que des parents qui ne peuvent pas comprendre car on a un boulot, une vie, des enfants… et pas un avenir à construire…

Je comprends. Je sais qu’au même âge qu’elle, j’en avais rien à faire de savoir que je me ficherais de ma note pourrie dans dix ans… le problème il était là, maintenant, et je voulais une solution. Pas une phrase à deux balles genre coup de pied au cul…

J’espère qu’elle va rebondir, reprendre confiance. Elle est dans un stress permanent, figée par l’idée des épreuves de Bac de juin (français, maths et physiques)…

Certaines de ses amies prennent des anti-stress. Déjà…

Moi je veux que ça se règle sans ça.

Mais je suis sans doute trop optimiste…

Mix

Je ne sais absolument pas par où commencer. Ni quoi dire vraiment car j’ai la tête comme une passoire en ce moment… j’ai plein de trucs qui me viennent à l’esprit… je me dis que ce serait bien que je reprenne le « clavier » pour mettre une bafouille… et puis ça part, envolé, disparu… alors comme la réaction à chaud sur un moment de ma vie ne se raconte pas à froid,  je zappe…

Et du coup, mon blog végète.

Y en a marre. Le manque d’écriture tue l’inspiration. J’vois que ça comme excuse à mon cafouillis mental…

Tout va bien. Nouvelle année, donc résolutions, projets, envies… j’dois bien vous avouer qu’entre ce que j’aimerais faire, et ce que matériellement ma situation me permet de faire, bah y a comme un fossé… une rivière… un océan…

J’ai comme qui dirait  « les yeux plus gros que le ventre« … donc je pense qu’on va reprendre les « mêmes » protagonistes et tout recommencer à l’identique qu’en 2010 : escapade au Havre à Pâques avec journée chez Mickey au milieu… vacances en Catalogne avec les beaux-parents et le frangin en juillet… nouvel An 2011 en Normandie… bref, tout pareil…

Si déjà on refait tout sans soucis, je serais ravie. J’ai toujours peur qu’il nous tombe le ciel sur la tête… genre une maladie, un accident… alors oui, je suis du genre à aimer ce qui rassure… donc si on peut me redonner la même année que celle qui vient de s’écouler, je signe de suite!!!!

Nous avons passé de bonnes fêtes. Familiales, gourmandes, fatigantes… comme chaque année. Nous avons rencontré de la neige en Normandie, une bonne couche. C’était dépaysant. On a dû retarder notre arrivée vu le risque d’être bloqué à mi-chemin… on ne voulait pas se retrouver en errance, à devoir dormir dans un gymnase, sur des tapis de sol, avec nos plaids polaires à l’effigie de Disney sur le poil, et notre thermos Ikea comme radiateur interne… On est parti avec une journée de retard et on a bien fait. Car on a quand même bien galéré… c’était bizarre, surréaliste… mais si joli à voir, tout ce blanc… et ce silence…

Ma famille était en forme. Globalement. Mes parents nous attendaient avec impatience et avaient bien tout organisé pour notre séjour… ma mamie a pu participer à beaucoup de réunions familiales et de veillées, alors que d’habitude, elle se couche dès 20h30… je l’ai accompagnée, avec ma mère, à un repas de fin d’année offert par le comité d’entreprise de là où bossait mon papy (EDF-GDF)… ma mamie a toujours pu profiter de voyages, de sorties, de tournois de jeux de cartes, grâce à ce comité si bien géré… elle tenait à ce que je vienne avec elle à ce repas de Noël. Elle y retrouverait des anciens amis. Elle est la doyenne de l’équipe. Ma mère m’avait dit que gateaux et champagne seraient offerts en son honneur… je ne voulais pas louper ça… je savais que ça lui ferait plaisir de présenter sa petite fille à tout le monde…

Ce fut une bien belle journée ensoleillée. Quand on est parti à 10h du matin pour se rendre à la maison de vacances où se passait le repas, le ciel était d’un beau bleu azur. La neige était partout entre Le Havre et Etretat. C’était magnifique. Je regardais ce paysage si familier sans rien en reconnaître… j’avais pourtant passé toutes mes vacances de petite fille dans ce coin normand de campagne… à camper… à traîner… à marcher pour aller me baigner aux pieds des falaises… c’était bizarre. J’avais comme l’impression d’avoir tout oublié, de tout re-découvrir… c’est sûr que le temps a passé. L’urbanisation a augmenté. Les paysages ne sont plus les mêmes… mais il n’y avait pas que ça. J’ai vieilli… et me dire que 30 ans me séparaient de ces souvenirs de gamine m’a fichu un coup… trente ans… déjà…

Mon sentiment de « temps qui passe trop vite » n’est pas parti de la journée. J’ai serré des mains ridées, embrassé des joues flasques et trop poudrées… j’ai revu des personnes qui m’avaient connu petite, alors que nous allions aux spectacles offerts par l’EDF avec ma mamie, aux lotos géants, aux sorties dans les cabarets parisiens (ma mamie faisaient tout pour nous enlever du chaos familial quand nous étions petits… elle nous trimbalait partout, mon frère et moi… )… j’ai eu du mal à mettre un nom sur les visages. J’ai entendu des mamies me dire « Oh bonjour, oh comme c’est gentil d’accompagner votre grand-mère!!!! Elle a beaucoup de chance d’être bien entourée. Moi je ne peux pas en dire autant avec mes petits-enfants… »… des petits papies souriants sont venus m’interroger « Euh, mademoiselle, à qui ai-je l’honneur??? »… j’ai souri qu’on me prénomme ainsi alors que je me sentais comme une vieille croûte à regarder les champs enneigés de mon enfance enfouie une heure plus tôt… j’ai regardé avec un plaisir ému les pièces de théâtre que les plus jeunes retraités du groupe avaient tenu à présenter avant qu’on serve l’apéro et qu’on passe à table pour le repas festif… c’était émouvant. Certains oubliaient leurs textes alors ils lisaient carrément un petit bout de papier qu’ils tenaient fermement d’une main tremblante… ils avaient du mal à changer les décors entre chaque nouvelle histoire, leur dos et leurs jambes leur faisaient cruellement défaut… j’étais au premier rang entre ma mère et ma mamie, installée ici en tant que dame la plus âgée, et aussi parce qu’on la savait dure de la feuille… elle avait une amie de longue date assise auprès d’elle, de l’autre côté… cette petite mamie regardait avec tendresse ma grand-mère à chaque fois que le rideau se fermait… elle lui crochait le bras affectueusement, lui caressait les cheveux… à un moment je l’ai entendue lui souffler à l’oreille :

La petite dame âgée : « Dis Jeannette, ça te rappelle pas des bons souvenirs, quand on faisait nos pièces de théâtre à nous, hein???? »

Ma grand-mère a fait répéter, puis a balancé : « Oh oui mais on se débrouillait mieux, parce que là, qu’est-ce que c’est tarte!!! Personne ne rigole!!! »

J’ai failli m’éclater de rire devant cette réflexion digne de Tatie Danièle. Ma mamie trouve tout triste, tout moche, vu qu’elle n’entend plus rien. Pour elle, il n’y a plus de rires, plus de joie. On a beau lui expliquer que c’est parce qu’elle est devenue sourde que la vie lui semble morne, elle ne veut rien savoir. Elle persiste et balance des trucs qui me font mourir de rire tellement ils mettent K.O ceux et celles qui les recoivent en pleine poire.

Ca a été comme ça pendant une semaine. Excellent… mais aussi, perturbant. Car ma mamie na jamais été une personne ronchon et défaitiste…. elle est extra. Je l’aime tellement.

Le repas avec les petits retraités a été un vrai régal. Autant gustatif qu’humainement parlant… j’avais ma mamie en face de moi, à la table de dix personnes à laquelle nous avions été priées de nous installer. J’ai pu l’analyser, la voir vivre avec ses 94 ans… ça m’a émue et attristée à la fois… elle s’enferme, s’isole, de par sa surdité. Elle en a perdu son sourire. Elle regarde les gens, les mains croisées sur son ventre. Elle pince les lèvres. Elle mange peu et balance que les gens bouffent trop, que ça la « nourrit » de nous regarder dévorer. Elle réprimande ma mère qui va et vient, bavarde, rigole. Elle me prend par les épaules et me souffle à l’oreille qu’elle est heureuse que je sois montée car elle ne croyait plus jamais me revoir… elle vit au ralenti quoi. J’ai pas pu m’empêcher de repenser à sa vivacité d’antan, à sa façon d’être que j’admirais tant… tout le temps où je l’observais. La vie est vache. Comment peut-on réduire à l’enfermement une femme qui a été si volontaire et si autonome toute sa vie…???

Les amis de ma mamie m’ont souhaité de vieillir comme elle. J’ai levé les yeux au ciel en riant et j’ai avoué espérer tenir d’elle… mais au fond de moi, ça m’a terrifiée…

Je me suis rendue compte combien j’avance dans la vie en niant ce qui m’attend. Je suis quelqu’un qui aime la vie plus que tout, malgré le lot de vacheries qu’elle peut placer sur le chemin qu’on prend… je suis quelqu’un qui a le cafard à la vue d’un mobilier kitsch, où d’une personne agée qui porte la tristesse de l’âge sur sa frêle silhouette… je suis quelqu’un qui aime le soleil et déteste les journées grises où le ciel est bas et où la lumière reste allumée du matin au soir… je suis quelqu’un qui éprouve une profonde mélancolie à l’idée de passer un dimanche à rester à table jusqu’à 4h de l’après-midi, pour enchaîner sur une partie de cartes et finir sur une tranche de roti froid avec une salade… en soupirant à l’idée du lundi qui se pointe…

Je ne veux pas vieillir et aller vers la solitude, le manque de mouvement… de liberté…

Pourtant, il faudra bien…

Bon je plombe l’ambiance là. Alors que y a aucune raison, j’ai passé une super journée avec les petits vieux!!!!…

Bon si je vous parlais plutôt des moments festifs, des cadeaux reçus, des amis visités…???

Vu le pavé que je viens de pondre, ce sera pour la prochaîne fois!!!!

Franchement, je n’ai pas changé. Je ne sais toujours pas faire court.

Allez je file. Le repas du soir m’attend. La journée a été productive. Je sens que je vais roupiller devant le film ce soir…!!! pff, j’arrive pas à retrouver mes marques… j’ai repris crevée lundi matin. Pas sommeil le soir, mais envie de dormir jusqu’à 9h le matin…

Y a pas à dire, les vacances de Noël, elles sont tout sauf reposantes…

Meilleurs voeux

Tout va bien. Ca ne pourrait pas mieux aller, puisque nous sommes en pleine période de fêtes, donc de réunions familiales… et ça fait un bien fou!!!…

J’ai le temps de rien. Quand tout va bien.

Pas de soucis à l’horizon… juste une vie bien remplie…  je reviens très vite avec plus de disponibilité. Je sais combien j’ai délaissé mon blog dernièrement, privilégiant la petite bafouille sur Facebook, au jour le jour… plus brève. Plus facile à caser dans mon emploi du temps!!!!

Mais mon blog me manque.

Aurait-il besoin de faire peau neuve? J’en sais rien. S’essouffle t-il? sans doute… tant d’années de vie, pour un journal intime… qui n’intéresse que moi… et mon nombril!!!!

Merci à vous tous pour votre amitié, votre fidélité.

Je ne vous oublie pas.

Votre passage sur mon blog a contribué à ma guérison, à ma renaissance. Je vole de mes propres ailes… grâce à vous… mais du coup, je suis un vrai courant d’air.

Pardon. Je vais me re-centrer, promis!

Bonne et Heureuse Année à vous tous!!!!!!!!!!! Portez-vous bien surtout, c’est l’essentiel!!!!